MARIE, MÈRE DE DIEU
is qui d'un fils parfait et la mère et nu nie Fûtes du Tout-Puissant la 'idèle servante, Qui joignez le trésor de la virginité A l'honneur immortel de la fécondité, Marie! eu ce doux nom, la foi vive ramasse
Tout ce qu'ont de plus grand la nature et la grâce;
Quel esprit envoyé de l'éternel séjour,
Nous pourrait aujourd'hui raconter votre amour?
Ange qui descendu de la sainte patrie
Quand par l'ordre de Dieu vous lui dites : Marie,
177 POESIES. —LA l'Ai
En votre cha te sein de grâces revêtu
Toula coup do Très-Haut surviendra la vertu :
Ne promeitiez-vous pas à Ja fille tremblante Qu'au milieu des transports d'une joie innocente, En ce sein où de Dieu serait conçu le Fils, Son amour paternel aussi serait transmis ? Que d'une même voix ils diraient l'un à l'autre, Ce Jésus csl mon fils ; cVsl le mien, c'est le votre? Le Père dit descicux : C'est mon Fils bien aimé En qui tout mon amour toujours s'est renfermé. Sur la terre répond la divine Marie :
C'est mon Fils, c'est mon sang, mon bonheur et
jma vie.
Jésus de leur amour le cher et tendre nœud, Par lui-même en sa mère allume un si beau feu, Qui du sein paternel prenant son origine Me cesse de pousser uue flamme divine.
La nature l'enseigne et si son (ils est Dieu, Mère, peut-elle aimer en moins sublime lieu ? C'est ainsi qu'attachée à l'amour maternelle La grâce à son étal esl comme naturelle , El qu'on ne peut former une mère au Seigneur, Que d'un amour céleste on n'anime son cœur.
Séraphins, voire ardeur jamais dans l'cmpyrée A celle qu'elle sent ne sera comparée ; Si la gloire du ciel de l'amour est le prix , Cédez tous à Marie, invisibles esprits; A l'honneur de Jésus vous la verrez sans peine Eu amour, en crédit, en grandeur, souveraine : A son père, à sa mère, en tout il obéit, Indivisible lils leurs ordres il suivit. Pour qui coule son sang avec plus d'abondance, Que pour celle où son corps avait pris sa naissance?
Si le degré de gloire est le prix de son sang, Qui ne voit qu'à Marie est dû le premier rang? Qui peut dire comment du péché préservée, El de tous les mortels la première sauvée, Nouvelle Eve sous l'arbre elle vil ses enfants Du tombeau de l'enfer, de tout mal triomphants, Pendant qu'elle immolait l'innocente victime, Qui seule par sa croix expiait notre crime?
Témoins de ces vertus, interprètes sacrés, Docteurs de l'univers, de Dieu même inspirés, Qui guidés pas à pas dans noire sainte histoire, Des grandeurs de Jésus conservez la mémoire, De sa Mère à la fois pour combler nos souhaits Vous deviez raconter les mémorables faits ; Et vous qui si longtemps honoré de sa vue, Dans votre humble maison l'ave/, toujours tenue D< puis l'affreux moment où Jésus aux abois, La mit entre vos mains d'une mourante voix, Des vertus dont elle est le sacré domicile, Jean, ne devez-vous pas orner votre Evangile ! El d'un trait qui du temps ne s'est point effacé Nous donner en Marie un Jésus retracé î Mais quoi! si le Très Haut en voilant ce mi-
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il AI II AMANTE. 178
lies re arda divins < n
Ou qu'il n'admette enfla s cet objet i
Que des hommes t bol is ou de
S'il • m t tel que l'admirai • m re
De son i il ■ Inconnu porte le re,
Que le commun, l'obscur, le vulgaire et le I
Fasse le merveilleua de ces humbles états,
Laissons enveloppé d'un voile - tlutal
D'un secret si profond l'adorable m]
Quel fûtee-vous, Jésus, quand, parole tans bruit,
Lumière sans éclat, et leleil dans la Mit,
Dieu caché, vous prouviez à la race mortelle
Que d'être vu de Dieu, retiré sous son I
En secret, c'est de Dieu le souverain honneur,
El de l'homme mortel le souverain bonheur;
Où content de lui seul, sans faste el sans partage
En silence on lui rend un éternel boum: *
0 prodige inouï! celui qu'à Nazareth
D'un œil émerveillé tout le ciel adim.
