PATIT. XIII. THEOL. SOCIALE. - POLI
choses .
fio'il .--0 faut accoutumer «Je bonne
heure.
Il faut donc, premièrement, savoir se résoudre. Ecouter, s'informer, prendre conseil, choisir son conseil; et toutes les autres choses que nous avons vues ne' sont que pour celle- ci, c'est-à-dire pour se résoudre.
n 11 ne faut donc point être de ceux qui, à force d'écouter, de chercher, de délibérer, se confondent dans leurs pensées et ne savent à quoi se déterminer : gens de grandes délibérations et de grandes propositions, mais de nulle exécution. A la fin tout leur manquera.
« Où il y a beaucoup de discours, beaucoup de propositions, de raisonnements infinis, la pauvreté y sera. L'abondance est dans l'ouvrage. » (Prov. xiv, 23.) Il faut conclure et agir.
« Ne soyez pas prompt à parler, et languissant à faire.» (Eccli. iv, 34.) Ne soyez point de ces discoureurs qui ont à la bouche de belles maximes, dont ils ne savent pas faire l'application; et de beaux raisonnements politiques, dont ils ne font aucun usage. Prenez votre parti, et tournez-vous à l'action.
« Ne soyez donc point trop juste ni trop sage, de peur qu'à la fin vous ne soyez comme un stupide (Eccle. vu, 17), m immobile dans l'action, incapable de prendre un dessein.
Cet homme trop juste et trop sage est un homme qui, par faiblesse, et pour ne pouvoir se résoudre, fait scrupule de tout, et trouve des difficultés infinies en toutes choses.
11 y a un certain sens droit qui fait qu'on prend son parti nettement. « Dieu a fait l'homme droit, et il s'est embarrassé de questions infinies. » (Ibid., 30.) Il reste à notre nature, même après sa chute, quelque chose de cette droiture: c'est par là qu'il faut se résoudre, et ne point toujours s'abandonner à de nouveaux doutes.
« Qui observe le vent ne sèmera point ; qui considère les nuées ne fera jamais sa moisson. » (Eccle. xi, k.) Qui veut trop s'assurer et trop prévoir ne fera rien.
Il n'est pas donné aux hommes de trouver l'assurance entière dans leurs conseils et
TIQUE TIREE DH L'ECRITURE. LlV. V.
ilnns leurs affaires. Après avoir raisonnablement considéré les choses, il faut prendre le meilleur parti, et abandonner le surplus à la Providence.
Au reste, quand on a vu clair et qu'on s'est déterminé par des raisons solides, il ne faut pas aisément changer. Nous l'avons déjà vu. « Ne tournez pas à tout rent, et ne marchez point en toute voie. Le pécheur (celui qui se conduit mal) a une double langue. » {Eccli. v, 11.) Il dit et se dédit :il résout d'une façon , et exécute de l'autre. « Soyez ferme dans votre intelligence, et que votre discours soit un. » (Ibid., 12, sec. LXX.)
Quand je dis qu'il faut savoir prendre sa résolution, c'est-à-dire qu'il la faut prendrv par soi - même : autrement , nous ne la prenons pas, on nous la donne; ce n'est pas nous qui nous tournons , on nous tourne.
Revenons toujours à cette pnrole de David à Salomon (III Reg. h, 3) : « Prenez garde, mon fils, que vous entendiez tout ce que vous faites; et de quel côté vous aurez à vous tourner. »
'< Le sage entend ses voies. » (Prov. nv, 8 ) Il a son but, il a ses desseins, il regarde si les moyens qu'on lui propose vont à sa fin. « L'imprudence des fous est errante. » Faute d'avoir un but arrêté, ils ne savent où aller, et ils vont comme on les pousse.
Qui se laisse ainsi mener, ne voit rien; c'est un aveugle qui suit son guide.
« Que vos yeux précèdent vos pas, » nous a déjà dit le Sage. (Prov. iv, 25.) Vos yeux, et non ceux des autres. Faites-vous tout expliquer ; faites - vous tout dire : ouvrez les yeux et marchez: n'avancez que par raison.
Ecoutez donc vos amis, et vos conseillers; mais ne vous abandonnez pas à eux. Le con sei! de Y Ecclésiastique (vi, 13) est admirable : « Séparez-vous de vos ennemis , prenez garde à vos amis. » Prenez gard<* qu'ils ne se trompent : prenez garde qu'ils ne vous trompent.
