‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 41 sur 458 · PART. XII. TIIEOL. HISTORIQUE. — II. H1ST. DE IRANŒ. 1.1V. XVI · texte numérisé non relu

PART. XII. TIIEOL. HISTORIQUE. — II. H1ST. DE IRANŒ. 1.1V. XVI

eueilleux par lui-môme, clant de plus irrité par le massacre de Moneins, qui était son parent, vint à Bordeaux avec un esprit do rigueur. Il était gouverneur de Languedoc, et les troupes du due d'Aumale Tayaut joint à Toulouse, il envoya de 15 une déclaration du roi à Bordeaux, par laquelle il pardonnait à tous ceux (jui poseraient les armes dans quatre jours. Aussitôt toute la ville fut apaisée; mais il fallait faire un exemple, et le connétable étaii d'humeur à le faire fort rigoureux.

Il entra dans la ville par une brèche de trente toises, qu'il fit faire dans la muraille; il marcha en bataille par les rues avec le canon; il désarma les bourgeois, et les déclara séditieux et déchus de leurs privilèges, leur enjoignant de laser leur maison de ville et de déterrer avec leurs ongles le corps du lieutenant du roi, pour lui faire des funérailles magnifiques; plus de cent bourgeois furent condamnés à la mort ou aux galères, et on obligea la ville à de grandes sommes pour les soldats.

Mais le roi, suivant les conseils du duc d'Aumale, fit grâce a la plupart des condamnés, rendit les privilèges aux bourgeois, et conserva l'hôtel de ville. Il revint ensuite à Lyon, et puis à Moulins, où Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, épousa Jeanne d'Aibrel, fille de Henri, roi de Navarre.

La guerre était fort allumée entre l'Angleterre et l'Ecosse. Le roi tâchait d'empêcher les progrès des Anglais par les troupes qu'il envoyait en Ecosse ; mais comme les Écossais ne manquaient pas de braves soldats, il fut soigneux principalement de leur envoyer de bons chefs. Par leur valeur et par leur conduite, la jeune reine, qui n'avait encore que six ans, lut mise entre les mains de Henri, pour être élevée à la cour de France. Les Anglais, qui la voulaient obstinément pour leur roi, furent frustrés de leur attente, et se ralentirent par les avantages que remportèrent nos troupes. Ce qui fut cause que les Ecossais demeurèrent fidèles alliés des Français, et leur confièrent leur reine, ce fut la crainle qu'ils eurent d'altérer la religion, en s'unissant avec les Anglais. Elle avait soutien de grands changements sous le règne du jeune Edouard, son tuteur. Edouard Seimer, appelé prolecteur d'Angleterre, était zwingiien, et fit appeler Pierre Martyr, ministre de Strasbourg, qui favorisait ce sentiment. On abolit les règlements de Henri VIII. L'archevêque de Cantorbéry, qui penchait à l'hérésie de Luther, mêla dans la religion des pratiques et des opinions luthériennes, et conserva l'épiscopat pour ne point priver son siège de la primatie.

[15V9] Le roi arriva à Saint-Germain, (ù la reine accoucha, le 3 de février, d'un second fils nommé Louis. Ce que l'on remarque le plus dans celte naissance, ce furent les merveilleux pronostics des astrologues sur ce jeune prince. Catherine, qui croyait i? ces imposteurs, les avait mis en vogue à la cour, et ne s'en désabusa pas, quoique toutes leurs prédictions s'en bissent allées

en fumée, par la mort de Louis dans le berceau. Le roi la fit couronner solennellement à Saint-Denis le 10 juin, et environ douze jours après, il fit son entrée dans Paris, où la reine ne di liera guère à faire la sienne avec une pareille magnificence. On ne vit pendant quinze jours que tournois dans Paris. Le roi se plaisait à ces exercices, où il montrait autant d'aJresse et de bonne grâce qu'aucun de ses courtisans, dans tous les combats qui pouvaient :>e faire tant à pied qu'à cheval.

Ces divertissements furent suivis de cérémonies pieuses. On fil une procession générale pour l'extirpation des hérésies; le roi y assista en personne, et vit, en s'en retournant à son palais des Tournelles, le supplice de quelques luthériens qu'on brûlail à la Grève, spectacle peu digne de sa présence; mais il crut imprimer par là dans l'esprit des peuples la haine qu'il avait pour l'hérésie.

Il y avait quelque temps que ces supplices duraient avec beaucoup de rigueur. Ils furent cause (jue quelques cantons et des principaux ne voulurent point renouveler l'alliance, comme firent les autres avec les Grisons et les alliés des Suisses. Le procès du maréchal de Biez et de Jacques de Couei son gendre, seigneur de Vervin, fut achevé. Le maréchal fut dégradé de sa dignilé et condamné à une prison perpétuelle : mais Vervin eut la tête tranchée, pour avoir lâchement rendu Boulogne. Le maréchal, vieillard vénérable, eut ensuite sa liberté; mais il mourut de chagrin quelque temps après.

