‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 9 sur 458 · PART. XII. ÏHEOL. HISTORIQUE. - II. IHST. DE FRANCE. UV. XII · texte numérisé non relu

PART. XII. ÏHEOL. HISTORIQUE. - II. IHST. DE FRANCE. UV. XII

d'ouvrir tous les paquets adressés an roi.

Dans le premier qu'il ouvrit, il apprit la mort du duc : en approchant d'Abbeville, il trouva cette place disposée à se soumettre. (I alla ensuite à Arras, qu'il invita a se i èndre ; les habitants répondirent avec beaucoup de respect qu'ils étaient à la duchesse Mine, fille de leur duc, et qu'il n'en était as d'eux comme de ceux d'Abbeville et es autres places de Somme ou du comté de ! onlhieu, qui devaient retourner au roi par le traité d'Arras, faute d'hoirs mâles, au lieu que la Flandre et l'Artois pouvaient être tenus par des filles; témoin Marguerite, fille et héritière de Louis, comte de Flandre» qui nvait apporté en dot ces pays à Philippe le Hardi et à la maison de Bourgogne.

Comines rendit compte de cette réponse h Jean de Rohan, amiral de France, qui commandait pour le roi dans ces quartiers.

Louis, naturellement actif et vigilant, n'eut pas plutôt appris la mort du duc, qu'il résolut d'aller en personne sur la frontière, croyant que sa présence avancerait les affaires. En effet, Ham, Bohain, Saint-Quentin et Péronne se rendirent aussitôt. ïl avait pris le dessein de réduire sous sa puissance tous les Etals de la maison de Bourgogne, et d'en dépouiller l'héritière. Pour cela, il prétendat mettre sous sa main la Bourgogne, la Flandre et l'Artois, dépendant de la couronne, et partager entre les princes d'Allemagne les terres qui relevaient de l'empire.

Le dessein était bien conçu, mais il n'était pas assez fondé sur la justice; car, excepté lès places de Somme et du comtédePonthieu, et le duché de Bourgogne, qui, ayant été donné à Philippe le Hardi comme un apanage de fils de France, devait retourner à Ja couronne, faute d'hoirs mâles, le reste appartenait légitimement à la fille du duc de Bourgogne : ainsi le roi eût mieux fait de ménager cette affaire par un mariage, ce qui lui était aisé.

Il avait dit souvent, du vivant du duc, que si ce prince venait à mourir, il marierait le Dauphin avec sa fille; mais il changea de langage aussitôt après sa mort, soit qu'il eût conçu d'autres desseins, ou qu'il vit la chose impossible, à cause que le Dauphin n'avait que neuf ans et que la princesse en avait plus de vingt : aussi la dame d'honneur de la princesse disait-elle qu'elle avait besoin d'un homme et non d'un enfant, parole qui fut mal interprétée; et son intention était de dire, que l'Etat ébranlé avaitbesoin d'un homme fait pour le rétablir.

Le roi eût pu la marier avec le comte d'Angoulème, père de François 1", roi de France; car la princesse désirait avec ardeur, ou le Dauphin, ou quelque autre prince de France, touchée ou de l'éclat do cette auguste maison dont elle était sortie, ou de quelque autre raison particulière; mais le roi ne voulut jamais ce mariage, parce qu'il craignit qu'il n'arrivât le môme inconvénient où la France était tombée par l'excessive puissance de la maison de Bourgogne joint que ce prince vindicatif, par la

haine qu'il avait contre celle maison, qui avait fait tant de maux a lui cl à l'Etat, ne songeait qu'à la ruiner de fond en comble.

Il commença ses pratiques par ceux de Gand, dont il connaissait l'humeur : c'étaient des peuples toujours portés <}i la révoile, qui aimaient l'abaissement "le leurs princes, et avaient un chagrin particulier contre la maison de Bourgogne, sous laquelle ils avaient perdu leurs privilèges.

Il destina à cette ambassade Olivier le Daim, son barbier, homme fort peu capable et indigne d'un si grand emploi; mais le roi en était entêté. Olivier faisait le grand seigneur, et se faisait appeler comte de Meulan, parce qu'il était capitaine de cette ville. Son ordre était de proposer à la princesse de se mettre entre ses mains durant les troubles, promettant de rendre aux Gantois tous leurs privilèges.

