‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 58 sur 458 · PART. XII. TIIEOL. HISTORIQUE. -II. HIST. DE FRANCE. L1V. XVI · texte numérisé non relu

PART. XII. TIIEOL. HISTORIQUE. -II. HIST. DE FRANCE. L1V. XVI

vor un asile en Angleterre. Le comlc de Murray l'y suivit bientôt, et gagna tellement Klisabeth qu'elle prit ouvertement son parti. Marie s'en plaignit, et on intercepta ses lettres, où elle reprochait à Elisabeth son manquement de parole; sous ce prétexte, elle la lit observer de près et la tint dans une espèce de prison, malgré les représentations (pie faisait en sa faveur l'ambassadeur, de France. C'est tout ce que Charles put faire pour elle en l'état où étaient ses affaires.

Les huguenots, non contents de se cantonner dans '.es provinces, envoyaient au prince des troupes, qui, lorsqu'elles seraient assemblées, devaient co nposer une armée redoutable. La cour ne savait quel remède apporter aux mouvements excités de toutes parts. Les édits contraires qu'on publia coup sur coup, tantôt en promettant 'impunité aux huguenots qui no prendraient pas les armes, tantôt en défendant par tout son royaume la nouvelle religion, et en obligeant ceux qui en étaient à se démettre de leurs charges, ne servirent qu'à faire voir l'embarras où l'on était dans le conseil du roi. Au surplus, les huguenots se moquèrent également des artifices par lesquels on les voulait désunir, et des menaces par lesquelles on espérait les intimider. D'acier continuait sa marche, et Gorde, qui commandait dans le Lyonnais, se trouva trop faible pour l'empêcher de passer le Rhône.

Mouvans était demeuré derrière, avec Peregourde, son intime ami, occupé à apaiser les troubles que causait dans le parti un ministre qui prêchait qu'il ne leur était pas permis de prendre les armes contre leur prince, et qu'en vdn ils se vantaient de réformer la religion chrétienne, en se servant de moyens si contraires à ceux que Jésus- Christ et ses apôtres avaient pratiqués. Ce ministre, qui était savant et sans réproche, appuyait cette doctrine avec tant de force, et mettait tant de scrupule dans les consciences, que Mouvans, zélé pour le parti, craignit qu'il ne défit tout d'un coup plus de troupes protestantes que ne pourraient faire Montluc ni Brissac.

Il n'osa néanmoins lui faire aucun mal, de peur de l'accréditer d'avaniage ; mais après avoir rassuré les peuples crédules en faisent condamner sa doctrine par les ministres voisins, il continua son chemin vers le Rhône, Corde crut l'arrêter en couvrant toute la rivière de bateaux pleins d'hommes armés. Mouvans n'en avait qu'un seul pour passer sept mille hommes qu'il conduisait ; mais en se promenant durant plusieurs jours je long du Rhône, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, pour amuser Corde, il bâtit un fort, d'où il lit passer, durant une nuit, quatre ou cinq cents hommes, cinq ou six à chaque fois. Aussitôt qu'ils furent passés, ils construisirent un autre fort, vis-à-vis de celui-là, à l'autre bord, avec une extrême diligence, sans i|ue Gorde s'en aperçût. Il lit grand l'en de ces deux forts, à la faveur duquel il passa sans aucune perle, et rejoignit bientôt le .nos de l'armée.

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Leduc de Montpensier se rendit dans le Périgord en même temps qu'eux; mais trop faible pour leur empocher le passage, ris avaient déjà échappé tous les périls, et n'étaient éloignés du prince que de quelques journées, quand une fâcheuse division se mit parmi eux. Mouvans qui élait d'une humeur allière, et croyait que tout élait dû h ses services, se piqua contre Raudiné, frère de d'Acier, homme de peu de mérite, et pour lequel il avait un mépris extrême; cet officier lui ayant été préféré dans un logement, de dépit il passa outre avec Peregourde, qui ne voulut pas l'abandonner, et laissant d'Acier à Saint-Astier, où il s'était logé, il alla prendre son logement à Mansignac, viiiage situé à deux, lieues audelà.