Que si vous suivez à l'aveugle quelqu'un qui aura l'adresse de vous prendre par voire faible, et de s'emparer de votre esprit, ce ne sera pas vous qui régnerez : ce sera votre serviteur et votre ministre (21). Et ce que
(21) Voici les leçons qu'un des instituteurs de Louis XVI donnait à ce prince, sur le sujet que traite ici Bos-uei : « Lorsque nous restons dans la roule où la Providence elle-même nous a placés, nous devons rompter sur son assistance ; car, dès que c'est elle qui veut que nous soyons dans celle roule, il est de sa justice comme de sa bonté de nous accorder les secours qui nous sont nécessaires, pour que nous y marchions au gré de sa ■volonté. Ainsi, vous èles appelé par la Providence à régner. Tant que vous régnerez par vous-même, vous êtes en droit de lui demander, et vous pouvez être certain d'en obtenir touies le» lumières, tous les moyens dont vous aurez besoin pour bien régner. Mais si ce sont des favoris ou dos ministres, ou la majorité, ou même l'unanimité d'un conseil qui foui tout dans votre royaume, alors ce n'est plus vous qui régnez; alors vous voilà hors de la mule
OEuvnFS GOMPL. DE Bossuet. XI.
où la Providence vous avait placé; alors elle ne vous doit plu» rien. Ce serait une véritable impiété de lui demander de vous aider à bien régner, quand, contre sa volonté, vous refusez de régner. Sans doute, vous ne pouvez pas tout provenir, loui connaître, to t savoir; aussi aurez-vous un conseil: consultez-en les membres ; mais souvenez-vous qu'aucun d'eux n'est roi, que c'est vous qui l'êtes, que tout doit roulor sur voire tôle. Lors donc <|iie vous aurez appris ce que vous pensiez ne pas savoir; lorsque vous aurez lecueilh les lumières que vos pensiez vous manquer : prononcez, décidez en roi, voire opinion fùi-elle contraire à celle de tous<ç ei soyez sûr que la Providence sera de votre côto. > Elotjc du P. Berthier, par Montjoyk ; Paris, do l'Imprimerie royale, 1817, p. 99 et sutv. (Edition de Versailles.)
i 3 DE BOÏ i . .
Ju le Sa. • \ - i i ira : « Trois choses i : •. t lerre : la premièi e est un serviteur qui règne. >• (f*ro©. xxx, SI, 22.)
Dans quelle réputation s'était nais ce w i . donl il est ci rit dans tes Actes \ ;. fe : ■ il. i ' i! en r.il.'-ro con-
tre les Ijriens el les Sidoniens : ils «rincent a lai tous ensemble; et, avant cagné Blastus, n iiu roi, ils obtinrent ce qu'ils voulurent. »
On rient au prince par cérémonie, on effet ou traite arec le ministre. Le prince a -, le ministre a l'autorité effcc- Ure.
On rougit encore pour Assuérus, roi de Perse, quand on lit dans l'iii.Moire la facilité avec laquelle il se laisse mener par Aman, von favori. (Entier m, 8.)
« Etablissez- vous donc un conseil en votre cœur : car tous n'en trouverez point de plus fidèle. L'esprit d'un homme attentif à ses affaires lui rapporte pins de nouvelles que sept sentinelles posées doras des lieux emineiits.» (Ecdi. xxxvii, H, 48, sec. LXX.) Ol ne peut trop vous répéter ce conseil du Sage.
11 est malaisé dans votre jeunesse que
néral toutes les finesses qui usent de mauvais moyens.
Elles no manquent jamais d'embarrasser celui qui P'eil sert. « Qui marche droitement se sauvera; qui cherche les voies détournées tombera dans quelqu'une, » dit le plus sage des rois. (Prov. xxvm, 18 )
Il n'y a rien qui se découvre plus tôt que les mauvaises ("messes. « Celui qui marche simplement marche en assurance : celui qui pervertit .ses voies sera bientôt découvert. » {Prov. x, 9.)
Le trompeur ne manque jamais d'être le premier trompé. c< Les voies du méchant le tromperont : le trompeur ne gagnera rien. » (Prov. mi, 20, 27.) Et encore : « Qui creuse une fosse tombera dedans : qui rompt une haie, un serpent le mord. » [Eccle. x, 8.)