A l'audience qu'il eut de la princesse, en présence de son conseil, on lui demanda ses lettres de créance; il refusa de les montrer, et répondit qu'il avait ordre de ne parler qu'à la princesse seule. Elle et son conseil trouvèrent ce procédé for.t singulier; les peuples, qui connaissaient sa basse naissance et son peu de capacité, se moquaient de lui; le mépris s'élant tourné en indignation» il fut contraint de prendre la fuite.

S'il avait si mal réussi, il ne fallait pas lui en attribuer la faute, mais à celui quiTavait chargé d'un emploi qui passait ses forces, et le roi s'était trompé en croyant la chose trop aisée.

Cependant Olivier, en se retirant, réussit assez bien à Toumay, qu'il mit dans les intérêts du roi. Ce prince cependantassiégeait Arras, et reçut dans ces entrefaites une ambassade de la princesse pour traiter de la paix. Les ambassadeurs étaient le chancelier Hugonet et le seigneur d'Imbercourt, qui, ayant toujours été en autorité sous le duc, désiraient de s'y conserver : ils rendirent au roi une lettre do la part de la duchesse, par laquelle elle lui mandait qu'il pouvait prendre toute confiance en ceux qu'elle lui envoyait; que c'élaient ses plus fidèles serviteurs, sur qui elle se reposait de ses principales affaires, et que tout ce qu'ils accorderaient serait exécuté.

Le roi ne leur voulut point donner d'audience, qu'il ne leur eût parlé en particulier, pour lâcher de les faire entrer dans ses idées : ils répondiront avec beaucoup de soumission, mais sans jamais s'engager. Ils lui proposèrent toujours le mariage du Dauphiu, à. quoi il ne voulut point entendre; entin, pour lui donner quelque satisfaction, dans ce faible état où ils sentaient les affaires de leur maîtresse, ils consenlirent à lui faire rendre la cité d'Arras, par laquelle il pouvait aisément se rendre maître de la ville.

Le seigneur des Cordes, qui était gouverneur de la cité, lui conseilla secrètement de la demander, et la lui rendit, après qu'il eut reçu sa décharge des ambassadeurs. Il se donna ensuite tout à fait au roi, qui le fit gouverneur de Picardie, comme il l'avait

ŒUVRES ( DMPLETES DE BOSSl ET

: i duc de Bourgogne ; il servit

• Hes in, dont il avaii été gouverneur; il v avait même encore plusieurs de

Louis : Ardres, hain el Boulogne se rendirent peu de j urs après. Le roi nnl ensuite r la ville d'Arras qui ne résista pas longtemps, tant à cause quelaville futru- ;. ittue, qu'à cause des inlelligenci -

i j avait conservi lanl li l'Arras, il arriva près du

s < Dvovés des trois états du pays dont

3 Gantois disposaient : ils étaient maîtres tout, parce qu'ils avaient la princesse en leur pouvoir. En proposant des conditions .h» paix, ils dirent pour s'autoriser, que leur pi sse ne ferait rien sans la délibération et le conseil des trois états de son pays.

1 • roi s'arrêta à cette parole, et leur dit

qu'il était sûr que la duchesse voulait se

luire par d'autres personnes, de sorte

qu'ils se trouveraient désavoués de ce qu'ils

auraient avancé. Sur cela, étant l>ien aise de

mettre la division parmi ses ennemis, il leur

lit montrer la lettre que Mario venait de lui

re; on la leur donna pour les mieux

i à brouiller, et ils ne furent pas fâchés

d'i ii avoir une si belle occasion.

Quand ils furent retournés à Gand, ils lui lièrent en plein conseil, et en présence Ou chancelier et d*Imbercourt, que, loin de se rô[ oser sur les avis de ses trois états, 1 1 mine elle l'avait promis, elle avait mandé le contraire au roi. Elle fui surprise d'abord ; mais ne | ouvant se persuader que II. roi eût donné sa lettre, elle soutint qu'elle n'avait jamais écrit rien de semblable. Us lui mon-

rent la lettre en original, et ces insolents sujets couvrirent publiquement leur prin-

sse de confusion.

