‹ Œuvres compl`etes de Bossuet (volume 2)Chapitre 90 sur 458 · IQUE TIREE DE L'ECRITURE. LIV. Y · texte numérisé non relu

IQUE TIREE DE L'ECRITURE. LIV. Y

verlure aux sortilèges et aux maléfices, v>n( condamnées dans tous les Etats, et néanmoins souvent recherchées par les princes qui les défendent. Malheur à eux, malheur encore une fois! Ils veulent savoir l'avenir, c'est-à-dire, pénétrer le secret de Dieu. Ils tomberont dans la malédiction de Saùl. Ce roi avait défendu les devins, et il les consulte. Une femme devineresse lui dit, saris le connaître (/ Reg. xxvm,9seq.) : « Vous savez que Saùl a exterminé les devins, et vous venez me tenter pour me perdre ?

Vive le Seigneur 1 répondit Saùl, il ne yous arrivera aucun mal. La femme lui dit : Qui voulez-vous que je vous évoque? Evoquezmoi Samuel, répondit Saùl. La femme ayant vu Samuel, s'écria de toute sa force : Pourquoi m'avez-vous trompée? vous êtes Saùl. Saùl lui dit : Ne craignez rien, qu'avezvous vu ? Je vois quelque chose de divin qui s'élève de terre. Saiil répliqua: Quelle est sa figure? Un vieillard s'élève, dit-elle, revêtu d'un manteau. 11 comprit que c'était Samuel, et se prosterna la face contre terre. Alors Samuel dit à Saùl : Pourquoi troublezvous mon repos en m'évoquant ? et quo vous sert de m'interroger, après que le Seigneur s'est retiré de vous, pour aller à celui que vous enviez ? Le Seigneur fera suivant que je vous l'ai dit de sa part; il vous ôtera votre royaume, et le donnera à David ; parce que vous n'avez pas obéi à la parole du Seigneur, et n'avez pas satisfait sa juste colère contre Amalec. C'est la cause de tous les maux qui vous arrivent aujourd'hui. Et le Seigneur livrera avec vous le peuple d'Israël aux Philistins : demain vous et vos enfants serez avec moi. » C'est-à-dire vous serez parmi les morts.

A cette terrible sentence, Saùl tomba de frayeur, et il était hors de lui-même. (/ Reg. xxviii, 20, 21.) El le lendemain la prédiction fut accomplie (lbid., 31.)

11 n'était pas au pouvoir d'une enchanteresse d'évoquer une âme sainte ; ni au pouvoirdu démon, qui a paru selon quelquesuns sous la forme de Samuel, de dire si précisément l'avenir. Dieu conduisait cet événement, et voulait nous apprendre que, quand il luiplait, il permet qu'on trouve la vérité par des moyens illicites, pour la juste punition de ceux qui s'en servent.

Ne vous étonnez donc pas de voir arriver quelquefois ce qu'ont prédit les aslrolo gués. Car, sans recourir au hasard, parce que ce qui est hasard à l'égard des hommes est dessein à l'égard de Dieu ; songez que, par un terrible jugement, Dieu même livre à la séduction ceux qui la cherchent. Il abandonne le monde, c'est-à-dire ceux qui aiment le monde, à des esprits séducteurs dont les hommes ambitieux et vainement < urieux sont le jouet. Ces esprits trompeurs et malins amusent et déçoivent par mille illusions les âmes curieuses, et par là crédules. Un de leurs secrets est l'astrologie, et les autres genres de divinations, qui réussissent quelquefois, solon que Dieu trouvu

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le s « moi !. C'est ainsi que • . •: lit e, le punissant ni (il | ar le mal même qui lui arriva,

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itre de les livrer à de flatteuses espérant

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i iusieiirs du >, t'est-à-dire, non-seu-

iimt par le mensonge, mais encore parla

. :(-■ ; afin que leur téméraire curiosité leur

tourne à mal en toutes tarons.

ne saint Augustin, fondé ntures, dans le h* livre de la JJocirhu chrétienne, t. 20 et suivants.