La guerre continuait cependant entre l'Angleterre et l'Ecosse, et la division s'élanl mise entre les Anglais, le roi envoya une armée vers Boulogne, pendant que Pierre Slrossi, avec douze galères, fermait le passage au secours. Strossi battit la flotte anglaise, et le roi prit en personne quelques forts qui serraient la place de près; la saison trop avancée la sauva du siège. Au retour le roi fit un règlement pour les gens du guerre, et empêcha les désordres qu'ils faisaient par tout le royaume, en doublant leur paye et leur défendant de rien prendre sans payer.

Environ dans ce même temps le Pape mourut, et Octave, son petit-fils, pour qui ii travaillait tant, lui donna le coup de la mort. Comme son grand-père souhaitait qu'il prit Camérino, au lieu de Parme, qu'il voulait rendre au Saint-Siège, cet emporté, non content d'avoir tâché de surprendre celte place, osa bien, après avoir manqué son coup, mander au Pape que s M ne la lui donnait, il s'accorderait avec l'empereur. A la lecture de celle lettre, le Pape s'évanouit, et moui ut quelque temps après, avec un regret extrême de s'être tant tourmenté pour sa maison.

[looO] Le cardinal del Monte fut élu Pape et prit le nom de Jules Iil : par reconnaissance pour la mémoire de Paul, qui l'avait l'ait cardinal, aussitôt après son exaltation, il donna Parme à Octave avec de grandes pensions pour la garder, et lui conserva ses

<*:; VR1 i i 5SI ET.

digo i \ retour de Roi n, cardinal

,],. Lorraine, mourut, el lo cardinal de Guise ■ de cardinal de Lorraine.

Claude, son père, premier duc de (iuiso, , ,,, ,,,,,, | „,, peu auparavant, et on remarqua q - funérailles furent célébrées i . orémonies m mblables à celles «1 n'oti faisail poir les rois. Cette maison croissait tous les jours en dignité et en i. Le < a dinal de Lorraine s'élevait en

sanl la rour à Diane, duchesse de Valentioois, avec des soumissions indignes de son caractère. Ce fut lui qui lui conseilla de se rendre la maîtresse des principales charges . ■ l'Etat, en y metlanl de ses créatures. En suite de ce conseil elle fil priver de sa charge le chancelier Olivier. On (il accroire g vieillard que sa vue, qui baissait, ie i : incapable de remplir ses devoirs, . t ou donna les sceaux à Berlrandi, premier prési lent du parlement.

! s Àpg lis, divises entre eux-, faisaient la guerre faiblement contre la France, et

^espérèrent de sauver Boulogne, si intommodéede toutes paris. Ainsi ils firent la paix, et rendirent Boulogne a Henri, avec tous les forts el toutes leurs munitions, à

. iilion qu'on leur donnerait cent mille • •eus, dont le premier payement se (levait faire en entrant dans la place. Ils rendirent

ssi tout ce qu'ils tenaient en Ecosse ; ainsi

France eut dans celle paix tout ce qu'elle I uuvait désirer, en procurant également ses avantages et ceux de ses alliés.

A peine celle guerre fut-elle finie, que

:a!ie donna matière à en commencer une uouvelle avec l'empereur. 11 prétendait que I arme et Plaisance étaient du duché de Milan, et comme il avait déjà occupé Plaisance, il avait donné des ordres secrels à Ferdinand de Gonzague de chercher l'occasion de surprendre l'arme, de sorle qu'il la lenail comme oloquée. Octave, qui tenait cette place du Tape, le pria d'augmenter l'argent qu'il lui donnait pour la défendre, ou de lui accorder la permission d'avoir recours au roi de France, à qui la maison Farnèse élait'alliée I ai le n ariage d'Horace, frère d'Octave, avec la fille du roi et de la duchesse de Valenlinuis. Le Pape, pour se décharger de la dé- , use, dit au duc qu'il pourvût à sa sûreté tomme il pourrait. Celte parole ne fut pas plutôt lâchée, qu'il demanda du secours au roi qui, ravi de traverser les desseins de l'empereur, s'engagea sans pe;ne à aider Oclave d'hommes et d'argent, à condition qu'ils ne pourraient pas faire leur accord I un sans l'autre.