Les Gantois arrêtèrent le chancelier et îmbercourt, à qui ils tirent faire le procès. Ils furent condamnés à mort, el quoiqu'ils en appelassent au roi souverain seigneur tiu comté de Flandre, et à sonparlement, ces peuples séditieux les traînèrent au supplice.

La duchesse, éperdue, accourut à la place publique où était dressé Péchafaud, et là, toute echevelée, et fondant en pleurs, comme elle ne voyait parmi ces peuples aucun res- I ect pou/ son autorité, elle demanda avec d'humbles prières le pardon de ses deux serviteurs.

Plusieurs furent émus du mépris indigne qu'on faisait de leur duchesse, et se déclarèrent pour elle. Lesdeux partis furentquelquo temps piques baissées l'un contre l'autre, et prêts à combattre ; mais enfin il fallut que le parti le plus faible cédât au plus fort, et les séditieux étant demeurés les maîtres, ces deux malheureux furent immolés à leur fureur.

En France on avait aussi exécuté Jacques d'Armagnac, duc de Nemours : ce seigneur, après avoir promis au roi de ne point entrer dans la ligue du bien public, avait manqué I sa parole, et ce prince avait toujours conservé le désir de s'en venger; il lui accorda

cependant le pardon de cello faute, dans le temps qu'il lit la même grâce à d'autres seigneurs : mais son caractère brouillon l'ayant jeté dans différentes intrigues, il osa projeter de livrer le roi et le Dauphin au duc de Bourgogne.

Le roi, résolu de l'en punir, donna ordre a Pierre de Bourbon Beaujeu de l'aller assiéger dans son château de Cariât en Auvergne, où il s'était retiré. Il se rendit, à condition qu'il aurait la vie sauve, ce qui lui fut promis ; mais le roi no s'embarrassa pas de tenir la parole donnée par Beaujeu, il le mit entre les mains du parlement qui le condamna à avoir la tôle tranchée; ce qui fut exécuté le 4 août 1V77. Le roi voulut que les deux fils de ce seigneur, qui n'étaient encore qu'enfants, fussent sous l'échai'aud, atin qu'ils fussent teints du sang de leur père.

Cependant les armées du roi, commandées par le seigneur deCraon, faisaient de grands progrès dans Je duché et dans le comté de Bourgogne. Louis envoya le prince d'Orange, né sujet de la maison de Bourgogne, mais qui avait abandonné le duc Charles pour quelque mécontentement. Il crut que ce prince, qui avait de grandes terres en ces pays, lui servirait à les réduire; mais toute sa confiance était en la conduite de Craon, qui se servit du prince d'Orange pour réduire Dijon et tout le duché, avec le comté d'Auxerre. Il prit aussi plusieurs places dans la Franche-Comté, et les autres se trouvèrent fort ébranlées.

En Angleterre, on regardait avec beaucoup de jalousie les conquêtes que Louis faisait dans les Pays-Bas; on favorisait la duchesse, et les sujets d'Edouard lui représentaient qu'il ne devait pas souffrir que le roi de France se rendît si puissant sur la côte ; qu'il avait déjà pris Ardres, Bo'ulogne el autres places considérables le long de la mer.

Louis avait à lui toute la cour d'Angleterre, et une grande partie du conseil, par les grandes pensions qu'il continuait d'y donner. Il se servait de tous ses moyens pour retenir Edouard, qui de son côté aimait ses plaisirs et n était pas agissant ; ainsi, »vec les neuf batailles qu'il avait gagnées, il s'élait rendu méprisable.

Ce prince était propre à réussir dans les guerres civiles d'Angleterre, qui se décidaient en peu de temps ; mais il ne se sentait pas assez de constance pour soutenir les affaires de France, que l'expérience lui avait fait trouver longues et pénibles. De plus, les cinquante mille écus qu'il recevait tous les ans du roi, lui touchaient le cœur, et enfin lui et sa femme craignaient de se brouiller avec la France, par la passion extrême qu'ils avaient d'accomplir le mariage du Dauphin avec leur fille Elisabeth, qu'ils appelaient déjà « Madame la Dauphine. »

