‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 42 sur 458 · FART. XII. THEOL. HISTORIQUE. — II. IIÎST. DE FRANCE. LIY. XVI · texte numérisé non relu

FART. XII. THEOL. HISTORIQUE. — II. IIÎST. DE FRANCE. LIY. XVI

promettait de lui pendre la place, en lui choisis dans toutes les troupes ; cepei remboursant les frais qu'il aurait laits dans ils furenl chassés: les impériaux gagnèi cette guerre. Le cardinal do Ferrare, qui le bois et mirent en fuite notre cavalerie faisait les affaires du roi dans ce pays, l'a- gère. Ils s'en retournaient comme v, invertit des desseins de Côme, et le roi crut rieux , assez négligemment, quand Gaspard y pourvoir en envoyant Pierre Strossi , fait de Saulx de Tavanes fondit tout d'un coup depuis peu maréchal de France. Les Strossi sur eux avec quelque gendarmerie; celte étaient ennemis jurés des Médicis; Côme attaque imprévue les mit on désordre, ils avait fait mourir Le père de Pierre, et banni perdirent plus de deux mille hommes, avec do Florence tons ceux do ce nom. une partie de louis canons, et les noires

Lorsque Côme vit arriver un tel homme avec peu de perte recouvrèrent le bois perdu. en Italie, il crut qu'on avail de secrets dos- Tavanes revenait triomphant, l'épée encore seins pour rétablir la Iiherl6 des Florentins, sanglante à la main : le roi, qui le vit en < et ets'échauffa enetfre davantage à cette guerre, état, l'embrassa , et s'ôtadu cou le collierde Pierre, de son côté, fit tout avec passion l'ordre pour en honorer un si vaillant homme, contre l'ennemi de sa famille, et les affaires On tient que Gonzague seul empocha l'cmclu roi n'en allèrent pas mieux. Il rendit pereur de décamper : l'empereur l'avait fait pourtant d'abord un service considérable: venir du Milanais, dont il avait donné le il (it entendre au Pape que le roi ne préten- gouvernement à Lopoz Suarez de Figueroa. dait autre chose que de défendre la liberté Les Français firent sonner haut cet avantage: qu'il avait procurée h Sienne, et lui ôla lel- mais le roi ne laissa pas de lever le siège lemenl toute la jalousie dos armes françai- faute do vivres 11 se donna une triste couses, qu'il continua sans difficulté, pour doux solali n, qui fut d'envoyer auparavant défier ans, la trêve avec le roi. l'empereur, et de se tenir trois heures en

Cependant Côme avait donné la conduite bataille, au même lieu où le combat s'était de cette guerre à Jean de Medequin , mar- donné; ensuite il se relira; l'empereur, quis de Marignan. Il ne songeait qu'à alla- pressé de la goutte, en lit autant un peu mer la ville et à lui couper, les eaux, en après. Le reste do la campagne se passa à o ( uj.ant les collines dont le pays est rem- brûler quelques villages do part et d'autre. pli, en prenant les "places des environs. Par En Italie, Strossi , un peu après sa déce moyen, la ville, quoique munie de toutes faite, malgré l'incommodité que lui causait choses, se trouva peu à peu à l'étroit. La sa blessure, rassembla ses troupes et lit enmésintelligence du cardinal de Ferrare avec trer dos vivres dans la ville à travers les Slrossi obligea le roi à envoyer Biaise de ennemis. Ce fut un faible secours contre la Montlue, pour avoir soin des affaires pen- disette, qui commençait à y être extrême; dant que Strossi serait obligé à être dehors, car les ennemis étaient maîtres de presque Il sortît pour occuper quelques postes, par toutes les places de l'Etat d^ Sienne et connu il espérait fermer aux ennemis le eue- paient les vivres de tous côtés. L'armée namin des vivres ; et Marignan , pour l'attirer valo des Turcs s'était retirée do bonne heure, au combat, vint assiéger Marciano, petite selon sa coutume, après avoir facilité à place assez importante , auprès de laquelle Termes la prise de l'île de Corse, excepté il était campé. Strossi, qui était plus faible, Cal vi. Par celle retraite les impériaux furent résolut de se retirer; mais Montlue, qui en liberté de donner du secours à Mariapprit à Sienne qu'il voulait faire sa retraite gnan, qui pressa de plus en plus la place. en plein jour, prévit qu'il serait battu et y Ce fut alors que Montlue eut besoin de prépara les Siennois. Il ne se trompa pas toute sa vigueur pour encourager les Siendans sa pensée: le marquis prit ses avan- nuis presque accablés; il les assembla, et tages, la<lla en pièces quatre mille hommes, avec son éloquence brusque et militaire, il fit beaucoup de prisonniers et remporta cent les émut tellement, qu'ils jurèrent de soufétendards. Slrossi fut blessé et eut peine à ii ir plutôt les dernières extrémités de la se retirer avec les restes de ses troupes. faim, (pie de manquer à leur liberté; la gar-

