‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 53 sur 458 · PART. XM. TIIEOL. HISTORIQUE. — II. II1ST. DE FRANC!!. LIV. XVII · texte numérisé non relu

PART. XM. TIIEOL. HISTORIQUE. — II. II1ST. DE FRANC!!. LIV. XVII

ses places les plus importantes, et môme de la capitale, et ne le regardait pas comme souverain, tant que ses Etats seraient entre les mains des Français. Le roi d'Espagne, qui ne les voyait qu'à regret en Italie et auprès du Milanais , pressait la reine de contenter la duchesse.

Ses offices étaient do grand poids à cause des secours qu'il donnait et qu'il promettait d'augmenter : on faisait craindre au conseil du roi que le duc de Savoie ne profitât des troubles du Lyonnais et du Dauphiné pour s'emparer des terres de son voisinage : sur ce fondement, on conclut de lui rendre Turin et d'autres places dans le Piémont, réservées à la France par le traité de Cateau- Cambrésis ; mais la France retint Piguerol, Savillan et Pérouse. Les Français qui étaient dans le pays ne purent souffrir un traité si honteux, il fut sur le point d'être rompu I ar le refus que fit Bourdillon de rendre ces places dont il était gouverneur ; mais le cardinal de Lorraine, étant prêt à partir pour aller à Trente, fit résoudre dans le conseil que l'on contraindrait le gouverneur à obéir. Le cardinal fut bien aise de faire plaisir au roi d'Espagne, dont il crut avoir besoin dans les desseins qu'il se proposait pour le concile: la reine envoya donc les derniers ordres, qui achevèrent l'affaire, au grand mécontentement des Français.

Cependant d'Andelot avait traversé la Lorraine : la fièvre quarte qui lui avait pris dans les montagnes, ne lui fit pas relâcher un seul moment de sa vigilance ordinaire : il se répandit comme un torrent dans la Champagne, et le maréchal de Saint-André ne put l'empêcher d'arriver à Orléans avec neuf mille hemmes des mieux faits et des mieux armés qui fussent jamais sortis d'Allemagne; d'Andelot les avait choisis lui-même.

Ils ne furent pas plutôt arrivés à Orléans, qu'ils pensèrent à se mutiner faute «l'argent : on ne trouva pas de meilleur moyen de les apaiser que de les mettre en campagne, et de leur faire espérer le pillage de quelque grande ville qu'on attaquerait. On mit en délibération dans le conseil du parti quelle entreprise on ferait avec ce nouveau renfort : le courage du prince le détermina au siège de Paris. 11 y marcha: mais au lieu d'aller droit à celte grande ville, pendant que les troupes catholiques n'y étaient pas encore arrivées, il s'amusa à attaquer de petites villes, entre autres Corbeil, où il trouva plus de résistance qu'il ne croyait : comme l'armée royale n'était pas encore rassemblée, la reine, pour se donner tout le loisir nécessaire, remit à son ordinaire les négociations sur le tapis.

On venait d'apprendre la mort du roi de Navarre dont la maladie augmenta sur la rivière, et l'obligea de se faire descendre à Andelysoùil rendit le dernier soupir le 17 novembre. On ne sait dans quelle religion il mourut; aussitôt qu'il vit sa mort assurée, il se confessa, et reçut à l'extérieur, avec tous les sentiments catholiques , la communion. Depuis persécuté par un mé-

OEcvres COMPL. DE Bossict. XL

decin huguenot qu'il avait auprès de lui, il lui dit que s'il er revenait, il embrasserait la confession d'Augsbourg. Le délire le pril aussitôt après, et on crut qu'il y était oè ; entré, quand il fit cette réponse; il revint pourtant dans son bon sens un moment avant sa mort, et ne dit autre chose sinon qu'il recommandait à sa femme de demeurer fidèle au roi, et de nourrir son fils dans les mômes sentiments; au surplus qu'elle ne vînt point à la cour, et qu'elle furli(i;ii ses places.

