‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 391 sur 458 · CT LETTRES A MADAME · texte numérisé non relu

CT LETTRES A MADAME

l'opération de- Dieu, pour faire des réflexi ou actes discursifs.

Réponse. — Il faudrait me marquer mes propres paroles, car certainement je n'ai eu nulle intention de rien dire d'opposé a ce que vous avez mis dans cet article.

XLI. — Demande. — A l'égard des réflexions qui no viennent point d'impression de grâce, comme toutes celles qui sont bonnes en viennent, je crois que ce serait une bonne pratique , dans quelque voie qu'on soit , de laisser tomber toutes les antres réflexions ; c'est ainsi que j'ai entendu ces deux sortes de réflexions.

Répjdnse. — Tout, cela est bon, pourvu qu'on entende bien ce que c'est qu'impression do grâce. On pourrait se tromper, en prenant 1 impression de fa grâce pour quelque chose qui soit toujours passif.

XL1I. — Demande. — M. de Maupas (36) dit que la voie de Mme de Chantai était d'être toujours passive, et, autre part, que Dieu lui retirait quelquefois son opération. Cela me fait voir que, quand on dit quelquefois que certaines âmes sont tout à fait passives, il ne faut pas prendre cela au pied de Ja lettre, et qu'on veut dire seulement par là que leur oraison est une oraison passive.

Réponse. — Cela est comme vous le dites.

XUJI. — Demande. — Peut-être encore que ces âmes pures et attentives à Dieu, ne manquant point, dans {'occasion, d'être excitées à faire les actes nécessaires, peuvent attendre, pour faire ces actes, une certaine disposition ou attrait qui vient de l'habitude de leur oraison.

HÉPONSE. — Elles ne manquent ni d'être excitées ni de s'exciter elles-mêmes activement, mais doucement et paisiblement.

XL1V. — Demande. — A l'égard de l'acte de simple retour vers Dieu, je crois que ces âmes doivent le faire dès qu'elles s'aperçoivent de la distraction. C'était le sens que j'avais donné à cette expression de saint François de Sales : Soyez active, etc., mats de vous-même ne sortez point de votre place; «ar il semblait que c'est ne point sortir soimême de sa place que de n'agir que lorsqu'on a ce mouvement de grâce, et que c'est cependant être actif, puisque ensuite on s'excite soi-même, on se l'ait effort pour continuer avec la grâce ce qu'elle a/'ouiî mencé.

Réponse. — J'ai satisfait à cet article.

XLV. — Demande. — La fin de la lettre où sont ces mots : Soyez active, etc., semble favoriser le sentiment de ceux qui, ne doutant point que le mouvement de la grâce no se fasse sentir à ces âmes pures (tans les occasions, croient qu'elles doivent l'attendre.

Réponse. — Il faut quelquefois attendre et quelquefois s'exciter, tout cela par moment;

(36) Henri Cauchon de Maupas du Tour, ne en 1000, oevi i évêque du Ptiy en K'ii. Il lut transiéré

\ ■ . •-• I .. . ! I J.1...ÎI >iri

:iti

en 1661 à révêché d Evreux, dont il se détail mois de février 1080, et mourut Le l2août suivanl. Aj aiit été envoyé à Rome pour solliciter, au nom

tT.

el il est rare que l'un 1 1 l'ititr , -,

habitude, 1 1 impossible que l'un soient p< r| étueis.

XLVI. — Demande. — Le sain) i ainsi : Vaut été» la sage itatut a posée dans la n lui-même i

Réponse. — Dans !>• temps de cela est vrai, mais non pas loujoun il la retire; car e'esl alors lu ci» qui pourtant n'exclut pas lou <ar l/Epoux, en se retirant, vous fait qui lois sentir qu'il va revenir.

Une sainte liberté doit toujours accompagner l'oraison. Toute inquiétude volonta doit être bannie.

XLVII. — Dbmande. — Il parait, par la lettre que je viens de citer, qu'il sait pas seulement du t< mps de I que .Mme de Chantai avait demandé au saint évêque si son union simple ne suflisait à^ («tus les actes, même dans les temps se' liei ■ sse.

Refohse. — Dans les temps de séchi le saint dit toujours que les actes se font, quoique sèchement ; ce qui o'est | as un obstacle à leur vérité et intégrité.

XLVjlî. — Demande. — Je sais bien «pie Mme de Chanta] ne réduisait pas tout a celte simple un. on, et que Dieu fait pratiquer les actes dans les occasions.

Réponse. — Dieu les l'ail pratiquer, cl une des manières de les faire pratiquer, c'est vouloir qu'on s'v excite doucement et sans anxiété.

XLJX. — Demande. — Je crois que l'inspiration et l'impulsion qu'attendent ci pour ne point agir avec emj i — .ment, n'i point une inspiration miraculeuse.

Réponse. — Je connais un auteur qui parle ainsi : l'erreur est à rappeler l'oraisuii passive aux principes communs de la .

chrétienne. Tout le monde n'est pas dans voie passive; el cet auteur, pour n'.n pas assez démêlé en que: les spirilut mis la passiveté, assurément a confondu qu'il fallait distinguer.

