S3 LETTRES A MADAME DE LA MAISO II UB I
Réponse. — Sainlc Thérèse fait eipressé- qoeot .sont infiniment éloignéej de l'ind
ment celle supposition, qu'on aimerait Dieu rence.
à fie moment, quand même on devrait être XIV. — i>;m \ -. ;. . — Obligez-moi, anéanti dans 'le suivant: mais cela ne con- : . ur, de m'expliquer dut point à l'indifférence enlre le possible sions -. Se perdre en Dieu, ci l'impossible, parles raisons qui ont été non-seulement .1 m miséricorde, mai 1 dites. Par là on voit que je ne nie point les justice; et ces paroles de Notre-! abstractions marquées dans l'article préeé- que ce perd son âme, 1 dent -, mais ce qui fait que je 110 les crois pas pour la , 39.) nécessaires pour la perfection, c'est que pla- n Dieu, 1 sieurs saints n'y ont jamais songé. Les véri- s'oublier soi-même pour n'a. tables motifs essentiels à la perfection, c'est occupé que i, el d'y regarder le réel comme Dieu l'a établi, l'induite de sa perfection, par 1 et won pas ce qu'on imagine sans fondement, foi qu'on ne peut ni rien penser m ri Ainsi ces expressions ne sont tout an plus l'aire qui soit tant soi) que des maniérée d'exprimer que l'amour 2° On peut s'abandonner a sa ju tico com qu'on a pour Dieu est à toute épreuve: à sa miséricorde, en considérant une j'ajoute qu'il est dangereux de les rendre si qui est en effet une miséricorde, qui Irappu communes ; car elles ne sont sérieuses que en celte vie pour épargner en l'autre ; maii dans les Paul, dans les Moïse, dans les plus qu'on puisse jamais s'abandonner à la jusparfaits, el après de grandes épreuves. lice de Dieu pour la porter en toute rigue
XXXH. — Demande. — Saint François c'ost co clui nG s'est trouvé nulle 1
de Sales reprenait ses filles, quand elles par- ?ue celle justice a toute rigueur enferme-
laient de mérite, leur «lisant que, si nous «damnation et toutes ses suites, jusqu'à
pouvions servir Dieu sans mériler, nous dvi- 'éternelle privation de I amour de Di .
vrions choisir de le servir ainsi. qui entraîne 1 esprit de blaspbè
n , n .. .. , 1 a désespoir, et en un mot la liaiue de Dieu 1
Réponse. - Cette propositon est de même co | feit' hon.eur , . , ce , mQ .
que serait celle-ci : Si nous pouvions servir dir2que ceux oui parlent ainsi ne s'eiiten-
Dieu sans lui plaire, il le faudrait faire ; car (lent « eux mêl£eSi 3. Perdre son ftine
mériter, et plaire à Dieu, est précisément la sclonl,e précepte «le Jésus-Christ, .
môme chose. 11 faut donc entendre saine- dans [on[Ql sonFétendue fenoncer entière-
men ces sortes de suppositions, et n en !1)(}nt h Soi Iljème et & loute propre ,,lis,
conclure jamais qu on doit être indifférent à rac!i()I1 pour uniquement contenter Dieti. mériter ou avoir Dieu , non plus qu a lui xxxv| d^^ob. - Quelque é, lair-
plaire. Qui dit chante, dit amitié des deux cissemeRt encore, ^j, vnus ,,,.;,., sur
cotes et un amour réciproque, pour lequel (Iénùment dont par|e sainl François de
si on était indifférent, ou cesserait d aimer gales. ol (;0lle pcrtc m6œe des Yer|il\ r[ ijtl
^,eu- désir des vertus; et sur ce qu'il dit q
XXXIII. — Demande. — Il est dit, dans l'amour est fort comme la mort pour nous
la Vie de M. Olier, que la pureté de sou faire tout quitter, et magnifique comme la
amour fut telle, que, dans un temps d'é- résurrection pour nous parer île gloire
