‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 66 sur 458 · MES > OMPLETES HE BO · texte numérisé non relu

MES > OMPLETES HE BO

et sa grâce dif-

isler : une corde à trois cordons es! difb ,:i rompre, » [Ifref. iv, '.'. 10, 1 1, 12.1

On se console, on s'assiste, on se fort 1 lie fun l'autre. Dieu roulant établir la société, veut qu i chacun y trouve son bien, et y do-

>ure attaché par cet intérêt.

i -t pour juoi il a donné aux hommes divers talents. L'un esl propre à une chose ei l'autre ;'» une autre, afin qu'ifs puissent s (courir comme les membres du rorps et 'Iil1' l'union soit cimentée par ce . h mutuel. « Comme nous avons pln- - urs membres, tjui tons ensemble no t'ont qu'un seul & rps, et que les membres n'ont one même fonction ; ainsi nous ne mes tous ensemble qu'un seul corps en Jésus-Christ, et nous sommes tous membres les uns des autres. » (Rom. mi. 3-5 .) Chacun de nous a son don fére

« Le corps n'est pas un seul membre, mais plusieurs membres. Si le pied dit : Je ne suis pas la main, esl-i! pour cela retranché du corps î Si tout le corps était œil, où seraient l'ouïe et l'odorat? Mais maintenant Dieu a formé les membres, et les a mis chacun où il lui a plu. Que si tous les membres n'étaient qu'un seul membre, que deviendrait le corps? Mais dans l'ordre que Dieu a établi, s'il y a plusieurs membres, il n'y a qu'un corps. L'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai que l'aire de votre assistance; ni la tête ne peut pas dire aux pieds : Nous ne m'êtes pas nécessaires. Mais au contraire, lts membres qui paraissent les plus faibles pont ceux dont on a le plus de besoin. Et Dieu a ainsi accordé le corps, en suppléant par un membre ce qui manque à l'autre, afin qu'il n'y ait point de dissension dans le corps, et que les membres aient soin les uns des autres. » (I Cor. mi, 14 seq.)

Ainsi , par les talents différents, le fort a

ïsoin du faible, le grand du petit, chacun

éloigné de

ui ; parce

de ce qui parait le plus

que le besoin mutuel rapproche tout, et

rend tout nécessaire.

Jésus-Christ formant blit l'unité sur ce fondemen

Eglise, eu éla

, et nous montre quels sont les principes de la société hune.

Le monde môme subsiste par cette loi.

« Chaque partie a son usa^e et sa fonction : (t le tout s'entretient par le secours que s'enlre-donnenl toutes les parties. » ( Eccli, xlii, 25.)

Nous voyons donc la société humaine appuyée sur ces fondements inébranlables:

un même Dieu , un même objet, une môme fin, une origine commune, un même sang , un même intérêt, un besoin mutuel, tant pour les affaires que pour la douceur de la vie.

ARTICLE il.

De la société générale du genre humain naît la société civile, c'est-à-dire celle des Etats, des peuples et des nations.

PRr.MièiîE Propositiox. La société humaine a été daruite et violée par les passions. —

Dieu était le lion de la société humaine. Le premier homme s'étant séparé de Dieu, par

une juste punition Ifl division se mit dans sa

famille, et Caïn tua son frère Abel. ( Gen.

iv. S.)

Tout le penre humain fut divisé. Les enfants de Seth s'appelèrent les enfants de Dieu, et les enfants de Caïn s'appelèrent les enfants des hommes, (don. vi, 2.)

Ces deux raies ne s'allièrent que pour augmenter la corruption. Les géants naquirent de cette union, hommes connus dans l'Ecriture (Ibid., k ), et dans toute la tradition du genre humain, par leur injustice et leur violence.

«. Toutes les pensées de l'homme se tournent au mal en tout temps, et Dieu se repent de l'avoir fait. Noé seul trouve grâce devant lui (Gen. vi, 5, G, 8) ; » tant la corruption était générale.

Il est aisé de comprendre que cette perversité rend les hommes insociables. L'homme dominé par ses [lassions ne songe qu'à les contenter sans songer aux autres. « Je suis,» dit l'orgueilleux dans Isaïe ( Isa. xlvii, 8), « et il n'y a que moi sur la terre. »

Le langage de Caïn se répand partout.

« Est-ce à moi de garder mon frère? » (Gen. îv, 9) c'est-à-dire : Je n'en ai que faire, ni ire m'en soucie.

Toutes les liassions sont insatiables. « Le cruel ne se rassasie point de sang. » (Eccli. xii, 16.) « L'avare ne se remplit point d'argent. » (Eccle. v,9.)

Ainsi chacun veut tout pour soi. « Vous joignez, » dit Isaïe (Isa. v, 8), « maison à maison , et champ à champ. Voulez-vous habiter seuls sur la terre? »

La jalousie, si universelle parmi les hommes, fait voir combien est profonde la malignité de leur cœur. Notre frère ne nous nuit en rien, ne nous ôte rien; et il nous devient cependant un objet de haine , parce que seulement nous le voyons plus heureux, ou [dus, industrieux, et plus vertueux que nous. Abel plaît à Dieu par des moyens innocents, et Caïn ne le peut souffrir. « Dieu regarda Abel et ses présents, et ne regarda pas Caïn ni ses présents : et Caïn entra en tureur, et son visage changea. -»(Gcn. iv,5.) De là les trahisons et les meurtres. « Sortons dehors, dit Caïn; allons promener ensemble : et étant au milieu des champs, Caïn s'éleva contre son frère et le tua.» (Ibid., 8.)

Une pareille passion exposa Joseph à la fureur de ses frères, lorsque, loin de leur nuire il allait pour rapporter de leurs nouvelles à leur père qui en était en inquiétude. (Gen. xxxvii, 16, 17, etc.) « Ses frères, voyant que leur père l'aimait plus que tous les autres, le haïssaient, et ne pouvaient lui dire une parole de douceur. » (Ibid., k.) Celte rage les porta jusqu'à le vouloir tuer; et il n'y eut autre moyen de les détourner de ce tragique dessein , qu'en leur proposant de le vendre. (Ibid., 20, 26, 27, 28.)

Tant de passions insensées, et tant d'intérêts divers qui en naissent, font qu'il n'y

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