Il mourut dans sa quarante-deuxième année, et laissa son fils Henri âgé de neuf ans; celte mort donna sujet à la reine de faire espérer au prince un accommodement avantageux. Il se laissa ilatter par l'espérance qu'elle lui donnait, qu'il aurait la charge et toute l'autorité du roi son frère. Toutes ces belles propositions, qui se faisaient en général, se trouvaient toujours sans effet par les difficultés qui naissaient dans les articles particuliers. On rompit et on renoua plusieurs fois. Il se donnait quelques combats, où le prince avait toujours du désavantage, et la reine en môme temps proposait des entrevues qui n'aboutissaient à rien qu'à gagner du temps : celle de l'amiral avec son oncle le connétable fut longue et célèbre, mais aussi inutile que les autres : il crut avoir épuisé toutes les finesses de la reine en ne donnant pas dans les pièges qu'elle lui tendait, et il ne s'aperçut pas qu'elle avait tout l'avantage qu'elle prétendait, puisque les troupes avaient Je loisir de venir de tous côtés à l'armée royale.

Le prince abandonna à la fin le siège de Corbeil, mais ce fut pour attaquer Paris, où les deux armées marchaient vis-à-vis l'une de i'autre, la rivière de Seine entre deux ; l'amiral donna une chaude alarme au faubourg Saint-Victor; elle ne produisit autre chose que la mort du premier président le Maître, causée par une extrême frayeur.

Christophe de Thou, homme célèbre en sou temps, et père de l'historien, fut mis à sa place. Au reste, on n'interrompit ni la juslice ni tes exercices des écoles ; les conférences recommencèrent, et les troupes de Guyenne que le duc de Montpensier envoyait au roi, eurent le temps de joindre l'armée. Environ dans le même temps trois mille Espagnols y arrivèrent.

Le prince, qui désespérait de rien avancer à Paris, résolut de se retirer ; mais il voulut auparavant faire un dernier elfort contre Je faubourg Saint-Marceau. L'entreprise manqua par la retraite de Genlis, à qui on l'avait cachée ; il était devenu suspect depuis que son frère Yvoi avait perdu Bourges ; mais le prince lui dit sans y penser tout, ce qu'on avait voulu lui dissimuler. Il quitta le parti où il vit bien qu'il avait perdu toute croyance, et se rendit à Paris; mais sans rien découvrir du dessein, il garda une inviolable fidélité à ceux qu'il abandonnait : comme ils ne le crurent pas si fidèle, ils ne doutèrent point qu'il n'eût tout dit, et décampèrent sans rien entreprendre.

mira) fit résoudre qu'en faisant semblant d'en \<tui..ir ii Chartres, toal d'un coup tourneraient vers la Normandie pour joindre au Havre le secours que la reine - cth loin avait envoyé. Ils jugèrent bien que l'ai un e royale ne manquerai! pas de

- suivre, el comme elle était de beaucoup plus forte que la leur, loul leur salut con- M-iau ;i profiter par leur diligence de quelquea jours d'avance qu'ils avaienl sur lo

nnéiabli I maréchal de Saint-André . mmandail sous lui, I»1 duc de Guise suit à la lêtede sa compagnie de gendarmes . . Ire commandement, pane qu'il no voulait pas être sous le connétable î mais quoiqu'il ne commandât pas, il avait toute i royance dans l'armée. Le prince vit le péril • ù il était, avant à marcher dans un pays ennemi, poussé par une armée plus forte que la sienne, devant laquelle il faudrait «'juin passer la Seine, s'il voulait entrer au Barre. Ces pensées lui firent proposer de retourner tout d'un coup à Paris, qu'il trouverait dépourvu de toutes choses; il représentait qu'il n'y avait plus de chefs , plus de soldats, que l'armée royale ne s'attendait pas à ce retour, et qu'il espérait se rendre maître de quelques faubourgs avant qu'elle lût arrivée pour la défendre. Il n'y avait rien qu'il ne se promît de la confusion qu'il s'imaginait devoir naître dans une attaque si imprévue, où la présence du roi et de la reine ne ferait qu'augmenter l'alarme. L'amiral lui représenta les inconvénients de ce dessein, lequel, quand même les ennemis les laisseraient agir, ne servirait qu'à les faire périr en peu de jours faute de vivres, et à occasionner la désertion des Allemands, qui avaient déjà pensé plusieurs fois les abandonner. Sur cet avis, tous les chefs conclurent qu'il fallait, sans s'arrêter un moment, marcher vers le Havre.

