‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 82 sur 458 · IQUE TIREE DE L'ECRITURE. LIV. IV · texte numérisé non relu

IQUE TIREE DE L'ECRITURE. LIV. IV

Tout cela fait connaître qu'il n'y a point de puissance, si on n'est premièrement

puissant sur soi-même; ni de fermeté véritable, si on n'est premièrement ferme contre ses propres passions.

« Il faut souhaiter, dit saint Augustin, (20) d'avoir une volonté droite, avant que de souhaiter d'avoir une grande puissance.»

IVe Prop. La crainte de Dieu est le vrai contre-poids de la puissance: le prince te craint d'autant plus qu'il ne doit craindre que lui. — Pour établir solidement le repos public, et affermir un Etat, nous avons vu que le prince a dû recevoir une puissance indépendante de toute autre puissance qui soit sur la terre. Mais il ne faut pas pour cela qu'il s'oublie, ni qu'il s'emporte, puisque moins il a de compte à rendre aux hommes, plus il a de compte à rendre à Dieu.

Les méchants, qui n'ont rien à craindre des hommes, sont d'autant plus malheureux, qu'ils sont réservés comme Caïn à la vengeance divine.

'< Dieu mit un signe sur Caïn, afin que personne ne le tuât. » ( Gen. iv, 15.) Ce n'est pas qu'il pardonnât à ce parricide; mais il fallait une main divine pour le punir comme il méritait.

Il traite les rois avec les mêmes rigueurs. L'impunité à l'égard des hommes les soumet à des peines plus terribles devant Dieu. Nous avons vu que la primauté de leur état leur attire une primauté dans les supplices. « La miséricorde est pour les petits; mais les puissants seront puissamment tourmentés : aux plus grands est préparé an plus grand tourment. » (Sap. vi, 6, 7, 9.)

Considérez comme Dieu les frappe dès cette vie. Voyez comme il traite un A chah ; comme il traite un Antiochus; comme il traite un Nabuchodonosor , qu'il relègue parmi les bêtes; un Bal lassa r, à qui il dénonce sa mort et la ruine de son royaume, au milieu d'une grande fête qu'il faisait à toute sa cour; enfin, comme il traite tant de méchants rois : il n'épargne pas la grandeur; mais plutôt il la fait servir d'exemple.

Que ne f ra-t-il point contre les rois impénitents, s'il traite si rudement David humilié devant lui, qui lui demande pardon ! « Pourquoi as-tu méprisé ma parole, et a>tu fait le mal devant mes yeux? Tu as tué Urie par le glaive des enfants d À m mon ; lu lui as ravi sa femme. Le glaive s'attachera à ta maison à jamais, parce que lu m'as méprisé. Et voici ce que dit le Seigneur : Je susciterai contre toi ton propre (ils : je le ravirai tes femmes, et les donnerai à un autre qui en abusera publiquement, et à la lumière du soleil. Tu l'as fait en secret, et tu as cru pouvoir cacher ton crime; et m< 1 j'en ferai le châtiment à la vue de loul lu peuple, et devant le soleil : parce que lu as fait blasphémer les ennemis du Seigneur. » [Il lieg. xii, Oseq.) Dieu le fil comme il l'avait dit, et il n'est

VUES COMPLETES 01 V

~-;:i!iv d • rapporter ici la révolte », tb&aloo et toutes ses suites.

i - châtiments l'ont trembler. Mais tout

ce que Dieu exerce de rigueur et de veu-

u. .m. e sur la terre, n'est qu'une ombre à

uparaison des rigueurs du siècle futur.

. C'est une chose horrible de tomber entre les mains du Dieu vivant. » [Bebr. \, 81.)

Il vit éternellement ; sa colère est implacable*, et toujours vivante; sa puissance est invincible ; il n'oublie jamais ; il ne se lasse jamais; rien ne lui échappe.

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