L'empereur, voyant ses desseins manques [1551], et les Fiançais dans Parme, ne son- If i plus qu à les en chasser. Il voulut pour '■ a se servir du Pape, et de Jean-Baplisle M oie, son neveu, qui persuada facile-

nt a son oncle qu'Octave n'avait traité ' la France que pour se rendre indépendant du Saint-Siège ; de sorte que le Pape, à qui l'empereur promettait loute assistance,

"l qu'il aurait déclaré la guerre aux Farnvoya Jean-Baptiste à Bologne pour la

commencer. Il pria en même temps l'empereur, comme défenseur de l'Eglise, de le secourir dans eette guerre ; c'est i e que l'empereur souhaitait le plus, et il voulait seule-

menl qu'il ne parût pas qu'il entreprit de lui-même celle guerre. Il lit assiéger Parme par Gonzague, pendant que Jean-Baplisle partit de Bologne pour assiéger la Mirande, que Louis Pic, comte de Concorde et seigneur de cette place, avait mise sous la protection du roi.

Pierre Slrossi avait eu ordre do se jeter dans Parme avec l'élite de ses troupe?, et il rassura par sa présence les habitans étonnés. Mais Louis Pic, et Paule de Terme qui défendit avec lui la Mirande, s'étant trop avancés dans une sortie, furent coupés el contraints de se retirer dans Parme. Le roi, ainsi engagé dans une guerre avec le Pape, lil défense de porter de l'argent à Rome, pour quelque cause que ce fût, et donna charge à Jacques Amiot, abbé de Bellosane, d'aller à Trente, où s'était recommencé le concile, pour y déclarer de sa part qu'était empoché par la guérie que le Pape lui taisait, d'envoyer les prélats de son royaume en cette assemblée, il ne la reconnaissait pas pour légitime. Aussi, dans les lettres qu'il lui écrivait, il ne lui donnait pas le nom de concile, mais seulement celui d'assemblée de Trente.

La guerre n'était p:is encore déclarée entre l'empereur et le roi ; mais Henri, jeune et vigoureux, voyant l'empereur affaibli, même au-dessous de son âge, se promettait sur lui de grands avantages. D'ailleurs, il avait un grand parli en Allemagne ; les princes étaient jaloux de l'excessive puissance de l'empereur, qui lenail depuis trois ans dans ses prisons deux des principaux princes do l'empire. Maurice surtout soutirait avec une extrême impatience la détention du landgrave, son beau-père. Mais lesobligations trop récentes qu'il avait à l'empereur le portaient à dissimuler; ce qu'il faisail avec tant d'adresse, que Charles lui confia le commandement de l'armée par laquelle il faisait assiéger la ville de Magdebourg, toute luthérienne, qu'il avait mise pour ses révoltes au ban de l'empire.

Cependant Maurice écoutait Jes propositions de Henri el traînait en longueur le siège de Magdebourg, pour se donner le Joisir de prendre toutes les mesures convenables. L'accord fut résolu et tenu secret, les princes abandonnaient au roi Melz, Toul, Verdun, Cambrai et Strasbourg. Il devait se joindre à eux pour défendre la liberté de l'empire, et obtenir celle des princes captifs; le roi fournissait beaucoup d'argent; les confédérés ne pouvaient entendre à la paix les uns sans les autres ; ilssedonnaient réciproquement des otages, et ils devaient avec leur armée chercher l'empereur quelque part qu'il fût. il était encore à Augsbourg, où il tâchait vainement de persuader à son frère de céder à son fils Philippe la qualité de roi des Romains.

Cette division domestique donnait encore

FAUT. XII. TIIïCOL. HISTORIQUE. -

de l'espérance aux confédérés ; ainsi le roi De craignait point la rupture. Il consentit qu'elle commençât par la prise de quelques vaisseaux, que le baron de la Garde et Léon Slrossi (irenl vers la Flandre et la Catalogne. Il se plaignait, de son côté, que d'Andelot et Sipierre, officiers de son armée d'Italie, étaient retenus prisonniers dans le château de Milan. Les manifestes coururent de part et d'autre, et on en vint bientôt aux armes.

Brissac commandait dans le Piémont, où il avait été envoyé, à ce que disent quelques-uns, à la recommandation de la duchesse de Valentinois, qui était bien aise de lui procurer un si bel emploi, et, selon quelques autres, par la jalousie que le roi avait de l'affection que lui portait cette duchesse. Quoi qu'il en soit, il commença dès lors à se signalor par des actions extraordinaires, étant par lui-même homme de grand mérite, etayant avec lui plusieurs bravés officiers, entre autres Biaise de Monlluc, un des premiers hommes de son siècle. Les bons succès qu'eurent les Français dans ce pays obligèrent Gonzague à laisser au marquis de Marignan le soin du siège de Farine, où l'empereur envoya de nouvelles troupes.