Lorsqu'ils furent auprès de Dreux, Bobigny, fils d'un riche bourgeois de Paris, qui, ayant pris l'épée, s'était attaché au maréchal de Saint-André, et depuis peu s'était fait huguenot, en haine des indignes traitements

ŒUVRES COMPLETES DE BOSSU ET. *r,l

fatigahle, avait mis les choses en cet état, et vint rapporter au connétable que les ennemis ne pouvaient plus éviter de combattre. L'amiral ne crut jamais qu'il voulût les y

obliger, ni perdre l'avantage que lui donnait, sans rien hasarder, lo pays dont iî était maître; mais le prince, sur la foi d'un songe qu'il avait fait la nuit précédente, fut persuadé qu'on se battrait, il s'était vu donnant trois combats, en chacun desquels un des triumvirs périssait; dans un quatrième combat il se vit lui-même expirant sur un las de morts : sur ce songe il ne put s'ôter de l'esprit qu'il ne se donnât le lendemain une bataille sanglante. L'amiral, irrité qu'on s'amusât à des rêveries et à des songes, s'en alla tout chagrin à son quartier, assez éloigné de celui du prince, sans vouloir seule-

ment songer à la bataille ; pour le prince, lo lendemain, 19 de décembre, il s'était levé dès la pointe du jour pour donner ses ordres et pour signer ses dépêches.

Mais parmi tant de vigilance il ne songea pas seulement à avoir des nouvelles de l'armée royale. On remarque, dans toutes ces guerres, que les huguenots avaient joint une extrême négligence à la confiance trop ordinaire à la nation. Le duc de Guise était levé d'aussi bonne heure que le prince; le maréchal de Saint-André le trouva dès le matin sortant de l'église, d'où il venait de faire ses dévotions : il eut regret de n'en avoir pas fait autant; tous deux furent à la tente du connétable, où le maréchal reçut ordre d'aller mettre l'armée en bataille: il le fit, et il ne s'était jamais vu des troupes mieux disposées.

La bataille où devait être le connétable avait la rivière d'Eure derrière: le duc de Guise, avec l'aile droite, et le maréchal avec la gauche, étaient postés dans deux villages nommés Epinai etBIainville; le duc de Guise était près de ce dernier, couvert par des arbres et par les maisons du village, de sorte que les ennemis ne pouvaient le voir et ne découvraient qu'une partie de l'armée; il y avait entre les deux villages un espace assez

qu;il en avait reçus, vint offrir au prince et resserré, que l'artillerie du connétable enfi

à l'amiral une maison qu'il avait aux portes de Dreux, où ils pourraient cacher du monde, et par ce moyen surprendre la place. Cette proposition les tenta; mais l'entreprise ne réussit pas, et ne servit qu'à leur faire perdre un jour; le lendemain un désordre qui arriva dans leur marche leur en fit perdre encore un autre. A peine eurent-ils passé la rivière d'Eure, qu'ils surent que le connétable était sur le bord qu'ils venaient dé quitter. Ils négligèrent de prendre quelques postes avantageux dont il profila; ils s'arrêtèrent la nuit tranquillement, sans sooger à l'ennemi qui les poursuivait, ni aux gués qui étaient en divers endroits de la rivière, ils furent assez malheureux pour prendre la route la plus longue, et donnèrent le moyen à l'armée royale non-seulement de passer la rivière durantla nuit avectoute l'artillerie, mais encore de leur couper le chemin.

Armand de Contault de Biron, homme in-

lait, et où il fallait que les ennemis passassent nécessairement pour continuer leur marche. On vint enfin avertir le prince de l'état où était l'armée ennemie; il manda l'amiral en diligence, et il vint si peu persuadé du combat, qu'il n'avait pas même voulu prendre ses armes: la cavalerie qui le suivit vint à son exemple; ils furent tous deux reconnaître l'armée; d'Andelot les accompagna, quoique ce fût son jour de fièvre, et en reconnut mieux qu'eux la disposition.

