‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 6 sur 458 · ET · texte numérisé non relu

ET

s .m m un aya t

se pi a m "• »'!'-

14*11 choquai!

..1 le mon !«•, el le ible en eul honte.

. mais sans 1 i< 11 iav;i florté : il « 1 ■ lit le roi timide, el il ne se h 1 as ; ma - il devait

. nlif el cin 0 1 natoi el, ! n quand il fallait

hors il ■ j il ne manquait - s avanla es.

■ lui parla as /. longtemps, ci ensu te 1 rtout, ou par | »ion

par ai t Uc< , qu'i était le mieux du n on le 1 du ro . Il ne son eait i ce i s110 de faire craindre son

traiter d'égal avec lui. Dans ce aps, Louis maria Anne, sa fille ai- Bourbon, comte de Jîoause mit alors en ! du duché de Gueldres, et voici namenl il lui vint. Arnould, duc do Guel- . ivait un Qls nommé A lolplie, qui, trouvant que son pèi 1 gnait trop longps, entre rit de e dé i 1er, et fut asinhumain pour l'enlever par force et le re marcher après lui cinq lieues d'Alle- • ius, dans un lem; s froid ; q ferma ensuite dans un cachot.

irélienléeut horreur de celte

ion ; le Pape et l'empereur obligèrent lo

irgogne à entreprendre la déli-

i d' irnould, ce qu'il lit à peu près

is la même temps que le roi reprit Amiens.

- de favoriser sous .main

A oipbe; et pour lui faire plaisir, il propo-

père a irait la ville de Grave pour

-1 retraite, avec six mille florins et le titre

lue, et que'le (ils aurai! le couimande-

m ut, sous le nom de gouverneur.

A cette proposition ce (ils dénaturé répondit (j'ai horreur de le rapporter), que pluiô; que d'y consentir, il aimerait mieux avoir ■(»;! père dans un puits la tète la première, et y ê:re jeté après lui ; au reste, il y avait quarante-quatre ans que sou père ré- :i, et que c'était à présent son tour.

Après u:ie répone si brutale, Adolphe ne

pouvant souffrir le regard des hommes, se

va; et ayant été repris où il s'était ca lié,

li fut mis en prison, et Arnould rétabli dans

s Etats, qu'il laissa par testament au duc

Bourgogne, ne voulant pas laisser impunie l'énorme ingratitude de son (ils. Pour Adolphe, i! l'ut en prison durant toute la vie ■ ii duc de Bourgogne, après quoi il fut tué à Tournay, et fut aussi malheureux qu'impie » 1 méchant.

Leduc de Bourgogne, glorieux de sa nou- 1 elle acquisition, ne songeait plus qu'a s'en mettre en possession.

La trêve avec la France allait expirer, et plusieurs conseillaient au roi de ne la pas ilinuer, et de ne permettre pas à son ennemi d'augmenter sa puissance et .-es étals, «-•n, liant le duché de Gueldres : on lui

ni qu'il avait pour prétexte que , et qu'il n'était ; is

juste que, pour son ingra ilu le, lo duché passût dans une autre nnô.son.

Ceux qui connaissaient mieux l'hutneui du duc de Bourgogne donnaient bien d'autres conseils. Ils disaieut au roi que ce duc était d'un esprit ambitieux, vaste et immodéré, qui concevail des desseins au delà de forces el de sa vie ; qu'il fallait le laisser enga ;er dus les affaires d'Allemagne dans lesquelles il ne manquerait pas de se jeter à la première occasion, sous prétexte de la proximité do ses Etats ; que cela le mettrait insensiblement dans des embarras exlrêm s, el qu'enfin le plus grau l mal qu'on pouvait lui faire dans les occurrences act telles, était de le laisser agira sa volonté. Le roi suivitee dernier avis et il lui réus-

Une contestation s'étant élevée mi sujet de l'arclievê |ua de Cologne, entre un prince de la maison de lie se el un palatin du Rhin, le duc dfi Bourgogne ne manqua pas de s'y mêler, el il prit le parti du palatin. Il s'imaginait déjà avoir subjugué Cologne et tout le Rhin, jusqu'en son comté de Hollande ; car il n'espérait rien moins; et dans ce dessein il a siéga Nuis. Cependant ceux de Cologne et les autres villes voisines secoururent Nuis d'hommes el d'argent, et coupèrent les vivres au duc qui, avec la plus belle armée du monde, se trouva par ce moyen fort embarrassé.

• Lorsque le roi le vit engagé el qu'il commençait à s'opiniatrer au siège de cette place, il remontra à l'empereur el à tous les princes de l'empire la nécessité qu'il y avait de la secourir, et leur promit vingt miile hommes pour les exciter davantage ; cependant il n'avait pas trop envie de les donner.

