‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 27 sur 458 · IS5 TAKT. XII. THEOL. HISTORIQUE. — II. HIST. DE FRANCE. US. XV · texte numérisé non relu

IS5 TAKT. XII. THEOL. HISTORIQUE. — II. HIST. DE FRANCE. US. XV

vrier, furent qu'il y aurait amitié pcrpé- ternative qui lui étail donnée pour les ota-

luelle entro les deux princes; que le roi ees : car quelque tendresse qu'elle eût pour

serait remis en liberté le dixième du mois Henri, son second petit-fils, dont I enjoué-

de mars, et rendu sur les frontières de ses ment faisait son plaisir, elle aima mieui le

Etats; que le 20 avril suivant il consignerait laisser que les douze seigneurs qui faisaient

a l'empereur le duché de Bourgogne, avec la force do royaume.

toutes ses dépendances , affranchi de la sou- A la première nouvelle de son départ, le yerainelé de France; qu'au même moment roi s'avança à Fonlarabie. La régente arriva (pie le roi serait délivré, le Dauphin et le à Rayonne le 16 mars, deux jours avant que second fils de France, on le Dauphin seul l'échange se dût faire; enfin, au jour maravec douze des principaux seigneurs (lu que, qui était le 18 de ce mois, Lautrec, royaume, qui sont nommés par le traité, avec les deux princes, se rendit sur le bord passeraient en Espagne pour servir d'otages; de la rivière d'Andaye. Le roi monta sur une que le roi renoncerait à la souveraineté de barque , accompagné de Lannoy et do huit Flandre et d'Artois, et à ses droits sur Na- hommes armés. En même temps on fit parpies, Milan , Gênes et quelques autres piar tir les deux princis avec pareil nombre ees des Pays-Bas qui sont dénommées; (pie d'hommes.

le mariage du roi avec Eléonore, sœur de On avait affermi au milieu de la rivière l'empereur, se ferait en France, et que la une barque vide, où départ et d'autre on fille de celle princesse et du roi de Portugal devait descendre en môme temps. Le roi serait fiamée au Dauphin, quand ils auraient passa dans la barque où étaient les princes, l'âge ; que le roi abandonnerait Henri d'AI- et en môme temps les princes passèrent dans bret, roi de Navarre, et ses autres alliés; celle où était le roi. Sitôt qu'il lut à bord, il qu'il y aurait ligue défensive entre les deux monta sur un cheval turc, et courut sari:; princes durant trois ans; et que quand l'em- s'arrêter jusqu'à Sainl-Jean-de-Luz, d'où il pereur passerait en Italie pour se faire cou- arriva bientôt à Rayonne : il y fat reçu par ronner, le roi lui prêterait et lui entretien- la régente, sa mère, et par toute la cour, drait durant trois mois' un certain nombre avec une joie qui ne peut s'exprimer, de vaisseaux; que !e roi rendrait au duc de La première chose qu'il y lit fut d'écrire Bourbon tous ses Etats et tous ses biens con- de sa main au roi d Angleterre, pour lui nsqués, sans l'obligera retourner en France; donner avis de sa délivrance qu'il croyait qu'il accorderait l'amnistie à tous les Fran- devoir à ses soins, l'assurant que dorénaçaisqui l'auraientsuivi, et conviendrait avec vani il ne ferait rien (pie par ses conseils, lui d'arbitres dans quarante jours, pour juger Lannoy et les autres ambassadeurs de l'empedes prétentions que ce prince avait sur la reur eurent ordre de le suivre jusqu'à Provence ; qu'il acquitterait l'empereur de Rayonne, pour lui faire ratifier le traité en cinq cent mille écus envers le roi d'Angle- lieu libre. Il dit qu'il ne pouvait démembrer terre, et que les deux princes prieraient le aucune partie de son royaume sans les états Pape d'assembler un concile général pour généraux, qui y avaient [dus d'intérêt à le exterminer les hérésies et unir Jes Chrétiens conserver (pie lui, qui n'en avait que i'usucontre les infidèles, fruit; il ajouta qu il fallait savoir encore Le roi fut obligé de jurer qu'il retournerait plus particulièrement les sentiments de ses en prison, s'il manquait à l'exécution de ces sujets de Rourgogne ; qu'il tiendrait au plus articles; mais personne ne crut en Espagne tôt les assemblées nécessaires pour cela, et que des conditions si iniques pussent être ac- ferait savoir la réponse à l'empereur. complies; et Gatlinara, chancelier de Tempe- 11 alla à Cognac, où il demeura quelque reur, trouva ce traité de toutes façons si bon- temps : il y trouva des envoyés du Pape et teux à son maître, qu'il refusa de* le signer et des Vénitiens, qui venaient se réjouir de sa de lesceller, quelque ordre qu'ilen reçût. De- liberté. Ceux du Pape avaient ordre, s'ils puis ce traité, les deux princes étaient sou- trouvaient le roi en doute de ce qu'il ferait, vent et longtemps ensemble en particulier de lut insinuer les moyens de revenir contre et en public; ils allèrent ensemble .plusieurs son traité; (pie s'il y était disposé de luifois à la promenade et chez la reine Eléonore. même, d'écouler ce qu'on leur dirait. Les Les fiançailles furent célébrées avec la so- Vénitiens avaient donné une pareille inslennité convenable ; du reste, le roi demeura truetion à leurs ministres, avec celle difféavec sa garde ordinaire jusqu'au temps porté rence qu'ils devaient parler plus franchepar le traité, et jusqu'à ce que la ratification ment.

de la régente fût arrivée. ils n'eurent pas de peine à découvrir les Durant ce temps il négociait avec le Pane, sentiments du roi; il se plaignit hautement pour tâcher de lui faire agréer Rourbon pour de l'inhumanité de l'empereur, et déclara duc de Milan , au cas que Sforce se trouvât que le serment auquel on l'avait forcé dans coupable, ou qu'il vînt à mourir; mais le sa prison ne pouvait rompre celui qu'il Pape ne voulut jamais d'un prince que sa avait fait à son sacre, de ne jamais rien allérévolte rendait irréconciliable avec le roi, et ner de sa couronne; qu'il l'avait bien dit absolument dépendant de l'empereur. à l'empereur, et qu'il s'étonnait que ce La régente n'eut pas plutôt appris la con- prince, après ia déclaration qu'il lui avait flusion du traité, qu'elle partit avec ses deux faite, lui eût imposé des conditions noupetits-fils pour aller recevoir le roi. Elle ne seulement iniques, mais impossibles, il prufu! ' -°s longlemps-à se déterminer sur l'ai- posa ensuite aux ministres du Pape et des

dA VRI S COMPLf

\ énili< i s une ligue, qui aurait pour f< d leineot la délivrance de ses deux'enfants el I". spulsioo fies Bs| agnols hors d'Italie, leur Mit déclaré qu'il ne roulait plus rien pré- ■ sur !<■ duché de Milan, mais seulement y maint nir Sforce.