Brissac, toujours attentif à ce qui se passait dans le camp ennemi, fut bientôt averti de ce désordre ; et pour en profiler, le jeune duc de Cuise et lui allèrent demander au général quelques troupes , pour attaquer cette brigade séparée des autres. On lui donna l'élite de la cavalerie avec deux vieilles enseignes de l'infanterie française ; ils marchèrent à Mansignac en nombre à peu près égal aux ennemis , pendant que le reste de l'armée se posta entre Mouvans et d'Acier, qu'elle amusa par des escarmouches. D'Acier, expérimenté dans toutes les ruses de la guerre, connut bientôt leur dessein, et envoya dire à Mouvans de se renfermer tout le jour dans Mansignac, l'assurant que Montpensier serait obligé de se retirer le lendemain, faute de vivres et qu'aussitôt il ne manquerait pas de les rejoindre ; ainsi Cuise et Brissac trouvèrent leurs ennemis préparés et retranchés dans le village, hors d'état d'être forcés ; mais Brissac, qui no pouvait se résoudre à, laisser échapper sa proie, après avoir tenté diverses avenues , s'avisa de faire sonner la retraite, et se tacha derrière un coteau voisin, afin que Mouvans, dont il connaissait l'humeur bouillante, ne craignît pas de passer. Sa ruse lui réussit, malgré la résistance et les prières de Peregourde.

Mouvans, présumant toujours de sa bonne fortune et de sa valeur, se piqua d'honneur de joindre le prince avant d'Acier, dont il se croyait si maltraité, et s'obstina à sortir. Aussitôt les deux jeunes chefs, plus forts en cavalerie, tombèrent sur eux. Pere-

mrde, poussé dans un bois, malgré toute sa résistance, porta la peine de la témérité de son ami, et fut tué. Le duc (Je Guise réduisit Mouvans h se retirer dans le même bois ; on le vit de loin se donner de la tète contre les arbres. Brissac, de retour de la défaite de Peregourde, acheva de laccal 1er et il péril avec les siens qu'il, avait exposés si mal à propos. D'Acier n'eut pas plutôt su celle nouvelle, qu'il lit une grande marche, sans s'arrêter, jusqu'à Aubelei re,où vint le prince pour le recevoir le premier, de novembre.

Le duc de Montpensier, qui avait peu de troupes, vint attendre à Chàlellerault le duc

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- > i -. ne demandait qu'à combattre, ci celle du duc d'Anjou espérait toujours ruiner l'ennemi sai - rien hasarder. Durant ce temps, il y eut diverses rencontres sans . el il arriva une aventure bizarre. Le 'lue .l'Anjou avait partagé ses troupes entre Saussaj et Jasseueuil, deux \i lag - h une lieue l'un de l'autre, en sorte que le plus grand nombre était au dernier. Le prince, to jours résolu à un combat général, partit à la pointe du jour avec l'amiral, et marcha droit à l'ennemi ; l'amiral menait l'aran t-garde, où était la force des troupes, et le prince l'arrière-garde, avec moins do monde: un brouillard épais les déroba l'un h l'autre, el au lieu qu'ils devaient se joindre pour convenir ensemble du lieu par où ils commenceraient l'attaque, ils marchèrent longtemps séparés, de sorte qu'ils arrivèrent par des chemins différents, l'un à Saussay, et l'autre à Jasseueuil.

Le hasard voulut que l'amiral vint au quartier le plus faible de l'armée royale; il connue bientôt son avantage, et vit la victoire assurée ; mais en même temps il entendit lo canon du duc d'Anjou, qui tirait du côté de Jasseueuil, et il ne douta pas que le prince n'eût été conduit à ce village par la même erreur qui l'avait mené à l'autre ; en même temps il retourna sur ses pas, et apprit par un eourrier du prince qui venait le rappeler eu diligence, qu'il ne s'était point trompé dans sa pensée : toute la journée se passa en pentes escarmouches dans des haies et des buissons, dont le pays est coupé, tantôt à couvert et tantôt à découvert, el avec un avantage presque égal.

Vers la nuit, le prince détacha quatre compagnies de cavalerie, pour aller chercher le bagage qui s'élait égaré dans l'obscurité ; elles approchèrent d'un bois où elles entendirent un grand bruit, et virent des feux allumés : elles s'arrêtèrent, craignant que ce ne fut l'armée royale qui eût changé de poste : quelques-uns se détachèrent pour reconnaître, el entendirent leurs valels qui se réjouissaient, en attendant des nouvelles de leurs maîtres. Ils en donnèrent avis : on s'approcha, les valets tirèrent croyant que c'était l'ennemi. Enfin on se rejoignit, et l'affaire tourna en risée. Elle s'augmenta quand on sut que l'armée royale, étonnée de ce même bruit des goujats, avait passé toute la nuit sous les armes, et qu'un si petit sujet avait causé tant de frayeur des deux côtés.