preuve où il se trouva, il s'offrit de bon d'honneur. (Fin du i\' liv. De l'amour
cœur à entiurer les peines de l'enfer pour Dieu.) Ces endroits-là ne m'auraient, ce
toute l'éternité, si Dieu devait trouver sa semble, point embarrassée, s'il ne me sein -
gloire à les lui faire souffrir. hlait que certaines choses approchantes sont
Réponse. — On trouve la même chose à blâmées, peu près dans la Vie de saint François de Réponse. — Saint François de Sales
Sales. Mais il y a deux observations à faire que, dans l'étal de perfection, on perd U s
dans tous ces exemples; l'une, de lesenten- vertus en tant qu'on y chercha à se conterr-
dre sainement; l'autre, de se bien garder ter soi-même, et qu'en même temps ou I s
de rendre ces suppositions aussi vulgaires reprend comme contentanl Dieu; • qti
qu'on l'ail, parce que bien certainement est très-juste. Il n'est pas permis de songer
c'est se mettre au hasard de les rendre illu- à exterminer en soi-même ses bonn
soires, présomptueuses, et une vraie pâture œuvres ou ses actes tant qu on l< rçou ;
de l'amour-propro par une vaine idée do car les apercevoir n'est pas mauvais,
perfection. Saint Pierre a été repris pour peu! être très-excellent, pourvu qu
avoir cru son amour, quoique fervent, à pour en rendre grâces a Dieu, el eonfesser
l'épreuve de la mort. Quelle distance d'un son nom, comme ont fail les apMrw et li !
martyre passager à un supplice éternel ! Le prophètes en cent et cent endroits, A ton
sens'est : J'aimerais mieux mille enfers que c'est une erreur de dire qu on soit propri
de m'écarter pour peu que ce fui, par le taire do ces actes. lu être propriétaire,
moindre péché véniel, de la volonté de Dieu; c'est les taire de soi-même comme du
et si Dieu, par une impossible supposition, soi-même, contre la parole de saint Pau
pouvait mettre sa gloire dans le toui tent se les attribuer plutôt qu a Di u. éternel de ceux qu'il aime, je consentirais à X\\\ I. -- Demande, - La tetlre 73 et
cette épreuve Mais ces suppositions et con- la 157 de M. Olier m ont paru bien tories :
ditions impossibles n'altèrent rien dans ce mais comme tout cela est infimm.
I [u' u veut actuellement, el par couse- dessus de moi, l éclaircissement «pue ■
OEuvres inédites ys Bossi.et.
(Il VHES INEDITES DE f.osst ET.
Monseigneur, vous demander } est seutem.vil pour avoir sur cela une idée qui no rende point suspect ce qui esl innocent) ,t qui m'empêcha d approuver ce tjui irait irop loin.
Ri ru\>r. — Je n'ai point vu ces lettres 'i. < er, ne les trouvant point sous ma main. Je vous dirai seulement que tout ce qui est contraire à la doctrine précédenteest £iux et insupportable, sauf à excuser les auteurs ni corrigeant leurs exagérations par d'autres passages, s'il s'en trouve, sinon en les laissant là pour ce qu'ils sont, sans s'y arrête r,
XXXVII. — Demande. — Je serais bien aise aussi de savoir si cette manière simple d'unir notre volonté a celle de Dieu, dont parie saint François de Sales dans le 14-' chap. du ix' liv. "se peut étendre jusqu'aux volontés de Dieu signifiées, aussi bien qu'aux événements. 11 semble qu'il entend tout, car il cite d'abord un des commandements de Dieu. Il est vrai que, dans la suite du chapitre, il ne parle plus que des événements.