La prévoyance d« Montlue fut cause que nison prit une semblable résolution, et dès

les Siennois «pprirent celle nouvelle sans lors Montlue commença à donner le pain

en être émus ; mais il ne put empêcher les par mesure avec une grande épargne. Par

suites fâcheuses. Il tomba dangereusement ce moyen le siège tirait en longueur, et

malade, et Lansac, qui se pressa de venir de Corne qui sentait avec regret ses finances

Rome pour tenir sa place, fut pris, en pas- s'épuiser, pressa Marignan d'agir par force.

saut, par les ennemis. Cette nouvelle- arriva Tandis qu'il disposai; ses batteries, la pro-

peu de jours après à l'empereur, pour le con- pie nuit de Noël il lit tenter l'escalade, el

solor d'une porte qu'il venait de faire. surprit une porte de la ville avec une tour

Pendant le siège de Renti il s'était anpro- qui en était proche, Montlue averti soup-

ché de notre armée, et se tenait en sûreté çonaa d'abord de l'intelligence, et pour em-

dans son camp, en attendant un grand se- pêchereeuxqui en étaient de remuer, il allait

cours d'Allemagne. Avant qu'il fût arrivé, criant par toutes les rues que l'ennemi était

le roi souhaita d'en venir aux mains avec repoussé. Ainsi tout fut paisible au dedans,

lui, et le connétable tacha plusieurs fois de et par la vigueur de Montlue, Marignan fut

l'attirer au combat. Il vint enfin attaquer un contraint de se retirer avec perte de six

bois qui couvrait notre armée, où le duc do cents hommes ; Montlue en perdit à peine cin-

Guise avait jeté trois cents arquebusiers, quante.

UilVHES COMI i ETES DE LîOS l ET.

^li

lanl le maréchal de Briss ir,

lit en su eléi etqui avait

.-».«. v i lie lioni es - ti ei lieu-

na un i rojel poui

mais r ne

I rint. La connétable n'aimail nus M< mine,

créature du dut: de Guise, m Brissac, qui

av.m « lé n 1^ dans le I iémonl malgré lui,

-!s un h n ps u'i il songeai! à procurer co

\ rue l'en; h Gas| arti de * o igni, son

Unsi le m i: éc :.'ii fut privé de

s i rail ; n .•::- il se 1 1 ndil re-

mmandable |>ar la prise d'Ivréé. Il su! un

l • n après qu • le g< uverneur du Mi ai ais

lisait !o cai naval à la i ode •!! c 3 s, 1 1 i$c des i ^jouissances ex - Iraordinaires. In des habitants lui décou- \ . .i un t : sei rel par i ù il pouvait en-

i .! place. î j vint et la surprit,

ur se jeta dans la citadelle ; s en qi Btre jours, avec touie la noli nnpagnait.

-.-ait chaque jour. M nlluc i il contraint de r< trancher les vivres. A la il irai:>. r; mais Mont ucue voulut jamais être nommé 'dans la capitulation, ni qn'ette se lil au nom du roi. Les Siennois m mit sous la protection de l'empire à rondilionuue l'empereur ne pourrait y 'aire bâtir do citadelle, cl qu'en ordonnant du Kourvernemenl de leur ville, il leur conserverait leur liberté et leurs privilèges. Cela leur lui | romis, mais mal exécuté par l'em- I ercur. On accorda à Montluc et aux Français tout ce qu'ils voulurent; et une grande partie des nabi tan ts,qui prévirent les malheurs '. leur ville , en sortirent avec lui le 21 avril. Un j i n auparavant, le Pape élait mort; llarcel On in, qui prit le nom de Marcel il, homme d'un rare mérite et d'une profonde érmtilion, ne tint ce siège que vingt-deux jours. Jean - Pierre Ca rafle, gentilhomme napolitain, d'une maison qualifiée , fut élu ei prit le nom de Pau IV. Les Turcs étaient vi nus à leur ordinaire, et n'avaient pas em- I éché qu'André Dr.iia obligeât Termes à lever lesiégede Calvi. Ils regardaient froidement i - gens aller à l'assaut, sans se remuer, et après un certain temps ils se retirèrent dans leurs port-. Le marquis de Marignan continua la conquête de l'état de Sienne, et en 1 i nant Porto-Hercole, il nous ôta toute la e< iiimunicalion par mer avec l'Italie, ee qui ruina sans ressources nos affaires de Toscane. Celles de Piémont prospéraient tous les y lira de plus en plus sous le maréchal de Biissac. Il prit entre autres places, Saiuliveur et Valence dans le Milanais; il as- ! : i lentement Vulpian, place impore du Piémont, quand Alvarès de Tolède, ie, après avoir rassemblé trente mille hommes de pied et six mille chevaux, ;i»s cet! im e, d'où il se vantait

: les Français en trois semaines.