Comme dans son paya par un nu mécanique
D'un vulgaire artisan gouvernail la boutique.
Et' ce qui maintenant parait las a m. - n Trente ans était L'emploi du Roi de l'univi i> Il allait, il venait ollicieux, tranquille; Condamnant la longueur d'une vie inut.
Pas UQ acte marquant, pas un fameux discour* De ses ans innocents ne signalait le cour-. D'Adam par ses sueurs il portait le supplice, Et des âpres saisons essuyait la malice; Occupé de sa croix el fidèle à goûter Tout ce que son amour lui doit un jour eoiler; Nourri dans les travaux des l'âge le plus t mire A son grand sacrifice il ne cessait de les) Ire 11 laissait aux combats voler les conquérants, Aux conseils assembles juger les diféreads . Aux ardents orateurs, dans leurs do< les haï Exercer à l'envi leurs merveilleu- A loi, pharisien, dans les riches t> | Disputer, inquiet, l'honneur du premier pat, Du haut rang en publie briguer les préféra»
Des peuples empresses aimer les rél De maître en Israël affecter le renom; Pour Jésus, à qui seul appartenait ce nom.
Lorsqu'une fois au temple eut paru la sagesse,
|>es humbles écoutants il grossissait il prêt
Ainsi coulaient se.; jours : qui sait Si de retour,
Après tous ses combats S la lelesteeour,
; Dieu longtemps cache ne veut pas dans Marie
Pei peiner encore telle secrète vie?
H esl vrai, de l'Eglise elle fut l'ornement.
1 mo 'ele du monde et son étoanement :
.Mais par où pouvait elle être plus admi
si, Mère de Dieu, soussee veux
Sans qu'à d'aunes témoins son secret tut OUVCrt, Elle tenait ses dons dans son cu-ur à eouveil?
Les bergers racontaient la céleste musique, Siméon expirait dans son tendre eauti | Et du glaive affilé par un peuple méchant A la Mère affligée anm Iran' haï
ŒUVRES INEDITES DE DOSSUET.
La sainte prophétesse, an temple, à tous venants, Vantail ce que I»1 Ciel gardait à les vieux ans. | | tj ... était troublé*, ci (oui le voisinage Des Mage* arrivés racontait réqnipage,
I ,11 - de leur étoile, el leurs présents sacres,
Leurs hommages el les cria des enfants massacrés;
D'un tyran effrayé Paveugle Jalousie,
>.i vaine politiqee el son hypocrisie:
Tout parlait à l'envi de reniant nouveau-né,
De Marie, à ces bruits, le ccbuv est étonné. Au silence, à la pais toujours accoutumée, Son oreille est ouverte et sa bouche fermée, ht quand le nom du Fil> va jusqu'au firmament, La Mère pour partage a le recueillement ; Simple en sa contenance, au travail assidue, Evitant des mortels la curieuse vue, Sous un modeste voile humble et jetant sans fard, Vers le ciel seulement un innocent regard ; Tendre sans flatterie, et sans ail obligeante, Pauvre, au pauvre elle ouvrait une main bienfaisante , Inspirait la pudeur par son chaste maintien, Et toutes 1 s vertus par son doux entretien; Sainte, elle féquenlait les saintes assemblées. Dans celles où d'un grand bruit sont les âmes troublées, D'un bruit avant-coureur de ces langues de feu Où sous cet appareil on vit descendre un Dieu , La fidèle Marie animait la prière, Tous ils la regardaient comme leur tendre mère ; Et ce peuple, avec elle, au cénacle monté, Honorait de Jésus la sainte parenté.