j \ ni le trouvera Cognac, de la part l'empereur, pour savoir sa dernière résolution sur l'exécution du traité. Il avait i ri :. (huit la forme, une assemblée de no- ^. qui lui avaient répondu qu'il n'était pas - ;i pouvoir do démenbrer son royaume; 1rs étals de Bourgogne avaient déclaré qu'ils ne voulaient point passer sous une uinalion élrangère„el que le ici ne pou- > \ contraindre. Il li! cette réponse à nnoy, et ajouta cependant que, si l'empereur voulait se contenter de deux millions ' ir au lieu de la Bourgogne, il était prêt

complir le resle du traité.

Pendant que tes choses se négociaient, Antoine de Levé pressait tellement le chAleau de Milan, qjie Sforce fut obligé de déclarer au Pape et aux Vénitiens que s'il n'émit promptement secouru il serait contraint de se rendre : c'est ce qui obligea ces deux puissances à presser leur accord avec la France; et l'empereur ayant défendu aux Espagnols d'aller plaider à Rome, ce fut une nouvelle raison qui aigrit le Pape contre lui: mais le roi ne leur dissimula point qu'il attendait encore une réponse de Charles.

C'est une chose étrange qu'il n'eût pas prévu celle de François, quoique son conseil d'Espagne lui eût souvent représenté que te traité, qu'il croyait si avantageux, n'était qu'une illusion. 1! s'opiniâtra à vouloir absolument ia Bourgogne, et entra dans un tel dépit de s'êlro abusé, que pour la première fois il sacrifia son intérêt h sa vengeance : il envoya Moncade, pour donner au Pape la carte blanche, avec ordre pourtant de passer en France, poursavoirsi Lannoy perdait toute espérance d'avoir la Bourgogne.

Sitôt qu'il eut appris qu'il n'y avait plus rkn a espérer, il alla faire sa commission envers le Pape, qu'il trouva résolu à conclure avec la France^. Une lettre de Levé interceptée lui avait persuadé que les affaires 'les impériaux étaient sans ressource. Ainsi Lannoy eut le déplaisir d'entendre publier la ligue entre le Pape, le roi et les Vénitiens, ndition de conserver Sforce et de délivrer 1rs enfants de Fiance, avec une rançon dont le roi d'Angleterre- serait l'arbitre. François ne se réserva en Italie que Gènes et le comté d'Asl, ancien patrimoine de ses ancêtres : il devait aider la ligue d'hommes et d'argent, et le royaume de Naples devait demeurer à la disposition du Pape, avec quelques réserves pour le roi d'Angleterre et [ our le cardinal de Volsey. En même temps on songea à faire lever le siège du château de Milan et à reprendre la ville.

Les peuples, accablés d'exactions, éiaient disposés à s'aider, et Moncade n'avait pas calmé les soldats pour le peu d'argent qu'il av;il distribué aux troupes; mais il fallait

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user de diligence, el les confédérés allaient lentement Ils furent assez longtemps à ratifier l'accord, et le roi, en attendant, ne voulut rien faire. Le due, d'Drbin, nommé

général parles véni iens, ne voulut point avancer qu'il n'eût du moins cinq mille

Sui-ses de ceux que le Pape faisait lever. Ces levées furent traversées par les ministres du roi, qui crurent qu'elles se faisaient pour l'empereur; car le Pape cachait son nom, appréhendant (pie le roi ne le crût trop engagé et nu négligeât de le satisfaire.

Durant ces retardements, l'occasion de reprendre Milan échappa. Le peuple, ne pouvant plus souffrir les violences des Espagnols, lit un nouvel effort pour s'en affranchir; mais destitué de secours, il succomba et fut désarmé. Ceux de Lodi réussirent mieux dans le dessein de se rendre aux confédérés. Le duc d'Urbin et Guichardio l'historien, qui commandaient les troupes ecclésiastiques, se trouvèrent à propos devant celle place, où ils furent reçus sans difficulté. Enfin, le duc d'Urbin, après beaucoup de dé'ais, se résolut d'attaquer Milan par les faubourgs : il fut prévenu par le duc do Bourbon, qui se jeta dans la place avec huit cents fantassins espagnols.

Ce prince, après avoir quitté la cour de l'empereur, s'était longtemps amusé à Barcelone, cl le roi avait promis que ses galères empêcheraient son passage. La ligue fit de grandes plaintes de ce qu'il n'avait point tenu parole. On disait hautement qu'il avait un grand cœur et des pensées dignes de lui ; mais que les plaisirs lui faisaient souvent négliger les affaires, qui périssaient faute d'être pressées.

L'arrivée de Bourbon empêcha le succès de l'attaque que méditait le duc d'Urbin; il fit une seconde tentative qui lui réussit aussi peu, et cependant Sforce, qui n'avait plus dans le château que pour un jour de vivres, fut contraint de capituler, il n'y avait guère d'apparence qu'il dût faire un traité supportable dans l'extrémité où ses alfaires étaient réduites; mais Philippe Salo, qu'il envoya pour traiter, ayant reconnu que les impériaux craignaient les confédérés, fit une capitulation assez raisonnable. Il conserva son maître dans le château de Crémone, qui tenait [tour lui. On lui donna de l'argent pour entretenir ses troupes, et Côme pour sa retraite, jusqu'à ce que sou procès fût achevé. Il fut aussi convenu que ce traité ne pourrai! préjudiciel- aux droits de sa famille sur le duché de Milan. Cet accord fut fait le 23 juillet.