Le maréchal n'était | as, de moitié près, si fort que lui; aus-i ne s'opiriiùlia-l-il pas siège qu ii avait commenté; mais ii se 1 • ■ ' laisser ; ass< r les premiers efforts au (<uc d All>e et de consumer ses forces:

B| i ès quoi il se promettait d'achever heureusement son entreprise. Le dur prit d'abord Frascinele, place sur le Pu, dont il lit pendre le gouverneur, tailler en pièces la garnis',n italienne, et mettre les Français aux galères, pour avoir osé, étant trop faibles, résister à une armée si puissante. Ensuite il mil le siège (levant Santia, et quoiqu'il y eût brèche, il n'osa jamais donner l'assaut. Ses troupes dépérirent devant cette place, que le maréchal de Brissac avait pris soin de fortifier, et au bout de quinze jours il leva le siège. Brissac, le voyant assez affaibli pour n'oser rien entreprendre, commença à seremeltre en campagne. Il assiégea de nouveau Vulpian, et l'obligea <le se rendre, api es avoir battu le secours que le ducd'Albe y envoya.

Le Piémont élait dans ce temps l'école où la jeune noblesse de France allait apprendre la guerre. Sur le bruit qui se répandit qu'il devait y avoir une bataille, leducd'Lnghien et le prince dT Conué, Mon 11 ne et une infinité d'autres gentilhommes, se rendirent auprès de Brissac. Renforcé d'un tel secours, il assiégea Mon te- Cal vo, qu'il prit à la vue du duc d'Albe.

Il se tenait cependant une conférence pour la paix, que la reine d'Angleterre et le cardinal Polus avaient procurée. La séance était magnifique : elle se. tint sous des tentes, entre Gravclines et Ardres". Les premiers hommes de France et d'Espagne s'y trouvèrent. Le cardinal Polus y représentait la reine d'Angleterre, médiatrice; mais le Pape, au lieu de travailler à la paix, faisait proposer au roi la conquête Ou royaume de Naples. Le cardinal Caraffe , son neveu, lui mettait jette pensée dans l'esprit, et se promettait par ce moyen d'acquérir à sa maison quelque principauté considérable. L'affaire futjdisputée dans le conseil : le connétable remontrait le péril d'une telle guerre, et le peu de sûreté qu'on avait trouvé dans de semblables entreprises, avec les Papes, qui sortaient toujours d'affaire quand ils voulaient. Il ajoutait que, puisqu'on traitait la paix dans une assemblée si solennelle, il fallait du moins attendre le succès de cette négociation, avant que de s'engager avec, le Pape ; mais le cardinal de Lorraine, qui espérait de grands établissements pour sa famille dans le royaume de Naples, et qui voulait en tous cas procurer à son frère un emploi considérable, faisait voir l'entreprise infaillible. Le roi penchait vers cette opinion ; ce qui fit que le connétable la combattit faiblement, assezeontent, d'ailleurs, de voir les princes de Lorraine loin de la cour, où ils faisaient ombrage à ?a puissance, et espérant que le mauvais succès de celle entreprise tournerait à leur ruine. Voilà comme, sous les princes trop faciles, les affaires se décident par des intérêts particuliers.

Le cardinal lut envoyé à Rome pour négocier cette allaire. Il conclut la ligue avec le Pape. Le royaume de Naples fut partagé entre lui et un des enfants [minés du roi. Les conditions de l'investiture furent marquées, et il fut arrêté, entre autres choses, que !e

2S3 FAUT. XII. TIlfcOL. HISTORIQUE. — H. HIST. DE FRANCE. L1V. XVI. S'«0

nouveau roi de Naples no pourrait être ni pereur n'attendait plus qu'un temps plus empereur, ni roi do France, ni due de Mi- commode et la dernière réponse de son frèro lan, sans renoncer à ce royaume. On devait pour retourner en Espagne , où il avait commencer la guerre par Côme de Médias, choisi sa retraite, dans le monastère deSaintet remettre les Florentins en liberté ; mais Just, vers la frontière de Portugal. la saison étant avancée, et les troupes n'é- [1556] En ce temps Henri d'Albret montant pas proies, on remit l'entreprise à fan- rut, et Antoine de Bourbon, qui avait épousé née suivante. sa fille unique, lui succéda tant au royaume de

Pendant que ces choses se traitaient, l'em- Navarre qu'au gouvernement (Je la Gnienne.

