‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 270 sur 458 · A M. LE CARDINAL DE NOAILLES · texte numérisé non relu

A M. LE CARDINAL DE NOAILLES

// lui fait part de ses observations sur son ordonnance contre Richard Simon.

J*ai lu, Monseigneur, l'Ordonnance qu'il vous a plu de m'envoyer, avec toute l'attention que Votre Eminence me prescrivait et que la matière mérite : je l'ai admirée dans toutes ses parties.

11 était de la dernière conséquence de bien établir le droit des ordinaires ; ce que vous avez fait excellemment en expliquant même la qualité de prêtre, qui obligeait l'auteur à une plus grande obéissance. Ce qui est dit si précisément des approbateurs n'était pas moins nécessaire, et ne pouvait être placé plus à propos qu'avec le décret de la Faculté de théologie. Tous les passages particuliers sont bien remarqués el bien repris en peu de mots, mais tranchants comme il convenait. Voire Eminence m'a fait grand plaisir de bien marquer les bassesses, et cel endroit important est parfaitement bien traité. Il ne me reste qu a vous supplier déconsidérer trois choses que je vous représente avec soumission.

La première sur le mot hai. (Luc. m, '20; Bom. ix, 13.) On voit bien dans ce dernier lieu que l'intention de l'auteur est d'affaiblir l'explication de saint Augustin: on voit bien aussi que Votre Eminence n'a pas voulu autoriser le sens de l'auteur ; puisqu'elle dit seulement « qu'on pourrait ne pas relever. » Cependant comme il esi certain (pie réduire haïr à moins aimer, ce n'est pas seulement altérer le texte, mais encore restreindre olaffaiblir relui de l'Apôtre, et que le s.ns est insuffisant et mauvais en soi, ut jacet : il semble que c'est trop peu de dire : « On pourrait ne pas relever; » et que c'est laisser croire que le sens au fond sérail bon ou du moins supportable. Pour empêcher Une conséquence si Lâcheuse,

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on pourrait insén r ces m >ts : lait

de mettre dans ses notes sou < \ -

ulication, avec les tuions nécessaires ; »

, : fout sera sauTé ; et Votre Emi*

ence n'est pas obligée de s'expliquer da-

m le chose regarde l'endroit où vous marquei beaucoup d'articles de foi ,ni sont affaiblis \ ar les cotes. Il me semble .|n*il ne fallait pas oublier la divinité de Jésus-Chrisl ; car encore que bien éloigné de la nier, l'auteur l'ait etpressément rennue dans quelques-unes de ses notes; 5t pas moins vrai ni inoins Certain que otes en affaiblissent les preuves, et y fournissent dés solutions. Cependant vous le mêliez à couvert de ce côté-là par Ire silence ; car on dira qu'ayant fait un si long dénombrement des dogmes affaiblis, vous n'en auriez pas omis un si essentiel. Pouf moi, je démontrerai plus clair que le jour, que l'auteur affaiblit Ce grand mystère dans plusieurs passages; et je dois craindre « 1 >" i I ne prescrive contre moi par votre cen- Mire; ce qui serait trop contraire à vos intentions. S'il vous plaisait d'ajouter après tous - dogmes et à la fin : « Et même en quelques endroits sur la divinité de Jésus-Christ, » vous sauveriez tout. Ce qu'on pourrait conclure serait qu'il ne parle pas conséquemment, ce qui est constant ; et vous me laisi riez toute liberté de dire la vérité sens réserve.

La troisième chose regarde les qualifications, et je ne vois pas (pie vous puissiez éviter celle d'induisante à hérésie; car encore que vous ayez mis l'équivalent, vous savez ce qu'opèrent les qualifications précises, celleci est inévitable, après toutes les autres remarques. Vous paraîtriez, Monseigneur, affaiblir votre censure et ne la pas conformer assez à l'exposé qui précède.