L. — Demande. — Vous m'avez dit vousmême, Monseigneur, sur ce que y \> citais (pue la Mère de Chantai fa s quand Dieu lui témoignai! le vouloir par le mouvement de sa -race, que ce lémoign de Dieu n'est p;>s toujours une opération qui mette l'âme en passiveté ; que D i témoigne suffisamment qu'il veut une quand il y incline dounenu nt. i n sorte néanmoins qu'après l'âme achève ce qu'il a commencé, en s'excitant elle-même. Celle inclination douce, n'cst-i g pas i insj irai dont je \ omis de parler '.'

RÉPONSE. — Si c'est il ce que veut dire l'auteur que j'ai dans l'esprit, il a raison ; mais il poussait plus loin la chose. J

du roi et du clergé de France, la ctnowlwtlio saint Françn • ! « »Uipoe>* I « l <<»

saint, ( i i elle de lu bien hean use M qui eurent dans le mups n es.

(37) Yoy. ci-dessus, col.

OEUVRES INEDITES DE DO^SfET.

co

qu'il en pou! être revenu, ou en cas qu'il en reviendra.

1.1. Dkm vm>e. — Serait-ce une < gion trop : , en parlant emwnt de

- font dans le

la vie, i ar ce mouvemenl de la

ordinaire, après avoir dit qu'elles les

- empressement, d'aj mler que* c'est

que les mystiques appellent coopérer

Dieu sans activité propre?

Réponse. — L'activité ainsi déûoie no différa i ;>s île l'empressement; mais les nouveaux mystiques poussent plus loin.

Vous voyez Mon. par mes réponses, que je u'approuve pus l'empressement dans les

Ùll:

Lip Demande.— Je crois entendre ces

nuits d'une de vus réponses : On se simplifie activement ; on est quelquefois passivement simplifie; mais je n'en suis pas sûre.

Réponse. — Les actes même excités se terminent à la simplification du cœur, et quelquefois Dieu nous simplifie, sans que nous soyons à certains moments obligés à nous exciter. J'aurais de la peine à m'expliquer plus clairement et plus simplement.

Retenez bh*n que l'erreur des nouveaux mystiques consiste en deux points : l'un, de supprimer certains actes commandés ; l'autre, dans ceux qu'ils permettent, d'en ôler trop la propre excitation.

Parmi les actes supprimés, il faut compter t'espérance, le désir n'être avec Dieu et d'en jouir, les actes distincts de foi de la Trinité, de l'Incarnation, des attributs, sous prétexte de s'absorber dans l'essence.

Soudez votre cœur, et si vous y sentez quelque répugnance secrète à ces actes, défiez-vous de votre oraison. Surtout consultez les œuvres, mais sous les ordres d'un bon directeur, car vous ne devez vous juger vous-même absolument ni en bien, ni en mal.

Jo vous souhaite une vraie simplicité.

LETTRE 111

// lui recommande de se bien pénétrer des réponses précédentes et lui promet de nouveaux éclaircissements.

A Villeneuve, 1er juin 1696.

Il n'est pas nécessaire jusqu'à présent que je saclie de votre conduite et de votre vie plus que nous en avons dit. Retenez bien te <pie je vous ai prescrit au nom de Notre- Seigueur; pour me faire connaître que vous l'avez bien compris, mettez-le-moi par écrit à loisir en moins de mots qu'il se pourra; cela suffira : et Dieu, qui jusqu'ici a tout disposé par sa providence, ne vous manquera eu rien. Humiliez-vous, lisez et relisez mes réponses jusqu'à ce qu'elles Soient Inut-à-fait dans votre cœur. Je dirai ce qu'il conviendra sur votre dernière lettre s'ii y veste quelque chose encore â vous expliquer; je ne l'ai pas ici et je ne crois pas pouvoir y répondre que deMeaux; aussi n'y a-t-i! rien de pressé. Vivez en

i et en silence; c'est là l'effet véritable du recueillement.

le prélat confirme ses réponses précédentes et y ajoute quelques avis.

A Lusonci, i'S juin 1C96.

Après avoir attentivement examiné le tableau que vous me faites de vous-même et tout le l'esté de vos écrits, je vous parlerai, ma lille, plus sûrement ; mais ce sera pour vous continuer ce que je vous ai déjà oit. Parlez peu, c'est le plus sur moyen de vous mettre en recueillement, de modérer vos activités in juièles et d'ôter la matière et l'occasion à vos scrupules.

Outre la multiplicité des paroles extérieures, il x a celle des intérieures qui n'est autre chose que la multiplication des pensers et des soucis superflus. Pour les modérer et en dessécher la racine, jetezvous en simplcilé entre les bras de Dieu, lui abandonnant à pur et à plein la disposition de votre personne pour tous les emplois auxquels vous destinera l'obéissance dans la ma son où vous êtes. Vous devez présuppj-er que votre vocation est bonne, quoiqu'elle n'ait point été accompagnée de ces goûts dont vous parlez. Le changement qu'on a fait est visiblement pour le mieux. Vous y êtes, vous l'avez accepté, vous y vivez; il n'y a plus qu'à en prendre l'esprit en tout et partout. Par là s'affermira votre volonté, et s'il j avait quelque chose à rectifier, cela se fera peu à peu.

Vous ne paraissez pas avoir une idée assez claire de ce qu'où appelle perfection dans la vie religieuse.il y a la perfection de la lin qui consiste uniquement dans l'amour de Dieu. Il y a la perfection des moyens, où quelquefois ce qui paraît plus opposé à l'esprit naturel et à une certaine hauteur qu'on affecterait volontiers, est le meilleur.