Sforce se prépara à aller à Côme; mais il voulait y êire le maître. Les Espagnols n'ayant pas voulu en retirer leur garnison, il se retira à Lodi, où il ratifia ia ligue. Tout le monde fut étonné de la joie que témoigna le duc d'Urbin au sujet ue la reddition du château. Jl exagérait le danger qu'il y aurait à secourir une place si bien assiégée, quoique d'autres plus résolus ne trouvassent pas l'affaire si difficile. Il témoigna

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PART. Ml. TIIEOL. HISTORIQUE. - II. IIIST. DE FRANCE. L1V. XV.

qu'il w>iilai-t bloquer Milan; et en attendant les Suisses, il envoya quelques troupes mettre le siège devant In ville de Crémone : s'il agissait mollement, le roi de son côté ne se pressait pas; il espérait retirer ses enfants des mains des Espagnols, plutôt par un accord que par force.

Le Pape découragé lui faisait offrir le duché de Milan, s'il envoyait une année contre le royaume de Naples. Le roi demandait une permission de lever un décime sur le clergé de France; pendant qu'on traitait ces choses, rien ne s'avançait II vint pourtant, à la fin, an duc d'Urbin, treize mille Suisses, que François lui envoyait. Il n'attaqua pas pour cela Milan, aisée à prendre cependant, à cause que la garnison était affaiblie, et il mena toi. tes les troupes au siège de Crémone, qui jusque-là allait fort mal.

Cependant l'armée navale de France, commandée par Pierre de Navarre, prit Savone et se rendit maîlresseile toute la rivière du Ponent; puis s'élant jointe à celle des Vénitiens et à celle du Pape, elle ferma si bien par mer l'entrée de Cènes, que quatre mille homra es a van ces par terre l'eussent réduite ; mais le duc d'Urbin ne songeait qu'au siège de Crémone, qui en effet fut contrainte de se rendre.

lin ce même temps le Pape se trouva dans un extrême embarras, par la trahison des Colonne. Ils étaient attachés à l'empereur, et l'aîné rie celte maison était connétable héréditaire de Naples. Les ministres de ce prince soulevèrent cette puissante maison contre le Pape, qui se trouva le plus fort; mais il ne put se garantir de la surprise. Vespasien Colonne, qui était ie plus agréable de tous les hommes, et qui paraissait le plus sincère, sut si bien persuader le Pape denses bonnes intentions pour son service, qu'il lui fit congédier ses troupes.

Lorsque les Colonne le virent dans une pleine sécurité, ils occupèrent tous les passages; et ayant empêché par ces moyens qu il ne vînt a Rome aucune nouvelle, ils y arrivèrent durant la nuit avec six mille hommes, qui se saisirent de trois portes et entrèrent dans la ville, conduits par les agents de l'empereur et par le cardinal Pompée Colonne.

Le Pape étonné ne vit d'abord autre chose à faire que de s'asseoir dans le siège de saint Pierre avec ses habits pontificaux pour y attendre la mort, et il eut peine à se rendre à la prière des cardinaux, qui le pressaient de se retirer au chAleau Saint- Ange. Dans cette conjoncture, il fut aisé à Moncade d'obtenir de lui une trêve, en l'obligeant de rappeler ses armées de terre et de mer, et de pardonner aux Colonne.

Les affaires de l'empereur ne laissaient pas d'être en mauvais état; les troupes, qui manquaient d'argent, poussaient à bout la patience des peuples par d'horribles inhumanités ; ainsi il prêtait l'oreille aux propositions de pais que taisait ie roi d'Angleterre; et cependant il équipait une grande Hotte que Lanuo} devait commander, et avec »ou secret aveu Fronsb Tg levait uuatorze

millo Allemands : celui-ci disait qu'il allai)

secourir son fils bloqué dans Mila*u ; le roi d'Angleterre se laissait amuser par des négociations ; et François, qui se flattait de l'espérance d'un accord, ne songeait qu'à se divertir.

Le sultan Soliman, empereur des Turcs, ne fut point simple spectateur des divisions des Chrétiens sans en profiter: il trouva dans celles qui troublaient en particulier la Hongrie, une belle occasion de partager ce royaume. Le jeune roi Louis avait péri dans une révolte, où la fleur de la noblesse fut tuée, et ensuite le plat pays ravagé parles Turcs. Pour comble de malheur, les Hongrois se partagèrent dans l'élection qu'il leur fallut faire d'un roi.

Ferdinand, frère de l'empereur, qui prétendait avoir droit sur le royaume, du côté d'Anne, sa femme, sœur du dernier roi, fut reconnu par une partie de la noblesse ; et Jean de Zapol, vaivode de Transylvaine, élu par l'autre, fut obligé, par sa faiblesse, à se mettre sous la protection du Turc: ainsi ce malheureux royaume se vit en même temps déchiré par deux puissantes factions, et en proie à l'ennemi commun.

Le Pape ne savait que faire parmi tant de désordres : tantôt il lui prenait envie d'aller trouver tous les princes chrétiens, pour les liguer contre les Turcs; tantôt il délibérait de se jeter entre les bras de l'empereur, et puis, entrant en défiance d'un prince qui conduisait ses affaires avec une si profonde dissimulation, il demeurait irrésolu.

Les Colonne, qui se sentaient soutenus, l'inquiétaient dans le cœur de son pays et remportaient sur lui divers avantages. Il y avait peu de ressources dans les forces des confédérés : le marquis de Saluées, qui commandait l'armée de France, n'avait que trèspeu de troupes; le duc d'Urbin, général des Vénitiens, haïssait autant les Méuicis que le pape, qui n'avait songé qu'à le dépouiller, et il ne suivait aucun dessein. 11 commençait à bloquer Milan, et puis il quittaiteette entreprise, sous prétexte de s'opposer aux Allemands qui s'avançaient vers Mantoue.

Les choses allèrent ainsi jusque vers la ïm de novembre, et rien n'cmpêena les Allemands de joindre le duc de Bourbon dans le Milannis.il venait de délivrer Moron, condamné à perdre la tête, et qui s'était racheté de vingt mille ducats. Cet. habile courtisan sut si bien s'insinuer auprès du duc de Bourbon, qu'il devint premièrement sou conseiller le plus affilé, et ensuite son gouverneur le plus absolu.