J'ose faire, Monseigneur, avec soumission

«es humbles représentations à votre Emi-

nence, et je la supplie seulement de me

mander c qu'elle aura résolu sur mes doutes,

que j'y aie l'attention que je dois. J'es-

e, Monseigneur, être bientôt en état d'en-

er à votre Ëminenee mon projet auquel

'ai pu donner la dernière forme qu'après

:r vu votre dessein ; je vous rends grâces

ni'- l'avoir communiqué. Vous savez.

Monseigneur, mon obéissance.

A Meaux, ce G septembre 1702.

LETTRE CCCXV1.

AL MÉMB.

Sur des lettres mendiées par les Jésuites en faveur des idolâtries chinoises.

I est, Monseigneur, tombé entre mes

ns copie d'une lettre que je sais avoir

e à quelques évèques:j'ai cru

q» u était bon que Votre Eminence en fût

^eru, •. peut-être l'est-elle déjà. Il mesem-

•iu i' est important que Uomesache cela,

et suit prémunie contre ces leltres mendiées. Je crois aussi, Monseigneur, qu'il sera bon que messieurs des Missions soient avertis. Je me réjouis d'apprendre le grand effet de votre censure. Vous savez, Monseigneur, mon obéissance.

A Cermigny, ceioctobre 1702.

LETTRE CCCXV1I (516).

DU PERE DE LÀCUAISE A UN ÉVBQUB.

Sur lu condamnation des cérémonies chinoises, sollicitée à Home.

Il me revient de Rome, par plusieurs endroits, que quelques personnes qui se mettent moins en peine d'édifier l'Eglise que de décrier notre Compagnie, ont osé y écrire à Sa Sainteté môme, que toute l'Eglise gallicane se soulevait contre le Sainl-Siége, sur sa lenteur à condamner les opinions des missionnaires de la Chine ; et que si elle ne cassait, promptement le décret par lequel le Tape Alexandre VIII, pour faciliter les progrès de la vraie foi, avait réglé les cérémonies qu'on pouvait ou qu'on devait y conserver, cela causerait toujours le plus grand obstaclequ'on trouve aujourd'hui à la conversion des hérétiques de France.

Je ne crois pas que vous soyez de ce sentiment, ni que vous ayez autorisé ceux qui se sont voulu faire caution de tous les évêques du royaume auprès de Sa Sainteté, sur un point si faussement et si malignement inventé. Vous savez le contraire, Monseigneur, puisqu'il est certain et manifeste qu'on ne pourrait faire déplus grand plaisir aux protestants, ni rien de plus propre à les entretenir dans le schisme, que de leur faire voirdans lesdécrets etlesdécisions des Papes celle contradiction que les novateurs y cherchent avec tant de soin, et de laisser croire ;i tout le monde que l'Eglise a souffert durant plus de cent ans des idolâtries à la Chine, quoiqu'elle en fût bien informée.

Vous voyez, Monseigneur, combien ces exagérations sont de mauvaises voies de solliciter le Saint-Siège, pour lui ôter, s'il se pouvait, la liberté de rendre encore un jugement avantageux à la religion, auquel les Jésuites seront assurément toujours les plus soumis, puisque decette soumission dépend tout le fruit du zèle avec lequel notre Compagnie sacrifie un si grand nombre de ses meilleurs sujets au ministèrede l'Evangile, dans les pays infidèles. Le sentiment d'un prélat de votre mérite et de votre capacité -.rail d'un grand poids dans cette occasion, et je vous supplie très-humblement de vouloir bien me le marquer dans la répondont vous daignerez m'honorer. Vous !;■ devez au bien de l'Eglise, et j'ose attendre celle marque de voire zèle et de votre bonté. Je suis très-respectueusement, etc.

P. de la Chaise

A Paris, septembre 1709.

t la lettre dont il i bt pailé dans la précédente, et peut cire écrite à Bossuet lui-même.

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