Les petitesses de la vie religieuse, tant inculquées par les saints fondateurs des ordres et tant approuvées par l'Eglise en sont de bons témoins. Vous l'expérimentez vous-même dans les petits sacrifices que vous dites que Dieu vous demande. Les plus petits sont quelquefois les plus crucifiants et les plus anéantissants. Tout- ce qui éteint cette hauteur intérieure, tout ce qui rompt cette volonté propre et arrache l'homme à soi-même, prépare la voie à Dieu, et par là on a raison d'y mettre Ja perfection de certains états.

Mettez votre fondement dans cette parole de Notre-Seigneur : Qui vous écoute m'écoute. {Luc. x, 16.) Elle ne doit avoir pour vous d'excepdon que le seul cas, qui n'arrivera point, où les supérieurs demandent ce qui serait manifestement contraire à la volonté de Dieu et à sa gloire. Comme ces cas n'arriveront point, par là tou-tes vos actions sont réglées et votre état demande que vous trouviez, autant qu'il se peut, tout décidé.

61 LETTRES A MADAME DE I A MAlSONFORT.

Surtout n'hésitez jamais sur les pratiquw \ enons a l'intérieur el h l'oi

reçues dans la maison. Je vous ai conseillé la comme vous poun z, dans u

de proposer vos doutes humblement et mo- libi rté d'esprit. Si l'esprit de D

(lestement aux supérieurs et surtout à Mme, sit, laissez-vous illerau :

de Matnienon, dans une entière ouverture repos où il vousaltire. N'en soi i

de cœur. Après cela, soumettez-vous; ne vous ne sentiez qu'il

vous attachez jamais à votre sens. Tel a la même. Vous l'apprendrez par ui

pénétration, à qui le jugement n'est pas liberté d'agir. Alors, par de doux effoi

donné, du moins dans la dernière précision, mettez-vous en action. Je me

Quand on demande votre avis, dites-le sans ces espérances, de cesdemai

affectation, sans prendre aucun avantage, et tes fonciers que nous m'expliqui i

sans effort pour attirer les autres à votre les plus expies sont souvent moins i

.sentiment. Après, demeurez tranquille, et quoiqu'ils occupent davantaf

d'autant plus heureuse, quand on prendra En un endroit de «otre écrit, il si

le parti contraire, que vous y aurez appris (pie vous me lassiez confondre les réflexions

à rompre votre volonté. avec les inquiétudes ; ce n'esl ; as ma pen-

Défaites-vous des airs décisifs dans ics sée. Il y a de douces réflexions qui sont

délibérations, dites vos raisons en toute sim- très-nalurelles et très-bonnes, el que je

plieité; n'ayez non plus de ces humilités n'exclus d'aucun étal d'oraison. Kn même

affectées qui bien souvent ne sont que sur temps elles sont tranquilles, <t tiennent

le bord des lèvres, et de faibles palliations Vun nécessaire où il faut établir son <œur

de l'amour-propre. Soyez humble, sans vous (38).

trop soucier de le paraître; laites ce que Jl ne me vient rien sur les actes que je

demande l'édification, sans rien affecter de ne vous aie expliqué. Vous pouvez à roi

plus. loisir recueillir de ç;i et delà, dans mes ré-

Voilà déjà beaucoup de ces multiplica- ponses, ce que je vous ai décidé, et »ous

lions retranchées, et toutes celles qui ont en tenir a cela comme à une rèj i n .

relation avec le dehors le sont presque par parce que tout est tiré de l'Ecriture el de la

ces conseils. J'y ajoute, pour aller au fond, tradition constante.

qu'autant que vous pourrez, vous cherchiez Supprimez toute réflexion sur la perfee-

la décision de vos doutes dans l'obéissance, tion ou l'imperfection, et sur la nature de

sans sortir de la maison. voire étal d'oraison. Prem/. ce que Dieu

S'il arrivait par hasard qu'on vous près- vous donne, sans vous comparera personne

crivît des choses trop gênantes, proposez en général, mettant tout le monde au-dessus

humblement vos difficultés, et par votre de vous, sans jamais vous juger vous-mê-

soumission changez la gène en liberté. me, mais vous laissant aux yeux de Dieu

Aimez les mortifications intérieures ; ne telle que vous êtes, plus soigneuse d'avan-

négligez pas les extérieures, et connaissez cer que d'apercevoir votre progrès. Ganiez-

r.ombien elles abattent et crucifient la na- vous bien surtout de croire qu'on en s

ture; réglez-les par l'obéissance el par le meilleur pour être dans une oraison actii

conseil des confesseurs et supérieurs: te- ou passive, el sans même examinei ce que

nez-vous-en ,là. Je vous ai déclaré que je c'est, contentez- vous d'éviter les inquiéiu-

n'entrerai point là-dedans. des. Ne vous astreignez point aux pensé

(58) On a vu ci-devant que le simple retour du demandai! les mies el lui rendait grlees des »uli

cœur vers Dieu est un de ces doux effurls par quoique tout cela ne fùl guère di»liucl; «pie l'aper-

lesquels il me conseillait de me remettre en ac- cevais seulement dans mon feii.l ces dispositiu -

