‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 261 sur 458 · XIV. LETTRES DIVERSES · texte numérisé non relu

XIV. LETTRES DIVERSES

sujet'.' Les Pères de la prumiôi 'mb'»5*»

n'avaient pas voulu la publier, quoiqu'elle eût él é proposée alors ; et elle était dcmeui sans effet, a cause de la. diversité des suffra ges. Est-ce que les Pères de la dernière assemj .lée, dont la plupart n'avaient fias assisté à l'examen de la matière du péché originel, qui s'était l'ait dans la quatrième session, présentement appelée la cinquième, avaient plUfi de lumières que ceux de la première assemblée, gui avaient traité expressément le j: >oint dont il s'agit?

Permettez-moi de demander encore pour?

parce qu'il est encore occupé de ses stations qu ni on ne peut ôtre reçu dans la Faculté do

du Jubilé

Quant au Mémoire qui contient ce que vous souhaitez delà part de l'auteur, il faut que je lui écrive, pour savoir comment il veut qu'on agisse en son absence, en cas qu'elle dure; car il est présentement à la

th'éologie de Paris, si l'on ne jure, dans le co ursues exercices théologiques, qu'on tiendra les décrets de la Faculté, et nommément ce lui qui oblige à soutenir et défendre cette doctrine de l'Immaculée Conception,, sous pe ine d'être retranché de la Faculté, et d'en

Ville d'Eu ou aux environs, pour des a Ha ires éf -"e rejeté comme un païen et un publicain qu'il avait à y poursuivre. Ce que je sais en Voici les termes du serment : Jurabilis quod

général de ses intentions, est qu'il ne demande pas mieux que de revoir ses Critiques, pour y faire les changements et corrections raisonnables; et je ne saurais penser antre chose, sinon qu'il veut cela de bonne foi. J'ai même de la peine à croire qu'il se soit jamais formé aucun système suspect, et qu'il l'ait voulu établir dans ses écrits. Je croirais plutôt qu'il n'a pensé qu'à faire des recherches et des remarques, dont il laissait le jugement au lecteur. Dès qu" j'aurai sa réponse, je vous en ferai part, Monseigneur; et si elle est telle que je l'espère, j'aurai aussi l'honneur de vous communiquer les corrections avant qu'on fasse des cartons. Pour ce qui est du débit du livre, on m'assure qu'il ne s'est pas distribué plus d'une douzaine d'exemplaires, et que cela ne s'est fait que par la môme nécessité et pour les mômes raisons qui en ont fait passer un entre vos mains.

En jetant les yeux, Monseigneur, sur ce que vous avez remarqué dans la préface*, j'ai été bien content de l'estime que vous faites de la règle du concile de Trente, qui oblige d'interpréter l'Ecriture sainte, non

te nebitis dcterminalioncm Facultatis de Conei^ptione Immacula ta Virgiuis M<>riœt ride- U et, quod in sua conccpiione prœaei valu fuit a b onginali labe : ûj Jura.

Et quant au décret, en voici aussi les ler- I les. Après evoir dit que c'est par rinsjiii.-i- 1 .ion du Saint-Esprit que le concile général * le Baie et l'Eglise, qui ne peut evrer, a reçu cette doctrine, le décret ajoute : In ejus pussimœ doctrine defensionem ce propugnationon speciali sacramento conjurarimus , nosque devovimus, statuent es ut n'emo deiuceps sacro huic nostro collcgio ascribatur,nisi se hujus religiosc doctrinœ asserlorcmsircnuuvi. que propugiiatorcm pro viribus fulurum, simili juramento profilcalur. (Juod si quis , quod absit ! ad hostes Yirginis (ransfuga , contraria; asserlionis, quant faisant , impiam, erroneam judi camus,... palrocinium tjuacumque ratione suscipere ausus fucrii ; hune honoribus nostris omnibus privation , tUêue exauctoralum , a nobis et consortio nostro, relut elhnicum cl publicanum, procul abjiciendum decern imus.

Ce serment si précis paraît de telle importance à Josse Clictou, qu'il l'appelle fide: sa-

selon des sens particuliers, maisjuxta une- - cramcnlum (511); et Major dit, de la Faculté

nimem consensum, etc. Cette règle me parai t

l'unique fondement de la bonne théologie :

en sorte que, pour ce qui regarde les do g-

mes, elle ne doit ôtre établie que sur f es

deux principes, l'Ecriture et la tradition;

ou, pour le dire en un mot, sur le sens u! .a-

nirne dans lequel les Pères ont entendu les

passages» de l'Ecriture.