Le reste de l'année se passa en diverses entreprises qui ne réussirent pas. Le prince leva le siège de Saumur, où il espérait s'assurer un passage sur la Loire, et le duc d Anjou manqua Loudun. il y eut de petites P aces prises de part et d'autre, et on exerça de grandes cruautés ; les armées furent en

présence quatre jours durant auprès de Loudun, sans qu'il y eût rien entre deux ; mais I ■ froid extrême, qui permettait a peino aux soldais de se remuer, empocha qu'on en vînt à un combat : la gelée était si rude, qu'il ne se faisait presque point de chute qui no fût mortelle. 11 n'y eut que la présence dv^i chefs qui pûl retenir les soldats sous les étendards ; quoiqu'on fût réduit à l'extrémité des deux côtés, chacun s'opiniâlrait à no quitter pas le premier. On admirait le courage du duc d'Anjou, toujours appliqué et infatigable. Son exemple et ses discours obligeants soutenaient le soldat qui n'en pouvait [dus : enfin l'excès du froid l'emporta sur la patience. Les deux armées se mirent en quartier d'hiver comme d'un commun accord : cehe du prince dans le bas Poitou, et la rojale à Chinon et aux environs ; mais en se mettant h couvert du froid, ils n'échappèrent pas les maladies qu'il avait causées, qui firent un si grand ravage dans les deux partis, qu'il y périt huit mille hommes.

Durant ce temps il vint à la Rochelle quelques vaisseaux, où il y avait six grosses pièces de canon el de l'argent, que le cardinal de Châtillon avait obtenus de la reine d'Angleterre. L'ambassadeur de France s'en plaignit inutilement. L'espérance de ravoir Calais fit qu'Elisabeth méprisa ses remontrances; sous prétexte de soutenir sa religion, elle reçut dans ses ports les vaisseaux que les Rochelais avaient équipés, qui faisaient de grandes prises, même sur les Flamands : les Anglais en profilaient , et se mêlaient sourdement, à cette guerre. Les Rochelais, qui s'y enrichissaient, contribuaient volontiers à la subsistance de l'armée du prince. Il venditdesbiensecclésiastiques, et il amassa par ce moyen des sommes considérables, mais toujours trop faibles pour entretenir un si grand corps; de sorte que la disette d'argent faisait que les pilleries, niaigré les beaux règlements que d'Andelot faisait pour la discipline, étaient impunies dans le camp du prince.

Le duc d'Aumale était cependant sur les frontières de Lorraine et d'Allemagne, pour recevoir les troupes allemandes qui venaient au secours du roi, et empêcher celles qui venaient au secours du prince. Il défit un capitaine du parti huguenot qui ravageait l'Alsace, ne pouvant entrer en France. Les Rochelais prirent Saint-Michel en l'Herm , où ils tuèrent tout indifféremment, sans distinction de sexe ni d'âge.

Les Catholiques n'eurent pas le même succès au siège de Sancerre, qu'ils levèrent après cinq semaines; mais le château de Lusignan , presque pris parles huguenots, fut défendu par la résolution de la femme du gouverneur, qui empêcha la surprise et fut tuée. Le grand froid commençait à se relâcher, et les troupes se remirent en campagne de part et d'autre au commencement de mars.

Il venait au prince, du côté de Guyenne, un renfort de six mille hommes, sous la conduile des vicomtes de Bourniquet, do

Mondas-Paulin et (Je Gourdon : c'est ce que l'on appelait les troupes des trois vicomtes, que ni d'Acier, ni les autres chefs , ni tous les ordres du prince, n'avaient pu obliger jusqu'alors à joindre le gros de l'armée; ils prenaient pour excuse qu'il fallait défendre Montauban contre Monlluc qui le menaçait. Le prince se persuada que Piles, qu'il y envoya , trouverait moyen de les amener; et en effet, il revenait avec eux. On avait résolu dans l'armée du prince de s'avancer pour les joindre, et de marcher ensuite vers la rivière de Loire, pour y recevoir le duc des Deux-Ponts qui était en marche dès les derniers jours de février avec l'armée allemande, que les protestants envoyaient à leur secours.

[15C9] En attendant cette jonction, le conseil de guerre jugeait périlleux de combattre le duc d'Anjou, qui venait d'être renforcé de trois mille hommes du comte de Tende, de deux mille deux cents chevaux allemands conduits par le rhingrave Philippe, et par Christophe de Bassompierre, seigneur lorrain, et do quelques autres troupes ramassées de divers endroits. Par une raison contraire, le duc d'xinjou en voulait venir à une bataille avant que Piles et les trois vicomtes eussent joint ; et comme entre lui et le prince il n'y avait que la Charente, il ne songeait plus qu'à la passer. Alors il nedoutai t pas qu'en assiégeant Cognac, place si importante aux huguenots, il ne les attirât à une bataille : toute la difficulté était de passer la rivière. Le prince était maître de Château- Neuf et de Jarnac, où il y avait des ponts, et l'armée royale, qui s'était emparée de Jarnac, n'avait pu le garder. Elle avait pris Château-Neuf à composition; mais l'amiral avait fait rompre le pont et avait laissé quelques régiments pour garder ce passage : cependant il s'était logé à Bassac, où il élargit ses quartiers. Le prince, qui s'était avancé à Jarnac, s'y était aussi logé à son aise, et tous doux ne craignaient rien moins que d'être attaqués, se croyant à couvert par la rivière.

