‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 443 sur 458 · INEDITES DE BOSSU LT · texte numérisé non relu

INEDITES DE BOSSU LT

Voir celui dont la main savante Du jardin conduit les travaux.

Elle ne sent que sa tristesse, Et sans consulter sa faiblesse :

Seigneur, si vous l'avez ôlé, Où lavez-vous mis? je vous prie, Dit-elle ; au péril de ma vie, Je l'aurai bientôt emporté.

Pénétré d'un amour si tendre, Jésus est forcé de se rendre Et lui fait écouter sa voix :

Elle s'entend nommer Marie; Elle reconnaît et s'écrie :

Mon Maître ! c'est vous que je vois ! Comme elie accourait éperdue Pour baiser la blessure nue, L'ornement de ses pieds percés, Quoique d'une âme impatiente, Il aime à consoler l'attente, Le Seigneur lui dit: C'est assez.

Ne me touchez pas davantage ; Dans le ciel est votre partage:

C'est là que touché par la foi, Loin des sens, au sein de mon Père, Je garde les biens qu'elle espère A l'âme qui n'aime que moi.

Aimons : si d'une flamme éteinte, La cendre est si chère et si sainte, Et si l'attrait en est si fort, Si par tant de transports célestes On cherche ces précieux restes Jusque dans l'ombre de la mort.

Combien plus entré dans sa gloire Doit il occuper ma mémoire', Tirer à soi tous mes désirs?

Et combien l'Océan immense, De sa sainte et parfaite essence Contienl-il de parfaits plaisirs?

Ainsi, dans une solitude, Où Jésus est sa seule étude Dans la nuit comme dr.ns le jour, Un dont l'âme était toujours pleine Des tendres pleurs de Madeleine, Avec elle chantait l'amour.

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