La guerre ne larda pas à s'allumer de toutes parts. Le duc de Vendôme, gouverneur do Picardie, et François de Clèves , duc de Nevers, gouverneur de Champagne, faisaient diverses entreprises du côté des Pays- Bas et de la Lorraine, qui favorisait l'empereur. Christine, tille de sa sœur, etdeChrisliern, roi de Danemark, avait épousé le dernier duc; et Charles, qui régnait alors, jeune enfant âgé de neuf ans, était sorti de

ce mariage.

Le Pape, qui commençait à s'ennuyer de la guerre, envoyait en vain des légats aux deux pr.nces pour faire la paix. Les choses étaient déjà trop engagées; Parme, que Pierre Slrossi croyait avoir délivrée par quelques avantages, se trouva tellement pressée par la faim depuis son départ, que Marignan espérait de la réduire bientôt : mais Henri se promettait de plus grandes choses.

L'empereur semblait ne penser qu'à avancer le concile et la prise de Magdcbourg. Cette place se rendit enfin, et Maurice la traita si doucement, qu'on crut avec raison qu'elle se rendait de concert. Elle faisait, en apparence, de grandes soumissions à l'empereur; mais au fond sa liberté et sa religion lui étaient conservées entières. Maurice gagna ses habitants, et sut gagner tout ensemble l'armée qu'il commandait depuis si longtemps. Il redemanda son beaupère à l'empereur ; Albert de Brandebourg, le comte Palatîn et les autres princes se joignirent à cette demande ; on ne parlait en Allemagne que de la liberté des princes. Les confédérés joignirent des troupes à celles que Maurice avait déjà, et marchèrent ouvertement contre l'empereur. Augsbourg lui ayant ouvert ses pertes, les prélats as-

U. HIST. DE FRANCE. LIT. XVI . jTg

semn'és à Trent" furent si épouva ités qu'ils se retirèrent, et le concile fut suspendu.

Henri s'avança en Allemagne, où tout cédait aux confédérés. Maurice tenta vainement les voies d'accommodement avec Ferdinand : leur conférence se rompit bientôt; maison convint de se rendre quelque temps après à Passau, pour y reprendre le traité. Cependant l'empereur ramassait ses troupes au bas des Alpes, et fit occuper le passagepar où l'électeur venait à lui ; mais ses troupes furent battues; Maurice, sans perdre de temps, prit Erberg, forteresse presque inaccessible. A la première nouvelle de cette prise imprévue, l'empereur, qui était à Inspruck avec son frère Ferdinand, tira de prison Jean-Frédéric et lui ordonna de le suivre. 11 partit en même temps par un temps horrible ; Maurice le serrait de près, il entra dans Inspruck la même nuit quo l'empereur en sortit avec tant de précipitation ; sa retraite fut à Villac, petite place de la Carinthie.

On ne sait comment un prince si prévoyant se laissa ainsi surprendre ; sa grande puissance lui faisait croire que tout était en sûreté. Il fut bien étonné quand il vit, un peu après, le roi en campagne se rendre maître en un moment de beaucoup de p'aces, et mener aux confédérés une armée redoutable. Elle fut précédée d'un manifeste répandu par toute l'Allemagne, où le roi allait, invité par un grand nombre de princes, pour la tirer de la servitude où la mettait l'empereur, et pour délivrer les princes captifs.

[1552] Sur le point départir, il envoya devant lui le connétable, qui augmentait tous les jours en considération et en dignité. Le roi venait d'ériger en duché et en pairie sa terre de Montmorency, et c'est le premier gentilhomme qui ait eu en France un tel honneur. Le connétable avait avec lui quinze mille hommes de pied, quinze cents gendarmes, deux mille chevau-légers, et autant d'arquebusiers à cheval. La ville de Toul lui ouvrit ses portes ; le roi le suivait de près : mais la maladie de la reine l'arrêta quelque temps à Joinville, où la mère du duc de Lorraine le vint saluer.

Cependant le connétable s'approcha de Metz, et le cardinal de Lenoncourt, évèque de celte ville, lit en sorte qu'on y résolût de recevoir le connétable avec deux compagnies de gens de pied. 11 prit quinze cents hommes d'élite, dont il composa ces deux compagnies; les habitants s'avisèrent trop lard de fermer leurs portes, et toutes les troupes entrèrent. Un peu après le roi se rendit à Toul et alla ensuite à Nancy, d'où il lit conduire le jeune duc auprès du Dauphin, qu'il avait laissé à Reims. Christine, sa mère, fut envoyée en Flandre, et Nicolas, comte do de Vaudemont, son oncle, en qui le roi avait beaucoup de confiance, fut laissé gouverneur de Lorraine.