Ecoulez la vive peinture que nous fait le e, du fourbe et de l'imposteur (Prov. vi, 12-13) : « Le fourbe et l'infidèle a des paroles trompeuses; il cligne les yeux; il marche sur les pieds; il fait signe des doigts » (il a des intelligences secrètes av^c tout le momie) ; « son cœur perverti machine toujours quelques tromperies; il fait mille querellés, el brouille les meilleurs amis. Il périra bien-
vous ne croyiez quelqu'un; car l'expérience- tôt; une chute précipitée le brisera, et il n'y manque dans cet âge : les passions y sont aura plus de remède. »
trop impétueuses ; les délibérations y sont trop promptes. Mais si vous voulez devenir bientôt capable d'agir-par vous-même, croyez de telle manière que vous vous fassiez expliquer les liaisons de tout; accoulumezvuiis à goûter les bonnes. « Faites-vous instruire dans votre jeunesse, et jusqu'aux cheveux blancs votre sagesse croîtra. » (Eccli. vi, 18.)
Et remarquez ici que la véritable sagesse doit touiours croître; mais elle doit coinmençer par la docilité. C'est pourquoi nous avons ouï Salomou au commencement de son règne, et dans sa première jeunesse, demander un cœur docile. Et le livre de la Sagesse lui lad cire : « J'étais un enfant ingénieux , et j'avais eu en partage une bonne âme (Sap. vm, 19); » c'est-à-dire portée au bien, et capable de prendre conseil.
Il parvint en peu de temps, par ce moyen, au pius haut degré de sagesse. Il vous en arrivera autant. Si vous écoutez au commencement, bientôt vous mériterez qu'on vous C-^eute. Si vous êtes quel jue temps docile, vous deviendrez bientôt maître et docteur.
IX' Proi\ Neuvième moyen : éviter les mauvaises finesses. - Kous en avons déjà vu une belle idée dans ces mots de l'Ecclésiastique ( xxxvn , 17, 21-23; sec.
LXX) : '( Il y a des hommes rusés et artificieux, qui se mêlent d'enseigner les autres, et qui sont inutiles à eux-mêmes; il y a des ndfineurs odieux dans leurs discours, et à qui tout iranque. >, A force de raffiner, ils sortent du bon sens, et tout leur échappé.
Ce que j'appelle ici mauvaises finesses, ce ne sont pas seulement les linesses grossières ou ks raifincrnenls trop subtils, mais en gé-
Si une telle conduite est odieuse dans les particuliers, combien plus est-elle indigne du prince, qui est le protecteur de la bonne loi I
Souvenez-vous de celte parole vraiment noble et vraiment royale du roi Jean, qui, sollicité de violer un "traité, répondit : « Si la bonne foi était pêne par toute la lerre, elle devrait se retrouver dans lé cœur et dans la bouche des rois. »
« Les méchants sont abominables aux rois; les trônes sont affermis par la justice. Les lèvres justes sont les délices des rois ; qui parle sincèrement en sera aimé. » (Prov. xvi, \% 13.)
Xe l'i'.op. Modèle de la finesse, et de la sagesse véritable, dans la conduite de Saïtl et de David : pow servir de preuve ci d'exemple à la proposition précédente . — Nous pouvons connaître la diîférenee des sages véritables d'avec les trompeurs, par l'exemplede s3aul et de David.
Les commencements de Saiïl sont ma tiques : il craignait le fardeau de la royauté; il était caché dans sa maison, et à peine lo put-on trouver quand on l'élut. (JRcg.x, 21 seq.; xi, o.j Après son élection, il y vivait dans la même simplicité, et appliqué aux mêmes travaux qu'auparavant. Le besoin de l'état l'oblige à user d'autorité ; il se fait obéir par son peuple : il défait les ennemis, son cœur s'enile ; il oublie Dieu. (I Reg. xi-xv.)