Réponse. — L'esprit du saint, dans ce chapitre, esl d'expliquer deux manières de se conformera la volonté de Dieu ; l'une, en voulant ce qu'il veut par un acte positif de noire volonté, qui est, la manière de vouloir l'accomplissement de sa volonté signifiée par ses commandements; l'autre par forme d'acquiescement en général à la volonté de Dieu, plutôt que par forme de volonté positive de eetle cliose-ci ou de celle-là ; el celte manière-là esl celle qu'il propose par rapport aux événements, comme il paraît par J;i suite. Tout ce qu'il dil de la disposition du saint enfant Jésus, sur son abandon à l'extérieur à la volonté de sa sainte Mère, se doit entendre par rapport aux événements, comme d'être porté au temple, ou en Egypte, ou à Nazareth, et partout ailleurs; car en cela le Fils de Dieu était absolument sans action, ce qu'il faut entendre à l'extérieur ; car au dedans on sait bien que c'est lui qui conduisait sa sainte Mère. 11 faut donc l'imiter, en se laissant, pour ainsi dire, porter par notre mère la Providence à cet événement ou à celui-là, sans prescrire à Dieu ce qu'il voudra qui nous arrive dans tout le cours de la vie, et sans lui marquer sur cela aucun désir empressé. Conférez ce chapitre avec le 6e, où vous verrez comment on peut vouloir i-ainlement et fortement tout ensemble le contraire de ce que Dieu veut, el vous verrez ce que c'est que s'unir parfaitement à sa volonté.
Conclusion: 11 faut vouloir positivement ce que Dieu commande, et, à l'égard des événements , se laisser conduire par un très-simple acquiescement, sans pour cela se priver de vouloir certains événements même extérieurs, lorsque Dieu nous y incline (m quelque sorte que ce soit, comme il esl porté au chapitre (j, et eu cent autres endroits.
Remarquez aussi ces paroles du chapitre
k : Le cœur le plus indifférent du momie peut être touche' de quelque affection.
Si l'on poussait à toute rigueur toutes les expressions du saint évêque, il sérail impossible de les concilier ensemble : il les faut donc prendre par le gros, et croire seulement avec une foi certaine, qu'à l'égard des événements de la vie, parmi lesquels il faut compter les consolations et les sécheresses, quand il est question de conclure, il 9e faut conserver assez d'indifférence pour dire du- fond du cœur : Votre volonté soit faite. Amen, amen.
XXXVIII. — Demande. — Voici, Monseigneur, divers passages de saint François do Sales , que je vous supplie d'agréer que je vous marque ici. Il dit dans YEntretien de la confiance, en parlant de l'occupation intérieure d'une âme tout abandonnée à Dieu, qu'elle ne fait autre chose que de demeurer auprès de Dieu, comme Madeleine tout abandonnée ù su sainte volonté, qui V écoutait lorsqu'il parlait, -et lorsqu'il cessait de parler, qui cessait découler, mais qui ne bougeait pourtant d'auprès de lui.
Réponse. — Ne bouger d'auprès du Sauveur, même quand il cesse de parler, c'est secrètement prêter l'oreille comme prêt à recevoir la moindre parole, et ne rien perdre du discours dès qu'il daignera le recommencer : ce qu'il y a à conclure de là, c'est qu'il ne faut point être agité, ni se livrer à une inquiète mobilité; mais ce n'est pas à dire qu'on n'agisse point-
XXXIX. — Demande. — Le saint dit, dans un petit chapitre qui a pour titre : Exercice du dépouillement de soi-même : Demeurez fidèlement invariable en celte résolulion de vous tenir en la très-simple unité et très-unique simplicité de la présence de Dieu, par un entier dépouillement el remise de vousmême entre les bras de sa sainte volonté ; et toutes les fois que vous trouverez votre esprit hors de cet agréable séjour, ramenez-V y doucement, sans faire pourtant des actes sensibles de l'entendement el de la volonté, etc.
Réponse. — Kamenerson esprit, n'est-ce pas un acte, et une sorte d'elï'orl sur soi-même, mais doux et tranquille? Quand on le fait, on le sent ; et si l'on dit qu'il n'e^l point sensible, c'est que ce n'est point de son ado qu'on est occupé, mais de bieu.
XL. — Demande. — Plus bas, il ajoute : S'il vous dépouillait même des consolations el sentiments de sa présence, c'est afin que sa présence même ne tienne plus voire cœur.
Réponse. — Le sensible se diminue jusqu'à l'infini, el un sensible plus grossier se perd dans un sensible plus simple et plus simple encore, et ainsi toujours; et tout cela est quelquefois absorbé dans un inconnu : mais il n'y a rien à conclure de là contre les actes même distincts, comme on le verra dans la suite.