Le roi vini à Metz, où il donna une pleine satisfaction aux habitants, et régla si bien les gens de guerre, qu'il n'y eut depuis au-

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, ne s'arrêtait pas à lui opposer, parce que colle du roi élait

en«froiiv I i le vit composée de lou te I élite des iroupes.

tôt; mais on eut bej i er à ceux de Cependant l'électeur de Saxe n'oubliait

le |a |j| • l'empire, ils re- rien pour faîte sa paix. Il eraignail toujours

• honnêtement leurs portes. Les au- que l'empereur ne s'accomraodâlavec son cou-

. 1-,-ui, m. ii i! élait prêt b en- sin Jean-Frédéric, et celle raison ne le lou-

s fl, imagne, quand les chait pas moins que la délivrance de son

s% Cl oeus 'i parti, jaloux beau-père. On était assemblé a Passau, où le

grande puissance, le prièrent de roi des Romains recevait les propositions

, ., , ,, 1,1 paix, pour l'empereur; Maurice avail obligé le roi

lui à qu'il appril que la protection à y envoyer un ambassadeur : c'était Jean

nnaitaudw de Parme avait eu un du Frêne, évêquede Bayonne, homme véhé-

v succès. ! ■ cardinal de Tournon ment, qui parlait avec aigreur coutre Charles,

! q qu'il le laisserait en repos, sur ce qu'il avait rompu l'ancienne alliance

siège de Tanne serait levé. Jean- entre les Français et les Allemands, avanta-

i du Pape, fut tué dans une geuse aux deux nations. Les réponses do

ni la Mirande, périssant ainsi l'empereur n'étaient pas moins aigres; les

ijans une guerre qu'il avait lui-môme ex- traités de François avec les Turcs y étaient

e< souvent répétés, et il y avait peu d'apparence

Durant que le roi élait en Allemagne, la que la paix se conclut entre les deux rois.

i ïampagne eut beaucoup à souffrir; le roi, Après beaucoup de difficultés, les affaires

voyail que les princes de l'empire se d'Allemagne s'ajustèrent. Les princes de-

ntissaient, et que l'électeur .Maurice re- raient poser les armes; le landgrave devait

lit le traité de paix avec Ferdinand, ne être mis en liberté ; l'empereur devait con-

> n gagea pas davantage, et après avoir voquer une diète pour régler les différends

un ambassadeur pour se trouver en de la religion, et il promenait, en attendant,

t m nom h l'assemblée de Passau, où devait de n'inquiéter personne sur ce sujet. Pour

s • traiter l'accommodement, il apprit que ce qui était du roi, dont on no voulait pas

s impériaux, après s'être emparés de Ste- mêler les intérêts avec ceux de l'Allemagne,

, faisaient des courses vers la Champa- il fut dit que s'il avail quelque chose à pré-

. . ôme jusqu'à Chalons, tendre de l'empereur, il pouvait lui expli-

il partagea son armée en trois, et ayant quer ses intentions par Maurice, qui lui en

i royé deux corps dans celte province, il ferait le rapport.

is a la Meuse avec le troisième. En pas- Ce prince, par ce moyen, conservait ses ni, il se rendit maître de Slenay, aban- liaisons avec le roi, et lit connaître à revenue par les ennemis; il entra ensuite que de Payoune qu'il se pourrait faire dans s le Luxembourg-, où il prit d'assaut le quelque temps de nouveaux mouvements fort château de Koc-de-Mars, dans lequel la dans l'Allemagne. Le landgrave fut mis en noblesse et les daines nu pays s'étaient ré- liberté ; le duc Jean-Frédéric, qui était loupées. Ils n'attendaient plus que les der- jours observé à la suite de la cour, eut sa nïèreS extrémités, quand il survint un ordre liberté tout entière, et se retira dans sa qui arrêta les soldats qui commençaient le maison. Pour Albert de Brandebourg, dès pilla | invillicrs lui ouvrit ses portes ; qu'il vit que les affaires tendaient à \a paix, e de Mansfeld, abandonné des siens il se sépara d'avec les princes, et continua,

- Yvoi, dont il était gouverneur, fut avec plus de furie que jamais, la-guerre qu'il , - a\ec sa place. Montmédy se rendit, faisait aux Catholiques, principalement aux

le maréchal de la Marck, ayant obtenu évoques. Le roi, tout indigné qu'il était con-

oi quelques troupes, reprit Bouillon, lie les princes qui s'étaient accommodés sans

il< ni l'empereur avait dépouillé sa maison lui, au préjudice des traités, ne laissa pas de

trente ans auparavant pour le donner à l'é- leur envoyer généreusement leurs otages.

vôque de Liège, qui avait des prétentions Environ ce temps, il perdit Hesdin, qu'il

te duché, ne tarda guère à reprendre. Les Iroupes de

; roi sut, environ dans le même temps, (pue l'empereur s'étaient assemblées de divers

le cardinal de Lorraine lui avait soumis Ver- côtés; et outre que le duo d'Albe lui avait

(:nn , ville de l'empire, aussi bien que Metz amené ce qu'il avait de meilleurs soldats, il

et Toul. Il commandait dans ces villes à titre grossit encore son armée de celle des princes.

de protecteur, et on en ht une province, qu'on 11 était outré de la' perle de Metz, et il avait

appela les trois évêchés. Le roi prit encore résolu de l'aire les derniers eîi'orls pour la

la ville et le château deChimai, et retourna réparer; pendant qu'il se préparait à cette

dans son royaume, d'où il avait été absent entreprise, il eut des nouvelles fâcheuses

- mois et demi. d'Italie.