pereur donna à l'univers un grand specla- Celui de Picardie, qu'il avait auparavant,

de : quoiqu'il fût dans un Age où les boni- fut donné h Coligni, qui était déjà élevé à la

mes ont accoutumé de conserver beaucoup charge d'amiral par la mort d'Annebaul.

de forces, n'ayant encore que cinquante-six La conférence pour la paix durait encore,

ans, néanmoins par sa constitution nalu- et la reine d'Angleterre, qui n'espérait pas

relie, il se son ait faible et incapable d'agir qu'on la pût conclure, se contenta de ména-

avec sa vigueur ordinaire, il se voyait en j^er une trêve de cinq ans. Elle ne dura pas

tôle Henri 11, ambitieux et guerrier, à la longtemps : le Pape envoya en France le car-

i'orce de son âge, et en étal de ne lui laisser dînai Caraffe, son neveu, en apparence pour

aucun repo#, ni dans les Pays-Bas, ni en réconcilier le roi avec l'empereur, maison

Italie. Les perles considérables qu'il avait effet pour rompre la trêve, comme contraire,

failcs de tous côtés l'avertissaient que la au traité fait pour le royaume de Naples. Sa

fortune l'abandonnait avec la vigueur, et présence et l'adresse qu'il eut de faire agir

qu'il élait temps de tourner ses soins ù le duc de Guise, de concert avec la duchesse

une autre vie. Touché de ces pensées, le 21 de Valenlinois, achevèrent de décider le roi

octobre il entra dans l'assemblée des étals à la guerre, malgré le traité qu'il venait do

généraux des Pays-Bas, qu'il avait convo- jurer. Le cardinal, parson pouvoir de légat,

qués à Bruxelles, marchant entre Philippe le dispensa de son serment, et les intrigues

son fils, et Marie, reine de Hongrie, sa sœur, de la cour firent qu'il se contenta de celle

Eléonore, reine de France, qui depuis la illusion.

mort de François s'était retirée vers son Le Pape, assuré des armes de France, frère, et Maximilien, roi de Bohême, fils de commença à se déclarer en Italie , sous pré- Ferdinand prirent leur séance avec lui. Le texte de se venger des Colonne, ses ennenombre des grands seigneurs et la foule du mis, mais en fortifiant Paliiano qu'il leur peuple étaient infinis. Là, il fit déclarer par avait enlevée : comme cette place avoisinail un de ses principaux conseillers, qu'après Naples, il donna sujet au duc d'Alhe de péavoir infatigablement naval lié dès sa pre- néiror ses desseins. Le duc eut ordre de so mière jeunesse au bien de l'Eglise et de ses plaindre et de prévenir le Pape par une at- Etats, il élait résolu de ne plus penser qu'à taque vigoureuse : il obéit promplemerit, et sa conscience et de laisser le fardeau de ayant rempli de troupes toute la campagne tant de royaumes sur des épaules plus for- de Rome, il jeta le trouble dans la ville tes. Ensuite il parla de lui-même, et expli- même; la crainte qu'il eut que ses soldats ne qua en peu de paroles le dessein qu'il avait se débandassent, l'empêcha de s'en saisir et eu, il y avait déjà longtemps, de se retirer, de la piller. Il prit Ostie avec quelques auet qu'il n'en avait élé retenu que par la très places presque sans résistance, et la jet. nesse de son fils, il témoigna à ses peu- trêve qui fut faite sur quelques propositions pies un regret extrême de ne leur point lais- de paix, lui donna le temps de fortifier les ser la paix en les quittant ; il en rejeta 'a places du royaume de Naples. La trêve étant faule sur le roi de France, et lesassuraqu'ils expirée, le Pape reprit Ostie et les places pouvaient bien espérer de celle guerre, qu'il avait perdues; mais il n'était pas en pourvu qu'ils gardassent à leur nouveau état de résister longtemps aux forces de roi la même fidélité qu'ils lui avaient toujours l'Espagne. Le roi songea à le secourir, et conservée. pendant que'l'einpere.ur était encore en Fian-

Alors il se tourna vers son (ils, à qui il dre, il envoya des ambassadeurs à ce prince

recommanda en un mut la foi catholique, et et au roi Philippe, pour les prier de ne point

le soin de ses sujets, particulièrement ceux inquiéter le l'ape ni les siens. Les deux

des Pays-Bas. A ces mots, Philippe se pros- princes jugèrent bien que la guerre suivrait

terna à ses pieds; l'em, ereur, (pie la goutte de près celte ambassade.

empêchait de se remuer, fit un effort pour L'empereur, impatient d'exécuter son des-

l'embrasser, et le déclara prince des Pays- sein, après avoir connu qu'il n'y avait rien

Bas ; toute rassemblée fondait en larmes, à espérer de son frère, envoya aux électeurs