Louis n'avait nul dessein d'accomplir ce mariage, et ne songeait qu'à amuser le roi d'Anglelerre, dont il connaissait l'humeur. Quand il en recevaitdesambassadeurs.il ne leur donnait jamais de réponses positives;

PARI. Xli. T11E0L. IHSTOKI(iUE. — 11. IIIST. DE FRANCE. LIV. XII.

mais après des paroles générales il promettait d'envoyer quelqu'un pour dire sa résolution. Il savait cependant gagner par do grands dons et par toutes sortes d'agréments les ministres qu'Edouard lui envoyait, de manière qu'ils rapportaient des merveilles à leur maître des bonnes dispositions de la cour de France

Louis envoyait ensuite des gens pour faire des propositions, qui avaient en apparence de grands avantages, mais au fond beaucoup de difficultés. Il changeait souvent de ministres, afin que si les premiers avaient fait quelques ouvertures, les autres ne pussent pas les suivre, et qu'ils fussent souvent obligés à demander de nouveaux ordres; ainsi il gagnait du temps, et la s/mon se passait.

Si Marie avait voulu épouser le comte de Rivière, frère de la reine d'Angleterre, elle aurait eu un grand secours de ce pays-là ; mais elle ne voulut pas regarder un si petit comte, et méprisa une alliance si peu sociable. Frédéric III, empereur, la fit demander solennellement pour son fils Maximilien, duc d'Autriche.

La chose avait déjà été proposée et comme conclue du vivant de Charles, comme nous l'avons remarqué; elle fut enfin résolue, et Maximilien vint à Gand pour accomplir le mariage. Il était peu fourni d'argent et mal accompagné, par l'avarice de son père Frédéric : les Gantois, accoutumés à la maison de Bourgogne, si riche et si magnifique, le méprisèrent lui et ses Allemands, qui leur parurent grossiers.

Ce mariage n'empêcha pas les progrès de Louis, et il acheva de conquérir le pays d'Artois; mais il abandonna presque en même temps, au grand étonnement de tout le monde, le Quesnoy, Bouchain et les autres places du Hainaut, et remit en main tierce Cambrai, ville impériale.

Quelques historiens rapportent que ces villes se rendirent d'elles-mêmes; mais Connues, meilleur auteur, raconte que le roi les (juitta volontairement, pour ne point manquer aux traités, par lesquels, les rois de France s'étaient obligés à n'avoir aucunes terres dans l'empire.

Environ dans ce même temps, George, duc de Clarence, frère du roi d'Angleterre, entreprit sans sa participation d'aller secourir la Flandre en faveur de la duchesse douaitière leur sœur, et de lui mener des troupes. Pour cette raison, suivant que le disent nos historiens, ou pour quelque autre considération plus cachée, il le fit condamner, comme traître 5 l'Etat, à une mort-inhumaine.

Il adoucit la peine à la prière de leur mère commune, et lui donna le choix de sa mort. Ce malheureux choisit de périr dans une pipe de Malvoisie, et Edouard, aussi barbare que son frère était brutal, lui accorda ce supplice, digne de la vie qu'il avait menée.

Du côté de la Franche-Comté, Louis trouva un peu de résistance ; il avait promis au prime d'Orange de lui rendre certaines places qui appartenaient à sa maison, et que le duc Charles avait adjugées à ses oncles

Craon, fort attaché à ses intérêts, après les avoir prises, refusa de les remettre entre les mains de ce prince, quelque ordre qu'il en eût du roi, qui, le croyant fort nécessaire à son service, ne voulait pas !o mécontenter. Le prince irrité quitta le roi et révolta plusieurs villes. Il n'eut pas beaucoup de secours de Maximilien, qui fut abandonné des siens mêmes, et de Sigismond, duc d'Autriche, son oncle, que le roi avait mis dans ses intérêts, en gagnant quelques-uns de ses serviteurs, par qui il se laissait gouverner. Cependant le prince d'Orange, ayant levé à ses frais dans le voisinage quelques troupes allemandes et suisses, incommodait l'armée de F'rance et soutenait un peu les affaires. En ce temps, Craon assiégea Dô!e, qu'il méprisait, parce qu'elle était fort dégarnit;; mais il fut battu dans une sortie, et contraint de lever le siège, après avoir perdu quelques-uns de ses gens et une grande partie de son artillerie : le roi, déjà irrité des pilleries qu'ils faisaient dans la province, se servit de cette occasion pour lui en ôler le gouvernement, qu'il donna à Charles d'Amboise; seigneur de Chaumont.