L'empereur employa sept mois à lever une armée ; car il lui fallut ce temps pour remuer tous les électeurs et tout le corps de l'empire: il s'alla ensuite poster devant Nuis, avec beaucoup plus de force que le duc n'en avait, et il envoya demander au roi les vingt mille hommes qu'il avait promis ; autrement qu'il ferait son accommodement

Le roi l'entretint d'espérance, et pendant ce temps-là il traitait de paix ou de trôve avec le duc, pour cm êcher les Anglais d'entrer dans le royaume, pendant que le roi d'Angleterre, qui était prêt à passer la me", le sollicitait à abandonner une si vaine entreprise, pour se jeter sur la France. Le duc, contre l'avis de tousses amis, s'obstin.'iit à continuer un siège qui lui faisait perdre l'occasion d'entreprendre des choses utiles à s s desseins. -Le roi, an contraire, profitait plus du temps ; et pendant que le duc consumait inutilement ses forces, il lui suscitait de tuus côtés des ennemis.

A sa sollicitation, René, duc de Lorraine, lui envoya déclarer la guerre jusque dans soa cinq), et entra en même temps dans le du-

. de Luxembourg. Il unit aussi contre lui les Suisses et les villes de dessus le Rhin, et procura encore un traité entre Sigismqnd, duc d'Autriche, et les Suisses, pour retirer

PART. XII. TIIEOL. HlSTOniQUE. — II. HIST. DE FRANCE. LIV. XII.

le comté de Ferreto. C'est un canton de la hauts Alsace, dans le voisinage <Je Bâle, qui alors était engagé au duc pour cent mille florins.

Le gouverneur ayanl éé surpris par une taque inopinée, les Suisses lui (iront tranciier la tête, et soumirent tout le comté mu (!uc d'Autriche. D'un autre côté, ils prirent l'iamont, et Louis entra dans la Picardie après la fin delà trêve. Il l'aurait volontiers continuée, partie qu'il aimait à faire les affaires à coup sûr, et à voir agir les antres plutôt que d'agir lui-môme; mais comme il ne vit aucune apparence que le due continuât la trêve, il prit Monldidier, Roye et Corbie, et eu qui fut indigne d'un si grand roi, il les fit brûler contre la capitulation.

[1475] La terreur de ses armi s. se répan dit aussitôt dans les pays du duc de Bourgogne, et tout élail prêta lui ce. 1er. Le connétable eut peur de ses grands progrès : et comme il voyait sa perle assurée, s'il laissait ruiner le duc, il donnait au roi divers faux avis, qui ne tendaient qu'à l'amuser. Tantôt il lui faisait entendre que l'empereur était d'accord avec le duc de Bourgogne, et que tous deux s'étaient ligués contre lui ; tantôt il l'avertissait que le roi d'Angleterre allait descendre en Normandie, il lui donna mû, ne l'alarme si chaude, que le roi alla promptement dans cette province, oùil trouva tout tranquille et nulles nouvelles des Anglais.

Cependant l'empereur se décourageait devant Nuis, et Louis pour le raffermir lui envoya proposer de confisquer sur le duc de Bourgogne les terres dépendantes de l'empire, pendant qu'il confisquerait celles qui dépendaient de la France, de sorte que la dépouille d'une si pui>sante maison se partagerait entre eux deux. L'empereur n'était pas si habile que Louis; mais une longue expérience lui avait appris à régner. Il répondit par une fable à celui que le roi lui avait envoyé.

«Quelques débiteurs, » lui dit-il, « avaient dit à leur créancier, qui les pressait, qu'ils allaient tuer un grand ours qui ravageait tout le pays, et qu'ils le payeraient de sa peau et de ce qu'on leurdonnerait pour récompense ; ensuite, étant allés à la chasse, et ayant trouvé l'ours plutôt qu'ils ne s'y étaient at-

tendus, l'un était monté sur un arbre, l'autre s'était enfui du côté de la ville, et le troisième avait lait le mort, parce qu'il savait que cet animal laissait les corps morts sans y loucher. L'ours ayant tenu longtemps son museau sur le visage et autour des oreilles de ce prétendu mort, passa son chemin et le laissa. Les deux fugitifs revinrent, et demandèrent à leur compagnon ce que l'ours lui avait dit en lui parlant si longtemps à l'oreille : « Il m'a dit, » répondit-il, « qu'il ne '< fallait point marchander la peau de l'ours « avant que de le tenir. » Il ajouta que le roi n'avait qu'à envoyer ses vingt mille hommes, et quand on aurait pris les terres du duc, qu'alors il serait tetups de les partager. Cependant le connétable, qui se défiait

également de Louis et de Charles, traitait avec, les deux; quand il avait peur du roi, il promettait à Charles de tendre Saint- Quentin ; et quand la crainte était passée, il se moquait de ceux à qui il avait promis do rendre la place.

