‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 393 sur 458 · LETTRES A MADAME DE LA MA1S0NFORT · texte numérisé non relu

LETTRES A MADAME DE LA MA1S0NFORT

Réponse. — Celle impuissance n'est pas toujours absolue.

XHI. —Demande. — Il paraît, par divers endroits, des écrits de saint François de Sales, qu'il voulait que certaines âmes se contentassent, lorsqu'elles apercevaient de la distraction dans leur oraison, de revenir à Dieu par un simple retour, et que de ramener ainsi leur esprit à Dieu était le seul eiïort qu'il voulait qu'elles tissent alors.

Réponse. — Ce simple retour est trèssuffisant; c'est l'acte le plus effectif : souvent les autres ne sont que dans l'imagination.

XIV. — Demande. — Supposé que ce simple retour ne fût pas suffisant dans certains temps que l'attrait s'est retiré, vous ne demanderiez pas que ces âmes en revinssent à Ja méditation, mais qu'elles se contentassent de faire de petits actes courts de temps en temps.

Réponse. — !Non à une méditation méthodique; mais quand l'opération de Dieucesse, et qu'on a besoin du discours, il faut y revenir, et c'est y revenir que de faire ces actes courts. Ce qu'on a condamné dans la 10e proposition (M)), c'est qu'il est dit qu'alors l'âme n'a plus besoin de revenir au discours. Or, quand Dieu laisse les âmes à elles-mêmes, i! faut bien qu'elles s'excitent, et au lieu de dire toutes les fois qu'une âme de cet état, l'auteur aurait dû dire ordinairement.

XV.. — Demande. — La mère de Chantai voulait quecesâmes se contentassent, quand elles ne sentaient plus d'attrait, de dire de temps en temps quelque parole d'abandon et de confiance, el de demeurer en révérence devant Dieu.

Réponse. — Je ne blâmerai jamais cela.

XVI. — Demande. — Je comprends bien, Monseigneur, que, sans les oraisons extraordinaires, on peut parvenir à une grando pureté d'amour, et que la purification des péchés n'est point attachée à ces oraisons

Réponse. — Cela-est certain.

XVII. — Demande. — Mais cet épurement des puissances de l'âme, qui est si bien expliqué au ve livre des Etats d'oraison, pourrait-il se faire sans la contemplation.

Réponse. — C'est dans la contemplation que se fait cet épurement; c'est là proprement, l'acte de contemplation , cet acte pur, simple et direct. Mais sans la contemplation, on peut avoir une très-grande charité, en quoi consiste la vraie perfection.

XVIII. — Demande. — Je n'entends pas bien pourquoi la proposition 13 (d'Issy) joint à la vie la plus parfaite l'oraison la plus parfaite, parce qu'en expliquant cet article vous marquez que l'intention de cette proposition est de montrer aux quiétistes, qui s'imaginent être les seuls qui connaissent la simplicité, la manière dont tous les actes se réduisent à l'unité dans la charité.

Réponse. — L'oraison et la vie la plus parfaite peuvent être séparées, supposé que l'oraison la plus parfaite soit l'oraison pas-

C40) tl indique la 16' proposition, condamnée pai

sive. La fin de cette 13* proposition n i | été de marquer que ce* deui cfa inséparables, ni de distinguer les pai faits d imparfaits par la réunion des rerius dans charité, puisque loua les actes méritoin dans les justes, doivent être commaa la charité. Mais les parfaits sont plus fidèles que les autres à rapporter i la charité \> i actes des vertus inférieures. C'est la vertu universelle, qui comprend sous soi ton- les objets des autres vertus, pour 8*en servi i s'exciter et à se perfectionner elle-même. Mais les parlaits, quoique plus raremei que les imparfaits, font quelquefois actes de vertu qu'ils ne rapportent pas à la charité et oui ne sont pas commandés pai elle

XIX. — Demande. — Il est dit (liv. \, ari. 13) qu'une âme continuellement passive ne pourra pécher, même véniellement.

Réponse. - Cela est vrai.

XX. — Demande. — Mais ne pourrail-cl! • pas résister à cet attrait?

Réponse. — Dès qu'elle y résisterait, elle ne serait plus passive.

XXL — Demande. — Ou si Dieu agit une pleine autorité, comment cet état es méritoire? La sainte Vierge, qu'on suppo dans cet état, est pourtant parvenue à un si haut degré de mérite.

Réponse. — Cet état n'est pas méritoin lorsqu'on n'y a pas l'usage de son libre arbitre; mais quelquefois on y agit a\> liberté. L'état de la sainte Vierge était im ritoire et au-dessus de tout ce qu'on en pi dire.

XXII. — Demande. — Je sais, Monsei gneur, que vous dites en quelque endi que le libre arbitre agit dans la pass qu'il y a certaines actions tranquille l'âme'y exerce; que cela suffit pour y mériter; que la liberté se conserve même quelquefois dans les extases et les ravii sements.

Réponse. — Tout cela est vrai.

XXIII. — Demande. — Ainsi, ma diffi culte, c'est qu'il est dit dans votre livre, comme je viens de le marquer, qu'une ftme toujours passive ne pourrait déchoir de la grâce.

Réponse. — Quand on pèche. 00 i d'être passif; ce n'est plus alors Dieu qui meut l'âme.

XXIV. — Dbh lmde. - Larticle 8 (d Iss dit que l'Oraison dominicale est l'< t journalière de toute ftme Bdèle. Cela -

il entendre à la rigueur? Il est rapporté de la mère de l'Incarnation, Carmélite, qu e ne pouvait dire un Pater de suite ; el il semble que cela se dit encore de quelques

autres.

Réponse. — Il est vrar, mais elle avait intention de le dire; elle eu disait le principal. Quelqu'un qui manquerait quelque!

de dire le Pattr, parce qu'il serait oc< d'autres bonnes choses, et parce qu'il i penserait point, ne pécherait pas; mais

le bref d'Innocent III. coalre lelivre deslta

\K!'.s INEDITES DE BOSSl i i

n'en seiai! pas de même de celai qui ne roudrail pas le dire.

XXV. - Dbh vm>f. — 11 est rapporté dans la Vit de la mère de Chantai qu'à la Messe, pour préparation et action de grâces de la communion, elle demeurait dans la simple union à Dieil.

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