Mais le duc d'Anjou avait mis à Château- Neuf un homme trop vigilant pour les laisser en repos : c'était Biron , maréchal de camp, qui, étant soupçonné depuis longtemps de favoriser les huguenots parce qu'au commencement il s'était laissé surprendre à leur doctrine, brûlait d'impatience d'elfacer par quelque grande action un reproche qui nuisait tant à sa fortune : il avait même promis au duc d'Anjou de le mettre bientôt

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ux mains avec l'ennemi ; et en effet, la nuit au 12 au 13 mars, après avoir rétabli le pont avec une diligence incroyable, il observa le temps que les huguenots, commis à la garde de 'ce passage, s'étaient relâchés par trop de séeurité, et il fit filer les troupes avec un silence et un ordre merveilleux; ce fut un peu après minuit qu'il commença l'entreprise, tellement qu'avant le soleil levé les deux tiers de l'armée royale avaient pris piace dans les prés au dci'a de l'eau. taonlgommeri , Soubise et la Noue, qui

commandaient celle garde;, ne songeaient

encore à rien ; la Noue fut le premier qui aperçut un gros de cavalerie avec le grand étendard bleu, et Marligue à la tête, qui venait au galop aux chevau-légers huguenots; ils ne tinrent pas longtemps, et la Noue, qui vint à leur place, eut à soutenir un rude choc. Le secours que lui amena d'Andeloî, le soutint un peu de temps : on lui vit lever de la main gaucho la visière d'un hom-SOts qui l'attaquait, et do l'autre il lui donna un coup de pistolet dans la tête : ses gens, encouragés par cetto action, chassèrent .Marligue hors du village do Triac, dont il s'était emparé ; mais Brissac étant accouru , fit un si grand feu, qu'il repoussa d'Andeloî, prit la Noue, et se logea dans Triac avec Martigue : pendant ce temps le duc de Montpensier cutle loisir de mettre en bataille au delà de l'eau l'avant-garde qu'il commandait. L'amiral, averti du passage de l'armée royale, ramassa ce qu'il put de troupes, et vint soutenir les siens, en attendant l'arrivée du prince, qu'il avait mandé en diligence. L'officier que l'amiral avait dépêché lui exposa le péril où était l'arrière-garde : il connut la faute qu'on avait faite en ne gardant pas assez bien les ponts, et il dit, sans s'émouvoir, que l'arrière-garde avait fait un faux pas, mais qu'il fallait la relever ou périr avec elle : aussitôt il fit vollë-face, et ordonna à sa cavalerie de marcher avec toute la diligence qu'elle pouvait faire, sans se mettre hors d'haleine. L'amiral soutenait cependant avec des efforts incroyables les Catholiques, qui s'accroissaient à chaque moment, à mesure qu'ils [lassaient la rivière.

Quand le prince fut approché, il demanda son casque, et en le prenant un coup de pied du cheval du comte de la Kochefoucault, son beau-frère, lui cassa la jambe; il ne laissa pas de poursuivre sans se plaindre, et tout en marchant -.Souviens-toi, dit-il, noblesse française, en quel état Louis de Bourbon entre aujourd'hui au combat, pour sa religion, pour ton salut et celui de toute la France. Il donne en même temps tète baissée, et quoique l'armée royale fût toute passée quand il arriva, il ne laissa [tas de dégager son arrière-garde; mais il fut en même temps accablé de tant de côtés, qu'd ne put plus résister; son cheval fut tué sous lui, et pendant que malgré sa chute il se déferuinit un genou en terre, il se vit enveloppé de toutes parts : le peu de monde qui restait autour de lui combattait avec une opiniâtreté qui n'avait point encore, eu d exemple. On vil un vieillard, nommé la Vergue, faire des prodiges au milieu de vingt-cinq de ses neveux, dont quinzo tombèrent avec lui dans un monceau , et les autres furent prisonniers.

