SUR LA LIBERTÉ CRÉER, PERDUE, RÉPARÉE, COURONNEE
Je le cherche, ô ma liberté,
Rayon de la Divinité,
Vive image de sa puissance ;
C'est par toi que le Roi des roi9
Eprouve mon obéissance
Et la veut devoir à mon choix.
Je te sens au fond de mon cœur, Mais, hélas ! le péché vainqueur T'y laisse pour un triste usage, Puisque sous le vice abattu Je n'ai que le crime en partage Sans pouvoir aimer la vertu.
Touché de ses divins appas , Vers elle je fais quelques pas, D'un esprit soumis et docile ; Je la loue et juste à demi - Après un éloge stérile Je me livre à son ennemi.
Que me sert d'avoir en naissant Reçu d'un Maître tout-puissant Une lumière que j'adore, Si contraire à mes propres vœux J'embrasse le mal que j'abhorre Et laisse le bien que je veux?
De mille désirs agité Souvent, ô sainte vérité, En moi-même je le consulte :
Le trouble des sens m'interdit; Et la raison dans ce tumulte Sait à peine ce qu'elle dit.
La loi qui m'éclaire au dehors Cause d'inutiles remords A ma conscience coupable.
Par elle je me vois juger, El la sentence inévitable Me trouble sans me corriger
Comme un malade qui s'aigrit Contre le régime prescrit, Malgré sa triste expérience D'un instinct fatal aveuglé, Suit la brutale impatience De son appétit déréglé :
Ainsi, mon désir imprudent, Arrêté devient plus ardent: La loi qui le retient l'irrite :
Dieu ! quel remède à mes excès Si de la fureur qui m'agite La loi redouble h s accès?
Dans une telle infirmité
D'où vient la folle vanité
Qui me rend si plein de moi-même?
O de mes maux le plus affreux !
Je suis dans ma misère extrême
Supeibc autant que malheureux.
L'ange de son auteur jaloux Tombe du ciel, plein de courroux, Vaincu, vient soulevant la terre, • Et sur mille autels encensé Sous la main de Dieu qui l'atterre Soutient son projet insensé.
Par lui les mortels font les dieux Us peuvent porter jusqu'aux cieux La gloire d'un nom redoutable :
Aveugles d'avoir acheté Par un travail si véritable Une vaine immortalité.
Mais je ne crains plus les enfers :
Mon Sauveur a brisé mes fers, A sa loi mon âme est soumise :
De sa grâce l'attrait caché Me rend ma première franchise El me fait haïr mon péché.
i«3 POESIES.— POUR LE JOUR DE l/ASCtiNSION
Un jour libre de tous mes maux , D'an ] Iflttir ni- si
Affranchi de tous mes travaux,
Vainqueur de la mort ennemie :
Ji- n'aurai ni repos, ni * le Qu'en <i lui qui m'.i délivré.