La jalousie s'empare de son esprit. 11 avait aimé David (1 Reg. xvi, 21) : il ne le peut plus souffrir, après que ses services lui ont acquis beaucoup de gloire. Il n'ose chasser de la cour un si grand homme, de peur de fane crier contre lui-même ; mais il l'éloigné, sous prétexte de lui donner un corn-
!;V) PART. XIII. THEGL. SOCIALE. - POLITIQUE TIREE M: L'ECRIT! i:'. L1V. V.
mandement considérable. (/ Reg. xvm, 7- Que d'arfiGces, que de précautions,
9, 13, oie) Par là il lui fiait trouver les de dissimulations, que d accusations m-
rooj«ens d'augmenter sa réputation, et de lui justes! .Mais que d'prdres précis donnés,
rendre de nouveaux services. et avec combien d'attention et de vigi-
Enfin, ce prince jaloux se résout a perdre lance I Tout cela pour opprimer un si
David, ot il ne voit pas qu'il perd lui-même fidèle.
le meilleur serviteur qu'il ait dans tout son Voilà ce qui s'appelle des finesses perni-
royaume. Sa jalousie lui fournil de noirs ar- ciouses. Mais nous allons voir eu David une
fi fiées dans ce dessein. «Il lui promet sa sagesse véritable.
fille; mais afin qu'elle lui soit une occasion Plus Saùl tâchait, on le flattant, de faire
de ruine. I! lui fait dire par ses courtisans î qu'il s'oubliât lui-même, et s'emportât à
Vous plaisez au roi, et tous ses ministres vous paroles orgueilleuses; plus sa modestie na-
aiment(/JRetf.xviif,2i, 22) ;» mais tout cela turelle lui en inspirait de respectueuses-
pour le perdre. Sous prétexte de lui faire «Qui suis-je, et de quelle importance e»l
honneur, ilî'exuose à des occasions hasar- ma vie? quelle est ma parente en Israël,
deuses, et l'engage dans des périls presque afin que je puisse espérer d'être le gendre
inévitables. Vous serez mon gendre, dit-il, du roi »? (1 Reg. xvm, 18.) Et encore : «Vous
si vous tuez cent Philistins. David le fit, et semble-t-il que ce soit peu de chose, que
Saùl lui donna sa fille. Mais il vit que le d'être le gendre du roi? Pour moi, je suis
Seigneur était avec David : il le craignit, et un homme pauvre, et ma fortune est basse.»
il le haït toute sa vie. (Ibid., 25-29.) (Ibid., 23.)
Son lils Jonathas, qui aimait David, fit ce ^ Il ne se défendit jamais des maLi
qu'il put pour apaiser son père jaloux. Saiil Saul par aucune voie violente. Il ne se .•■■
dissimule, et trompe son propre fils pour dail .redoutable que par sa prudence, qui lui
mieux tromper David. Il lofait revenir à la faisait tout prévoir, il agissait prudemment
cour. David se signale par de nouvelles vie- dans toutes ses voies, et le Seigneur 0!;;i'.
toires ; et la jalousie transporte de nouveau avec lui. Saul vit qu'il était prudent, et il h?
Saùl. Pendant que David jouait de la lyre craignait. (Ibid., IV, 15.) devant lui, il le veut percer de sa lance. Da- Il avait dos adresses innocentes, pour
vid s'enfuit, et il est contraint de se dérober échapper des mains d'un ennemi si artifi-
de la cour. [IReg. xix.) deux et si puissant. Il se faisait des
Saiil le rappelle par de nouvelles caresses, secrètement par une fenêtre: et les salelliu s
et lui tend toujours de nouveaux pièges, de Saiil ne trouvaient dans son lit, où i s
David s'enfuit de nouveau. (/ Reg. xx.) le cherchaient, qu'une statue bien converti
Le malheureux roi, qui voyait la gloire qui lui avait servi à dérober sa fuite à sos
de David s'augmenter toujours, et que ses domestiques, (I Reg. \i\, il, 12.) serviteurs, jusqu'à ses propres parents, et S'il se servait de sa prudence pour se
son fils môme, aimaient un homme en effet précautionner contre la jalousie du ro», ii
si accompli, leur parla en ces termes (I Reg. s'en servait encore plus contre li>* ennemis
xx«, 7, 8) : « Ecoutez, enfants de Jémini (il de l'Etat. «. Quand les Philistins marchaient
était lui même de cette race) : est-ce le (ils on campagne, David les observait mieux qu,«
