‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 273 sur 458 · PLACET AD ROI · texte numérisé non relu

PLACET AD ROI

BûiStUl le supplie de lui accorder son neveu pour eoadjuteur (519).

Ce n'est ni par mérite, ni par service aucun, nais par la grande bonté de Votre Ma- 'é tonte seule, dont j'ai reçu et reçois s les jours des marques si éclatantes, que rose prendre la confiance d'exposer à Votre je^lé l'étal où je suis, et le secours que je

I Le P. Mercier, chanoine régulier de Sain-

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puis recevoir de celle extrême bonté dont je suis si pénétré.

Après avoir écouté les conjectures et les

raisonnements îles bommes les plus consommés en science et en expérience, j'ai (in devoir venir depuis quinze jours 8ux épreuves les plus assurées, entre les mains de Mareschal (520) , et il a été trouvé que j'avais une pierre. Il esl constant, par la même épreuve, qu'elle n'a pas plus de grosseur qu'il en faut pour donner prise, el que, Dieu merci , elle est encore delà figure et de la qualité qui la peuvent rendre la moins incommode. J'en ai même une preuve expérimentale, puisqu'on a jugé, par les accidents, qu'elle dure depuis deux ans dans le même état, sans que j'en aie reçu aucune, notable incommodité, non [dus que depuis (jue je sais le mal. Il y a cent expériences connues, de personnes qui ont porté le mémo mal des dix et quinze années avec quelques incommodités plus ou moins grandes, et toutes plus supportables que celles de la taille , à quoi on ne vient qu'à l'extrémité , et après avoir lenlé toutes sortes d'adoucissements. C'est la résolution où Dieu me met, selon les règles de la prudence ebrôtienne, offrant à sa divine majesté loul ce qu'elle voudra me faire souffrir, en esprit de soumission et de pénitence.

Il n'y a que mes fondions qui m'inquiètent, et j'aurai l'bonneur de le dire à Votre Majesté sous les yeux de Dieu, en toute humilité et vérité, que je suis soulagé, plus que je ne puis exprimer, par l'abbé JBossuet mon neveu. Oserai-je dire à mon maître, et à un maître si bon (Sire, permeltez-lemoi) , qu'une de mes aversions, c'esl de prôner ceux qui m'appartiennent. Mais, puisqu'il faut dire la vérité à son roi, je puis assurer Votre Majesté, sans craindre d'en avoir jamais de reproche, ni devant Dieu, ni devant les bommes, que l'abbé Bossuel fait, depuis douze ans qu'il est archidiacre, et depuis quatre ans qu'il esl de retour de Rome et mon grand-vicaire, toutes mes visites avec un soin donl je suis content, et avec une parfaite édification des curés, des chapitres, des couvents et communautés religieuses, et de tout le peuple : en sorte que je ne crains point de me flatter, en répondant -à Voire Majesté de sa bonne conduite.

Je ne présume pourtant pas de supplier Voire Majesté de s'en rapporter à mon témoignage, quoique rendu en conscience sous les yeux de Dieu ; au contraire, je la conjure par toute sa bonté, d'en venir au plus rigoureux examen Votre Majesté saura bien choi-

à tond leur âme! celle-ci attache singulièrement par les détails qu'elle renferme. Au reste, on sait que M. Bossuel n'obtint pas du roi la coadjulorerie île Aleaux pour son neveu, comme il le demandait par ce piacet. t (Jour, des sciences et beaux-arls, l'év. 1765, j). ojï et suiv.)

(520) George Mareschal, premier chirurgien du roi, et chevalier de Saint- Michel, mort le 15 décciii! ic 1730, à l'âge de soixante et dix-huit ans.

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sir dos personnes désintéressées. Je le m ts i) toute épreuve, assuré qu'il se trouvera que c'est un esprit solide et sérieux, occupé du ministère ecclésiastique , plus éloigné du monde qu'on ne saurait croire, prêtre disant sou vent la sainte Messe avec édification. Aussi est-il dans un Age mûr, âgé de trente*nenf ans. Il n'est prêtre que depuis quatre; années, au retour de Home, et il a cru qu'il prendrait ici le sacerdoce avec plus de réflexion et de recueillement, après toutes les épreuves de mon séminaire, où il a été.