ii. n. comme on aperçoit la toi et l'.iuour dans le ii-

Quanl à ces actes fonciers, dont il dit qu'il se eueillenn M. contente, voici comme je les lui avais, ce i; c sem- four les réflexions, il est visible, pai rs

ble, expliqués : en,i (Hl> l!o ''' s réponses, que ce i< élatenl poiui oVa

Je lui citais i'endroil de ses réponses, où il mar- réflexions suivit-s el raisunuéei qu'il me deu i

que qu'il tiendrait une oraison l'on suspecte, où alors; il entendait, je crois, seulement que les >e-

des actes aussi précieux que ceux de l'espéra ce, flexions ne sont point incompatibles ave<

de la demande et de l'action de grâces >.e vien- d'oiaison, puisqu'elles se fo t dans a n- i

niaient jamais : qu'ils viennent eu deux manières, l'oraison actuelle n'tel que p >ui « eiiai s le

ou par une espèce de saint emporlemeni dont on liculiers. De plus, 1 entendait ai - i

n'est pas maître, ou par une douce inclination va ble, que dans le temps même de I oraiso

impulsion qui veut être aidée par un simple et doux n'est pas exempte de certaines doutes • i

effort du libre arbitre coopérant. Sur cela, je di ais réflex ons, puisque sa s i Ile ne • as ce

que les actes ne me venaient point de ces deux la- qui s'est passé eu elle, el elle n en pommi \*>

tons ; que je ne connaissais point ee saint emporte- rendre coin pie.

ment, ni celle douce impulsion doui il avaii parlé On peui s,- souvenir qu il a dit, dans le li*wd«

qu'il me semblait que, si je suivais ma diposiiion, Liais d><ai»o» ba), que le Lie. benieiM *< a . u la

je ne ferais jamais d'actes distincts dans me, orai- troix du que lame se donne dan. l*ai ■•■

sons, parce «tue j'y sentais une espèce de repu- la plus sublime, cert in* mouvements, coin

guance, souvînt même dans les temps de scène- de.aeuer. se séquestre, de loul, . i s

resse; que -je remarquais seulement souvent dans prieses passions de la I

mon foT.d resperanco et le désir d'obtenir de D eu te donnejuus ces mi uvemenisparm

eerta nés «races, et la reconnaissance d'autres que snr son Hat, parce </■■ ■"" «'"'

j'ai reçues; qu'il me semblait que mon cœur lui don,, clic iésm ieu eon$« m f

(a) Liv. vu, tom. IV, roi. i J2 èdi». Mi^ne

vlll.S INEDITES DE U0SS1

tcursives. Sortez de rous-môrae el de tout ui humain, et mettez foire appui en s e tout.

i e vos 1 ries par la confi ince, en esuit contre l'espérance, en roi, en atten- ; . :i désir el en amour.

Pans la i -ion. dites ce qui vous

\ ni sans anxiété, recevez ou l'absolution •diction, comme on vous la don.i ; ne vous tourmentez ; oinl à confesser • te chose de vol e vie pas; é \ si on n s \ - 'ordonne. Ce n'est pas à vous à vous en peine s'il y a matière à l'absolution. Quoiqu'il ne vienne rien qu'on juge péché, ne vous en jugez pas plus innocente : mais appuyée sur le sang de Jésus-Christ, entrez dans l'étendue intinie dos miséricordes de Dieu. Quand on vous a défendu de relire ce que vous aviez écrit, on a reconnu i\ scès d'agitation où vous jette voire activité naturelle; mais l'expérience fait voir que ee remède n'est ni propre ni suffisant. Relisez et corrigez ce qui sera évidemment pt certainement mauvais; dans le doute, exposez-vous plutôt au hasard de quelque faute, ipic de vous jeter dans l'embarras et dans le scrupule.

Pour vos lectures, faites-les sans tant raf- Qner, par ce seul motif que la lecture est un moyen donné de Dieu pour la sanctification des âmes. Prenez toute la nourriture qui s'y trouvera, sans vous mettre en peine si en particulier elie vous est propre ou non ; car il y a là un trop grand et inutile tourmentde l'esprit. C'est aussi se travailler inutilement, que d'attendre que vous sentiez le

l'Apôtre est d'appren Ire an Chrétien a conformerses paroles et ses actions a ce qui est

ni (Si'; I utile à talmcr cl à édiûer le | rosi, sans même qu'il s'en aperçoive; et <Y->l là l«* fond de la charité où la nature et l'amour-propre sont crucifiés a chaque moment, parce qu'à chaque moment on se dépouille de soi-même pour se faire tout à tous. Prions les uns pour les autres. Vivez

en paix et en patience, avec vous.

Noire-Seigneur soii

Suite du même sujet.

A Germigny, 24 septembre 1696.