D'un autre côté, le roi lui ayant mandé d'assiéger Avènes, il s'y détermina avec beaucoup de peine; mais aussitôt après il leva le siège, et dit au roi pour excu-e, qu'il n'était pas en sûreté de >a personne, et qu'il savait (pie Louis avait donné des urdres pour lassas uner. Celle parole don:. a du soupçon au roi, et lui fil voir que quelqu'un avait trop parlé.

Quoi qu'il en soit, il n'est que trop \rai que ce pi im e était ca| able «le pareilles entreprises, et qu'il craignait étrangement le connétable. Tous les jouis il en recevait ou lui envoyait quelque message; et quoique souvent trompé, il s'attachait à le ménager, dans la crainte où il était qu'un homme si dangereux ne fortifiât le parti de ses ennemis, en h'ur donnant quelques places.

Leduc de Bourgogne n'était guère moins embarrassé devaui Nuis. Il se piquait d'honneur d'euip irter cette place, el amail mieux voir périr son armée, que de lever ie siège. A la fin, pressé d'un coté par le roi, qui élait entré en Picardie, et de l'autre par lo roi d'Angleterre, il se résolut à la retrait", après avoir été plus d'un an de\ant Nuis, et, pour sauver son honneur, il consentit que la place fût remise entre les mains du légat du Pape, qui était alors auprès de lui pour traiter de raccommodement ; s'il eût a: tendu quinze jours, les habitants eussent été contraints de se rendra à lui la corde au cou. Le duc se vantait partout que la plus belle armée que l'empire eût jamais levée, ne l'avait pu obliger à lever le siège.

En ce même temps le roi d'Angleterre aborda à Cal.is, d'où il envoya déclarer la guerre à Louis, par un héraut, qui lui apporta une lettre par laquelle il lui mandait qu'il lui rendit le royaume de France, sinon qu'il était résolu de le recouvrer par les aruics.

Louis prit le héraut en particulier, et lui dit qu'il savait bien qu'Edouard ne lui avait point déclaré la guerre par son propre mouvement, mais qu'il y avait été porté par lo duc de Bourgogne ; qu'il s'étonnaii fort qu'il se joignit à un prince qui venait de ruiner ses forces devant Nuis, et qu'à l'égard du connétable, sur qui il se liait tan:, ii était aisé de voir qu'il ne chercherait que les moyens de le tromper. Après lui avoir dit ces paroles, il lui lit donner de l'argent, it lui en promit davantage, s'il trou va il moyen de jeter quelques propositions de paix.

Ou le vit ensuite sortir de sou cabinet avec un visage content ; ce n'est pas qu'il ne sentit de grandes inquiétudes, car il se voyait assailli de toutes parts. Il savait que le duc de Bretagne avait promis de se joindre au roi d'Angleterre, et que le connétable soulevait le plus de monde qu'il pouvait < onlre lui ; irais il craignait encore [dus du

SI tfPLETI i T.

$sail porté o la ' ? n en cêrémonre ; rr.ais ils rurent

i. Parmi bien surpris d'être reçus à grands coups de

ises il parut avec un ranon el avec de rudes escarmouches à pied

air :i. selon sa coutume, et h cheval. Ils se retirèrent fort confus, et

D t\ l'un, tantôt rentre, el leur parlant le duc alla rejoindre ses troupes. Le roi

, pour ver la cour el d'Angleterre ayant fait réflexion-sur le mauvais étal des affaires, sur l'imprudence du

Il ur quelle rai- duc de Bourgogne et sur le peu de troupes

t ses su ts, el pour- qu'il avait, parut disposé à taire la paix,

\ rail ri rcher la paix par parce que d'ailleurs la saison était fort

- qui semblaient si basses. Il avancée,

lilqu'il était ha rands; son humeur Sur ces entrefaites les Anglais prirent ua

riait naturellement à les humi- valel d'un gentilhomme de la maison du

r. ri u'igi pas les cabales roi; on le mena au roi d'Angleterre, qui lo

l nuées | uc de Bourgogne et le con- renvoya après l'avoir interrogé. Deux sei-

: lit pas plus aimé du peuple, gneurs anglais, l'un appelé Ha vart, l'autre

til extraordinairemenl , parée Stanley, le prièrent de les recommander au

ni u l'il répandait pour avoir par- roi son maître, s'il pouvaitlui parler. Lors-

qci -, el les armées prodi- qu'il fut arrivé à Compiôgne, où le roi était,

- s qu'il entretenait, l'obligeaient à des il demanda à lui parler pour affaire d'une