Un mois après, l'empereur, dans la même sa renonciation à I empire, et partit vers la

compagnie, se déposséda de tous st-s royau- fin du ruois de septembre, laissant 5 son fils

mes : il se réserva l'empire quelque le.nps, à démêler lesail'aires qui commençaient. Il

dans l'espérance d'obtenir desonlrèreFerdi- arriva heureusement en Espagne, et vit en

nanti qu'il en assurai la succession h Philippe, passant son petit-fils Charles, dont le mau-

La reine de Hongrie quitta en même temps vais naturel, qui commençait h se déclarer,

le gouvernement des Pays-Bas, qu'elle avait lui donna peu d'espérance ue ce jeune prince,

tiepuis ringl-ciuq ans, et il fut donné à Em- lise renferma ensuite dans Sainl-Jusl, où, au

manuel-Piulinert, duc de Savoie. L'em- lieu de tant de richesses et d'une cour si

ii serve que douze

Dl mill I|-'1 jjj

roir U - nts i lai '■ s. Il

.;,;,'.,;!, ,.[ c'ésl ce qui Ql

r i'iI s repentit d'avoii ses royau-

lils ingrat ; mais il esl constant

acune parole, ni ne îii aucune

... sa ne qui témoignât

l'iii |uiétude.

uroail de tous - : leduc s \: i •. malgré l'hiver, >er au duc d'Albe, ël l'amiral ^,. t, un- prèl pour entrera l'inilans la Flandre. Le commandement mire I royaume de Napromis à Bcrcule d'Esté, duo rare, qui était entré dans la ligue, et le ndre, lui présenta à pied, roi, le bâton do commandant, prin< e rei ul à cheval.

I :,: ' Le Milanais fut alors en grand péril : le cardinal de Trente, qui \ comman- ', n'avait aucune provision, et le maréil de Brissac était d'avis qu'on l'attaquât. L'intérêt du duc de Ferrare, qui ne voulait point - ner de son pays, le lit entrer

dans ce sentiment ; mais les ordresduroi portaient qu'un u. an hât vers le royaume de Nas de Lorraine eux-mêmes l'avaient ainsi souhaité pour contenter les Caraffe avi . iis agissaient de concert. Cette

tion leur lit perdre les troupes du duc de Ferrare, qui avait six mille hommes de ; et huit cents chevaux.

Da s le temps même que la guerre comme i Italie, l'amiral lâcha vainement de prendre Douai; il prit Lens dans l'Artois, et la pilla. LesEspagnoIs se récriaient contre l'infidélité de Henri, qui violait la trêve .1 jurée; on s'excusait comme on pouvait, sous le vain prétexte de défendre le Pape, à quoi on joignait des plaintes aussi frivoles contre les Espagnols.

Au icsie, quoique Henri lût agresseur, il ivait pas donné meilleur ordre à ses affaires. Tout ce qu'il y avait de plus belles troupes | assa en Italie avec le duc de Guise. as compter celles qu'avaient Brissac en mont, et Monlluc clans la Toscane; ainsi on était fort faible du côté des Pays-Bas. Mais quiiique le duc de Guise eût l'élite de la milice de France, il ne trouva pas en Italie I s facilités qu'il y avait espérées; il fut à Rome saluer le Pape, dont les troupes joilirenl les noires : toutes ensemble prirent Campli de force et y firent des désordres i . Le duc mille siège devant Civi elle, ice forte de l'Àbruzze, qu'il fut contraint .donner par l'approche du ducd'Albe, s fort que lui; là commencèrent les - fn ûldes Caraffe, qui ne lui avaient s foui ni les troupes qu'ils avaient prtfmis : ain.M il se vit réduit à demeurer sans rien faire.

avançait pas davantage dans la

-liïsac demeurait en réposfaule

are qui faisait la

i>:ii.*;ge, cul beaucoup à

- jtl'rir dans se i <ôlé de 1 Es-

, ^ COMI ET.

pagne, et du côté du grand-duc. Ce prince Mit si bien profiter de la conjoncture, et se rendre nécessaire à Philippe, qu'il lui céda la ville de Sienne, dans la peur qu'il eut qu'il ne se joignit avec le Pape. Les Espagnols se réservèrent Porto - Herçole , Orbitelle et quelques autres places.

La Picardie dénuée se trouva alors sur le bord de sa ruine : avant que de l'attaquer; Philippe passa la mer pour obliger la reine sa femme à lui donner du secours; elle s'y résolut, et quoique les Anglais fissent si peu d'état de Philippe, qu'au lieu de l'appeler leur roi, ils ne l'appelaient seulement que le mari de la reine, néanmoins la haine invétérée qu'ils avaient contre les Français les lit consentir à leur déclarer la guerre. Pour faire une diversion de ce côté-là, la régente d'Ecosse, sœur du duc de Guise, se porta à attaquer l'Angleterre; elle eut peine à y obliger les Ecossais ; et après les y avoir engagés, moinsparaulorité que par adressa, P"our affaiblir l'autorité du conseil d'Etat, elle conclut le mariage de la jeune reine, qui était toujours en France, avec le Dauphin.