XL1. — Demande.— Dans un autre petit chapitre, qui a pour litre : D'une oraison où l'âme, sans user de discours, regarde Dieu présent, saint François de Sales paraît s'apostropher lui-même dans ce chapitre ; LU'H*
37 Lettres a madame de Lama
je crois que c'est une lettre qu'il éerivail à troisième partie de la Vi
la Mûre do Chantai, iorsqu elle croyait que est une réponse è plusieurs que ;
s'il commandait a son esprit, qui voulait avail Faites au sainl évoque, poui
toujours discourir, de s'arrêter, il craindrait sou union simple, lors même .
le commandement. Je vous cite, Mensei- dans la sécheresse, ne suffisait pas h hicn
gneur, ces deux petits chapitres , parce qu'ils des choses qu'el it citées l jus
ne sont pas dans les livres ordinaires, où les celle lettre que saint Françoi
œuvres de saint François de Sales sont se- Soyez active et passive, ou pâlit
parées, mais dans un gros livre où elles Dieu voudra;... mais de vou sorte*
sont toutes réunies, et qui est imprimé par point de voire place... l'y- «/«.
un plus vieux libraire (pie Léonard. tue; le maître vous a j
RÉPONSE. — On a dit déjà (-25) que le dis- ne sortez de là que quand lut-
cours n'est pas nécessaire pour I exercice de tirera. la foi. Réponse. — Le saint explique i n tei
XLII. — Demande. —Dans l'endroit que exprès que la comparaison de la si
je cite article précédent, saint François de regarde que les temps de l'oraison ; il n'.
Sales dit : Demeurez simplement en Dieu , ou quà voir les endroits du livre De l'amour de
auprès de Dieu, sans vous essayer de rien faire, Dieu, et les lettres où il emploie celle com-
el sans vous enquérir de lui ni de chose du pa raison, pour en elre convaincu. monde, sinon à mesure quil vous excitera, XLV. — Demande. — J'avais compris par
ete. ces mots : Soyez active quand Dieu voudra :
Réponse.— Tout cela est vrai dans cer- laites des actes dans voire oraison, quand
tains moments où Dieu tient une âme actuel- Dieu, par le mouvement de sa grâee, vous v
lement sous sa main, mais que cela puisse portera. Et ce qui suit ces mois est ce qui
être dans toute la vie, cent passages du saint me portait à le concevoir de la sorte, et
et de la Mère de Chantai font voir le contraire, aussi les questions de Mme de Chaulai, a'uv-
et l'Evangile y répugne aussi bien que l'ex- quelles cette lettre paraît répoudre, dans
périence. lesquelles elle citait même les temps
XL1II. — Demande. — Sus , mon pauvre sécheresse; car il me semblait que s'il avait
esprit,, rejetons toutes sortes de discours, d'm- prétendu que, dans ces temps-!à, elle devait
duslries , de curiosités et de répliques ; sim- s'exciter à faire des actes, il aurait dû le lui
pli fions-nous, et vidons-nous de cet ennuyeux dire. Tout ce que je viens de vouj. marquer,
soin de nous-mêmes; fermons -nous en la sim- et d'autres endroit* encore, m'avaient l'ait
pie vue du tout de Dieu et de notre néant; penser que, selon saint François de Sa!'
accroissons-nous dans les effets de cette sou- certaines mues, dans l'oraison, | ouvaieiit se
veraine volonté , sans nous remuer pour pro- contenter de la présence de Dieu et du re-
duire des actes de l'entendement ni de la vo- cueillement, et attendre, pour faire - a tes
lonté ; oui , fermons-nous là sans nous bouger intérieurs sensibles, que certain mouvement
ni peu ni prou, voire même quand il faudra de grâce les y portât; et, dans la conduite de
pratiquer les vertus, et que nous serons tom- leur vie, être fort abandonnées à la l'rc
hés en quelque faute; car le doux Jésus nous dence, fidèles à marcher en la présence de
donnera les sentiments nécessaires, mieux que Dieu, à l'écouter et à suivre les mouvements
nous ne nous les saurions procurer avec tou- de sa grâce, sans attendre pourtant, pour se
tes no* imaginations. détenu ner à la pratique des vertus et des
Réponse. — On se simplifie activement, bonnes œuvres convenables à leur état.