Le duc était alors recherché des deux cotés : l'empereur semblait vouloir lui donner leduchéde Milan, et le roi ne voulait noinl consentira une trêve que l'empereur offrait aux confédérés, si Bourbon n'y entrait. Il y envoya secrètement un des aumôniers des.'! mère, pour négocier avec lui ; mais Moron lui représenta que ces deux princes le jouaient égalcmenUque la France le traiterait toujours de rebelle, el ft«' • '■• mère du roi ne consen-1

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lirait jamais! lui rendre les terres don( elle d'argent, ou sur son crédit, ou par violence, l'avait dépouillé: qu'il y avait, a la vérité, leur avait abandonné jusqu'à sa vaisselle i plus belles s, mais pas plus de d'argent : il lit alors marcher l'armée vers solidité dans les offres de l'empereur, puis- la Toscane, dans le dessein Je piller ou Floqu'enfaisanl semblant «le le vouloir faire renceou Rome même, duc de Milan, il l'empêchai I en effet d'eu- Le Pape cependant ne craignait rien : les Irer h plus lbrl dans aucune place : bien actes d'hostilité avaient cessé du côté de pins, il I.' laissai! sai n . contraint, Naples, el le vice-roi était venu à Rome, ce pour en avoir, de faire des\ talions insup* qui l'avait tellement rassuré, qu'il congédia portables, i : la fureur de la popu- toutes ses troupes, à la réserve de deux cents lace accablée ort du soldat mutiné. chevaux el de deux mille hommes de pied. S r cela il lui ouvrit uu moyen, qu'il di- Sur la nouvelle île la trêve, le duc d'Urbin sa t tMie le seul pour assurer .^a fortune: avail l'ail repasser le Pô aux troupes véni- jiier ses troupes et les Aile- tiennes, et l'Etat ecclésiastique serait demanda, pour se rendre mattre de Naples, où meure sans défense, si Guichardin n'eûj il ne trouverait nulle résistance, et toute l'I- persuadé au marquis de Saluées de legarder talie serait ravie de le maintenir, pour se avec le peu de troupes qu'il avait.

ivrer du joug des Espagnols. On dit que Ce fut en vain qn on signifia la trêve au le duc, il sespéré du uiauvais état de ses due de Bourbon, et qu'on lui promit de affaires, prêta l'oreille à ses discours, et l'argent pour cesser Içs hostilités qu'il exerqu'il alla joindre les Allemands dans cèdes- çail [tendant son voyage. Il était si peu maîsein Ils étaient dans le Plaisantin, avec des- ire «le. ses soldats, que les gentilshommes sein de se rendre maîtres de Plaisance ; que lui envoya Langey purent à peine l'amais le duc d'Urbin était dans le pays, avec border. Lannoy vint en personne a Cologne, b- marquis de Salures, qui avait jeté du pour s'aboucher avec lui ; mais le duc mau* mon le dans la vill • ; de sorte que Bour- qua au rendez-vous qu'il lui avail donné, bon, la voyant si bien pourvue, n'osa l'alta- et quoiqu'il promît au Pape d'accepter la quer. trêve, il continua sa marche, pressé par la [loiT] Cependant le Pape et Lannoy mè- misère ; et entraîné par ses soldats, avides Lient aux négociations de continuelles en- du pillage, il ne gardait plus de mesures. treprises l'un sur l'autre. Le comte de Vau- Il n'y avait d'espérance qu'au duc d'Urbin, demont i!e la maison de Lorraine, qui corn- et Guichardin fit toutee qu'il put pour oblimandait les troupes du Pape, s'empara des ger le Pape à lui donner satisfaction; ii le terre* des Colonne, etenlra dans le royaume trouva implacable, el le duc irrité, au lieu de Naples. Ses progrès furent arrêtés par de devancer Bourbon, qu'il eût pu arrêter une trêve. Quelque temps après, le vice- étant maître du pays, so contentait de le loi assiégea FrusinofT, place forte dans les suivreeu queue: Bourbon pliait droit à Finterres de l'Eglise. Le Pape promit cent cin- rence, sur l'avis qu'il eut que la ville s'élait quanle mille écus pour avoir une trêve de révoltée contre les Médicis, à qui le Paoe laii ois ans. pour lui el ies Vénitiens. Pendant vait de nouveau soumise, que l'on en portait l'avis à Venise el qu'on La résolution que prirent les Florentins attendait le consentement du sénat, Rence de secouer le joug lit espérer au duc do (ie C ri, un des généraux des troupes ec- Bourbon, qu'au milieu de ses divisions, il clésiasliques, til lever le siège au vice- pourrait surprendre la ville pour la donner roi, au pillage ; mais Langey, averti de l'entre- Le Pape, ravi do ce succès, résolut avec prise, en donna avis au marquis de Saluces, Guillaume de Langey, oflicier général de et lui marqua un chemin par lequel il poul'armée de France, d'attaquer le royaume de vait prévenir les impériaux. Le marquis obi i- Naples. Salernese révolta, Ben ce de Ceri gea le duc d'Urbin à se joindre à lui, et ils prit Aquila et quelques autres places de l'A- arrivèrent tous deux aux environs de Fiobruzze ; Naples manquait de vivres, et si rence, longtemps avant le duc de Buur- François avait fourni l'argent qu'il avait bon.

[ii omis sur la dîme que le Pape avait accor- Ce prince, désespéré d'avoir manqué son

dée, tout ce royaume était en péril; mais coup, ne trouva aucun moyen de consoler

Rence de Ceri fui obligé, faute d'argent, d'à- ses soldats, qu'en leur proposant le pillage

bandonner l'entreprise et de se retirer à (ie Rome. Celte proposition lut suivie des

Rome. Alors le Pape perdit tout à fait cou- cris de joie de toute l'armée, principalement

rage, et donna soixante mille écus à Lannoy, du corps des Allemands, que Fronsberg,

i uur avoir une trêve de huit mois; ma s ce- luthérien déterminé, avait composé des gens

Ui ne l'assurait pas contre Bourbon, qui avait de sa secte.

ses desseins particuliers el toutes les forces Langey partit en même temps pour averde l'empereur sous son commandement. tir le Pape de ce dessein, et ne put jamais Son armée était de trente à quarante mille l'émouvoir, persuadé qu'il était que Ja hommes bien aguerris. Les Allemands, qui trêve le mettait en sûreté; jamais R^nee de u avaient louché qu'un ducat par lêle en Ceri ne put obtenir delui qu'il levatdes trouleur pays, et deux ou trois tout an plus en pes, jusqu'à ce qu'il sûl que Bourbon marliahe, ne laissaient pas de s'engager dans le chait sans artillerie et sans bagage, avec une pays, sous l'espérance du pillage. Bourbon, telle diligence, qu'il arrivait toujours plus tôt qui avait éuuisé tout ce qu'il pouvait avoir qu'on ne l'attendait ; i! ne resta plus auPapt:

tu.'>

PAIiT. XII. TIIL'OL. HISTORIQUE.— Il UIST. DE FRANCE. L1V XV.

