PART. XIII. TI1E0L. SOCIALE. — POLITIQUE TIKEE DE L'ECRITURE. LIV. II
r;of
mortes ; et vous seriez réduits, au milieu do voire empire, à cherches à qui commander. Il vous demeurerait plus d'ennemis que de citoyens; car vous avez maintenant moins d'ennemis, <t cuise de la multitude prodigieuse des Chrétiens. »
«Vous perdez, » dit-il encore (7), « en nous. perdant. Vous avez par notre moyen un nombre infini de gens, je ne dis pas qui prient pour vous, car vous ne le croyez pas, mais dont vous n'avez rien à craindre.»
il se glorifie avec raison que parmi tant d'attentats contre la personne sacrée des empereurs, il ne s'est jamais trouvé un seul Chrétien, malgré l'inhumanité dont on usait
sur eux tous. « Et en vérité, dit-il (8), s'appelle société civile, nous n'avons garde de rien entreprendre contre eux. Ceux dont Dieu a réglé les mœurs ne doivent pas seulement épargner les empereurs, niais encore tous les hommes. Nous sommes pour les empereurs tels que nous sommes pour nos voisins. Car il nous est également défendu de dire, ou de l'aire, ou de vouloir du mal à personne. Ce qui n'est point permis contre l'empereur n'est permis contre personne; ce qui n'est permis contre uersonne l'est encore moins sans
doute contre celui que Dieu a fait si grand.»
Voilà quels étaient les Chrétiens si indignement traités.
Conclusion. — Pourconclure tout ce livre, et le réduire en abrégé,
La société humaine peut être considérée en deux manières :
Ou en tant qu'elle embrasse tout le genre lumain, comme une grande famille;
Ou en tant qu'elle se réduit en nations, ou en peuples composés de plusieurs familles particulières, qui ont chacune leurs droits.
La société, considérée de ce dernier sens,
(7) Tertio», Apol., n. 43
Ou la peut définir, selon les choses qui ont été dites, société d'hommes unis ensemble sous le môme gouvernement et sous les mômes lois.
Parce gouvernement et ces lois, le repos et la vie ue tous les hommes est mise , autant qu'il se peut, en sûreté.
Quiconque donc n'ai. ne pas la société civile dont il fait partie, c'est-à-dire l'Etat où il est né, est ennemi de lui-môme et de tout le genre humain.
(8) Ibid., n. 56.