VIII. — Demande.— On 'm'a conseillé
pics ; et il convenait, après saint François de Sales, et me l'a dit, qu'une heure d'oraison serait bien employée quand on la passerait à ne taire autre chose, pendant tout ce temps, que ramener son esprit à Dieu chaque fois qu'on s'aperçait de hOn égarement. Lt me parlant sur les sécheresses et les distractions , il me disait que c'était dors qu'il fallait l'aire l'oaison de patience : el lui objectant qu'on dit communément qu'il en faut revenir à la méditation, quand on ne sent plus d'attrait, il me répondit que Je bienheureux Je.in de la Croix et les amies spirituels donnaient cette règle de recourir à la méditation ; mais qu'il n'éiait pas de cet avis, et ne croyait point que, parce que ralliait
il» LETTRES A MADAME
lorsque je suis dons la sécheresse et que je ne sens plus rien dans nom fond, me servir de quelques petits actes d'amour ou autres?
Réponse. -*- Le conseil est bon.
IX.— Demande. — Je ne me contente pas de quelques-uns, je les multiplie et je me jette par là dans l'agitation et le dessèchement ?
Réponse. — Tout ce qui cause celle a^itaiion doit être évité, .le n'entends pas bien ce que vous appelez dessèchement; je no crois pas qu'on y tombe ni dans l'agitation par ces actes couris et simples, et qu'ils puissent troubler l'âme qui n'est point occupée de Dieu et sous son actuelle opération.
X. — Demande. — Ensuite je reviens à ia simple présence de Dieu?
Réponse. — Y revenir, n'est-ce pas un de, mais doux et paisible? C'en est même plus d'un, car l'acte de foi et l'acte d'amour y interviennent toujours.
En tout cela, il faut une grande liberté d'esprit et que l'Ame ne perde jamais une secrète disposition vers tout acte commandé de Dieu, quoiqu'on ne les pratique pas tous.
cesse («), H fallût revenir à la méditation. Et lui disant, au mois de mai 170-2, que je ne sentais plus cette onction que je goûtais autrefois ; et que je craignais ijiie Dieu ne m'eût ôlé cet aurait, pour punir de ceriai< es mauvaises dispositions où j'avais été, il me répondit que cela pouvait être, niais qu'il fallait lâcher à ■ revenir à cette oncl'ou par la simplicité. II nie la recommandait souvent.
Me plaignant, en une autre occasion, de mes sécheresses, il me dit, et me Fa répété bien des fois, de ne m'en point embarrasser; qu'il fallait tout perdre, et les belles dispositions comme tout le reste; qu'il suffi-ail de posséder par la foi le l'on I de «es dispositions.
Il m'a cciii et dit assez souvent de ne point douter de mon oraisoa, île ne la point change." ; qu'il fallait se présenter devant Uieu dans la détermination de consentir à tout ce qui sera bon, se livrer à lui, et ne point faire d'acte pour s'assmer.
En me parlant sur Jésus-Clir st, il est vrai qu'il me disait qu'il n'approuvait pas qu'on le plaçât dans les intervalles où la pure contemplation cesoe, comme si t'était un objet indigne de celte pure contemplation, ni qu'on abandonnât à l'instinct de la grâce les objets que se propose la contemplation. Ce n'est pas, disait-il, que je ne veuille qu'on suive l'attrait ; assurément, quand il détermine, il n'y a qu'à se laisser aller à cet attrait, ma's on n'est pas toujours déterminé; et pourquoi, m'ajoulail-il, nu i'élant pas, exclura t-o.-i Jésus-Christ? El vous verrez ci-après, col. 71, qu'il convient que dans l'oraison un peut suivre l'alliait , n'occupai- il toujours que du même objel ; qu'il suffit de ne point exclure. El lui disant qu'il me sembait que je u'eiais point occupée de Jésus-Christ dans mon oraison, il me répondit : Vous ne l'excluez point, ce n'est que l'exclusion que jo blâme ; vous y peinez sans song> r que vous y pensez. On en est même occupé, disait-il, dans «e qu'on appelle simple présence de Oies Dieu n'étant pas séparé de Jésus- CliiLt. 11 ajoutait que, comme saint François de S îles le mandail à Mme de Eh. mal, chacun doit s'occuper des mystères en la manière d'oraison que D.eu lui a don. ée ; que lu vue de Jésus-Christ opère plus d'ordinaire pour la pratique, que la vue acs-
(<q Voij. col. v2i, o4, 71.
DE LA MMSONFOKT.