^utre chose à l'aire, que de se renfermer nu château Sainl-Ânge,et Rence de Ceri, aidé de Langey, leva à la liAie deux mille hommes de méchantes troupes pour défendre la ville, en attendant le secours des confédérés : il se tenait si assuré de gagner le temps nécessaire, qu'il ne voulut pas môme qu'on rompît les ponts, et cependanl le duc de Bourbon étant arrivé près de Home, le 5 de mai, lit sommer le Pape de lui donner passade dans la ville pourailcrau royaume de Naples.

Le lendemain, un cas imprévu l'obligea de donner l'assaut. Un enseigne de la garnison voulut se sauver par la brèche, elayant dans sa fuite rencontré les ennemis, il retourna sur ses pas ; il fut suivi, la brèche fut découverte, et le duc de Bourbon, résolu de forcer la vilie par cet endroit, marcha à la tète des siens : il fut jeté par terre h la première arquebuiade, et expira: le prince d'Orange, qui était près de lui, fit couvrir son corps pour ne point relarder l'ardeur des soldais. La trahison du duc de Bourbon efface toutes ses vertus, et fait qu'on plaint moins ses malheurs.

Le Pape, qui était résolu de se sauver du château Saint-Ange, commença à respirer, quand il sut la mort de Bourbon; mais ses affaires n'en allèrent pas mieux : Philibert de Châlons, prince d'Orange, prit le commandement des troupes, et le jour même la ville fut forcée : il n'y eut cruauté ni insolence que n'exerçassent les Allemands et les Espagnols aussi emportés qu'eux, jusqu'à traîner par les rues les préiats et les cardinaux, môme ceux de leur nation, revêtus de leurs habits de cérémonie, pour plus grande dérision.

La perte causée par le pillage fut inestimable, et il n'y eut de maux que Borne ne souffrît, à la réserve de l'incendie. Il vint du secours de Florence, mais trop tard ; la ville élait déjà prise. L'armée des confédérés s'avançait, et le duc d'Urbin avait ordre des Vénitiens de tout hasarder pour dégager le Pape; il n'en lit pas davantage pour cela, et se feignant trop faible, il se relira, sans même vouloir écouter le Pape, qui le priait d'attendre quelques jours, pour lui donner le moyen de capituler. Ainsi, une armée de plus de quinze mille hommes de pied demeura inutile.

Le vice-roi vint à Rome à la prière du Pape, et croyant avoir le commandement, il trouva le prince d'Orange déjà établi par les soldats, mais sans autorité. On ne pouvait les arracher du pillage, et le Pape resla plusieurs jours au château Saint -Ange en grande frayeur. Quelle horreur pour lui d'être exposé à la fureur des Allemands ! Enfin il fit son accord : Rence de Ceri et Langey capitulèrent aussi, et sortirent avec armes et bagage : mais on imposa au Pape de dures conditions.

Ce fut de payer des sommes immenses à divers termes fort courts, et de rendre le château Saint-Ange, la forteresse d'Ostie et plusieurs autres places, pour sûreté, à ses ennemis. Il devait demeurer prisonnier au

château Saint-Ange jusqu'au premier payement, et après, être transporté a Gaële ou i Naples, pour y attendre la résolution de l'empereur. Le Pape, n'ayant pu trouver l'argent qu'il avait promis, demeura au château Sainl Ange, a la garde du môme Espagnol qui avait gardé François dans sa prison. Les soldats continuaient cependant à saccager Rome, qui fut deux mois entiers à leur merci. La plupart des villes cédées par le Pape ne voulurent pas se rendre; les Vénitiens s'emparèrent de Bavenne et de quelques autres places au nom de la ligue.

A Florence, le cardinal de Cortone, qui commandait au nom du Pape, remit le gouvernemenlentre les mains du peuple et se relira à Lucqucs. Les Florentins rétablirent les magistrats populaires et rompirent les statues des Médicis. Quand l'empereur sut la nouvelle du sac de Rome, il usa de sa dissimulalion ordinaire-: il disait que Bourbon et Fronsberg avaient agi sans ses ordres : il voulut même qu'on fit en Espagne des processions solennelles pour la liberté du Pape; c'est ainsi qu'il amusait le peuple, et cependant il tenait de secrets conseils pour faire transporter le Pape en Espagne ; mais les rois de France et d'Angleterre, qui avaient résolu d'agir contre l'empereur plus efficacement que jamais, après la détention du Pape, se liguèrent encore plus étroitement entre eux et avec les Vénitiei s.

Le roi d'Angleterre s'obslina à vouloir que Lautrec fût déclaré général de la ligue, contre le sentiment de François, qui le regardait comme un général aussi imprudent que malheureux, et contre celui de Lautrec môme, qui n'espérait aucun bon succès, parmi tant de profusions que faisait François dans les choses inutiles. Pour concerter les moyens d'exécuter les desseins des deux rois, le cardinal Volsey, archevêque d'York, vint à Calais avec une suite plus que royale; et le roi s'élanl rendu à Amiens, il fut arrêté qu'on enverrait de leur part offrir la paix à l'empereur, s'il rendait les enfants du roi pour deux millions d'écus, s'il mettait le Pape et ses pays en liberté, et l'Italie au même étatqu'elleélait avant queCharles VU1 entrât dans le Milanais; mais l'empereur refusa ces conditions, et la paix fut jurée entre les deux rois le 8 d'août.

Peu après Lautrec, quoiqu'il n'eût que la moitié de ses troupes, entra en Italie, où il prit le Bosco, place forte du Milanais, auprès d'Alexandrie; un peu après la ville de Gênes, extrêmement incommodée par les prises continuelles que faisaient André Doria et les galères françaises, se remit sous la puissance du roi; et Lautrec, après l'y avoir reçue, prit Alexandrie, que les confédérés l'obligèrent de rendre au duc de Milan : il lui rendit aussi Vigevej puis, ayant passé le Tésin, il marcha droit à Milan; mais ayant appris qu'il y élait entré du secours, ii tour a court à Pavie, qu il assiégea du côté du château, et l'armée vénitienne de l'autre.