Ne doutez jamais, ma fille, un seul moment ipie Dieu, qui vous donne le mouvement de m'écrire, ne me donne celui de vous écouler, et de vous répondre avec toute la précision possible. Et d'abord je commence à louer Dieu de ce qu'il vousa'fait connaître vos fautes avec simplicité, et qu'il a inspiré à vos supérieurs de vous en reprendre, et de vous en humilier aussi fortement qu'ils ont fait. C'est un effet delà grande bonté de Dieti, et de son soin paternel de votre salut. Ce n'est pas ici un langage, c'est une vérité puisée en Dieu môme, et une leçon de son Saint-Esprit. Nous avions pris des règles si sûres pour vous empêcher de trop abonder en votre sens, de [tousser, de faire valoir, de trop appuyer vos sentiments ; tout le contraire est arrivé. Humiliez-vous jusqu'au centre de la terre el jusqu'aux enfers. Priez Dieu de vous en tirer; dites un profond Le

besoin de lire ; ce qui n'est pas bon pour un profundis sur votre âme qui s'est égarée.

temps l'est pour un autre, et il faut prendre h toutes mains ce qui se présente : je dis ce qui se présente comme naturellement, et sans trop le rechercher, n» rien tirer parias cheveux ; car tout cela est de simplicité el de vérité.

C'est un scrupule de se croire obligé à quitter tout ce à quoi on est attaché. 11 y a de saints et utiles attachements: celui, par exemple, à des lettres d'instruction; c'est autre chose si on s'y attache par partialité.

Ne désirez point la mort comme mort et par découragement; mais désirez de voir Jésus-Christ, parce que e est en le voyant qu'on l'aime parfaitement, et qu'on est certain de l'aimer toujours.

laites les [trières vocales, comme la lecture en grande simplicité. Pesez bien ces deux mois, comme la lecture; relisez ce qu'un vient de dire de ia lecture, vous y trouverez touie l'instruction nécessaire.

Je ne vous renvoie de vos papiers que eelte feuille. Vous avez compris ce que je vous ai dit autant qu'il faut. Je relirai en- « oie une fois tous vos écrits, et j'ajouterai ce qui manquera, quand Dieu m'en donnera

Laissez-vous priver de la fréquente communion, pourvu que ce soit par l'ordre de vos supérieurs. Suivez ce que vous dira votre confesseur.

dardez-vous bien de vous éloigner de Mme de Maintenon sous quelque prétexte que ce soit; parlez-lui à cœur ouvert, toujours humblement, sans déguisement ou ménagement aucun, selon que votre cœur vous y [toussera. Ne songez à rien pour les emplois; oubliez tout. Laissez-vous mettre haut et bas dans les charges de confiance ou dans les autres avec soumission. Ce que Dieu fera au dedans de vous par tes exercices extérieurs de l'autorité sainte des supérieurs, qui est la sienne même, sera grand. A la fin, vous apprendrez à être véritablement petite, et c est là que vous trouverez Jésus-Christ.

Tâchez de goûter les petitesses de la religion, et tout ce qui va à honorer la sainte pauvreté : vous en avez lu tant d'éloges dons Je bon saint François de Sales. Bon Dieu 1 ce n'est pas pour le rabaisser que j'aime à l'appeler bon. Si vous aviez bien conçu que n'avoir rien de fermé est une sorte de désap-

la lumière et le mouvement. Aprèsje brûlerai propriation excellente, vous ne vousy seriez

Je tout

Vous ne paraissez pas avoir bien compris ne que je vous ai dit de saint Pau', que chacun doit considérer ce qui est utile aux autres, et non a soi-i . L'intention de

[tas oppotôe. îl m'est arrivé une fois, par des raisons qui semblaient [tressantes, d'accorder des écritoires fermées à un couvent; je m'en dédis bientôt, averti par les installes des autres couvents du même ordie, el Dieu

65 LETTRES A MADAME DE LA M USONFOH l .

a béni après ce'a ma sainte et doucemeut choses. Ordinairement, en ce qui regai

inexorable sévérité. Servez-vous des secrets dispositions intérieures, il :

permis dans les charges et les obédiences, et que la personne, i r l'infl

n'en désirez point de particuliers. Soyez tou- de l'intérieur sur l'extérieur, ou , • i

jours bien persuadée que l'extérieur a je ne avoirquelque égarda .bien eoramu

sais quoi qui met l'intérieur en paix aux yeux la règle de sainl Paul que je viei

de Dieu, et règle (;i compose l'âme comme la rapporter; et il ne faut pas ouh ier ce .1

demande le céleste et jaloux amant... dit aux Galales, chnp. vi, 2-

La contrariété nature, le que vous éprou- des directeurs comme d

vcz avec Mmede M... vnusdoit être un e\er- absolument parlant, il faut régler chaq

cice continuel de mortification. Contentez en Aine par rapport à elle dans l'intéi i

elle, non pas elle, mais Dieu; et en tout ot les rendre trop assujetties aux autres, m

partout, avec elle et avec les autres, suivez n'est par la char. lé, et non \

celle règle de perfection de saint Paul : Que humains.

chacun devous agisse par rapport aux autres, Parlez à M. de Chartres et à vos BUpéi i

et non pour se contenter soi-même [ llom. xv, en toute simplicité; ne craignez point

2); car, comme dit le même Apôtre, Jésus- leur ouvrir votre cœur, afin qu

Christ ne s'est pas plu à lui-même (lbid.,3): prennent ou qu'ils vous approuvent, se

et cet exercice de l'aire et dire tout [tour les que Dieu leur inspirera.