Cependant le monde se rassemblait autour du prince; comme il se vit seul au milieu des ennemis, il tendit le gantelet à deux gentilshommes qui prirent sa parole et le placèrent auprès d'un buisson, où il vit venir tout d'un coup un cavalier qui paraissait emporté et comme furieux : c'était Montes-

(KL VUES i OMPLETES DE BOSSU ET.

qoioa, capitaine - rdes du duc d'Anjou,

qui cru! raire plaisir à son maître de le dé-

•c du prince, el le jeta mort par terre d'an

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\i! le loi se rendiren! à Saint-Jean-d'Angely

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: impil le puni ; ci, soutenue par d'Acier ave • \ mille nommes qui n'avaient

- eu l«" loisir de se rassembler pour comi attre, elle arriva à Cognac, que le duc d'Anjou devait apparemmenl bientôt attaquer, icointes, quaud ils surent la perte île in balaiilet ils retournèrent en Guienne.

La pciic de- huguenots fui considérable, plus par la qualité des personnes que par le nombre : parmi sept cents hommes qui furent lues, la plupart étaient officiers ou gentilshommes. La mort de Chastelier fut remarquée. Après qu'il se fut rendu, quelques soldats de Charri, qui le reconnurent pour l'assassin de leur capitaine, le tuèrent de sang-froid. Le nombre des prisonniers fut beaucoup plus gran I que celui des morts.

Aussitôt après la bataille, Villars, ayant aperçu Robert Stuart parmi les prisonniers, se jeta aux pieds du duc d'Anjou, et le conjura de lui permettre de venger sur cet étranger la mort du connétable, son beau-frère. A peine donna-t-il au duc d'Anjou le temps de répondre; et, interprétant au désir de sa vengeance quelques signes ambigus, il tua Hobert presque en présence du duc. Mais parmi tant de pertes les buguenots ne sentirent vivement que celle de Coudé : les Catholiques mêmes les plus zélés ne purent s'empêcher de regretter un prince d'un si grand mérite, pie les cabales de la cour et sa mauvaise fortune, plutôt que ses mauva ses inclinations, avaient jeté dans un parti indigne de sa naissance.

A l'égard du duc d'Anjou, tout dissimulé qu'il était dans ses premières années, il ne put s'empêcher de faire païaîlre une maligne joie à la mort du prince. Il voulut faire bâtir, en action de grâces de sa vicloi-e, une chapelle à l'endroit où le prince avait été tué. Carnavalet, son gouverneur, l'en empêcha on lui remontrant qu'il allait confirmer par là l'opinion répandue dans les deux armées, que Montesquiou n'avait rien fait que par ses ordres. Le corps du prince fut porté sur une finesse, ou par dérision ou par hasard, îi Jarnsc, où le duc d'Anjou alla coucher. 11 y fui ix posé en vue à tout le peuple, et rendu quelque temps après à la reine de Navarre, sa belh'-sesur, qui le fit porter à Vendôme.

La cour était à Metz pour favoriser la jonction des Allemands, conduits par le marquis de Bade, et pour empêcher l'entrée du duc des Deux-Ponts, qui, joint au prince d'Orange et à Louis de Nassau, son frère, menait treize à quatorze mille hommes aux huguenots. Quand la nouvelle de la victoire de Jarnae et île la mort du prince fut arrivée, la joie lut si grande, qu'on éveilla le roi

au milieu de la nuit. 11 se leva à l'instant. et. sans attendre le jour, il lit chanter le Te Deum dans l'église cathédrale. On publiait que le parti huguenot était abattu par la perle de son chef et d'une si grande bataille ; mars la reine, et ceux qui connaissaient les ressources de l'esprit et du cœur de l'amiral, eurent bien d'autres pensées. Kn effet, le parti se trouva plus fort que jamais, par les soins de ce capitaine.il manda de tous côtés la mort du prince, principalement au duc des Deux- Ponts, afin qu'il se hAWH de venir à son secours; et, de peur que la mort de Stuart n'intimidât ses gens, il la vengea sur Ingrande et sur Prugno, deux gentilshommes qualifiés qu'il avait [tris prisonniers, et qui furent sacrifiés à la politique du parti.

La reine de Navarre, femme courageuse, vint à Cognac, et raffermit les esprits ébranlés, en. montrant à la noblesse el aux soldats, comme un soutien assuré, le prince de Béarn, son fils, et le jeune Henri, son. neveu, fils du prince de Coudé. Un peu après on alla à Saintes, où les deux princes furent déclarés chefs, et l'amiral leur lieutenant général, comme il l'avait été sous le défunt prince de Condé. Ainsi il ne donna de jalousie à personne, parce qu'il ne paraissait pas plus élevé qu'auparavant; cependant il eut en effet toute l'autorité. Le bon ordre qu'il donna à toutes choses empêcha le duc d'Anjou de profiler de sa victoire. Ce prince assiégea Cognac; mais il y trouva sept milie hommes qui l'ohligèrent à lever le siège. Il ne réussit pas mieux à Angoulême : Montgommeri y fut envoyé avec huit cents chevaux, et mit la place en sûreté; par sa négligence il perdit pourtant auprès de la ville la moitié de sa cavalerie, que Brissac lui enleva.