d'Isaï qui vous donnera des champs et des tous les autres capitaines.de Saùl ; et son nom
vignes, ou qui vous feia capitaines et gêné- se rendait célèbre. »(/ Reg. xvui, 18.) raux des armées? Pourquoi avez-vous Ions Comme il était bon ami et reconnaissant,
conjuré contre moi, et que personne ne il se fit des amis fidèles qui ne le trompèrent
m'avertit où est le lils d'Isaï, avec qui mon jamais. Samuel lui donna retraite dans Ui
propre fils est lié d'amitié? Aucun de vous maison des prophètes. {I Reg. xix, ;
n'a pitié de moi, »>i ne m'avertit de ce qui Achimélech, le grand prêtre, ayant été fuo
se passe. On aime mieux servir mon sujet pour avoir servi David innocemment, il
rebelle, qui fait de continuelles entreprises sauva son fils Abiathar : « Demeurez a\
contre ma vie. » moi, lui dit-il, j'aurai le menu- soin de voira
Il ne pouvait parler plus arlificieusement, vie que de la mienne, ot nous nous sauvepou r intéresser tous ses serviteurs dans la rons tous deux ensemble, n (i Reg. xxu, 2. perle de David. Il trouve dos 'flatteurs qui Abiathar, gagné par un traitement si hoi:enlrent dans ses injustes desseins. David, nêle, ne manqua jamais à David. très-fidèle au roi, est traité comme un en- Son habileté et sa vertu lui gagnèrent U muni public. « Les Ziphéens vinrent avertir lement Jonathas fils de Saùl, que, loin Saùl que David était caché parmi eux dans vouloir entrer dans les desseins sanguiuue forêt. Et Saùl leur dit: Bénis soyez-vous naires du roi son père, il n'oublia jamais de par le Seigneur, vous qui avez seuls dé- lien pour sauver David. (/ Reg . xix, x ploré mon sort. Ailez, préparez tout avec En quoi il rend il se ï à Saùl même, qu'il soin; n'épargnez pas vos peines : recher- empêchait de tremper ses mains dans le sang chez curieusement où ii est, et qui l'aura innocent.
vu. Car c'est un homme rusé, qui sait bien Quoiqu'il sût que Jonathas ne le trompait
que je le hais. Pénétrez toutes ses retraites, pas, comme il connaissait mieux Saùl que
rapportez-moi des nouvelles certaines, afin lui, il ne se reposait pas tout à fait sur les
que j'aille avec vous. Fût-il caché dzu* la assurances que lui donnait son ami. « Jona-
terre, je l'en tirerai, et je le poursuivrai dans thas lui dit [J Reg. xx, 2, S) : Vous ne raour-
toui le pays de Juda.» [I Reg. xxui, 19-23.) rez point; mon père ne fera ni grande ni
petite chose, qu'il ne me la découvre; m 'aurait-il caché ce seu in? cela ne sera pas. Hais David lui dit : Voire père sait que vous m'honorei de rotre bienveillance , et il dit en lui-même : Je De me découvrirai al à lonathas, de \ eur de le contrister. Vive le Seigneur I et vive votre ftmel il ri " v a qu'un petit espa e entre moi et la mort. ■
Afin donc de ne se point tromper dans li - dess ii - de Saul, il donna des moyens h lonathas pour les découvrir ; et ils convinrent entre eux d'un signal, que Jonalhas donnerait a David dans le péril. [I Reg. \x, 5, 6. 20-22
i .une il vit qu'il n'y avait rien à espérer de Saùî, il pourvut a la sûreté de son père cl de sa mère, qu'il mit entre les mains du roi de Moab : •« jusqu'à ce que je sache, dit-il (/ Reg. xxn, 3, \), ce que Dieu aura ordonné de moi. » Voilà un homme qu-i pense à tout, et qui choisit bien ses protecteurs. Car le roi de Moab ne le trompa point. Far ce moyen, il n'eut plus à penser qu'à lui-môme. El il n'y a rien de plus industrieux ni de plus innocent que fut alors toute sa conduite.
Contraint de se réfugier dans les terres d'Acbis, roi des Philistins, les satrapes vinrent dire au roi: «Voilà David, ce grand homme qui a défait tant de Philistins.» (IReg. xxi, 21 seq.) David lit réflexion sur ces discours, et sut si bien faire l'insensé, qu'Achis, au lieu de le craindre et de l'arrêter, le lit chasser de sa présence, et lui donna moyen de se sauver.