On résolut par son avis de passer, si l'on pouvait, sans combattre, et aussitôt on marcha vers un village nommé Tréon ; il fallut essuyer là décharge de l'artillerie, qui emporta des files entières et incommoda beaucoup la cavalerie allemande; elle se retira pourtant en bon ordre dans un vallon où elle était à couvert. Le connétable crut trop tôt que la confusion s'était mise dans l'armée

ennemie, el s'avança dans J'espace qui était entre les deux ailes, comme pour suivre des fujards; rmiis il trouva l'ennemi en meilleur état qu'il ne pensait: le prince et l'amiral marchèrent à lui et l'attaquèrent par deux endroits; l'infanterie, sur laquelle le prince donna d'abord, fut ébranlée dès le premier choc, à la réserve des Suisses, qui soutinrent sept attaques vigoureuses, souvent enfoncés et aussitôt après ralliés, quoiqu'ils eussent perdu leur colonel et treize capitaines. Damville et son frère Monlberon, le plus fier et le mieux fait des enfants du connétable, vinrent les soutenir avec quelque cavalerie : elle fut mise en fuite ; Monlberon fut tué par un écuyer du prince, qu'il avait maltraité, et qui avait juré de se venger la première fois qu'il le trouverait avec armes égales. Tout ce que l'amiral avait en tête avait ployé; le connétable blessé au visage et tombé sous son cheval, avait été pris ; le duc d'Aumale, porté par terre, pensa périr sous les pieds des chevaux. Le duc de Nevers fut tué par son écuyer d'un coup de pistolet, qui se débanda dans le temps qu'il l'avertissait d'y prendre garde; l'écuyer désespéré alla se faire tuer au milieu des ennemis.

Cependant l'amiral, après avoir rallié la cavalerie qui revenait du pillage, vint tomber sur les Suisses ; ils continuaient à se défendre avec leurs piques à demi rompues, et à la lin ils se retirèrent vers le corps de réserve où était le duc de Guise, en se défendant à coups de pierres. Les officiers, ramassés autour de l'amiral, commençaient à se réjouir avec lui de sa victoire, quand il vit paraître le duc de Guise qui n'avait pas encore combattu, non plus que le maréchal de Saint-André; il dit alors qu'il voyait un nuage qui allait bientôt crever sur eux. En effet, le duc et Je maréchal s'avancèrent avec une contenance ferme, et défirent d'abord tout ce qui se présenta devant eux : le duc de Guise, avec Damville, mil en déroute la cavalerie; le maréchal, suivi de l'infanterie espagnole et gasconne, fit une cruelle boucherie de l'infanterie allemande; elle prit la fuite avec tant d'impétuosité, qu'elle entraîna les Français et le prince même qui était blessé à la main; son cheval se renversa sur lui, et Damville, qui combattait en désespéré depuis la prise de son père, le fit prisonnier. D'Andelot était, encore à Blainvi I le, où. il tâchait vainement de ramener Jes Allemands au combat. L'amiral en rallia une petite partie pendant que le duc de Guise forçait le corps de réserve qui se défendait dans des masures : sitôt que le maréchal vit revenir l'amiral à la charge avec Je peu de cavalerie et d'infanterie qu'il avait pu rassembler, il tomba dessus avant qu'ils se fussent mis tout à fait en ordre, espérant qu'après les avoir rompus il pourrait aller à ceux qui emmenaient le connétable.

Le duc de Guise, qui avait achevé de défaire le corps de réserve, ne tarda pas à le Joindre; mais le maréchal tomba sous son

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cheval, et pendant qu'un gentilhomme huguenot, a qui il s'était rendu, l'emmenait, Bobigny, arrivant par derrière, lui cassa la tête d'un coup de pistolet. L'amiral, accompagné du prince de l'orcien et du comte do Ja Itochefoucault, pressait si vivement la cavalerie du duc de Guise, qu'elle ne pouvait plus soutenir; mais le duc avait réservé deux mille fantassins conduits par le prince de Marligue, dont la décharge arrêta l'amiral. Il tenta vainement trois et quatre fois de les rompre; sa cavalerie manquait de lances, et ils virent revenir le duc de Guise qui avait rallié la sienne derrière ce bataillon : alors, après l'avoir considéré quelque temps, il vit bien qu'il fallait céder, et il se relira en bon ordre avec son bagage et son artillerie, dont il laissa seulement quatre pièces au duc.