Les Français, qui désiraient avec une av ■ deur excessive la prise de celle ville, pour

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la bonté de la bataille du Parc, préci- pour la retraite de ses iroupes hors d'Italie ,

renl l'attaque sans commandement, avant l'empereur rendit ses enfants ; au contraire,

que la brèche fût raisonnable, el ils furent l'empereur voulait que le roi relirai ses

i nain la batterie ayant troupes, et il se chargeait du donner des

fait son effet , La utrec emporta la ville d'as- otages au roi d'Angleterre; rien ne put

•ont , el eut peino a empêcher qu'elle m» lui vaincre la méfiance de ces deui princes , el

s il ne put empêcher enfin- les deux roi- se résolurent à déclarer te | i liage ni les cruautés que firent les sol- la guerre a l'empereur par un héraut. dais, en vengea n a pu-ode François lis rappelèrent leurs ambassadeurs : l'émet il»' la perte des plus - hommes de pereur retint en Espagne celui <lu roi, qui I nce. ('n 'il eulanl a celui de l'empereur. La aéne lemps, Àlfonse, duc de Fer- claraiiou de la guerre fut faite le 21 janvier. .ne. La utrec le gagna, Comme Lautrec faisait des progrès extraor-

- promesse de lui raire rendre lout te dinaires dans le royaume de Naples, et que qu'il avait i" et de l'aire donner en les villes se rendaient à lui dès qu'il en apoiariage à Hercule d'Esté, son (ils aîné, tic- prochail de vingt à trente milles, lesimpénee, fille de Louis XII. En l'étal où étaient riaux marchèrent sous les ordres du prince

ses, il était aisé de rétablir Sforce d'Orange, pour s'opposer 5 ses desseins, et

- loul le .Milanais, et môme de prendre Lautrec les poussait toujours pour les obli- M !i. réduite à l'extrémité, sans qu'Antoine ger à un combat. Enfin ils se retirèrent, partie Levé, dénué d'hommes et d'argent, pût la tic dans Naples, partie dans Gaëtc, qui furent secourir; mais le légat du Pape voulait qu'on les seules places qu'ils gardèrent dans tout quittât tout pour aller vers Rome délivrer le royaume, et on remarque que tous ces son maître, et Lautrec résolut de répondre pillards, enrichis par tant de sacrilèges, pé-

• s empressements. Sa marche et les me- rirent presque tous en moins d'un an. La

es du roi d'Angleterre, qui se préparait peste en emporta dans Ro.i.e plus des deux

à entrer dans les Pays-Ras, obligèrent enfin tiers, et il y en cul à peine deux cents qui

l'empereur à traiter delà délivrance du Pape, réussirent à se sauver dans la suite de cette

qui lut conclue le dernier octobre, à condi- guerre.

lion qu'il ne ferait jamais rien qui fût con- Au lieu de poursuivre les restes de celte traire aux intérêts de l'empereur : on exigea malheureuse armée, Lautrec s'amusa à prenne lui plus de six cent mille ducats, et on dre Melfe, ville du royaume de Naples, dont l'obligea de donner des otages pour sûreté le prince fut fait prisonnier. Cependant du payement, avec quelques forteresses. l'empereur ayant relâché l'ambassadeur de

L'empereur fil semblant de ne point pren- France, François voulut aussi renvoyer André part à celte honteuse résolution de mettre loine Perrenot , appelé depuis le cardinal de à rançon le Père commun de ia chrétienté, Grandvelle , ambassadeur de l'empereur. arrêté au préjudice d'une trêve, el on disait Avant de le congédier, il voulut s'éclaireir qu'on ne lui demandait de si grandes sommes avec lui d'une manière éclatante sur certains que pour contenter l'armée. Aloron conseilla discours que l'empereur avait tenus, se plaiau Pape de font signer, pourvu qu'il se re- gnant que le roi avait manqué de parole, et tirât du château Saint Ange, où il était ex- qu'il n'avait pas répondu à un appel qu'il lui po;é à toutes sortes de maux, même à la avait fait.

peste, qui, ayant infecté \n ville, ne tarda pas Sur cela François assembla dans la grande

ii incommoder le château •. car quoiqu'il eût salle du palais tous les ministres des princes

donné des otages, on retenait sa personne étrangers, avec tous les princes et seigneurs,

jusqu'à ce qu'il eût payé. en présence desquels, étant revêtu de ses ha-

A la fin, les Espagnols ayant honte tle sa bits royaux, ii dit à l'ambassadeur que l'em-

- ue détention, et craignant les approches pereur n'avait jamais eu de lui une parole de l'armée de Fiance, qui s'avançait vers le qui j ût valoir, puisque jamais il ne l'avait royaume de Naples, reçurent ordre de l'em- vu ni trouvé en aucun combat; que s'il voupereur de mettre le Pape en liberté : mais ce lait parler de n\ prison, il déclarait qu'un pontife, appréhendant de nouvelles diffîçul- prisonnier gardé ue pouvait être tenu à rien, lés de la part du général Moncade, se déguisa et que jamais homme n'avait été plus rigouen marchand, ci la cavalerie espagnole le reusement gardé que lui, puisqu'étant au lit conduisit à Omette, où il entra sans aucune de la mon on le tenait entre les mains de suite, la nuit du 9 décembre : il fallu! payer quatre ou cinq cents arquebusiers.

sa lançon, dont les Espagnols profitèrent Comme l'empereur se glorifiait d'avoir

aussi bien que les Allemands , et pour taire fait un appel au roi, il déclara hautement

trouver de l'argent il consentit de vendre un qu'il n'en avait nulle connaissance, et de

chapeau de cardinal. petir que son procédé ne fût sujet à pareil

Aussitôt qu'il fut mis en liberté, Lautrec reproche, il fit lire un cartel de défi qu'il

partit de Rologne, où il avait perdu beau- Jabail à l'empereur, dont voici les termes