on est quelquefois passivement simplitié : inspirations et des mouveuieuts particuliers;
ce soin ennuyeux est en même temps in- ne négligeant point, non plus que les autres
quiet, et il est bon de s'en vider. 11 est bien personnes, les autres signes de la volonté
certain que les actes d'entendement que le Dieu et les règles de la prudence chre-
saint évêque exclut sont ceux qui rompent tienne.
la tête; les actes de volonté sont ceux qui Réponse. — Etre active, ce n'es
troublent le cœur. Il est vrai qu'il faut s'af- des actes libres et méritoires, car il
fliger, mais non pas s'inquiéter de ses fau- tain qu'on en fait de celte sorte dans
tes : ce sont des conseils que les saints don- passif; autrement cel étal sérail mauvais, i ;
nent dans tous les états, mais principalement exclurait les actes libres et méril i-
aux âmes qui se consument par leur excès- mourde Dieu, ce qui n'est rças I
sive activité. Ceux qui croient se procurer C'est donc autre chose, et cest s'excilei
de meilleurs sentiments par leur imagina- soi-même à faire des actes; ce ,
lion, que par une simple attention à la vérité, point ordinairement dans l'état |*ssif, au
sont dans l'erreur, et personne ne révoque temps de l'oraison dont il s'agit. Le sailli
en doute cette doctrine du saint; mais elle veut donc dire : Soyez active; faites dan- i
ne conclut rien pour la suppression univer- voie et avec la grâce commune de t -
selle des actes, ni même des pieux efforts de excités qu'on appelle de propre yiduslrie ei
la volonté, pourvu qu'ils se lassent eu toute do Propre effort; mais quand Dieu \ -
vérité et douceur du Saint-Esprit. tient actuellement sous sa main , taissex-le
XL1V. - Demande. — Sa lettre, qui est faire, et ne vous tou rmentei pointa i
rapportée dans le quatrième chapitre de la tels efforts ou aucun discours, le n
(25) Votj. ci -dessus, col. 2L
QEUVHKS INEBITES DE BOSSl ET.
DOinl ici de l*oraison de 1 nii.Mi.-r. donl crois avoir donné les prineipesdans une des
rérences, et il ne me paraît pas quon e aucun dont,' sur Fa définition que
; : roposai. Tenons donc pour assure qu'une âme toujours passive esl une chose sans exemple; aucun spirituel n en vit ja-
s de celte sorte. Pour Mme de Chantai, il ne faut passonger qu'elleail été dans cet état, ni approchant. Réservons, dit-ene, i te grâce à la sainte Vierge, avec le bienheureux Jean de la Croix, ou plutôt laissons à Dieu son secret sur la sainte N lerge, et ne parlons pas de ee qui nous passe. Pour tes âmes que nous avons à conduire, disonsleur avec saint François de Sales : Quand
■n se déclare, qu'il se rend le maître, qu'il nous meut actuellement, laissez-vous mouvoir, el alors ne vous tourmentez pas a vous exciter ; mais ne croyez pas qu en cette vie, celte opération dure toujours. Quand il relire son opération, servez-vous de la manière ordinaire; usez de vos facultés, mai* de vous-même ne songez jamais a changer l'état de votre oraison.
Ne douiez point qu'il n'arrive dans I oraison, môme aux plus parfaits, de ces moments où Dieu relire ses opérations ; et e est dans ces moments que la vénérable Mère de Chantai en venait jusqu'à des prières vocales et autres, auxquelles on s excite soimême; ce qui lui arrivait principalement, a ce qu'elle écrit, à l'occasion des tentations (26). .,,,., ,-e i
Pesez bien la distinction de l état acliî et passif; c'est le dénoûment parfait de toute la doctrine du saint directeur et de la vénérable et digne fille. Remarquez bien qu il ne faut (joint attendre d'excitation particulière de Dieu dans les choses qu'il a commandées, el où sa volonté nous est déclarée, soit par notre état particulier, soit par l'état commun de la vocation chrétienne. Ce serait visiblement tenter Dieu, que de ne s exciter pas soi-même avec le secours de la grâce dans les choses de cette nature, et de croire toujours avoir besoin d'une opération extraordinaire, telle que sont celles de l'oraison passive.
