PART. XIII. T1IE0L. SOCIALE. - POLI
le donne à son pays. Mais au fond la vie d'Abraham était pastorale, son royaume était
sa famille; et il exerçait seulement, a l'exemple des premiers hommes, l'empire domestique et paternel.
IVe Prop. Jl s'établit pourtant bientôt des rois, ou par le consentement des peuples, ou par 1rs armes : où il est parlé du droit de conquête. — Ces deux manières d'établir les rois sont connues dans les histoires anciennes. C'est ainsi qu'Abiméleoh , fils de Gédé'on, fit consentir ceux do Sichem à le prendre pour leur souverain. « Lequel aimez-vous mieux, » leur dit-il (Jud. ix, 2, 3), « ou d'avoir pour maître soixante etdix hommes, enfants de Jérobaal, ou de n'en avoir qu'un seul, qui encore est de votre ville et de votre parenté : et ceux de Sichem tournèrent leur cœur vers Abimélech. »
C'est ainsi que le peuple de Dieu demanda, de lui-même, un roi pour le juger. (/ Rey. vin, 5.)
Le même peuple transmit toute l'autorité de la nation à Simon , et à sa postérité. L'acte en est dressé au nom des prêtres, de tout le peuple, des grands, et des sénateurs, qui consentirent à le faire prince. (I Mach. xiv, 28, 41.)
Nous voyons, dans Hérodote, que Déjocès fut roi des Modes de la même manière.
Pour les rois par conquêtes, tout le monde en sait les exemples.
Au reste, il est certain qu'on voit des rois de bonne heure dans le monde. On voit, du temps d'Abraham, c'est-à-dire quatre cents ans environ après le déluge, des royaumes déjà formés et établis de longtemps. On voit premièrement quatre rois qui fout la guerre contre cinq. (Gen. xiv, 1, 9.) On voit Melchisédech, roi de Salem, pontife du Dieu très-haut, à qui Abraham donne la dîme. (lbid., 18, 20.) On voit Pharaon, roi d'Egypte, et Abimélech, roi de Gérare. (Gen. xn, 15; xx, 2.) Un autre Abimélech, aussi roi de Gérare, paraît du temps d'Isaac [Gen. xx i, 1); et ce nom apparemment était commun aux rois de ce pays-là, comme celui de Pharaon aux lois d'Egypte.
Tous ces rois paraissent bien autorisés ; on leur voit des officiers réglés, une cour, des grands qui les environnent, uni' armée et un chef des armes pour la commander (Gen. xn, 15; xxi, 22), une puissance affermie. «Qui touchera, dit Abimélech (Gen.
xxvi, 11), la femme de cet homme, il mourra de mort. »
Les hommes qui avaient vu, ainsi qu'il a été dit, une image de royaume dans l'union de plusieurs familles, sous la conduite d un père commun, et qui avaient trouvé de la douceur dans cette vie, se portèrent aisément à faire des sociétés de familles sous des rois qui leur tinssent lieu de père.
C'est pour cela apparemment q e les anciens peuples de la Palestine appelaient leurs rois Abimélech, c'est-à-dire Mon père le roi. Les sujets se tenaient tous comme des enfants du prince; et chacun l'appelant