Sa retraite fut à la Neuville, petit village fort proche du lieu où s'était donnée la bataille ; il y trouva son frère d'Andelot qui, n'ayant pu donner du courage aux fuyards, n'avait plus songé qu'à se sauver lui-même; il avait fait semblant d'être du parti catholique, et prenant des huguenots comme s'il les eût voulu emmener prisonniers, il avait trompé la cavalerie qui les poursuivait. L'amiral ne fut pas plutôt arrivé à la Neuville, qu'il conçut le dessein d'aller dès le lendemain atlaquer l'armée royale; il se proposait non-seulement de reprendre ses quatre pièces de canon et le peu d'étendards qu'on lui avait enlevés, mais encore d'emporter un avantage entier. Il proposa son dessein au conseil de guerre : il fit voir que la surprise où seraient les ennemis, qui, se croyant victorieux, ne songeaient qu'à se reposer, causerait leur défaite inévitable; tous les Français s'offrirent à le suivre, et s'il n'eût point trouvé les Allemands tout à fait découragés, il aurait apparemment fait la plus belle action que jamais entreprit un capitaine.

Le duc de Guise ne s'attendait à rien moins qu'à être attaqué ; il avait passé un moment sur le champ de bataille, seulement pour montrer qu'il en était demeuré le maître, et il avait ensuite dispersé ses troupes dans les villages voisins Tout le monde était attentif au traitement qu'il ferait au prince de Condé : jamais il n'y eut rien de plus généreux : il prit soin de lui faire éviter de faux zélés qui auraient pu attenter contre sa personne , et non content de lui donner sa chambre, il le coucha avec lui dans le même lit : on eût dit, à les voir, que c'était deux amis intimes et non pas deux hommes qui avaient voulu plusieurs fois se faire périr l'un l'autre.

La négociation qui se faisait avec des Auras, finit à peu près dans le temps de :a bataille de Dreux, d'une manière fâcheuse pour lui. Il y avait longtemps que ceux qui avaient la confiance du prince dans ces pays étaient d'avisde l'arrêter; c'était le sentirneiu du cardinal de Châtillon, qui depuis peu avait pris le nom de comte ue Beauvois eu se mariant. Les parents d'une demoiselle

<1l VIIKS COMPLETES DE BOSS1 : r.

tic boi ne maison i molle H lui surpris,

rent t.ui i qu'il l'épousa. Depuis ce temp - plus l'haliil île cardinal ;

etint son ôvôché . et parce que cel

mité e.l pairie, il s'appelait le

. rute de Beauvais. Lo duc de Nemours in-

:epta des lettres do l'amiral son frère, où

mauvais desseins que lo parti avait

s \ Irets, paraissaienLassez. Quoiqu'il eût vuees lettres, il ne voulût jamais ii n conulure.sans la participation du prince ■ ndé; il tâchait de ménager une trêve, dont l'armée huguenote de Daupninéj beaucoup plus faible que celle du duc de Nemours, avait besoin; pendant que la négociation t rainait en longueur, les chefs du parti prirent leur dernière résolution et le baron fut arrêté. La bataille s'élant donnée durant ce temps, le prin e ne retira aucun secours de cette province. A la cour on crut un jour entier la bataille perdue : cèui qui avaient pris la fuite dans le premier choc, allèrent a Paris, OÙ ils rapportèrent que les huguenots avaient pris le connétable et défait toute l'armée; on crut d'autant plus facilement celle fâcheuse nouvelle qu'on vit parmi les fuyards d'Aussun, qu'on appelait lé fiârdi, à cause de son extraordinaire valeur; la honte qu'il eut de sa frayeur, lit qu'il ne put plus supporter la vie, et se laissa mourir a Chartres, faute de manger.

