A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
Dieu est le Roi des rois : c'est à lui qu'il appartient de les instruire et de les régler comme ses ministres. Ecoutez donc, Monseigneur, les leçons qu'il* leur donne dans son Ecriture, et apprenez de lui les règles et les exemples sur lesquels ils doivent former leur conduite.
Outre les autres avantages de l'Ecriture, elle a encore celui-ci, qu'elle reprend l'histoire du monde dès sa première origine, et nous fait voir par ce moyen, mieux que toutes les autres histoires, les principes primitifs qui ont formé les empires.
Nulle histoire ne découvre mieux ce qu'il y a de bon et de mauvais dans le cœur humain ; ce qui soutient et ce qui renverse les royaumes; ce que peut la religion pour les établir, et l'impiété pour les détruire.
Les autres vertus et les autres vices trouvent aussi dans l'Ecriture leur caractère naturel, et on n'en voit nulle part, dans uns plus grande évidence, les véritables effets.
On y voit le gouvernement d'un peuple dont Dieu même a été le législateur ; les obus qu'il a réprimés et les lois qu'il a établies, qui comprennent la plus belle et la plus juste politique qui fut jamais.
Tout ce que Lacédemone, tout ce qu'Athènes, tout ce que Rome ; pour remonter à la source, tout ce que l'Egypte et les Etats les mieux policés ont eu de plus sage, n'est rien en comparaison de la sagesse qui est renfermée dans la loi de Dieu, d'où les autres lois ont puisé ce qu'elles ont de meilleur.
Aussi n'y eut-il jamais une plus belle
il U3IPLETF.S DE 150- .1.
n d'Etal que celle où vous verrez
le peuple de Dieu.
M us . qui le forma, élail instruit Je tout,'
ne el humaine dont un grand
■ 1 le génie peut Être orné, el l'inspira-
1 ne lit que porter à la dernière certitude
< t perfection, ce qu'avaient ébauché l'usage
<i les connaissances du plus sage de tous les
empires » t de ses plus grands ministres, tel
qu'était le patriarche Joseph, comme .lui,
inspiré (|i> Dieu.
Deux grands rois de ce peuple, David et Salomon, l'un guerrier, l'autre pacifique,
là à se rendre digues tic devenir citoyens du ciel.
Dieu enfin, par qui les rois régnent, n'oublie rien pour leur apprendre h bien régner. Les ministres des princes, et ceux qui ont part sous leur autorité au gouvernement des Etats et à l'administration de la justice, trouveront dans sa parole des leçons que Dieu seul pouvait leur donner. C'est une partie de la morale chrétienne que de former la magistrature par ses lois : Dieu a voulu tout décider, c'est-à-dire donner des décisions à tous les Etats ; à plus forte raihS deux excellents dans Part de régner, son à celui d'où dépendent tous les auvous en onneront non-seulement lesexem- très.
pies dans leur vie, mais encore les préceptes ; l'un dans ses divines poésies, l'autre, ..ans ses instructions que la sagesse éternelle lui a dictées.
Jésus-Christ vous apprendra, par Iui-
C'.est, Monseigneur, le plus grand fie tous les objets qu'on puisse proposer aux hommes, et ils ne peuvent être trop attentifs aux règles sur lesquelles ils seront jugés iar une sentence éternelle et irrévocable.
même et par ses a poires, tout ce qui fait les Ceux qui croient que la piété est un affai-
Etats heureux : son évangile rend les hom- blissement de la politique, seront confon-
mos d'autant plus propres à être bons ci- uus; et celle que vous. verrez est vraiment
ens sur la terre, qu'il leur apprend par divine.