Eu môme temps que l'Angleterre se fut déclarée, Philippe repassa dans les Pays- Bas, et lit marcher, sous la conduite du duc de Savoie, une armée de IreTite-cinq mille hommes de pied et de douze mille chevaux ; on y attendait encore huit mille Anglais qui devaient débarquer au premier jour. Le duc fit semblant d'abord d'assiéger Hocroi, où il reçut quelque perte; ensuite, après avoir menacé plusieurs autres places, il vint tomber tout d'un coup sur Saint-Quentin, vibe importante, mais en mauvais état et dont la garnison était faible. L'amiral ne l'ignorait pas, et c'est pourquoi, dès le premier vent qu'il eut de la marche des ennemis, il .^e jeta d'abord dans la place avec ce qu'il put ramasser de troupes; quoique leduc de Savoie se fût déjà saisi d'un des faubourgs, il le reprit à son arrivée, et rassura les habitants. Comme il n'avait point encore vu de siège, il voulut que les capitaines expérimentés lui dissent librement leurs avis, et il sut en profiter. Le connétable vint en diligence à l'armée que commandait le duc de Nevers, et s'approcha de Saint-Quentin; d'Andelot, frère deColigni, tenta le secours par un endroit qui n'était pas encore occupé : il y perdit la plupart de ses gens, et les Anglais survenus achevèrent de bloquer la place. On pouvait pourtant encore y jeter du secours par le marais où il y avait de petits sentiers et divers canaux.

Le connétable, après avoir reconnu ce passage, y amena toutes les troupes le jour de saint Laurent, et il y lit conduire des bateaux. D'Andelot devait commander ie secours; et pour faciliter l'entrée de la place, on amusa l'ennemi par une fauss ■ attaque, pendant laquelle le canon ne ces-ade tirer. il y avait trop peu lie bateaux, et les soldats s'y étant jetés en foule en eni'o :eèrent quel (Ues-uns dans l'eau et dans la b .u<\ où ils périrent ; d'A'ide.'oi ne laissa pas do pas-

ÎT, PART. XII. THEOL. IIISTOmurr. —11. IliST. DF. FRANCE. L'Y. XVI. 201

scr et de mener à la ville un rafraîchisse- faire sa paix; il y consentit après beaucoup

ment considérable. de plaintes, et les Espagnols, qui trouvaient

Le connétable, ayant exécuté le dessein inutile d'être en guerre avec le Saint-Sié .<•,

pour lequel il était venu, ne songeait plus lui rendirent toutes ses places, à condition

qu'à faire retraite, quand il se vit tout d'un de renoncer à ses traités arec la France,

coup coupé par les ennemis. Le comte d'Eg- Cependant Philippe pressait Saint-Quen-

raont, qui commandait la cavalerie espagnole, tin, et quoique Coligni désespérai de le sau-

tomba sur la nôtre, et la mit d'abord en ver, il faisait les derniers efforts pour donner

fuite : l'infanterie résista longtemps au duc du temps au roi ; ses murailles étaient abat-

de Savoie, quoique plus fort de moitié: mais tues par onze endroits, il n'avait que buir

e:: tin elle fut mise en déroule ; le connéhblo cents hommes de guerre, qu'il distribua sur

blessé dans la mêlée fut pris en donnant les brèches, et disposa le peuple aux aunes

des ordres et tâchant de se raliier ; les ducs quai tiers des murailles, pour empêcher IVs-

de Montpensier et de Longueville, le mare- calade. Enfin, après avoir donné à la phee

chai de Saint-André, et le rhingrave, colo- durant six jours des alarmes continuelles,

nel des Allemands, eurent le pareil sort ; les ennemis en vinrent, le 27 août, à un as-

nous perdîmes deux mille cinq <ents hom- saut général, et entrèrent par trois différents

mes, et les ennemis quatre-vingts ou cent endroits; tout fut mis au pillage; l'amiral

tout au plus; mais ce qui rendit notre perte fut pris en défendant une tour qui avait été

considérable, fut la mort de François de abandonnée : son frère d'Andelol ne laissa

Bourbon, frère du prince de Condé, et de pas de résister- longtemps dans son poste ; il

six cents gentilshommes. Le nombre des pri- fut pris à la fin avec tous les siens, niais il

sonniers fui infini et la défaiie si grande, s'échappa bientôt de prison,

que de douze miHe hommes de pied à peine II ne fallait plus songera Paris, l'occasion

en resta-t-il quatre mille, la plupart blessés eu était perdue, et le roi l'avait rassuré,

et sans armes. Philippe prit le Châtelet, Noyon et Chauny ;