On sut le lendemain que le duc de Guise avait remporté la victoire 5 la duchesse sa femme qui la veille s'était vue abandonnée, recul Its compliments de toute la cour. Il s'y .répandit un bruit que le duc de Guise avait exprès laissé prendre le connétable et périr le corps de bataille pour se donner tout l'honneur de la victoire: l'amiral le jusfitia de ce reproche, en disant que s'il était sorti de son poste, il n'aurait pu éviter le désordre où l'eût mis la déroute du connétable. La reine donna le bâton de maréchal de Saint-André à Bourdillon, et fut obligée d'envoyer le commandement de l'armée au victorieux. Il résolut dès lors, plutôt que de poursuivre les vaincus, d'assiéger Orléans, croyant que lo plus grand fruit qu'il pût remporter de sa victoire , c'était d'ôter aux huguenots, avec cette place, le siège prinal de la révolte et les communications avec tout le reste du royaume.

l.a nouvelle de la victoire vola bientôt dans toute l'Europe; elle ne fut reçue nuile l'art avec pius de joie qu'à Trente, où le «ardinal de Lorraine venait d'arriver avec les prélats français. Le roi, par une lettre écrite de Chartres, donna avis aux Pères du concile de la victoire de Dreux; les propositions que le cardinal de Lorraine portait ncile pour la réformation de la dis'ei- :.e, n'en lurent pas mieux reçues, quoiqu'elles tussent appuyées par les ambassa-

enipereur. Le cardinal, en allant à Trente, l'avait visité àlnspruck, où, après de longues conférences qu'il .eut avec lui et le roi des Romains son fils, ils résolurent tous ensemble d'agir de concert dans le con- . L'empereur ne songeait alors qu'à ra-

moner avec douceur les prolestants, avec lesquels il vivait en grande concorde. < a OOIinert et l'autorité du cardinal tirent trembler Itoine, qui craignait qu'on n'entreprît de la réformer plus qu'elle ne voulait. Le cardinal vint à Trente arec i\vs desseins dignes d'un si grand prélat; il présenta les propositions tirées pour la plupart do l'ancienne discipline de l'Eglise; elles ne lurent pas reçues, a cause de la disposition, soit des temps, soit des personnes, et parce que le cardinal se laissa gagner par les llattenes de la cour de Home.

Cependant l'amiral élait allé avec ses troupes en Berri, où il, prît quelques petites places : il était bien aise d'éloigner ses Allemands, à qui il n'avait point d'argent à donner, du voisinage de l'armée royale, où ils pouvaient être attirés par leurs" compatriotes et par les libéralités du duc de Guise. IJ ne demeura pas longtemps dans ce pays, les affaires de Normandie le rappelèrent; les huguenots de Caen avaient introduit les chefs de leur parti dans la ville, et ils tenaient le marquis d'Elbeuf assiégé dans le château. La reine d'Angleterre avait envoyé de nouveaux secours ; huit ramberges étaient arrivées au Havre, chargées de munitions et d'artillerie. Toutes ces considérations obligèrent l'amiral à retourner dans celle province : ainsi, après avoir envoyé d'Andelot son frère à Orléans avec l'élite des troupes, et avoir payé en partie les Allemands de l'argent des reliquaires changés en monnaie, il repassa la Loire à Iîaugency, et rien ne l'empêcha de se rendre devant îe château de Caen, qui capitula aussitôt. Le duc de Guise méprisa tous ces avantages, dont il espérait que les ennemis ne jouiraient pas longtemps, s'il leur prenait Orléans; il pria seulement la reine d'envoyer le maréchal de Brissac en Normandie, plutôt pour observer l'ennemi que pour le Combattre : pour lui, il alla le 5 de février camper au bourg d'Olivet auprès d'Orléans, elle lendemain il forma le siège de la place. Dans le même temps, la reine pourvut à la sûreté du prince de Condé, et' alla avec le roi auprès du camp, pourdonner chaleur au siège. On ne peut exprimer la joie que témoignait ce jeune prince quand on le menait à la guerre.

Les huguenots qui avaienthuit mille vieux soldats, ne craignaient guère l'armée royale, qu'ils se promettaient de ruiner; mais le siège avança beaucoup en peu de temps. Le duc emporta d'abord le faubourg de Portereau, où l'infanterie huguenote s'était retranchée ; une terreur panique qui prit aux Allemands, rendit inutile toute la résistance des Français ; les Catholiques, en poursuivant les fuyards, seraient entrés avec eux pêle-mêle dans la ville, si d'Andelot n'était accouru, quoiqu'il eût alors son accès. Il fut contraint de sacrifier une infinité de braves gens qui ne purent pas rentrer assez vile, el à qui il fallut fermer la porte : peu de jours après, deux soldats de l'armée royale (Sonnèrent une telle épouvante nu fort des Tourelles, que quarante soldats qui

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