[1V78] Il fit avec Jes Suisses une nouvelle alliance, qui tient encore aujourd'hui, et. n'épargna rien pour ôter au prince d'Orange tout le secours qu'il avait. Comme l'argent manqua bientôt à ce prince, ses Allemands et ses Suisses aimèrent mieux prendre le parti du roi, qui en donnait largement.

Le nouveau gouverneur assiégea Dôle, qu'il emporta de force, et qu'il rasa après l'avoir mise au pillage. Auxonne , ville très-forte, fut rendue par intelligence. Louis faisait ou grand parti à ceux qui voulaient entrer dans ses intérêts; ainsi Beaune, Semur, Verdun , avec les autres places révoltées, et enfin toutes les deux Bourgognes, moitié par force, moitié par adresse, furent réduites à son obéissance. La valeur et la sagesse du gouverneur achevèrent cette conquête , et le roi eut grand soin de le récompenser de ses services.

Dans ce même temps Mahomet 11 , eiu; ereur des Turcs, qui avait pris Constantinop!e, fut repoussé généreusement de devant Rhodes, par le grand-maître d'Aubusson, homme des plus illustres de son temps; l'armée turque prit terre à Olranle, qu'elle pilla, et l'archevêque fut scié par la moitié du corps.

Il se fit une assemblée à Orléans , où présida Pierre de Beanjeu, gendre du roi; elle se tint pour rétablir la Pragmatique-Sanction et pour empêcher l'argent d'ailer à Rome. On y renouvela aussi les décrets du concile de Constance, et particulièrement celui qui décide que les conciles généraux tiennent leur pouvoir immédiat de Dieu ; mais cette assemblée, qui fut continuée à Lyon l'année suivante , n'eut point de suites, le roi ne l'ayant fait tenir que pour intimider le Pape, qui avait pris le parti des Pazzis contre les Médit is de Florence que la France soutenait.

Corn i lies était en Bourgogne pendant ces

; on lui r n it pends I son a!>-

sen <• d • mauvais offices auprès du roi, al

ïiik • soupçonneux éloigna pour un

temps nu si Adèle serviteur, dépositaire de

, el .^ qui il faisail écrire sous lui

Bches les plus particulières, parce

qu'on lu rapporta qu'il avait épargné dans

• - ments quelques bourgeois <.i o Dijon.

Ii Un ordonna d\ lier à Florence, au suiel

i lémêlés survenus en re 1 > famille des

\|. is el celle des Pazzis

I | \:\- S COMPLETES DE BOSSU ET. ;ii

Cependant Maximilien y perdit plus de momie que nous, et no put achever son siège; mais Louis, qui savait de quel poid i tait la réputation dans les aiïaires do I guerre, fut louché au dernier point de cett affaire. I avait naturellement do la répu-

gnance à hasarder; c'est pourquoi il n'épargnait rien pour gagner les gouverneurs de places ennemies et pour s'en rendre matin par intel" Lorsqu'il

ligence.

était obligé de les attaquer de Corne de afédicis avait gouverne absolu- force, il faisail (Je si grands efforts, qu'il les

nu nt la république de Florence; Laurent son Bis, homme magniti |ue et de grand esprit, avait su< « édé à son pouvoir, Les Pazzis, jaloux 'l'une si grande puissance qui devei ,nt comme héréditaire dans celte maison , s'appuvèrenl du Pape Silln IV et de Ferdinand, roi de Naples. Ils tuèrent Julien do llédicis, frère de Laurent, dans la principale église de Florence, durant la grand'- |f esse, et Laurent même fut blessé.

Les P. zzis, qui croyaient èlre m.îlres de tout, firent monter leurs gens nu palais, pour assassiner les gouverneurs de la ville, qui y étaient assemblés; el cependant ils criaient au milieu de la place : « Liberté, et

emportait en peu de temps, et ensuite il les munissait si bien, qu'elles devenaient imprenables ; son artillerie était toujours en bon élat, et quant a ses armées, nous avons déjà remarqué qu'il les faisait si grosses, qu'à peine pouvaient-elles èlre allaquéos. Il connaissait combien les combats étaient hasardeux, et rebuté par ce dernier accident, il donna ordre que dorénavant il ne so donnât plus de bataille sans son commandement exprès: il résolut même de faire la paix, mais à des conditions avantageuses.