Mais cette règle étant si constante, co.rnment est-il arrivé dans l'Eglise qu'on ri ait point fait difficulté de quitter sur le pét .hé

originel, une tradition unanime de tre ize siècles, jtour embrasser la nouvelle opinion de l'Immaculée Conception ? Les Pères qui ont fini le concile de Trente, ne devaien't-il.s point craindre de déroger à une si importante règle, en insérant dans les définitions du concile la déclaration qu'on y lit su r ce

(•>!!) In lib. m Seul., l'isi. ô, qusest. 1. /

de théologie de Taris, qu'en faisant ce décret, concludit , post déterminai iouent faclam in Itasitccnsi concilio, esse h(vre!icum t encre bcatamVirgimm conerptam in peccato originali. Voilà, ce me semble, une é Ira n,^e atteinte à la règle susdite du concile, louchant le consentement unanime, etc. Mais ce n'est pas principalement pour cela que j'ai pris la liberté, Monseigneur, d'en faire' ici la remarque : c'est que je vois que plusieurs jeunes théologiens, qui ne sont pas des moindres écoliers qui étudient ici sous les professeurs, n'osent prendre des degrés en Sorbonne, à cause du serment que je viens de rapporter : et, depuis huit jours," il yen a un qui m'est venu demander conhdenimcni ce que je pensais sur ce sujet. Il me pr« de lui oire si un serinent l'ait sur celle ma-

vni:s i s dk Bossi i r

équence d'une telle détermination , el sans lequel <':i ne I ■ rail poii i .•m i |ue donne dans le monde et dans l'Eglise la qualité de docteur, n'est qu'une exléi ieure qui n'en ;a ;e punit la conscience. Je n'ai su que lui répondue; et si j'os s, W leur, j*- vous supplierais

• le m'aider a déterminer ce jeune écolier) qui, au jugement deses maîtres, n'est pas un des ni' sujets qui pourraient eulrer dans In Faculté. .1' vous demande pardon do la

de cette lettre, et je vous supplie, gueur, d'agréer mus très -humbles • . le.

A Parii . 'mai 1702.

LETTRE CCGVI.

SSOBT Al UÉME.

• r les pernicieux système» de Richard Si-

te sa témérité, et le serment • .i Sorbonne de soutenir Clmma- ■ I unccplion de Marie.

Quand vous dites, Monsieur, que noms auteur n'a p;iint de syslè;:;e dans ses ouvrages critiques, si vous entendez qu'il n'y ét-ji>!it directement aucun dogme particulier, -i vrai : mais à cela il faut ajouter que toutes ses remarques tendent à l'indill'érence des dogmes, et à affaiblir toutes les traditions et décisions dogmatiques; et c'est là son véritable système, qui emporte, comvous voyez, l'entière subversion de la religion. i

Vous dites (pie son dessein est de faire des remarques, dont il laisse le jugement au quv. C'est cela même qui établit celle indifférence , que de proposer des remarques ail'aiblissa rites, et iaisserj iger un chacun comme ii l'entend.

Je passe ouire, et je vous assure que son

iiable système, dans sa Critique du Vieux

tament, est de détruire l'authenticité des Ecritures canoniques : dans celle du Nouveau, sur la iin,d ailaquerdirectement l'inspiration, et de retrancher ou rendre douleai plusieurs endroits de l'Ecriture, contre le décret exprès du concile de Treille : dans

le des commentateurs, d'all'aiblir toute ia doctrine lies Pères, et, par un dessein particulier, celle de saint Augustin sur la grâce ; sous prétexte de louer les Pères grecs, de

nner gain de cause aux pélagiens, et d:adia préséance aux sociniens parmi les imenlateurs. C'est ce que je puis prouver avec tant d'évidence, que cet auteur n'osera lever les yeux. Cela soit dit entre nous, et pour l'usage de vous seul : car, au

•te, je suis i,i ;i (/avis qu'on l'engagcàson devoir plutôt par douceur et honnêteté que par menace, pourvu seulement que la vérité n'en soulbe pas.

