J215 PART. XIV. LE
A MILORD PEFJTII.
// lui envoi? son Instruction contre la version du Mouvcau Testament, iitij' Trérou.r,
et le prie de la présenter « Leur» Majestés britanniques.
Je prends la liberté de vous envoyer le livre que j'ai été obligé de composer contre Jo Nouveau Testament de Trévoux. Je ne vous en dirai point les raisons que le livre vous fera connaître. Mais, Milord, j'ai une gi à vous demander; c'est de vouloir bien me faire l'honneur de présenter en mon nom à Leurs Majestés, ce présent indigne d'elles, •.nais que j'ose leur offrir avec un dévouement parfait. J'espérais en vérité, pouvoir leur aller faire ma cour, et je différais dans celte espérance -, nais on ne croit pas que ma santé le permette : vous suppléerez à tout par vos bontés. Je vous supplie de me faire encore la gnlce de faire agréer un de ces livres à M. le duc de Berwik, l'autre à M. de Midleton , dont la conversion et les bons exemples édifient et réjouissent toute l'Eglise. Vous seul pouvez faire valoir an si petit présent. Conservez-moi cette précieuse amitié, et croyez qu'on ne peut être ave:: plus de respect et d'attachement, etc.
A Versailles, ce G janvier 1703.
LETTRE CCCXIX.
AL MÊME
Sur un livre composé par le roi d'Angleterre, dont il fait les plus grands éloges.
Je ne puis vous exprimer ma très-humble reconnaissance envers la reine, nonseulement pour le témoignage du précieux souvenir de Sa Majesté, mais encore pour l'excellence du présent dont elle m'honore. Le livre que vous me faites l'honneur de m'envoyer de sa part (517) est plein do vrais miracles ; et je n'en vois point de plus grand que la fui, les sentiments et les pratiques d'un roi humble, d'un roi pénitent, d'un roi qui sent et fait sentir la plus signalée de toutes les grâces, dans la suite des" malheureux succès qui l'ont dépouillé de trois royaumes, et l'ont tenu relégué durant tant d'années dans un pays étranger. L'Eglise n'a rien de plus précieux que ces grands exemples, qui font voir que Dieu fait des saints quand il lui plaît, et sait inspirer la pratique des [dus hautes maximes que la doctrine et la vie Jésus-Christ ont fait paraître dans le h, onde.
Je ne finirais jamais, Milord, si je voulais transmettre au papier ce que ce livre me met dans le cœur. 11 sera le vrai don royal
(517) Nous ignorons quel esl ce livre; nous ne connaissons du roi Jacques 11 qu'un journal liè>curieux de toute sa vie, qu'il a laisse, et que l'on conserve au collège ou séminaire dos Ecossais à Paris. On trouve aussi à la lin de la Vie de ce prince, donnée à Bruxelles en 1710, quelques écrits qu'il avait composés, et qui y sont imprimés son, ce litre: Sentiments de Jacquet II sur divert tujets de piété.
TTRES DIV1
de la maison d'Angleterre. n -e. n
été témoin des p'ns gran ; - du
.saint roi, le comptera parmi - - sors. <>n ne verra point ni de plus solide instruc. .. pour fa piété, ni même de pins belle controverse pour ramener i ..
catholique. Tout y est , et tout y ■ ;uil en pratique. Je prie Dieu qu'il soit la consolation de la reine, l'instruction domestique du jeune roi, et une ressource bienheureuse comme un témoignage immortel à l'Angleterre. Aimez toujours celui qui est avec uu respect et un attachement inviolable, autant que tendre et sincère, etc.
A Paris, ce 28 mars 1703.
A M. DE LA BROLE, ÉVÊCjt E DE MIREPOIX.
Sur les ouvrages que notre prélat avait d ■sein de donner au public , e: - s dispo~
s il ions à l'égard de la santé e! de la vie.
Votre lettre, Monseigneur, achève de me déterminer à la matière impoi tante que vous souhaitez que je traite (olS , | ar l'attention qu'elle me l'ail faire au défi du sieur Basnage. Voici donc quel sera , s'il plaît à Dieu, i dre des ouvrages que je prépare. La seconde Instruction sur les passages particuliers i faite, avec une Dissertation préliminaire star (Irotius, qui est de la dernière conséquence, à cause de ses commentaires et autres ouvrages qui répandent l'erreur partout. Cela esl fait, et il n'y a qu'à mettre au net pour la dernière t'ois. Là je promettrai, dans la préface, l'ouvrage que vous prescrire*, et j'y travaillerai pendant l'impression. La chose sera facile, dans l'étal où se trouve- la composition; el la matière étant non-seulement toute digérée dans mon esprit, ma»
encore presque toute déjà mise, en l'état que vous savez, sur le papier.
J'aurai une joie extrême de vous embrasser et de conférer avec vous. M. du Haine ne me donna point d'autre raison, sinon, en général, qu'il ne fallait point s'en, - . ; mais, au reste, il parut très-disposé.
Ne soyez pas en peine de ma santé : vous la croyez plus languissante qu'elle n'est, Dieu merci. Il est vrai que le grand apporte certaines sortes d'incommouilés qui obligent à des précautions aisées et innocentes, qui ne laissent pas de faire discourir le monde. Tout est dans la main de Dieu , de qui en tout temps, et principalement à l'âge où je suis, il tant recevoir la vie et la santé comme heure à heure, el de moment en uniment, sans se rien promettre, pour la faire servir à la gloire de pieu jus
(51S) La matière «portante doni celle île la grâce et ém libre arbitre, sur laquelle Bossue! s'engagea, dans la préface de sa seco Instruction contre la version if .. Tcslamen!
imprimée ù Trévoux, de montrer le conseille); des anciens Pères avec saint AngnsUn el ses d pies. Il a rempli cet engagement dans l'ouvi qni a pour litre, Défemst de la tradition ci
nu'en I*
demi ar soupir. Celle pensée oie f«ïl i assi r
vie doucement, en allcn lanl qu'il raille t ii partir; ce qui . après loul, par la gran l ou lé de Dieu , esl le moment le plus désirable.
i . légères in lisposi lions m'ont lenu ici plus longtemps que je ne voulais, pour y er, avec les médecins qui me connaissent, lr régime et les précautions, autant qu'il .-t' pourra par l'expérience,
Où en êles-yous de vos ouvrages? Pour
moi, j'espère que Dieu me donnera le temps
de rendre à rEglise le service nue vous
baîtez. Je suis avec loul le respect et
rattachement que vous savez, etc.
A Paris, ce 29 mars 1703.
LETTRE CCCXXl.