Ces conquêtes coûtèrent cher à la France : Le roi avail de grands desseins sur Naples,

i i tre les ravages que les impériaux avaient où il lâchait d'attirer les Vénitiens et d'au-

- dans la Champagne , Van Kossem, ma- 1res princes, et les Turcs avaient paru sur la

il -. élait entré dans la Picardie côte pour les favoriser; mais il avait besoin

• ' dans le Ponlbieu, où il avait saccagé beau- d'une place dans le cœur de l'Italie, et il n'y

p de villes; et ne pouvant en garder au- en avait point qui lui fût plus propre que

••, il y mettait le feu: l'épouvante vint Sienne. Celte ville, longtemps partagée en

. |i 'à Paris, >n n'avait point d'armée quatre; randes-factions, était enfin tombée par

PART. XII. THEOL. Ii! '/TORIQUE. — II. MST. DE FRANCE. Ll¥. XVL

ses divisions entre les mains des Espagnols; mai? ce peuple inquiet ne demeura pas longtemps tranquille, au milieu des mauvais traitements qu'il en recevait; et encore qu'ils eussent bâti une citadelle, les habitants no laissèrent pas de se révolter. Le petit nombre des Espagnols leur en donna la pensée; la garnison eut peine à se sauver dans la ei- 1.1,1c lit' ; tout ce qu'il y avaii de Français dans les environs vinrent nu secours des Siennois, et. demeurèrent les maîtres dans !a place, dont la citadelle ne tint guère et fut rasée. L'empereur n'était pas en état d'apporter du remède à ce mal; la révolte des princes lui avait fait rappeler ses troupes d'Italie, et le dessein du siège de Metz ne lui permit pas de les renvoyer.

Le roi avait pourvu a la sûreté de Metz, autant que le peu de temps avait pu le permettre : il avait envoyé le duc de Guise avec des troupes ; mais la place était faible par beaucoup d'endroits : 1 • duc fut obligé de ruiner les faubourgs de la ville, et l'abbaye de Saint-Arnoul, illustre par la sépulture de Louis le Débonnaire et de plusieurs autres princes de la maison de Charlemagne. On travaillait sans relâche aux fortifications; le duc portail lui-même la hotte et animait les soldats et les habitants : le jeune duc d'Enghien, et le prince de Condé son frère, s'étaient jetés dans la place avec beaucoup de noblesse, et l'empereur y était attendu sans crainte; la saison était avancée, il arriva à Strasbourg environ le 15 septembre, et on ne put commencer le siège que le 22 d'octobre. il demeura à Thionville, incommodé de la goutte, et laissa le commandement au duc d'Albe.

Le prince Albert de Brandebourg, secrètement (i'accord avec l'empereur, tâcha de surprendre Metz, sous prétexte de s'accorder avec les Français. Le duc de Guise découvrit bientôt ses artifices; mais François, duc u'Aumale, croyant les surprendre, fut luimême battu et pris. Un peu après, Albert se rendit au siège avec six mille hommes de pied et seize cents chevaux; il eut son quartier séparé de l'armée impériale ; l'empereur se fit porter au siège le 20 novembre : la brèche fut faite en peu de jours; mais deri ière le mur ruiné le duc de Guise avait élevé un nouveau rempart. Par le bon ordre qu'il avait donné d'abord à la distribution des vivres, il ne craignit pas d'en manquer, et il fit savoir au roi qu'il pouvait employer où il lui plairait les troupes destinées au secours de Metz, assuré que la place se soutiendrait toute seule. En effet, le roi envoya le duc de Vendôme mettre le siège devant Hesdin, qu'il reprit maigre l'hiver.