Coup de (euips, pour entrer dans le royaume principaux :

de Naples avec une armée de trente mille Aous François, par la grâce de Dieu, roi hommes. On Irai la il durant tout ce temps de de France et seigneur de G£ncs, à vous Charla paix générale, qui n'était plus arrêtée que les, par la même grâce, élu empereur de Rome puce que François voulait qu'aussitôt <}u'il el roi des Espaynes, savoir faisons : quêtant aurait donné au roi d'Angleterre des otages averti que vous vous vantez d'avoir notre fui

PART. Xll. TIIF.OL. UlâTOaiQUC. - II. IUST01KË DE FRANCE. LIV. XV.

et de

( promesse sous laquelle nous sommes sorti e voire puissance, encore qu'il soil notoire ju'un homme gardé n'a point de foi à obliger, nous ajoutons de jilus, qu'autant de fois que vous avez dit et direz que nous avons manque de parole ou fait chose indigne d'un gentilhomme aimant son honneur, vous avez menti par la gorge et mentirez; sur quoi vous n'avez rien à nous écrire, mais seulement à nous assurer le camp où nous vous porterons les armes, protestant que tout ce que vous direz contre notre honneur, aussi bien que le délai du combat, tournera à votre honte. Cet écrit est daté du 28 mars 1527 (c'est 1528, selon noire usage présent; niais alors en Fiance l'année commençait à Pâques).

Après la lecture de l'écrit, le roi reprit son discours et continua ses reproches contre l'empereur : premièrement sur la détention du Pape, à laquelle ce prince faisait semblant de ne prendre aucune part ; mais le roi fit voir que c'était trop grossièrement abuser le monde, puisque, loin de châtier ses gens qui avaient commis un tel attentat, il leur avait permis de tirer rançon du vicaire de Jésus-Christ, et avait réduit le Saint- Père à une telle extrémité qu'il avait été contraint de vendre jusqu'aux bénéfices, chose horrible à dire, principalement en nos jours, disait François, où il court tant d'hérésies. 1! ajouta sûr ses enfants, que l'empereur se vantait de tenir en son pouvoir, que c'était là sa grande douleur de les voir entre lesamains d'un prince qui exigeait pour leur délivrance de plus dures conditions que celles qu'avaient exigées les infidèles, des rois ses prédécesseurs, lorsqu'ils avaient été leurs prisonniers; mais que le désir qu'il avait de délivrer ses enfants ne l'obligerait jamais de manquer à ses alliés, et parce que l'empereur reprochait au roi d'empêcher les Chrétiens de s'unir contre le Turc, il répondit qu'encore qu'il n'eût point le Turc sur les bras, comme l'avait l'empereur dans la Hongrie et sur les frontières d'Autriche, il serait toujours plus prêt à repousser cet ennemi de la chrétienté, que ne le ferait l'empereur.

Ce prince dit ensuite quelque chose du roi d'Angleterre, qu'il appela toujours son bon frère et perpétuel allié ; et l'ambassadeur ayant refusé de se charger d'aucune parole, sur ce qu'il était sans pouvoir, François envoya porter le défi à Charles par un héraut : l'empereur en renvoya un pour faire réponse à peu près sur le même ton, mais sans rien conclure ; de sorte que ces procédés n'aboutirent qu'à faire du bruit inutilement.

Lautrec continuait à s'avancer dans le royaume de Naples, quoique l'argent lui manquât; il se plaignait que les bâtiments et les plaisirs du roi épuisaient toutes ies finances. Il amassait des vivres de toutes parts pour nourrir une armée immense, mais dont les deux tiers étaient inutiles. 11 était déjà maître de tout le pays et de toutes les places, et enfin le premier mai il arriva devant Naples, où il mit le siège ; huit ga-

lères commandées par le comte Philippin Doria l'y vinrent joindre; elles furent détachées d'une armée navale que le roi Avait envoyée dans le mémo temps eu Sicile1, dans l'espérance que ce royaume lui serait livré par intelligence.

André Doria, oncle de Philippin, et Rence de Ceri, commandaient la flotte qui s'approcha de la Sicile selon le projet, dans le temps que Lautrec arriva à Naples ; mais Ja tempête la jeta dans l'île de Corse, d'où ello passa en Sardaignc pour avoir des vivres. Le vice-roi s'y étant opposé, elle rprit Sassari d'assaut; mais la maladie se mit dans l'armée, et la mésintelligence parmi les chefs. Rence de Ceri et Doria entrèrent dans d'extrêmes jalousies l'un contre l'autre; il fallut revenir à Gênes, d'où on envoya à Naples le comte Philippin pour fermer le port du côté de la terre.

Lautrec ayant fortifié quelques postes principaux autour de la place, elle se trouva pressée ; le dessein était de la prendre par famine plutôt que par force, et les ennemis, de leur côté, n'oubliaient rien pour s'ouvrir les passages par mer et par terre ; repoussés à diverses fois devant lè.s forts, ils espérèrent de mieux réussir en attaquant les galères.

Le petit nombre que nous avions donna lieu à cette espérance. Les Vénitiens, qui avaient promis d'y joindre les leurs, étaient occupés à prendre quelques villes maritimes, qui leur étaient cédées par le traité. Ainsi Hugues de Moncade, vice-roi de Sicile, et qui, après la mort de Lannoy, l'était encore à Naples par provision, se crut assez fort pour battre Philippin, pourvu qu'il le pût surprendre. Il n'avait que six galères et quatre autres moindres vaisseaux ; mais, pour intimider l'ennemi, il lit suivre quantité de bateaux de pêcheurs à ville. Tout io succès dépendait du secret; mais Lautrec fut averti du dessein par les intelligences qu'il avait à Naples, car il restait dans cette ville beaucoup de bourgeois de la faction angevine, fort affectionnés à la Fiance. Lautrec donna l'avis à Philippin, et lui envoya quatre ou cinq cents arquebusiers.

A l'abord de Moncade, Philippin fut surpris du grand nombre de vaisseaux, et J'attaque des ennemis fut vigoureuse : les arquebusiers lasoulinrent, et Philippin, ayant reconnu la tromperie, fondit avec cinq galères sur les ennemis ; il eu détacha trois autres pour les prendre de flanc, et arma une grande partie des forçats, promettant la liberté à tous ceux qui prendraient un ennemi pour mettre à leur place. Son artillerie fit un effet prodigieux. Moncade, ayant eu le bras percé d'un coup d'arquebusade, mourut [tendant l'action ; deux de ses galères furent coulées à fond : il y en eut deux de prises; une cinquième se rendit après le combat.