Puisque je viens de dire un mot de son voyage de Rome, Votre Majesté aura peutêtre la bonté de se souvenir des quatre années qu'il y a passées à combattre le quiétisme, des contradictions de toutes les sortes, et même des calomnies qu'il a eu à essuyer, dont la fausseté a été reconnue. Je l'ai loué de sacrifier tout autre intérêt à la vérité. Votre Majesté, Sire, la protégeait ; et l'abbé ftossuet est trop heureux qu'elle ait daigné approuver sa conduite.

Je continuerais à gouverner mon diocèse tranquillement, tant qu'il plairait à Dieu : mais je ne puis m'exposer aux ordinations et aux cérémonies pontificales sans quelque péril, et surtout à la confirmation, qui fait la consolation des peuples et la principale bénédiction des visites. C'est, Sire, ce qui me donne la pensée, et me met dans la nécessité, prosterné aux pieds de Votre Majesté avec une humilité profonde, de la supplier de vouloir, par sa grande et très-grande grâce, me donner mon neveu pour successeur. Par ce moyen, Sire, Votre Majesté me fera achever ma vie en repos ; je serai un exemple éclatant de sa grande et excessive bonté. Mon neveu, instruit de mes sentiments et soutenu de mes conseils, continuera le peu de bien que j'ai tâché, pendant vingt-deux ans, d'établir et d'entretenir dans mon diocèse. La voie de coadjutorerie marquerait une bonté plus déclarée de Votre Majesté: joint que, conservant mon autorité, elle me rendrait peut-être plus utile au diocèse. Mais en quelque sorte que Votre Majesté daigne en ordonner, je m'abandonne à elle. Je suis prêt de donner ma démission pure et simple : Votre Majesté saura faire ce qui sera le plus utile. Au surplus, je n'attends rien que de la seule très- bienfaisante bonne volonté du plus grand comme du meilleur de tous les maîtres: et soutenu do ses bienfaits, dans le repos et dans le bon air de Meaux et de Germigny, qui est devenu comme mon air natal, si Votre Majesté l'a agréable, je pourrai achever mes jours en paix ; et même, si Dieu le permet (car qui connaît ses bontés, et qui peut y donner des bornes?) , je pourrais , en ménageant mes forces, qui, à cela près sont entières, continuer à servir l'Église; en tout cas prolonger ma vie dans le service

de Dieu jusqu'à une Hn naturelle, telle qu'il lui plaira la marquer, et en remplir tous les moments de vœux pour la personne sacrée de Votre Majesté, si nécessaire à vos peuples et à toute l'Eglise.

LETTRE CCCXXIl.

A DÔM MUilLLOV, RELIGIEUX iu'.m SDÏCTI \ .

Sur une Vie de saint Fiacre.

Je me suis fait lire, mon révér nd Père, la Vie que vous venez de m'envoyez avec les prières y jointes. Il faudrait un peu adoucir l'endroit de la Becnaude (521), à la page 9, et en supprimer le nom, qui n'est pas assez sérieux pour êtie imprimé. La raison voudrait q l'on ne parlât point de !a pierre (542) : mais comme il y a là une instruction pour la modestie, il faut seulement adoucir l'endroit avec des on dit, on croit communément sur le témoignage de quelques auteurs assez anciens, et ainsi du reste, il faut aussi adoucir, par de semblables expressions, ce qui est rapporté dans la inéuie page sur l'ambassade des Ecossais et la royauté de saint Fiacre. Il faut aussi retrancher une grande quantité de vers fort impertinents. Au lieu des miracles qu'on y énonce trop grossièrement, on pourrait se contenter de traduire la prose qu'on lit dans l'Eglise : ce qu'on dit de la chasteté do saint Fiacre et de celte fille est compris parmi ces vers. Après ces corrections, que je vous prie du in'envoyer au plus tôt, et dont aussi je me repose sur votre prudence, je ferai ce qu'il conviendra. Je suis à vous, mon révérend Père , comme vous savez , de tout n on cœur, etc.

A Paris, ce 22 mai 1703.

LETTRE CCCXXIII

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