Au bruil d'une déroute si effroyable, la niais cependant son armée s'affaiblissait, les France se crut à la veille de sa perte; le roi, Anglais mécontents le quittèrent ; les Aile* qui s'était avancé à Compiègne, retourna en mands prirent parti parmi nos troupes, et diligence à Paris, où l'on attendait à toute Philippe s'en retourna a Bruxelles sans avanheure l'ennemi victorieux, sans avoir au- cer davantage; mais les Anglais prirent Ham. curie force à lui opposer. Le duc de Savoie Cependant le duc de Guise avait déjà passé et. tous les chefsétaient d'avis d'y marcher; les Alpes : le premier effet de son approche on dit. même que l'empereur, quand il ap- fut de chasser de la Bresse le baron de Polprit la défaite, demanda si sou tils était à leville qui avait fait une entreprise sur le Paris; mais les circonspections de Philippe Lyonnais, où il avait quelque intelligence; ne lui permirent pas un tel dessein, il dit il était déjà campé autour de Bourg, avec dix qu'il ne fallait pas laisser Saint-Quent.n der- mille hommes de pied et douze cents chéri ère : il se contenta de se rendre au siège vaux. Le duc mit du monde dans la place, et pour le hâter ; mais le temps qu'il y fallut distribua des troupes dans tout le pays, en mettre donna le temps à Henri de se recon- sorte que Polleville n'eut d'autre parti à naître. Le duc de Nevers qui commandait prendre que celui de se retirer en diligence, l'armée, et. le prince de Condé, pourvurent Ce bon succès redoubla l'impatience avec laà la sûreté de la frontière avec le reste des quelle le roi et toute la cour attendaient le troupes. Paris donna au roi trois cent mille duc de Cuise.

livres, les autres ville- suivirent son exem- Aussitôt qu'il fut arrivé, on tint un conseil, pie : cinquante seigneurs s'offrirent à gar- où ce prince proposa d'abord le siège de Cader à leurs dépens cinquante places, elle lais : c'était la seule prise qui pouvait réparoi éprouva que rien ne peut égaler le zèle rer toutes nos pertes, et le roi ne pouvait des Français pour leur prince et pour leur rien faire ni de plus glorieux ni de plus patrie. On rougit encore de penser que Henri utile que de chasser les Anglais d'une place se crut si dénué , qu'il demanda de l'argent qui leur ouvrait le royaume. On savait même au Turc, qui le refu-aet lui promit qu'elle était en mauvais état, et la grandeur des troupes pour l'année suivante. On avait du dessein donnait lieu à la surprise : ou un secours plus présent; on leva quatorze suivit le projet qu'avait dressé l'amiral avant mille Suisses et huit mille Allemands; tous sa prison, puni- prendre celle place que les les gentilshommes et les Français qui avaient Anglais tenaient depuis deux cents ans, sans été officiers dans les dernières campagnes qu'on eût jamais songé à la regarder, depuis eurent ordre de se rendre à Laon. la folle entreprise de Philip;. e le Bon, duc de

Le duc de Guise fut mandé avec les trou- Bourgogne. Mais l'importance était d'agir si pes d'Italie. Toute la Fiance et le roi même secrètement, que les ennemis ne songeassent regardaient ce prince comme leur unique point à y jeter du secours : pour cela on espérance : le Pape n'en avait pas moins partagea l'armée en deux; le duc de Nevers affaire; ses généraux battus, et le ducd'Albe fit une grande marche, comme s'il eût voulu victorieux à la vue de Borne, l'avait mis en entrer dans le Luxembourg, et aussitôt les état de tout craindre, et il venait d'appeler ennemis y jetèrent la plupart de leurs trou- I" duc de Guise auprès de lui, quand il re- pes ; l'autre partie de l'armée, conduite paient ordre de revenir en France ; tout ce que le duc de Guise, se présenta sur les frontièp.il faire ce prince fut de lui conseiller de rcs de Picardie, comme pour fermer passaga

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une levée, repoussé une sortie et pris le lu se qui commande au port, il

I as à attaquer la citadelle, qui fut l-i --'.ut le jour même qu'on dressa les

ries : deui fois les ennemis tuent leurs ris | our la reprendre, et deux lois ils eut battus, de sorte que le gouverneur ,le la ville désespérant de pouvoir se défendu', après la perte irrémédiable de la citaanda à capituler. La garnison avait la libellé de se rcliier en Angleterre, mais k- gouvi rneur et cinquante des principaux habitants restaient prisonniers, et on laissait dans la place toute l'artillerie, avec toutes les munitions, tant de bouche que do guerre. Ce traité fut fait le 10 de janvier, el e place si importante fut réduite en trèspeu de jours.