Quand on vint rapporter à l'amiral cette défaite, il dit sans s'émouvoir qu'il était bien aise que Brissac fût si entreprenant, parce que sa hardiesse le ferait bientôt périr. En effet, il eut bientôt îa nouvelle que ce jeune capitaine, qui à l'âge de vingt-six ans semblait déjà égaler son père, avait été tué devant Mucidan, place du Périgord, que le duc d'Anjou avait fait assiéger. Peu de jours auparavant, Pompadour avait été tué devant cette place; et la mort de ces deux jeunes seigneurs causa tant d'indignation à tous les soldats, qu'ils mirent tout à feu et à sang dans la place, malgré la capitula ion qu'on lui avait accordée. L'amiral, de son côté, eut à regretter son frère d'Andelot et Genlis, dont le frère Yvoi prit le nom. Strossi fut fait, par le roi, colonel de l'infanterie à la place de Brissac; et d'Acier eut la môme charg3 parmi les huguenots, au lieu d'Andelot.

Cependant les Allemands s'étaient avancés du côté de la Bourgogne. Leducd'Aumale, désespérant de pouvoir les empêcher d'entrer en France, s'était eon-lenlé de ies suivre jusqu'aux environs de Citeaux, et de la avait pris le devant poui'leur disputer le passage dé la Loire. La cour était aussi par-

part. xu. theol. historique. — u. de frakce. liv. xvii.

lie de Metz, où elle n'était plus nécessaire, et était allée'à Limoges pour être plus proche de l'année.

Les Allemands passèrent la Loire plus vite que l'on n'avait pensé, et avant que le duc d'Anjou se fût joint au duc d'Aumale pour les arrêter. Ils ne se contentèrent pas de passer à gué; mais, pour s'assurer un passage commode en toutes saisons, ils attaquèrent la Charité, que le gouverneur aban- (ionna, sous prétexte d'aller demander du secours au duc d'Anjou. Les huguenots, qui étaient en grand nombre dans celte place, engagèrent une entrevue pour capituler; et pendant que d'un côté on faisait la capitulation, ils introduisirent les Allemands de l'autre. Cette prise arriva le 20 de mai, et la cour commença à craindre que tant de troupes jointes ensemble ne devinssent invincibles.

On avait tenté ce que l'on avait pu pour faire une diversion. Comme les troupes de la reine de Navarre étaient les meilleures de l'armée de l'amiral, la cour avait tâché d'obliger cette princesse à les renvoyer pour défendre son pays, que ïerride, capitaine expérimenté, avait eu ordre d'attaquer. Mais le zèle de cette princesse pour le parti fut si grand, que, plutôt de diminuer l'armée de l'amiral, elle laissa perdre tout le Béarn et tout ce qu'elle avait dans la Navarre, à la réserve de Navarins, place forte et bien munie, que ïerride tenait assiégée. Les huguenots laissèrent faire à ce général toutes ses conquêtes, et ne songeaient qu'à joindre le duc des Deux-Ponts, qui, de son côté, marchait à eux à grandes journées. Ils détirent quelques troupes que le duc d'Anjou avait postées sur le bord de la Vienne pour en défendre le passage, et tirent leur jonction le septième juin. Quelques jours auparavant, le duc des Deux-Ponts était mort de travail, après une fièvre qui le fatiguait depuis longtemps. Il y eut peu après une rencontre à Hoche-la- Belle, assez près de la rivière de Loire, où Strozzi perdit beaucoup de monde et fut pris en combattant avec une valeur incomparable. Il serait demeuré dans le combat, si les huguenots, qui ne donnèrent aucun quartier à ses soldats, ne l'avaient épargné seul, et n'avaient voulu le prendre vif que pour le changer avec la Noue. Le comte de Lude fut obligé à lever le siégt de Niort. Chûtellerault se rendit aux huguenots; ils prirent quelques autres places, et Guercbi, qu'ils avaient laissé pour gouverneur dans la Charité, la défendit avec tant de vigueur, que Lansac, qui l'assiégeait, ne put l'emporter.