autres, et non pas pour soi, est dans la véri- Considérez bien notre règle 'Je saint Paul

table charité l'entier anéantissement de aux Philippiens ( u, il); vous verrez co -

l'homme. Lisez deuv ou trois fois, mais plu- ment et (pian 1 i1 faut ou ne faut pai -

tôt du cœur que des yeux, les quatre pre- aimer. Cette règle empêche de pré »'-r r 1 eux

niiers versets de VEpître aux Philippiens, qui ont du goût pour nous, à cause de 1

chap. 11, avec le second et le troisième du goût; mais [elle enseigne] à s'en servir

chap. vi aux Galates. Faites-vous-en une pour les détacher de tout et de nous-mêmes,

règle, et préférez-en la pratique humble et pour les unir à Dieu de plus en plo

foncière à toutes les sublimités de l'oraison. —

Ne changezrien dans la vôtre, et ne croyez LETTRE VI.

pas que ce soit illusion, sous prétexte que Sur la conduite ( -elle doit Unir a , , , d

votre vie n y répond pas; mais croyez que, Mme de Mainten si la pratique ne suit, vous en rendrez un

grand comble. Entendez-moi bien; ne cou- A Versailles, 16 lévrier îo.)T.

cluez pasqu il la faut quitter, ou y changei •••• P0']"' Mme de Mainlenon, vous voyez

quelque chose, ou l'imputer à illusion, une grande marque de sa charité, non-seu-

quand les fruits ne suivent pas; mais que lement dans lesoin qu'elle prend de m'en-

Dieu en demandera un compte sévère. Crai- voyer vos l< tires mais , ncore d'en iter

gnez et aimez sa sainte jalousie. elle-même les réponses. Mais avec toul 1

Selon cette règle de saint Paul, dites ou nia fille, sacrifiez à Dieu tout le goûl de

ne dites pas les [trières vocales dont vous amitié. Ne faites rien qui vous to puiss

me parlez, avec vos demoiselles. Faites tout perdre-.'Dites-lui naturellement 1 \ tus

selon l'édification, elouand vous le pourrez croirez utile; fanes si bien, que votre con-

sans la blesser, préférez l'oraison, à condi- duile se justifie elle-même, quand il faudra

lion <pie vous la rendrez pratique par un ac- en venir a quel pie éclaircissement. DU .

tuel dépouillement de vous-même par rap- en simplicité ei humilité, ce qui s

port aux autres; car ce dépouillement seule- nable, et demeurez en repos, soilqu on •

ment par rapport à soi est une chose souvent blâme, ou qu on vous approuve, ou qu

bien creuse et une dangereuse pâture de vous excuse. Mon livre sur 1 orais n ne peut

l'amour-propre. La peine que vous aviez sur paraître que dans quelque temps ; n

ia lecture, suivant que Mme de Maintenon verrez que la vente y régie seule,

me l'exposa en me lisant une lettre que —

vous lui écriviez, n'avait pas besoin, ce me LETTRE VII.

semble, de nouvelles instructions; çiir je Suitc da /m,.ym c( 7„(./,/((r.« autres avis. (•rois que nous avions dit en général qu il

faut user de la lecture comme delaprière 0 mars .

vocale, avec unesai.te liberté d'esprit. Puis- Il faut lâi lier, dans les mouvements que

que la pénitence que vous avez demandée à font dans les couvents les cnaiigemeii

votre confesseur, pour modérer ces actes charges des supérieurs el

agités et inquiets! vous réussit, continuez ce se souvenir qu on s est dévoue i

remède, et offrez-vous à Dieu, afin qu'il vous de Dieu, el de trouver la paix cnsyai

calme ; car il le peut seul, et il s'est réservé donnant. Si on vous met dans quelque ;

de dominer à la puissance de la mer, et d'en qui vous accommode, louezDieu qu 1 mena

apaiser et'adoueir les Ilots émus. la faiblesse. M 1 on vous abaisse, dU

Après avoir repassé sur vos lettres précé- Il m'est bon que vous m a un, lu .

dentés, sur la demande s'il ne faut pas, dans demeurez attachée a la semé chose . qu <

un conseil, avoir plus d'égard au bien par- nécessaire Dieu est a eu qui ne cha n*

ticul.er de la personne que Ton conseille, point, hmt le reste, et surtout les ihomm

qu'au générai ! cela dépend de la nature du change ou avec ou sans raison, Croj es lo

conseil et des divers rapports qu ont les jours le premier, el croyons que, si I l

OFtVRES INÉDITES DE DOSSUET.

UOiYRES IIS I S D£ BOSSUET.

as

- nouSi c'esl que nous chan-

nous-mêmes, ou que nous ne chan-

»ns pas assez tout ce qu'il fallait changer.

s ns donc (le nous changer en mieux,

. t mettons notre consolation en celui qui est

immuable.

Dieu vous a inspiré le moyen de concilier (oui ce qui vous semble n'être pas suivi, en vous laissant régler par l'obéissance. (Test un bonheur que vous vous trouviez en correspondance avec celle sous qui on vous a mise ; mais quand cela changerait, croyez que les fruits de l'obéissance, qui nous sont

- plus salutaires, sont souvent les plus amers.

Je crois vous avoir dit la conduite que vous devez tenir avec Mme de Maintenon. Elle consiste à savoir re qu'il faut conserver et ce qu'il faut sacrifier sur ce sujet; heureuse d'avoir à sacrifier quelque chose d'aussi considérable selon le monde !

