‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 292 sur 458 · I2GS · texte numérisé non relu

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,u\ . ûenis qu'ils avaient pria dans

leur abjuration, ila venaient présentement la leur mouvement, et sans aucune conirainte, feire profession de la religion catholique, et protester, en présence de cette même Eglise, qu'ils étaient résolus d'y vivre it d'y mourir. Ils se sont tous agréablement soumis à ces trois ou quatre choses, et j'es-

e gu*avanl la Bn de ce mois, il y en aura plus de la moitié de mariés.

Vous voyez ce qu'a produit une contrainte générale de trois ou quatre mois. Je ne doute pas qu'on n'en voie chaque jour de nouveaux fruits; les choses y paraissent plus disposées que jamais. La ligue que le roi a laite avec l'Angleterre et la Hollande, pour le partage de la succession de l'Espagne, leur ôle toute espérance de pouvoir jamais être

ourusdeee côlé-Ià. Ainsi, Monsieur, rien n'est plus important que de les faire entrer bon gré mal gré dans l'Eglise; et il semble qu'on ne s'y oppose plus du côté de la cour, qui était la seule chose qui pouvait vous retenir. Il est inutile de vous répéter les raisons de notre avis, et vous les savez d'ailleurs mieux que personne. Je suis, etc.

RÉFLEXIONS DE M. l'ÉVÊQUE DE MIREP01X SUR LA LETTRE DE BOSSUET A M. DE BASVILLE.

M. de Meaux convient que les princes peuvent contraindre à tous les exercices de la religion catholique les hérétiques qui s'en sont écartés, et que l'Eglise a autorisé ces contraintes, en les demandant elle-même aux princes : mais il ne voudrait pas qu'on les employât particulièretnentpour la Messe, surtout dans le temps que l'on se garde bien de les employer pour les sacrements. Il croit que ceux qui soutiennent qu'on doit les contraindre d'assister à la Messe, et les laisser dans une entière liberté pour les sacrements, ou ne prouvent rien ou prouvent trop ; et qu'ainsi, ou il faut les contraindre aux sacrements, ce que personne ne soutient, ou ne les pas contraindre à la Messe.

Il ajoute à cela que, par cette conduite, on leur donne sujet de croire que la religion ne consiste que dans l'assistance à la Messe, et encore dans une assistance forcée, et sans aucun rapport aux dispositions nécessaires pour y assister utilement. Il conclut que ceux des nouveaux convertis qui vont à la Messe par contrainte, et avec protestation

Voilà, si je ne me trompe, le précis de la lettre de. M. l'évoque de Meaux, sur laquelle on peut faire les réflexions suivantes.

Première Réflexion. — Que, selon M. l'évéque de Meaux, dès qu'on a promis et qu'on s'est engagé à tout, on peut et on doit être contraint non-seulement à l'assistance à la Messe, mais encore à la pratique des sacrements: car dans son sentiment cesdeux choses ne doivent passe séparer. Ainsi tous ceux qui ont promis, non-seulement pour se marier, mais pour d'autres motifs, quels qu'ils soient, auront beau dire qu'ils croient que la Messe est une idolâtrie, et que si on les contraint d'y aller, ils se garderont bien d'avancer jamais davantage dans la pratique des sacrements, ils ne pourront point être regardés comme des mécréants, quelque protestation d'incrédulité qu'ils fassent, et on sera en droit de les contraindre et à la Messe et aux sacrements, parce qu'ils se seront engagés à l'un età l'autre.

Mais pourquoi les nouveaux convertis, dont la plupart ont fait une abjuration sans contrainte, et surtout dans le diocèse de Meaux, comme M. l'évêque de Meaux l'a écrit lui-même, dont plusieurs se sont approchés volontairement des sacrements dans le commencement, pourquoi seront-ils regardés comme des mécréants, dès qu'ils diront, peut-être encore plus de Ja bouche que du cœur, qu'ils ne vont à la Messe que par contrainte, la regardant comme une idolâtrie, et qu'ils déclareront qu'ils ne veulent point s'approcher des sacrements ? Pourquoi acquerront-ils par cette protestation le droit de n'être pas contraints d'aller à la Messe» que ceux qui se sont engagés à tout jour se marier ne peuvent point acquérir jar une semblable protestation? Pourquoi es uns seront-ils sensés mécréants plutôt que les autres ? Mais ce nom de mécréants peut-il convenir à des Chrétiens baptisés, qui croient en Jésus-Christ et en son Église, et qui feront quelquefois cette protestation dans la vue de se faire laisser dans le repos de mort, dans lequel ils cherchent à s'endormir ?Que si ce nom leur convient, et s'il leur donne le droit de ne pouvoir être contraints à l'assistance à la Messe, pourquoi une semblable protestation, qui sera quelquefois plus sincère dans ceux qui ont tout promis pour se marier, ne leur acquerrat-elle pas un semblable droit? Ne pouvonsnous pas dire ici à M. l'évêque de Meaux

de n'aller pas plus avant dans lapratiquedes que le titredes mécréants, par lequel il veut

sacrements, doivent être regardés comme des mécréants, et par conséquent quils ne doivent être contraints ni à l'assistance à la Messe, ni à la pratique des sacrements.

Il met pourtant une restriction à sa règle à

l'égard de ceux qui, pour se marier ou pour

réhabiliter leurs mariages, auraient tout

promis, et il croit pouvoir démontrer que

c est toui perdre que de laisser en repos ces

[tes de relaps. Ainsi il semble vouloir

| i on les contraigne à tout, et à la pratique

des sacrements aussi bien qu'à l'assistance à

Messe.

exempter les nouveaux convertis daller à la Messe, ou prouve trop, ou ne [trouve rien ?

Deuxième réflexion. — Il semble que l'évêque de Meaux change l'état de la question, pour avoir droit d en conclure que le .sentiment des évêquesdu Languedoc prouve trop, ou ne prouve rien. 11 n'est pas v.r-aif qu'on donne à entendre aux nouveaux convertis, qu'en contraint d'abord à l'assistance à la Messe, qu'on ne leur demandera jamais rien à l'égard des sacrements ; et ils ont si peu lieu de le croire, que plusieurs de ceux

PART. XIV. LETTRES DIVERSES

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