Après tant de succès il ne leur restait qur de "délivrer Navarins. Montgommeri s'était chargé d'un si grand dessein. Les vicomtes, divisés entre eux, l'avaient demandé pour chef, et il était parti de la Rochelle avec onze cavaliers seulement; mais il fut bientôt fortifié par les garnisons voisines; et après qu'il eut joint les vicomtes, à mesure qu'ils avançaient vers le Béarn , son armée se grossissait tous les jours par le concours de la noblesse huguenote II défit en passant un parti

catholique, el marcha vers Tarbes avec tant de diligence, qa'il ne donna pas le loisir aux Catholiques de la mettre en étal (Je défense.

Après l'avoir forcée, il rentra aussitôt dans le Bearn. Terride, quoique pins fort, prit l'épouvante et leva le siège de Navarins; mais il ne sauva pas poui cela ses troupes des mains de Montgommeri : il l'assiégea dans le château d'Orthez, où. il s'était renfermé avec la fleur de son armée. Il eût trouvé beaucoup de résistance dans ce château où il y avait tant de vaillants hommes, si Sérillac, frère de Terride, qui servail dans les troupes de Montgommeri, n'eût su tellement intimider les assiégés et son frère, qu'il fil, peu de jours après , un traité honteux. Montgommeri reçut ordre de la reine Jeanne de faire mourir, comme traîtres, quatre barons de Bearn qui s'étaient joints aux Catholiques. Elle se plaisait à faire la souveraine dans le Bearn, quoique ce pays relevât de la couronne de France; mais nos rois avaient eu beaucoup d'indulgence pour les rois de Navarre, et leur laissaient dans le Bearn plus d'autorité qu'il ne leur en appartenait, poulies consoler de leur royaume, que leur alliance avec la France leur avait fait perdre.

Après tant de Victoires Montgommeri eût été en péril, si le maréchal Damville qui fut envoyé dans ce pays, e Montluc qui y commandait une armée, se fussent entendus i mais il était impossible de s'accorder avec Montluc, à moins de lui céder le commandement. La jalousie qu'il avait eue contre Terride, l'avait obligé à le laisser agir seul, ce qui relarda l'exéculion de ses desseins, et donna le temps aux huguenots de les venir ruiner. Il s'accommoda encore moins de l'humeur froide et impérieuse du maréchal Damville, ni ne put se résoudre à rien concerter avec lui, si bien que Montgommeri s'affermit facilement dans le Bearn. Ainsi tout réussissait sans peine aux huguenots : il ne demandait qu'à donner une bataille générale, pendant que leurs troupes étaient encore entières ; mais le roi avait pris une autre résolution : il prévoyait que les troupes, mal payées, se diminueraient avec te temps; et au lieu de hasarder un combat, qui aurait mis la France en péril il espéra de les ruiner en les empêchant de rien entreprendre.

Un peu après la jonction du duc des Deux- Ponts avec l'amiral, le duc d'Anjou, quoique fortifié des troupes de Flandre, commandées par Ernest de Mansield, un des olliciers du duc d'Albe et de quatre mille Italiens que le Pape lui avait envoyés, sous la conduite du comte de Santa-Fiore, de la maison de Sforce, a* ait eu ordre de distribuer ses troupes dans les places, el de renvoyer la noblesse pour se rafraîchir jusqu'à la mi* août. L'amiral, devenu par là maître de la campagne, el après avoir considéré que tirer en longueur élait la ruine de son parti, résolut de se saisir de Saumnr, place sur ia Loire, qui pouvait être; rendue très-forte, et d'aller de là aux euv rons de Paris, dans JYs<pérance qu'il eût qu'e.i faisant crier celle

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a lai^er Poitiers entre les mains des Catholiques; et comme il ne la ir restait que celte nos la protince, il irouvail beaucoup d'avantage à s'en rendre rowltre, L'entre- I prise lui parut aisée, parce que cette grande m ,.. na| peuplée et mal fortifiée, était en iflicile à garder ; niais il ne considérait s que le comte e Ludej avaU unegarnison six a sept nulle hommes des pus braves lais du royaume, outre beaucoup de noqui s'j éiait jetée à la suiie du duc de Guise et du marquisde Mayenne. Ces deux fin es étant arrivés trop lard au secours I usignan, se consolèrent de ce malheur dans i lire de détendre Poitiers.

