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ils obtenaient par leurs prières ce qu'ils ne pouvaient faire par les armes. Témoin la pluie obtenue par la légion fulminante, et le miracle attesté uar les lettres do Marc-Aurèle.
Il leur était défendu de causer du trouble, do renverser les idoles, de faire aucune violence : les règles de l'Eglise ue leur permettaient que d'attendre le coup en patience.
L'Eglise ne tenait pas pour martyrs ceux qui s'attiraient la mort par quelque violence semblable, et par un taux zèle. Il pouvait y avoir quelquefois des inspirations extraordinaires; mais ces exemples n'étaient pas suivis, comme étant au-dessus de l'ordre.
Nous voyons même, dans les Actes de quelques martyrs, qu'ils faisaient scrupule de maudire les dieux ; ils devaient reprendre l'erreur sans aucune parole emportée. Saint Paul et ses compagnons en avaient ainsi usé; et c'est ce qui faisait dire au secrétaire de la communauté d'Ephèse (Act.
xix, 37) : «Messieurs, il ne faut pas ainsi vous émouvoir. Vous avez ici amené ces hommes, qui n'ont commis aucun sacrilège, et qui n'ont point blasphémé votre déesse. » Ils ne faisaient point de scandale, el prêchaient la vérité sans altérer le repos public, autant qu'il était en eux.
Combien soumis et paisibles étaient les Chrétiens persécutés : ces paroles de Tertuilien l'expliquent admirablement (G) :
« Outre les ordres publics par lesquels nous sommes poursuivis, combien de fois le peuple nous attaque-t-il à coups de pierres, et met-il le ieu dans nos maisons dans la fureur des bacchanales ! On n'épargne pas les Chrétiens même après leur mort : on les arrache du repos de la sépulture et comme de l'asile do la mort. Et cependant quelle vengeance recevez-vous de gens si cruellement traités? ne pourrions-nous pas avec peu de flambeaux mettre le feu dans la ville, si parmi nous il était permis de faire le mal pour le mal? et quand nous voudrions agir en ennemis déclarés, manquerions-nous de troupes et d'armées? Les Maures, ou les Marcomans, et les Parlhes mêmes qui sont renfermés, dans leurs limites se trouverontils en plus grand nombre que nous, qui remplissons toute la terre? Il n'y a que peu de temps que nous paraissons dans le monde; et déjà nous remplissons vos villes, vos îles, vos châteaux, vos assemblées, vos camps, les tribus *les décuries, le palais, le sénat, le barreau, la place publique. Nous ne vous laissons que les temples seuls. A quelle guerre ne serions-nous pas disposés, quand nous serions en nombre inégal au vôtre, nous qui endurons si résolument la mort; n'était que notre doctrine nous prescrit plutôt d'être tués que de tuer? Nous pourrions même, sans prendre les armes et sans rébellion, vous punir en vous abandonnant; voire solitude et le silence du monde vous ferait horreur; les villes vous paraîtraient
là. TciiTii .., .\no> , n. 47.
(6) Tertll., Avol.} n. 34.
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