Incrédule autrefois, de son erreur guérie, Elle suit aujourd'hui l'exemple de Marie ; En elle rien n'éclate, on y voit seulement, Simplicité du cœur, humble recueillement. D'un apôtre nouveau Pierre établit la gloire, Des oracles sacrés rappelle la mémoire On David, par l'effet d'un céleste transport, Du perfide Judas avait prédit le sort.
Pierre parle, on l'écouie, et Marie en silence Voit sans se distinguer la paisible audience.
Dans les Livres dhins ce que d'elle on écrit,
Le céleste écrivain d'elle-même l'apprit :
Q ii peut mieux raconter le message de l'ange,
El de l'homme avic Dieu l'union sans mélange,
Que celle dont le sang animé dans son sein,
Enfanta le Sauveur de tout 1-; genre humain?
Aussi par ce récit où sa gloire commence
! .i lut-il de son Fils honorer la naissance,
Et montrer que ce Fils, comme le plus puissant,
Elait de tous les (ils le plus obéissant.
Hors de cet intérêt la louange la blesse,
Toujours elle-même s'humilie et s'abaisse ;
Mais plus à s'abaisser, simple elle N'obstinait, Plus de ses dons c a» liés l'Eglise s'étonnait : C'était le puits fécond, la fontaine scellée D'où sortait le saint, d'où la grâce est coulée , La Heine dont l'éclat au dedans renfermé, Moins il était connu plus il était aimé. Que ferons-nous, mortels? Aimons jusqu'au nuage Que l'Eternel répand sur son plus bel ouvrage : Ce qu'on sait, avec foi nous devons l'assurer El ce qu'on ne saii pas en secret l'admirer. L'arche où du Tout-Puissant la grâce est rassemblée, Au lieu le plus secret de son lemple est placée. Mais que dirons-nous donc? Tout ce qu'on a pensé Sans que d'un Dieu jaloux l'honneur fût offensé,. C'est assez qu'elle ait dit dans son sacré cantique Dans le sublime accent d'une voix prophétique, Plus belle que l'aurore au visage riant, Plus riche qu'un vaisseau chargé dans l'Orient, Plus claire qu'une eau vive; agréable, odorante, Plus que dans la moisson la campagne abondante, Produisant plus de fleurs qu'un jardin cultivé, Répandant plus de fruits que l'automne empourpré; Plus blanche que le lis, unique entre les roses, Le Tout-Puissant en elle a fait de grandes choses
Dites, après ces mots, qu'un martyre amoureux De ses ans prolongés rendit le cours heureux ; Chantez tous à l'envi qu'amante autant qu'aimée, Bienheureuse en secret, d'un beau feu consumée, Elle s'élance au ciel, et que son dernier jour Paisiblement finit par un soupir d'amour; L'amour seul fit le coup, et ses belles années De nul autre tyran ne furent terminées, Et ce corps virginal de Dieu seul approché, D'une profane main ne fut jamais touché.
Dites que celte chair d'où sortit noire vie
Par une chère main au lombeau fut ravie,
Et qu'un Dieu bienfaisant n'envia point aux cieux
De ce temple choisi l'ornement précieux.
Chantez, que dans le ciel sa prière fervcnle
Est le ferme soutien de l'âme pénitente.
Qui ne sait qu'appelée au nuptial festin
Sa féconde oraison y fit naître le vin ?
Et quoiqu'elle parût de son Fils rebulée,
Elle sut dans son cœur qu'elle était écoutée.
Combien plus dans la paix de l'amour consommé
Sur un trône immortel près de son bien-aimé
La lune sous ses pieds d'étoiles couronnée,
Et plus que le soleil d'éclat environnée !
Dirons-nous en voyant ses libéralités,
Tant de saints par ses vœux à l'amour excités,
Tant de dons répandus, tant de vertus écloses ,
Le Tout-Puissant en elle a fait de grandes choses!
POESIES.— TRADUCTION DE QUI LQUES PSAl Ml S.