L'amiral y vint mettre le siège le 25 de. juillet, contre l'avis de tous les officiers de son armée; il ne fut pas longtemps sans faire une brèche du côté de la rivière de Clam, et déjà l'on délibérait de faire retirer le duc de Guise avec son frère, pour no point trop exposer ces deux jeunes princes, (jiii liaient regardés comme le rempart du I arli catholique. Le comte de Lude craignait que leur sorlie n'intimidât le peuple et la garnison; mais il ne fut pas en peine m pêcher un si giand mal : car ces princes répondirent délermi émeut qu'ils n'étaient pas entrés dans la place pour en sortir avant que d'en avoir repoussé les ennemis. En disant ces paroles ils marchèrent droit à la brèche, et en animant tout le monde parleur exemple, ils rappelèrent dans les esprits la levée du siège de Metz : on espéra du (ils un événement aussi heureux que celui qu'on avait vu autrefois procuré par la valeur du père; chacun se mit au travail à l'exemple du duc de Guise, qui portait luimême la hotte : on creusa un nouveau fos&é au delà du retranchement qu'onavaitdéjàfait derrière la brèche; l'assaut, donné le 10 d'août fut vigoureusement repoussé, et le pont bâti sur le Gain par les huguenots fut renversé la nuit suivanie.

Ils furent longtemps à ramasser des matériaux pour Je reiaire; en attendant ils finent une nouvelle brèche, et le pont fut relevé avec beaucoup de peine; mais un offi- (iirde jusiiee trouva ie moyen d'inonder toute la campagne, et de rendre la brèche inaccessible. L amiral changea à divers en- (irniis la batterie : les assièges se défendaient partout, et par le travail assidu des habitants les murailles abattues furent bientôt relovées plus fortes qu'aupai avant. La dysseuterie s'élant mise dans le camp, l'amiral eu fut dangereusement malade, et la diminution «il- ses troupes lit juger au roi qui s'était avancé à Tours, qu il était lemps de tenter le secours. L'armée du duc d'Anjou

lit déjà rassemblée; mais l'amiral n'avait pas accoutumé de relâcher aisément, et s'obstinait d'autant plus 5 ce siège, qu'il l'avait entrepris lui seul, contre l'avis do toul le monde. Il lit donner un dernier assaut le 3 septembre, où Piles, qui le commandait, perdit les deux tiers de ses gens.

La retraite lui honteuse; l'amiral, pour l'excuser et ne point intimider l'armée, dit qu'il les avait rappelés, parce qu'ils avaient combattu sans son ordre. Cependant lo duc d'Anjou avait commencé le siège de ChAteleraull pour obliger l'amiral à quitter celui de Poitiers; il ne considéra pas qu'il sauvait a son ennemi la plus grande partie de la honte en lui donnant un prétexte de lever un siège qu'il ne pouvait plus continuer. L'amiral dit tout haul qu'il ne fallait pas laisser perdre Chatellerau.lt, et quitta Poitiers environ le 7 septembre , après avoir perdu beaucoup de monde et six semaines de temps. 11 marcha xevs ChAtellerault, et le duc d'Anjou, qui ne, demandait qu'a le tirer de Poitiers, leva le siège à son tour. Ce qu'avait fait le duc de Guise pour la défense de celte place, non-seulement augmenta l'amour des peuples pour ce jeune prince, et sa réputation parmi les gens de guerre, mais lui attira encore des marques particulières de l'estime du roi. il fit un tour a la cour, où il. fut reçu avec de grands témoignages d'amitié, et admis au conseil secret, établi depuis peu pour y traiter des affaires des huguenois.

Cependant Monlluc, pour ne demeurer point inutile dans le Béarn, avait assiégé Mont-de-Màrsan : pendant qu'on capitula avec lui, il entra d'un autre côté dans la placo où il tit égorger tonte la noblesse huguenote, en vengeance des Catholiques que .Montgommeri avait fait périr après le siège d'Ortliez. Ce fut le seul exploit qu'il fit. Les divisions entre le maréchal Damville et lui, remirent les autres projets inutiles, et ce maréchal n'espérant plus rien de l'humeur insupportable de Monlluc, se relira dans le Languedoc , sous prétexte de défendre ies environs de Montauban contre les vicomtes.

Après la levée des sièges de Poitiers et de Châtelleraull, les deux armées marchèrent quelque temps assez près l'une de l'autre, sans rien entreprendre, et seulement pour chercher à vivre; à la fiu elles se mirent, comme d'un commun accord, dans des quartiers de rafraîchissement, le duc d'Anjou évitant toujours de combattre, et ne songeant qu'à consumer lentement l'armée huguenote. L'amiral était logé à Faye-la-Vineuse, où il n'était pas sans inquiétude : le parlement de Paris, non content de l'avoir condamnée mort, et l'avoir fai.'. exécuter en effigie, avait mis sa tôle à pr-ix, et l'hôtel de ville de Paris s'était rendu caution de cinquante mille écus d'or qu'on promettait à celui qui le tuerait; il aurait pu s'élever. au-dessus de cette crainte, s'il ne se fût vu dans le môme temps trahi par le plus alfidé (je ses domestiques, qui, après des conférences secrètes

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