Ce qui le portait encore plus à faire la paix, était le désir qu'il avait de policer le royaume et do remédier aux. longueurs des

vive le peuple! » Mas ils ne furent point procès. Ce prince avait dessein de régler sa

cour de parlement, non en diminuant le nombre ou l'autorité de ses officiers, mais '< en les bridant, dit Comines, sur certaines choses qui lui déplaisaient. » Il voyait aussi avec peine cette prodigieuse diversité de coutumes .qui ca-usait une si grande confusion dans tout le royaume, ce qui était Ire*nuisible au commerce.

Entin , Louis commençait à être louché des misères extrêmes do sou peuple, qu'il avait accablé plus que tous les rois sos prédécesseurs, sans jamais vouloir exécuter ce qu'on lui remontrait sur ce sujet-là, à cause des dépenses infinies auxquelles l'engageaient les intelligences qu'il avait partout, les grandes armées qu'il entretenait, et sa manière de prendre les places, plutôt par argent quo par force. Toutes ces raisons le portaient à faire la paix , et il en cherchait les moyens pendant la trêve qu'il y avait entre les deux partis.

Dans les deux premières années de son

eu un nommée

suivis, et les magistrats ayant repris l'autorité, firent pendre aux fenêtres du palais Francisque et Jacques de Pazzi.

L'n ministre du Pape, fauleur des séditieux, fut aussi exécuté, avec quinze ou s.' ze personnes des plus considérables de la ville, qui étaient de la conspiration, parmi lesquelles fut compromis François Salinal, archevêque de Pise. Le Pape excommunia les Florentins, it lit marcher contre eux s n armée , avec celle du roi de Naples.

Comines fut envoyé pour soutenir les Florentins, ce qu'il fit par son adresse plutôt que par ses forces, qui étaient petites. Au bout ue l'an, il fut rappelé : en passant à Milan, il reçut, au nom. du roi, l'hommage du duc Jean Galéas, pour le duché de Gênes, et reparut à la cour aussi bien traité qu'auparavant de ;>ou maître, parce qu'il avait obéi ponctuellement et sans murmurer.

[1+79] Il était venu un légal du Pape pour négocier la paix entre Louis et Maximilien, et pour les unir contre le Turc; il n'y put pas réussir, et il s'élait fait seulement une trêve d'un an par son entremise: avant qu'elle fût expirée, Maximilien enlra en France avec une rouane.

mariage ,

Bourgogne avait

;rande armée, et assiégea Thé-

Marie do fils nommé Philippe, et "une fille Marguerite, avec laquelle Louis songeait à marier le Daupiiin ; par ce moyen il prétendait retenir les comtés de Bourgogne, d'Auxorrois et de Maçonnais, et de rendre le

Le seigneur des Cordes, ou des Querdes, comté d'Artois, en réservant Arras en l'état car c'est le même nom, gouverneur de Pi- où il l'avait mis.

[1V81] Au milieu de ses grands desseins, il lui survint une maladie qui le menaça de mort. Etant allé dîner dans le voisinage du Plessis-lez Tours, il lui prit un éblouissement au sortir de table; il perdit tout à coup la parole el la connaissance, sans qu'il parut aucune cause d'une si grande défaillance. Quand il fut un peu revenu, il se traîna à la fenêlre pour prendre l'air, et ses gens l'en arrachèrent de force par ordre du mo-

cardie, alla au secours. Leduc s'avança pour le i om battre, et les deux armées se rencon-

rent ii Guinégete : d'abord la cavalerie française rompit celle de Maximilien; mais ce jeune mince, qui avait à peine vingt ans, re mit à la tête de son infanterie déjà obran-

, et la iii combattre vigoureusement:

deux cents gentilshommes a pied soutinrent le combat, el les Flamands poussèrent m bien les nôtres, que le champ ue bataille lu-or demeura.

ueem

peu après, sentant ses

forces un peu

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