Les lautes de sa version sont une suite des

faux principes qu'il a posés dans ses Crili-

y eut jamais d'exemple d'une té-

é pareille a la sienne, ni d'une telle

G, eau. 43.

licence dans la version cl dans l'interprétation de l'Evangile. S'il m' satisfait le public sur ici endroit-la, il ne faut plus parler de fidélité dans les traductions et explications ;

et si en satisfaisaul sur ces endroits on lui passe 6es autres ouvrages, c'est trop ouvertement les autoriser, comme je crois l'avoir démontré par nies précédentes.

Du reste, je ne contesterai pas la bonne foi que vous lui croyez, pourvu qu'on v prenne garde de bien près, et qu'on ne soit pas la dupe de ses artificieuses échappatoires, comme l'ont été jusqu'ici (je l'oserai dire .'ans pourtant vouloir ficher personne ) presque tous ceux qui ont examiné ses ouvrages, et en particulier son Nouveau Testament. Ceci, encore un coup, n'est que pour vous; car je veux, autant qu'il sera possible, ménager tout le monde en esprit de charité, pourvu qu'on en vienne à la fin qu'on se propose ; mais il est de la dernière conséquence que vous bâtissiez sur ce fondement, et que vous connaissiez bien votre homme.

Quant à la difficulté que vous me proposez sur le doctorat, le concile de Trente n'a pas cru que ce fût déroger à une règle universelle, que de laisser à Dieu le pouvoir d'en excepter, pour l'honneur du Fils de Dieu, une personne unique, et aussi distinguée que sa sainte Mère. C'est ce qui a donné lieu à la fin de son décret sur le péché originel : Sixte IV avait fait la même exception. Saint Augustin lui-même a donné lieu à une autre exception semblable. 11 est dit aussi généralement, que tous les hommes pèchent actuellement, qu'il est dit qu'ils contractent tous le péché d'Adam dès leur conception. Cependant vous savez l'exception de saint Augustin à l'égard de la sainte Vierge, propter honorcmDomini. Le concile de Trente l'a suivi, en disant sur le péché actuel, « que personne ne peut éviter tous les péchés véniels que par un privilège spécial de Dieu, tel que celui que l'Eglise croit avoir été accordé à la bienheureuse Vierge Marie : Nisi ex speciali Dei privileyio, quemadmodum de beata Virgine Maria tenet Lcclesia (512). » 11 su garde bien d'en dire autant du pèche originel ; luais il est vrai que saint Augustin a uns ces deux sortes de péchés comme en égalité, lorsqu'il a dit en parlant de Jésus- Ciitist : Profecto enim peccatum major fecisset, si parvulus haOuisset (513) : « li eût sans doute commis quelque péché dans l'âge adulte, s'il en avait eu étant enfant. » Quoique cette règle soit véritable, et énoncée en ternies généraux, elle ne laisse pas de souffrir une exception en faveur de la sainte Vierge.

On peut donc tenir pour probable même l'exception du péché originel à son égard : le concile de Trente en a donné l'exemple après Sixte IV. Notre Faculté n'en demande pas davantage; et tous nos docteurs conviennent qu'elle réduit l'ancienne définition de Bâle aux termes du concile de Trente :

(515) Cent. Jut.j 1. v, n. 57, l. X.

FAUT. XIV. LETTRES MYERSES

ainsi il n'y a plus là de difficulté. Il faudrait s'expliquer davantage avec un homme moins instruit: et j'ajouterai seulement que l'intention de la Faculté n'est pas d'obliger personne à prêcher et enseigner positivement la Conception Immaculée ; à quoi jusqu'ici je n'ai pas vu qu'on ail jamais pris garde. Mais, quoi qu'il en soit, on n'est obligé, par le serment doctoral, qu'à tenir l'opinion dont il s'agit, comme plus probable; ou en tout cas, si l'on veut, comme tliéologiquement certaine, selon les décrets de la Faculté : ce qui n'empêche pas que la règle du péché originel ne demeure pour certaine, et qu'on ne croie que la sainte Vierge y serait compris*1, sans une exception particulière provenue de la toute-puissance. Je suis, Monsieur, etc. A Meaux, ce 27 mai 1702.

LETTRE CCCV1L

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