XLVÎ. - Demande. — Mais il reste une chose sur quoi je désirerais particoHèrement quelque éclaircissement, c'est sur les aaes qui se fonl dans le cours de la v>e ; car
suis très-persuadée que tout le monde en
it faire, que non-seulement les personnes qui sonl dans la voie active en font, mais aussi les âmes tout à fait passives, et des actes distincts et môme en grand nombre, et que, comme le dit Mme de Chantai dans le chapitre que j'ai cité, ceux qui croient n'en point faire ne l'entendent pas bien.
Réponse.— Croyez celatrès-cerlain comme une vérité révélée de Dieu.
<2C) M. de Mettra n'aurait pas conseillé à celle Hère ùe revenir aux prières vocal, s ans 1rs moineau où Dieu, dans l'oraison, relirait son opération, puisque, ayant dcro.ao.le à et; prélat si je »e renia pas bien, uans les temps de béchere'sse, do
XLVII. • Demande. - Elle dit d'ellemême qu'elle en faisait, quand Dieu lui témoignait le voub ir par les mouvements do
sa grâce.
Réponse. —Le V.ère de Chantai ditçui elle faisait des actes, Quand Dieu lui témoignait la vouloir; ce qui esl bien vrai : irais elle ne dil pas qu'elle n'en fît jamais autrement. Le contraire parait dans toute sa conduite.
11 faut entendre aussi que ce témoignage de Dieu n'est pas toujours une opération qui mette l'âme en passiveté. Dieu témoigne suffisamment qu'il veut quelque chose, qnand il v incline doucement ; en se; le néanmoins qu'après, l'Ame achève ce qu'il commence , en s'exeitanl elle-même, comme quand David disait : Mon âme, bénis le Seigneur {Psal. eu, 2) ; et encore : Je vous aimerai, mon Dieu, ma force {Psai. xvii, 2). il paraît que. Dieu l'excitait; mais il parait en même temps que l'âme déjà émue s'excitait aussi elle-même ou à achever l'acte ou à le continuer. .
XLVlil. — Demande. — Et quoiqu il soit vrai que M. deMaupas dit, dans le commencement de cette Vie de Mme de Chantai, que lorsque Dieu avait retiré son opération, elle faisait quelque petit acte fort court dans i oraison, il fait pourlanlremarquer, dans le chapitre que je cite, que c'était par le mouvement de la grûce, et non autrement qu elle faisait ces actes.
Réponse. — Quant à ce que vous dites, que, de l'aveu de M. de Maupas , la sainte Mère ne faisait jamais aucun acte que par le mouvement de la grâce, cela convient a tout étal ; et nul ne peut dire : Le Seigneur Jésus , qu'incité auparavant par le Saint- Esprit. Ainsi l'incitation de la voie commune et active, bien loin d'être incompatible avec celte impulsion, l'accompagne ordinairement dans toul le cours de la vie. Au reste, quand M. de Rlaupas remarque que Dieu retire souvent son opération, il parle avec tous les spirituels, et principalement avec saint François de Sales dans l'endroit qu'on vient de voir, où il dit : Soyez active, passive, etc. ; car on est passif quand Dieu continue son opération, et actif quand n M retire, et qu'il vous iaisse à vous-même ; ce qui arrive aux âmes les plus éminentes , comme on le pourrait montrer par 1 exemple des apôtres et des prophètes ; mais la chose n'étant pas contestée, il esl touille d'en entreprendre ia preuve.
XL1X. — Demande. — Dans une lettre de saint François de Sales, i! dit à la personne à qui il écrivait: Il n est plus besoin que vous fassiez d'actes , si Dieu ne vous le met au
cœur. . ,, •
Réponse. — Dans l'action de 1 oraison, je l'avoue; dans toul le cours de la vie, c'est un prodige inouï, et toute la conduite de la Mère prouve le contraire.
fa re des prières vocales pour m'occuper devant Dieu, il me répondit que non; qu'il fallait, malgré la sécheresse, lâcher «e continuer l'ora.son ou gtaire quelque lecture.