Les vivres manquaient à l'empereur; les continuelles sorties des assiégés avaient beaucoup diminué son armée, et les maladies survenues achevaient de la ruiner : il songeait à lever le siège ; mais il ne put se résoudre à la retraite sans avoir fait un dernier effort. 11 uiit son armée en bataille devant la brèche, et contre l'avis de tous ses uhctsqui l'avertissaient qu'il allaitrccevoirun

grand affront, il commanda d'aller s l'assaut; mais en même temps le duc de Guise parm

sur la brèche la pique à la main, et toute la noblesse qui le suivait lit si bonne coi nance, (pie l'empereur ne put ja nais faire marcher ses soldats. Il se plaignit en vain qu'il était abandonné dans l'occasion la plus importante de sa vie; il fallut, peu après, lever honteusement le siège. Les nôtres d'abord poursuivirent les ennemis et en tuèrent quelques-uns; mais ils furent touchés du spectacle de tant Je malades et de mourants qu'ils trouvèrent répandus de toutes pari-. Ils enterrèrent les morts : ils mirent les malades dans des bateaux, pour les envoyer à Thionvibe ; et portèrent dans la ville ceux qui n'avaient pu souffrir la j'aligne du chemin. Le duc de Guise en prit autant de soin qu'il eût fait de ses propres soldats, et ii fit autant louer son humanité qu'il avait fait admirer sa valeur. On lient que l'empereur péYdit trente mille hommes dans ce siège.

Le duc, comblé de gloire pour avoir ruiné une si puissante armée et avoir arrêté un prince presque toujours victorieux, rendit à Dieu tout l'honneur d'un événement si glorieux, et en reconnaissance d'un si grand succès, il tourna tous ses soins a exterminer l'hérésie dans Melz. On ne pariait dans loule la France et parmi les étrangers que des vertus du duc de Guise. Avec tous les malheurs de cette campagne, l'empereur se vil encore à la veille de perdre le royaume de Naples; la Hotte qui avail paru sous le corsaire Dragul , était de cent vingt-trois vaisseaux, et il avait remporté quelque avantage sur André Doria. Le prince deSalerne, seigneur napolitain, qui avait quitté l'empereur, devait se joindre à lui avec trente-cinq galères qu'il amenait de Marseille : il arriva un moment trop tard ; le corsaire perdit patience et ne voulut jamais retourner vers Naples. Ce malentendu sauva la place, où le peuple était disposé au soulèvement; le vice-roi n'y avait trouvé d'autre remède que de défendre, sutpeine de la vie , de prononcer seulement le nom du roi de France et du prince de Salerno. On connut la politique des Turcs, qui voulaient entretenir la guerre et amuser Henri, mais non pas le rendre puissant en Italie, d'où il aurait bientôt fait trembler la Grèce : le corsaire promit de revenir l'année suivante, et passa l'hiver à Qhio.

[1553] L'Allemagne était agitée par les ravages qu'y faisait Albert; et l'empereur, qui s'en servait pour balancer la puissance de Maurice, ne répondit pas nettement aux plaintes qu'on taisait contre lui; mais Maurice loi-même lui déclara la guerre. 11 y eut une sanglante bataille dans laquelle Maurice fut blessé; la victoire lui demeura, ii mourut peu après de ses blessures ; co nrae il n'avait point d'enfants, Auguste, son frère, lui succéda, suivant les conventions. L'empereur n'ayant plus rien à ménage: en laveur d'Albert, l'abandonna aux rigueurs delà chambre djSjàre, qui proscrivit ses biens et sa vie.

Environ dans ce même temps, Thérouanne,

1 place de P ardie, négligée de Henri VIII. En effet, elle fui d'ab ird re-

par le roi, qui méprisai I alors l'empereur, coanuA dans le parlement; mais il n'est pas

moi prise On ne Rongeait aisé d'ôter le droil aux véritables héritiers.

i cour qu'à - rertir, <t ce ne fui qu'à Marie, avec une armée de quatre mille

i lu- qu'on envoya à Thérouanne hommes et l'autorité que lui donnait sa

i ■ \! mtmorencj , fi s du connéta- naissance, se rendit maîlressedu royaume,

\ miu autant que le per- et Htcouper la tète à la malheureuse Jeanuede

m. m - é h de la place, il fut Suffolk, qui n'avait fait d'autre crime que

nUli parlementer; mais n'ayant p;is celui de s'être laissé couronner. Marie son-

Itien risses sûi I s, il se trouva tout a coup gea aussitôt à rétablir la religion catholique,

enti - - riaux : la ville fui et fit résoudre qu'on recevrait dans le rovau-

ruui i ind en comble et ne s'est jamais me le cardinal Polus, légat du Saint-Siège.