Un si grand succès porta les étals à accorder au roi les trois millions qu'il demandait, et i! promit de son côté de soulager le peuple après la guerre. A peine Calais était-il ren lu q .' i; \ i l paraître en mer un grand ours qui se relira, et le duc de Guise, sans perdre de temps, vint assiéger Guines : la e fut prise du premier assaut ; mais une nos gens s'amusaient au pillage, les ennemis survenus la reprirent, y mirent le feu et se retirèrent dans la citadelle : ils n'y tinrent pas longtemps, et le duc de Guise la gloire de chasser entièrement du royaume ces ennemis implacables en trois si inaines. La douleur de la reine Marie fut telle, qu'elle en tomba malade.

Le roi, charmé de celte conquête, fut voir Râlais avec le Dauphin. Il revint bientôt à Paris pour célébrer le mariage de ce jeune prince avec Marie Sluart, reine d'Ecosse. On aux ambassa leurs écossais la eou- . ; ne i pi *on appelait conjugale dans leur pays, el les autres marques d ■• la royauté pour le Dauphin : ils n'avaient pas le pouvoir de les accorder ; u.ais les ambassade .rs de France les obtinrent facilement du parlement d'Eeôsse, et François fut appelé le roi Dauphin.

Ce mariage augmenta le lustre et le crédit de la maison de Lorraine, et le duc. de Guise, ravi de voir sa nièce si élevée, eut encore la Balitfaclion de servir comme grand maître dans celte cérémonie. Ce ne fut pas une petite mortification au connétable dans sa pri-

son, de voir faire sa charge à son concurrent, dont la gloire el le pouvoir s'accroissaient pendant son absence. C'est ce qui lui fit concevoir le dessein de faire la paix a quelque prix que ce tût. il en jeta quelques propos dans les Pays-Bas, el il obtint permission d'eu venir faire la proposition au roi, qui lui permit de suivre l'affaire, et lui témoigna au surplus les mêmes bontés. La duchesse de Valentinois, avec, laquelle il s'unit par des mariages, entretenait le roi dans cette bonne disposition pour lui.

Cependant le duc de Guise profilait de sa prison pour se rendre de plus en plus nécessaire par ses services. Aussitôt que les troupes se furent rafraîchies, il alla dans le Luxembourg, où il assiégea Thionville. Le maréchal de Strossi fut lue dan> la tranchée, et son bâton fut donné à Paul de Terme, que Je roi venait (Je faire gouverneur de Calais. Thionville lie tint pas longtemps: cette place se rendit sur la lin de juin, et Montluc surprit le château d'Arlon. Dès le commencement du mois, le maréchal de Terme était entré dans la Flandre, où le duc devait lo suivre de près. Il avait un petit corps de cinq mille hommes de pied et de quinze cents chevaux, avec lequel, après avoir pris Mardick, il vint assiéger Dunkerque, laissant GraveJines el Bourbourg à dos; il prit celte place en quatre jours, et, attiré par ce succès, il assiégea Berg Saint-Vinox.

Celte entreprise lui réussit encore; mais comme le duc de Guise tarda plus longtemps qu'il ns pensait dans ie Luxembourg, le maréchal sentit bien qu'il s'était trop engagé. Le roi d'Esgagne envoya le comte d'Fgmonl, à qui il donna douze nulle hommes, avec ordre de se poster entre Dunkerque et Calais : Terme songea trop tard à se retirer. Le comte d'Egmont, déjà redouté par nos gens, depuis la bataille de Saint-Quentin, l'attaqua comme il marchait le long de la mer; le maréchal, qui se vit environné dans Je pays ennemi, lâcha vainement de s'échapper, il fallut en venir aux mains; l'infanterie gasconne soutint longtemps le combat, les Allemands étant demeurés spectateurs : malgré leur lâcheté la victoire était encore incertaine; mais dix vaisseaux anglais qui passaient par hasard vers Gravelines, virent de loin le combat, et vinrent tirer sur nos gens qui, attaqués d'un côté d'où ils ne croyaient pas avoir rien à craindre, perdirent courage. Le maréchal, dangereusement blessé, fut pris avec lous les chefs, et toute l'armée périt; celte défaite rompit les desseins du duc de Guise sur la Flandre.

La flotte du Grand Seigneur, qui avait puni vers Gènes avec la nôtre, faisait trembler toute l'Italie : elle menaçait Savone ; mais les Génois détournèrent ce coup par les présents qu'ils firent au bâcha, et négocièrent si heureusement, qu'ils obtinrent la liberté du commerce dans lo Levant. L'armée turque se vint rafraîchir en Provence, d'où elle a la avec la noire dans l'île de Minorque ; elle y prit la citadelle et s' n retourna vers le corn-

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