Environné trois à quatre fois par toute l'armée de Saul, il trouve moyen de se dé- $er, et d'avoir deux t'ois Saiil entre ses mains. (/ Reg. xxiv, xxvi.j
Alors se vérifia ce que David a lui-même si souvent chanté dans ses Psaumes (Psal. ?H, 16; ix, 10 seq.) : «Le méchant est tombé dans la fosse qu'il a creusée : il a été pris dans les lacets qu'il a tendus. »
Quand ce fidèle sujet se vit maître de la vie de son roi, il n'en lira autre avantage que celui de lui faire connaître combien profondément il le respectait, et de confonure les calomnies de ses ennemis. «Il lui cria de loin (/ Reg. xxiv, 9-16) : Mon seigneur et mon roi, pourquoi é:*outez-vous les paroles des méchants qui vous disent : David attente contre votre vie? Ne voyezvous pas vous-même que le Seigneur vous amis entre mes mains? Et j'ai dit: A Dieu i»e plaise que j'étende ma main sur l'oint du Seigneur 1 Reconnaissez donc, ô mon roi ! quf je n'ai manqué en rien à ce que je vous dois. C'est vous qui voulez me perdre. Que le Seigneur juge entre vous et moi, et qu'il me fasse justice quand il lui plaira. Mais à Dieu ne plaise que ma main attente sur votre personnel Contre qui vous acharnez- vous, roi d'Israël? contre qui vousacharnez-vous? contre un chien mort, contre un ver de terre ! Que le Seigneur soit juge entre vous et moi, et qu'il protège nia cause et me délivre de vos mains. »
Par celte sage et irréprochable conduite,
il contraignait son ennemi à reconnaître sa faute. « vous êtes plus juste que moi, lui dit Saul.» (/6id., 18.)
La colère de ce roi injuste ne s'apaisa pas pour cela. « David, toujours poursuivi, dit en lui-même (/ Reg. xxyii, 1) : Je tomberai un jour entre les mains de Saiil, il vaut mieux que je me sauve en la terre des Philistins; et que Saiil, désespérant de me trouver dans le royaume d'Israël, se tienne en repos. »
EnGn il lit son traité avec Achis, roi de (ieth;etse ménagea tellement, que sans jamais rien faire contre son roi et contre son peuple, il s'entretint toujours dans les bonnes grâces d'Achis. (I Reg. xxvn, xxvm.)
Vous voyez Saiil et David tous deux avisés et habiles, mais d'une manière bien différente. D'un côté, uneinlenlion perverse; de l'autre, uneinlenlion droite. D'un côté, Saiil, un grand roi, qui, ne donnant nulles bornes à sa malice, emploie tout sans réserve pour perdre un bon serviteur dont il est jaloux ; de l'autre côté, David, un particulier abandonné et trahi, se fait une nécessité de ne se défendre que par les moyens licites, sans manquera ce qu'il doit à son prince et à son pays. Et cependant la sagesse véritable, renfermée dans des bornes si étroites, est supérieure à la fausse, qui n'oublie rien pour se satisfaire.
ARTICLE III
D?s curiosités et connaissant es dangereuses, ei delà confiance qu'on doit mettre en Dieu.
Première Proposition. Le prince doit éviter les consultations curieuses et superstitieuses. — Telles sont les consultations des devins et des astrologues : chose que l'ambition et la faiblesse des grands leur fait si souvent rechercher.
«Qu'il ne se trouve personne parmi vous qui consulte les devins, ni qui croie aux songes et aur augures. QuUl n'y ait ni enchanteur, ni devin, ni aucun qui se mêle d'évoquer les morts. Le Seigneur a toutes ces choses en exécration. 11 a détruit, pour ces crimes, les peuples qu'il a livrés entre vos mains. Soyez parfaits ei sans tache devant le Seigneur votre Dieu. Les nations que vous détruirez écoutent les devins et ceux qui tirent des augures. Mais pour vous, vous avez été instruits autrement par le Seigneur votre Dieu. Il veut que vous ne sachiez la vérité que par lui seul : et s'il ne veut pas vous la découvrir, il n'y a qu'à s'abandonner à sa providence. » (Deut. xvm,
Les astrologues sont compris dans ces malédictions de Dieu. Voici comme il parle aux Chaldéens, inventeurs de l'astrologie, en laquelle ils se glorifiaient (Jerem. l, 35- 37) : « Le glaive de Dieu sur les Chaldéens, dit le Seigneur, et sur les habitants de Babylone ; surjeurs princes et sur leurs sages. Le glaive dvDieu sur leurs devins qui