Ce n'est point par effort et violence qu'on fait cesser les actes inquiets. Les saints nous apprennent qu'en faisant de certains efforts pour les éviter, on retombe dans une autre sorte d'inquiétude, il faut, sans s'opposer à ce torrent, en laisser tranquillement écouler les eaux, comme celles qui tombent sur les toits, et qui font, pendant la pluie, des ruisseaux dans la campagne.

Pour ainsi laisser écouler ces eaux, auxquelles je compare vos activités, il faut avoir un fondement ferme, qui est l'appui en la pure bonté de Dieu. Il n'y a guère de moyens humains pour en venir a ce grand et unique appui. Ce ne sont pas des pénitences que des hommes imposeront, ni aucun de leurs commandements, qui apaiseront cette tempête intérieure. Ce sera un mot que Jésus dira au dedans pour commander aux flots et à la mer : Taisez-vous, soyez en silence. Puisse Jésus prononcer en vous cette parole 1 Mais quand il l'aura prononcée une lois, ne croyez pas que ce soit pour toujours. Le trouble reviendra de temps en temps , et la pratique constante doit être celle de se retirer au-dedans, et de retrouver, si l'on peut, ce fond où Jésus habite, et où il dort quelquefois, pendant que nous sommes agités.

Mes soins ne vous manqueront jamais. Je suis de votre avis, et c'est un assez grand dessein de Dieu sur les âmes, que de les faire pour lui-même : cela suffit pour déterminer les pasteurs à le seconder, sans qu'ils aient besoin d'autre chose.

Il faut s'attacher aux choses que Dieu demande de nous par sa volonté déclarée, c'està-dire , par sa loi , par nos règles, par les ordres des supérieurs. Pour celles que nous croyons que Dieu nous demande par des instincts particuliers, elles sont sujettes à grand examen; et je vous donne pour règle certaine, que, pour peu qu'elles vous excitent de trouble, il n'y a, sans hésiter, qu'à les laisser là.

11 y a plus d'orgueil que d'humilité dans ces petits sacritices d'écrire ou de parler mal à dessein, pour s'humilier. Par là il semble qu'il faille affecter, comme si nous étions

quelque chose, de nous abaisser par quelque endroit , peu latri que nous sommes mut néant. Nous n'avons que faire des petites fautes d'écriture <»u de langage que nous ferons exprès ; ii n'y en a que trop de ce genre-là et d'autres genres plus importants, où nous tomberons de nous-mêmes.

Vos sentiments sont droits sur les choix des supérieures, soit qu'on laisse une pleine liberté, soit qu'on indiqué un parti. C'est bien fait de renvoyer tous ces soins au temps de l'élection, et alors laisser incliner son cœur au doux mouvement du Saint-Esprit, sans se laisser émouvoir de petits scrupules. L'essentiel est le mérite suffisant dans les personnes; mais il ne faut pas mépriser les convenances avec les personnes dont la maison a besoin.

Il en faut user à peu près de môme pour la réception des filles : parler toujours selon son cœur aux supérieurs, lorsqu'ils nous demandent notre sentiment. Dans le doute, je vous dirai pour moi que je penche à la réception; mois j'entends dans le doute absolu, tout étant égal, et môme les inconvénients, Du resie, marchez Loujours en simplicité, et la lumière de Dieu inclinera votre cœur.

Pour la confession et la communion, ne me demandez jamais rien ; car je n'aurai jamais rien à vous dire, sinon que vous croyiez votre confesseur.

Ne vous laisse/ point entamer au dégoût, mais prenez le vrai goût plus haut que les sentiments de la créature. Gardez-vous bien de vous dégoûter de votre état. Cherchez le royaume de Dieu et sa justice, et le reste sera ajouté. (Matth. vi, 33.)

Il faul parler du prochain en grande simpliciié, sans faire finesse de ce que tout le monde voit également, mais en évitant seulement le mépris et la jalousie.

Oh 1 que l'on est heureux dans le silence et qu'il faut l'aimer, sans que rien le rompe, que la charité, s'il se peut ! que ce sont de belles paroles que de vouloir être oublié et caché, et qu'il est rare qu'on en vienne profondément à l'effet ! il faut pourtant y tAcher, sans se décourager, quand on revient par faiblesse aux premières fautes. C'est un secret orgueil de se trop étonner de faire des fautes.

LETTRE VIII

// lui permet de venir se fixer dans le diocèse de Meaux.

A Paris, 12 mai 1697.

Je vous reçois, ma fille, dans mon diocèse, avec le dessein de vous y donner tout le secours que je pourrai, etc.

// la prie de lui renvoyer ses difficultés sur le livre des Etats d'oraison.

A Paris, 24 juin 1697.

Je crois avoir oublié à Meaux, dans un tiroir bien fermé, la lettre où étaient vosdif

LETTItES A MADXME DE LA MAISON FORT.