1! étail du sang royal, et n'était point engagé

Mip la course réveilla; Robeft île dans les ordres; ainsi, comme il s'agissail

. ,rk, maréchal de Fran re, courut à Hes- de donner un mari à la reine, il prétendit à

din, qui étail menacé far les impériaux, cet honneur; mais l'empereur l'avait préve-

! anuel Philibert, prince de Piémont, lit nue en laveur de son liis Philippe, à qui il

- . ; le maréchal avait avec lui l'élite do donna le titre de roi de Naplos, et la reine la noblesse, peu entendue, aussi bien que crut qu'elle serait plus absolue en épousant lui ; il capitula bientôt : mais comme on un pnn ;e étranger, à qui en ell*et les Anut, le feu prit par hasarda une mine glais imposèrent de dures conditions. Ainsi

qu'il avait faite sous les assié eants ; ils l'affaire fut conclue, et l'ambition d'avoir

hrenl aussitôt jouer les leurs, et se jetèrent une nouvelle couronne lit que l'empereur

parles brèches de tous côtés dans la place, ne rougit pas de donner son (ils unique,

avec tant d'impétuosité, que la Mark fut encore jeune, et qui n'avait qu'un seul (ils,

pris avec toute la noblesse, toute la garnison à une reine âgée de près de, quarante ans.

taillée en pièces, et la place entièrement ra- Cette princesse s'entremit pour la paix, et

. Les ennemis, enflés de tant de succès, tâcha du moins d'obtenir une trêve ; l'empe-

i i t-ii t emporter Dourlens avec la même reur, qui se sentait affaibli, la souhaitait;

facilité; mais le connétable, qui avait ra- mais par la même raison le roi ne la voulait

— ■ des troupes en diligence, les en cm- pas, et il entra dans les Pays-Bas avec une ba, el attira le prince d'Arseol dans une puissante armée.

embuscade, où il lut pris, après avoir perdu Le connétable prit Marienhourg, bâtie par huit cents hommes. Le roi vint bientôt Marie, reine de Hongrie, qui avait été toua lès en personne à l'armée; quoiqu'elle chée de l'agrément de ce lieu i propre 5 la fût forte, elle ne lit aucun exploit, et le chasse. Il fit for titier en même temps le vilroi la ramena au mois de décembre. lage de Rocroi, pour faciliter le passage de En Italie, les Français défendirent Sienne cette place à celle de France. Bouvines fui contre les négociations et les entreprises de enlevée d'assaut; ceux de Dinant payèrent Côme, duc de Florence, et Montalcino, contre cher une parole insolente et brutale qu'ils le> Espagnols qui l'assiégeaient. La Hotte dirent contre le roi, qui leur demandait seudes Turcs obligea Garcias de Tolède à ra- lement la neutralité. En môme temps qu'ils mener ses troupes àNaples; mais Dragut capitulèrent, les Allemands entrèrent de iremment n'en voulait point à cette force dans leur ville, et l'autorité du roi ne place, qui eût donné aux Français trop d'à- put les garantir tout à fait de leurs viovanlages. On ^e je a sur l'île de Corse, dont lences.

1 ■ roi se prétendait maître, comme seigneur Ces mauvais succès et le peu de troupes

Gènes, à qui cette île appartenait; on que l'empereur avait à nous opposer, le j'3-

ril a plu art des places de cette île. André tèrent dans une profonde mélancolie; il

Doria,âgédequatre-vingtetur,ans,étantsur- forma le dessein d'abandonner Bruxelles et

u, en reprit quelques-unes des plus im- de se retirer dans Anvers. Par un meilleur

I ortanles; elle baron de la Garde, qui avait conseil il résolut de se mettre en campagne

assiégé Calvi, leva le siège. Voilà tout ce avec huit mille hommes et de jeter du monde

qu'opéra celte grande armée ottomane, à dans Naraur; il sauva par là celte place que

laquelle celle de France s'était jointe; c'était le roi avait assiégée ; mais comme son ar-

Ique chose d'occuper Doria, qui serait mée n'était pas égale à celle de France,

sur la Provence, ou se serait tourné Henri, maître de la campagne, prit et rasa

un côté de Sienne. quantité de villes et de châteaux. Apres

Cependant la mort d'Edouard, roi d'Angle- avoir couru le Brabant, le Hainaut et le

terre, causa de grands troubles dans ce Cambrésis, il mit le siège devant Kenli ,

i mine. H n'avait que dix-sept ans quand place située dans un marécage, qui incoin-

îl mourut, ei Jean Dudley, duc de Norlhum- modait tout le Boulonn us.

I, pouvait tout dans le royaume. Il Cependant le grand duc de Toscane, se

suada au jeune roi qu'il devait déshéri- trouvant incommodé du voisinage des Fran-

surs : Marie , comme lillede çais, résolut d'employer toutes ses forces

Catherine, répudiée, et Elisabeth , comme pour les chasser de Sienne. Il donna une de

une de Boulen, condamnée Ses filles à Fabiano , neveu du Pape, pour

pour adultère. H faisait appeler à la succès- n'être point traversé de ce côté-là, et il fil

rtie d'une sœur un traité avec l'empereur, par lequel il lui

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