• infinies. Car comme il appréhen- extrême conséquence, el lui dit ce qu'on lui

il le hasard des combats, surtout depuis avait commandé,

la journée de Montlhéri, il Taisait ses armées Le roi douta d'abord de sa fidélité, parce

si 1 ; s, (ju'à peine pouvaient-elles être que le frère de son maître était en Bretagne,

lues. ^. bien traité du duc. Il se souvint cependant

| i :i e était même bai de ses dômes- que le héraut, en partant, lui avait conseillé

tiques, quoiqu'il lût très - libéral à leur d'envoyer h Edouard, et de s'adresser aux

■ u i ; mais ifs ne pouvaient avoir de con- deux seigneurs qui avaient parlé à ce valet.

en lui, à cause de son esprit défiant et II commença à rêver profondément sur ce variable. Enfin, il préféra d'ère craint à qu'il avait à faire, et ae mit à table fort peuêtre aimé, et il craignait à son tour que ses sif, comme il lui arrivait souvent, peuples ne cherchassent l'occasion de se Après être demeuré quelque temps en cet soulever contre lui. C'est pourquoi , mal as- état sans rien dire, il appela Comines, à qui surédudeda s, il évitait, autant qu'il le pou- il lit connaître ses intentions , et lui comvait, d'avoir des affaires au dehors. manda de lui amener un certain valel qu'il Aussitôt que le duc de Bourgogne eut ap- lui marqua. Son dessein était d'envoyer ce pis que le roi d'Angleterre avait passé la valet en babil de héraut au roi d'Angleiner, il l'alla trouver sans aucunes troupes, terre.

il avait envoyé son armée pour se ra- Comines, ayant fait sa commission, vint

fraîchir dans le lia r rois , et aussi'pour se rapporter à Louis qu'il lui avait trouvé fort

venger du duc de Lorraine qui s'éuiit dé- mauvaise mine, et de là prit occasion de lui

:éson ennemi de gaieté de cœur. Les An- représenter qu'il fallait envoyer un homme

lis trouvèrent son procédé fort mauvais, de plus grande qualité; mais le roi ne vou-

car ils s'étaient attendus à lui voir com- lut point y entendre, et instruisit ce valet,

içncer la guerretroîs mois avant leur arrivée, dont il avail connu le bon sens pour lui

elilspensaienlque, par cemoyen, ils auraient avoir parlé une seule fois par hasard.

meilleur marché du roi, qu'ils trouveraient II prit donc un habit de héraut, et s'a-

alTaibli. Ils croyaient du moins que le duc dressa à Havart et à Stanley, selon l'ordre

s 'rail en état de les joindre, à leur dey- qu'il en avait. Etant présenté au roi, il lui

■ nie, i .; des troupes. Au lieu de cela ils lil d'abord les excuses de Louis, au sujet de voyaient qu'après avoir perdu lanlde temps la protection qu'il avait donnée à Warwik;

iuis, il amusait encore les restes de son i! assura qu'en cela son maître avait eu

année ians le Barrois el laissait passer le dessein de s'opposer non a Edouard, mais

temps d'agir. au duc de Bourgogne; qu'au reste ce duc

Telles étaient les causes du mécontente- n'avait engagé Edouard dans cette guerre que

ni des Anglais; mais il augmenta beau- pour son propre intérêt, et pour faire plus

eoup da s la su le. Le connétable envoya facilement sou accord avec Louis: que les

i.ire au duc de Bourgogne qu'il n'avait pu autres voulaient aussi aller à leurs tins, et

lui rendre Saint-Quentin jusqu'alors , parce abandonneraient le roi d'Angleterre aussitôt

qu'il aurait perdu toute considération en qu'ils auraient l'ait leurs aliaires; qu'enfin,

• .une, et qu'il aurait éé incapal si Edouard voulait, son maître enverrait des

igner personne au parti; mais que la ambassadeurs pour faire la paix a des

guerre allait commencer tout de bon, el que conditions qui contenteraient lui cl sou

roi d'Angleterre élail arrivé ; qu'il élait royaume,

prêt à fane ce qu'il voudrait. Sur ces paro- Ainsi Je valet exécuta prudemment ce que

les le loi et le duc s'avancèrent vers Sainl- le roi lui avait commandé; il lui rapporta

Quentin. aussi de bonnes paroles, et l'assura qu'il

Les Anglais s'attendaient qu'on sonnerait pouvait envoyer des ambassabeurs pour

k-5 cloches à leur année et qu'on vieil Irait la paix, quand il lui plairait.

Page 1