(icullés sur mon livre. Ainsi, ma fllle, si vous désirez une réponse prompte, renvoyezles-moi. Pour vos autres lettres, mette/ tout dans l'abîme de la miséricorde de Dieu, et ne songez point h des confessions générales, l'approuve fort la méthode de surmonter le scrupule en communiant; et quand celle action est suivie du calme , c'est bon spjme. Ne soyez jamais en peine do votre oraison ; songez au fruit; dovenez petite; aimez les petites observances comme les grandes, c'est-à-dire les cheveu* et jusqu'aux souliers de l'Epoux, et les franges comme les habits. Si vous ne devenez petite, mais trèspetite, les sublimités de l'oraison vous seront ôtées ; il n'y a de sublimité que celle qui nous rend plus humbles: voilà le premier point que j'attends de votre conversion L'autre, laissez là Saint-Cyr, et le monde qui l'environne, avec l'éclat qui en rejaillit malgré la retraite et l'air môme qu'on y respire : (pie Mme de Maintcnon ne tienne plus de place dans votre cœur; renouvelez-vous à l'intérieur et à l'extérieur. Tous ces honorables liens du monde captivent insensiblement le cœur que Dieu veut affranchir. Soyez libre en Jésus-Christ; souvenez-vous de ses petitesses, et croyez qu'une partie de la eroi-x qu'il veut vous imposer sera là-dedans. Noyez les scruDules dans la confiance.

Il l'excite au parfait abandon.

A Germigny, 16 mars 1698.

Quant aux autres dispositions, il faut

tâcher de les laisser au-dessous de soi, du moins à côté, sans leur permettre d'entrer dans l'intime. Il y faut même plus de mépris que de combat, et sur tout cela se contenter d'un abandon général à Dieu, sans plus de curiosité ni de recherche. La meilleure disposition en général, à l'égard des créatures pour lesquelles on pourrait avoir actuellement ou du dégoût ou du goût, ou du dédain ou de l'indifférence, c'est de laisser tout cela être ce qu'il est, c'esl-à-dire rien, et comme chose qui s'écoule en pure perle, sans s'en troubler ou inquiéter. Je vous verrai, s'il plaît à Dieu, avant mon départ. Notre-Seigneur soit avec vous.

En quel sens on doit entendre la désappropriation ou le détachement des dons de Dieu.

A Meaux, 22 avril 1699.

Je ne puis partir, ma tille, sans vous recommander de plus en plus la simplicité.

.... Ces désappropriations des dons de Dieu ne sont que raffinement. Je sais que les spirituels des derniers siècles, se sont servis de ces termes ; mais si on ne les entend sainement, on tombe dans de mandes

'39) Celte leitrc est celle dont il est parlé clans 1 préeédenic. J'y propose à M. de Meaux quelques

erreurs. C'est une vérité i instante, qu'on

n'est uni ;i Dieu que par ve> il' l

te té, la justice, la grâce sont des doni do

Dieu ; ce sont des moyens par lesquels "ii h;

piisM'.i(>. Songer ;* l'en détacher, « est soi à se détacher de Dieu même. j\ u . i j -> autant de la foi, di! l'espérance et de la charité. On ne peut être agréable à Dieu que par < i vertus, qui sont aillant de d0U9 de D.

Ces unions immédiates avec Dieu, tant notées par beaucoup de mystiques, unies bons, sont une illusion, si on les entend mal. Il n'y a qu'un seul moyen de les bien entendre, et de se désapproprier des dons de Dieu ; c'est en évitant, comme l'éi ueil de la piété, do se les attribuer à soi-même. Mais si on les prend comme venard du l'ère des lumières, on en est sudisammeut désapproprié. On peut s'en détacher encore d'une autre manière ; c'est de ne les pas chercher pour le plaisir qui nous en revient, mais par la vertu qu'ils mit de nous unir à Dieu même, puisqu'il ne s'unit à nous que par ses dans. Encore y a-t-il une céleste et victorieuse et foncière délectation, dans laquelle consistent la yràce el la charité : et s'en détacher, c'est se détacher de la (hanté et de la grâce, c'est-à-dire de Dieu même. Crovez, ma tille, que toute autre doctrine n'es"t qu'illusion. Il en faut toujours revenir aux idées simples, qui sonl celles de l'Ecriture.

Mettez-vous sérieusement dans la lecture de l'Evangile, et prenez les idées que vous donnera la simple parole; vous vous en trouverez bien : je m'en rapporte à l'expérience que vous en ferez. C'est de quoi je vais traitera fond avec vous à mon retour, et entrer non-seulement dans tous vos doutes, mais encore intimement dans toute- \ peines, pour petites qu'elles soient. Nutre- Seigneur soit avec vous.

Réponse aux difficultés qu'elle lui avait pro-

j)osécs sur le livre des Etat» d'oraison.

Le 1" de mai 1700.

I. Demam>k (39). —Comme on rapporte de diverses personnes qu'elles étaient dans une actuelle et continuelle prés de

Dieu, au moins pendant qu'elles veillaient, j'aurais quelque penchant a croire (pie Dieu l'ait cette grâce à quelques âmes.

Réponse. — Cela se peut, mais je n en s *i i s rien

U. Demande. — Il est rapporté d mère de l'Incarnation , Orsulm'e,.que rien ne la pouvait distraire de sou union ai Dieu, ni les travaux, ni la conversation, ni la nuit, ni le jour.

Réponse. - )(' crois que ces flmes ont souvent des distractions donl elles ne s'aperçoivent pas; mais comme elles mu une grande facilité à revenir à Dieu, on en conclut, etc.

difficultés sur sou livre des Etait tTonisen V n'y

répondit que le lr mai 1700.

<M l VRES I.MDITLS DE BOSSUET.

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