Les ennemis y perdirent l'élite de leur armée ; le marquis de Guast fut pris avec beaucoup de gens do qualité, et après un tel malheur il s'en fallut peu que Naples ne per-

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. la peste suh it la i.miiuic. ci la place

lil de tous côtés menacée de sa ruine. I auiitM-, plein de contient •. commença h se négliger ; i intercepté une lettre du prince d'Orange, où il marquait i l'empereur qu'il n'y avait de vivres que pour six lemaines, et que n'ayant point d argent pour payer la montre rourante, la révolte des A.Ileman Is était infaillible. Sur celle assurance il dispersa la cavalerie en divers quartiers nr lui faciliter les moyens de vivre; il ne a pas que les ennemis eurent parla asion non -seulement d'en défaire un ind non, lue, mais encore de l'aire entrer (Je petits convois dans la place, et même d'empêcher les vivres d'arriver dans noire camp; la maladie s'y mit aussi : les ennemis infeclèreni les fontaines et les citernes, et l'armée diminuait tous les jours.

Cependant l'empereur et le roi résolurent dans le môme temps d'envoyer du secours à leurs gens. Le duc de Brunswick amenait en Italie douze mille lansquenets avec six cents chevaux. François, comte de Saint- Pol, tie la maison de Bourbon, devait s'opposer à celle armée avec quatre cents lances, cinq cents chevaux et neuf mille hommes de pied ; mais le comte se préparait encore à partir île France, quand les Allemands armèrent dans le Milanais. Ils y trouvèrent Antoine de Levé, plein de grandes espérances, par la prise qu'il venait de faire de Pavie : ils se joignirent à lui pour assiéger Lodi, d'où ils furent repoussés, et ils s'en retournèrent en leur pays, sans rien faire davantage.

On dit que l'empereur les laissa exprès manquer d'argent, et qu'il s'était repenti d'avoir envoyé au secours de Naples le duc de Brunswick, qui avait des prétentions sur ce royaume du côté de son bisaïeul, comme donataire de la reine Jeanne, sa femme. En même temps que les Allemands se retiraient, le comte de Saint-Pol entrait en Piémont, ; et la Hotte vénitienne, de vingt-deux galères, arriva au golfe de Naples après avoir pris Blinde etOtrante.

Pendant que les affaires paraissaient en si bonne disposition pour la France, elles changèrent tout d'un coup par la défection d'André Doria. 11 avait de grands mécontentements, et dans ses démêlés avec Rence de Ceri il avait trouvé la cour peu favorable; il ne plaisait point aux favoris, dont il ne voulait point dépendre. Ainsi ils étaient tomours à chercher des occasions de le faire passer dans l'esprit du roi pour un homme pointilleux et difficile. Au surplus, ils lui donnaient de grandes louanges, afin que le blAme lût moins suspect.

Cependant, comme il n'y avait rien de plus important pour les affaires d'italie, que de le maintenir dans le service, Lautrec envoya Langey pour représenter au roi que c'était tout perdre de mécontenter Doria, sans qui il n'y avait rien à espérer du côté de Naples. On lit [.eu de cas de cet avis. Doria était touché des misères de son pays qu'on rui-

nait ; on faisait accommoder le port de Savone, pour y transporter le commerce et

l'ôter tout à fait à Cènes; on avait aussi Aie a cette ville la gabelle du sel, (pu faisait un de ses meilleurs revenus.

Doria faisait instance auprès du roi pour l'obliger à donner satisfaction a son pays j pour lui il demandait seulement qu'on lui fil raison de la rançon de quelques prisonniers d'importance qu'il avait faits, et de ce qui lui était dû pour l'entretien de ses galères. L'intérêt du maréchal de Montmorency, à qui le roi avait donné l'impôt du sel h Sa voue, lit rejeter ses propositions. Le chancelier, ami du maréchal, les éluda toutes , et pendant qu'on le traitait si mal à la cour, le marquis de (iuast, qu'il tenait prisonnier, n'oubliait rien pour l'aigrir. Doria, sous prétexte qu'on lui avait ôté ses prison-1 niers, s'était servi do ceux qu'on avait pris à la dernière bataille navale, et entre autres du marquis, qui ne songeait qu'à le détacher des intérêts de la France : les nouvelles qu'il eut de la cour achevèrent de le déterminer

Au lieu de le satisfaire, on nomma, pour commander sur la mer du Levant, Barbe-" zieux, cadet de la maison de la Rochefoucauld, homme de cour, mais sans expérience et sans crédit parmi les troupes, à qui on donna des ordres secrets de se saisir nonseulement des galèresde Doria, mais encore de sa personne, s'il le pouvait. Ses ordres ne purent être si cachés, que Doria n'en %ût l'avis, et il conclut aussitôt son traité avec l'empereur, par l'entremise du marquis de (iuast, à condition que Cènes serait remise en pleine liberlé sous la protection de l'empereur, Savone rendue aux Cénois, et lui entretenu avec douze galères, à soixante mille ducats de pension.

Quand Barbezieux arriva à Gênes, il tâcha vainement de surprendre Doria, trop averti de ses desseins; mais un peu après, le comte Philippin, qui, par ordre de son oncle, laissait entrer des vivres dans Naples, s'en retira tout à fait, et les galères de Venise, dépourvues de biscuit, furent obligées dans le même temps d'en aller chercher vers la Calabre; de sorte que le port de Naples demeura libre. L'armée navale de France ne larda pas à y aborder; mais elle n'amena à Lautrec qu'un faible secours, et la place ravitaillée ne craignait plus de périr sitôt par la famine.

Cependant la maladie ravageait l'armée de Lautrec; lui-même fut frappé, et les affaires allaient tous les jours en dépérissant; notroupes, diminuées par la peste, achevaient de se ruiner par le travail prodigieux qu3 demandait la garde du camp ; le circuit en était si grand, qu'il fallait que toute l'armé*.,, sans excepter les malades, fût toujours en armes. Les Vénitiens retournèrent si mel pourvus, qu'ils furent contraints de laisser le port dégarni pour aller chercher à vivre

Au milieu de tant de maux, on ne put persuader à Lautrec de lever le blocus pour rafraîchir ses troupes dans les pays voisius qui étaient à lui. il s'était vanlé au roi u'o-

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