Gardez-vous bien, ô rois! ô grands de la terrel d'approcher de vous ces trompeurs et s ignorant-, que l'on appelle devins ; « qui is font des raisonnements, et vous donnent des décisions de ce qu'ils ignorent, » le plus saye des rois. (Prov. xxui, 6.) Pi • •• ten .'. point parmi eux des interde vos songes, tomme s'ils étaient slérieux. « Celui qui s'y lie est un insensé : une vaine espérance et le mensonge < st son partage. Celui qui s'arrête à ces trompeuses visions, ressemble à l'homme qui embrasse une ombre, et qui court après le vent. Un homme croit voir un autre homme devant lui dans son sommeil, et prend pour vérité une creuse et vaine ressemblance. * (Ce ne sont que vapeurs impures, qui s'élèvent dans le cerveau, d'une nourriture mal digérée). « Espérez-vous épurer vos pensées parce mélange confus d'imaginations, ou que Je mensonge vous instruise de la vérité? La d4vinati on est une erreur, les augures une tromperie, et les ,cs un mensonge et une illusion. Il n'ap- ; arlient qu'au Très-Haut d'envoyer de véi i tables visions; et tout Je reste ressemble \ fantaisies qu'une femme enceinte se met ■ ans l'esprit. N'y mettez point voire cœur, si vous ne voulez être le jouet d'une honteuse >se, d'une folle crédulité et d'une espérance trompeuse.» (Eccli. ilxiv, i-7.) I!" î'rop. On ne doit pas présumer deè conitnaihê ni de leur sagesse. — ^ L'homme sait à peine les choses passées, qui lui déivrirà les choses futures? » [Eccle. x, ik.) nsi « qui se lie en son coaur est fou. » . xxviii, 2G.) lit encore : « Ne vous rez pas dans votre Cveur comme un taureau furieux, de peur que cette pensée ne .5 dévore. Vos feuilles seront mangées, '•os fruits tomberont : vous demeurerez un bois sec ; votre gloire et votre force s'évanouiront. » [Eeeii xi, % 3, sec. LXX.J Les Egyptiens se piquaient d'une sagesse raordinaire dans leurs conseils. Voici comme Dieu leur parle (Isa. xix, 12 et >eq.) : « Les princes de Tanis, sages conseil- Pharaon, lui ont donne des conseils ravagants. Comment dites-vous à Pliait ; Je suis le 0 ■ le fils de c

anciens rois renommés par le r pi Où, sont maintenant vos sagos? Qu'ils vofu disent ce que fe Dieu des armées a ordonné de l'Egypte. Les primes de Tanis ont perdu l'esprit ; les princes de Memphis se sont trompes, et ils ont trompé l'Egypte, eux eu qui elle se liait comme en ses remparts. Le Seigneur a répandu au milieu d'eux l'esprit de vertige : la lé le leur a tourné; et ils font errer l'Egypte, comme un ivrogne qui chancelle et tournoie en vomissant. L'Egypte ne fera plus rien : elle ne fera ni grandes ni petites choses. On la verra étonnée et tremblante comme une femme. Tous ceux qui la verront trembleront à la vue des desseins que Dieu a sur elle. »

Quand on voit ses ennemis prendre de faibles conseils, il ne faut, pas pour cela s'enorgueillir, mais songer que c'est le Seigneur qui leur envoie cet es prit d'égarement pour les punir, et craindre un semblable jugement.

« S'il se retire, dit le saint prophète (Isa. xxix, 14), la sagesse des sages péril, et l'intelligence des prudents est obscurcie. »

« C'est lui qui réduit à rien les conseils profonds, et qui rend inutiles les grands de la terre. » (lui. xl, 23.)

Tremblez donc devant lui, et gardez-vous de présumer de la sagesse humaine.

IIIe Prop. Il faut consulter Dieu par la prière, et mettre en lui sa confiance, en faisant ce qu on peut de son coté. — Nous avons vu que c'est Dieu qui do.: ne la sagesse. Nous venons de voir que c'est Dieu qui l'ô'e aux superbes. Il faut donc la lui demander humblement.

C'est ce que nous enseigne Y Ecclésiastique, lorsque après nous avoir prescrit, dans le chapitre xxxyii tant de fois cité, tout ce que peut faire la prudence, il conclut ainsi (y 19;: '< Mais, par-dessus tout, priez le Seigneur, afin qu'il dirige vos pas à la vérité. » Lui seul la connaît à fond; c'est à lui seul qu'il en faut demander l'intelligence.

Mais qui demande de Dieu la sagesse, doit faire de son coté tout ce qu'il peut. C'est à cette condition qu'il permet de prendre confiance à sa puissance ei à sa bonté. Autrement, c'est tenter Dieu, et s'imaginer vainement qu'il enverra ses anges pour nous soutenir, quand nous nous serons précipités nous-mêmes, ainsi que Satan osail le conseiller à Jésus-Christ. (Maith. iv, G, 7.)

ARTICLE IV

Conséquences de la doctrine précédente : de la majesté, et de ses accompagnements .

Première Proposition. Ce que cest que la majesté. — Je n'appelle pas majesté cette pompe qui environne les rois, ou cet éclat extérieur qui éblouit le vulgaire. C'est le rejaillissement de la majesté, et non pas la majesté elle-même.

La majesté est l'image de la grondeur de Dieu dans le prime.

Dieu esl infini, Dieu est tout. Le prince,

PART 1111. THEOL. SOCIALE. - POI.i

en l.'mt que prince, n'est pas regardé comme un homme particulier : c*est un personnage public, (out l'Etat est en lui; la volonté de lout le peuple est renfermée dans la sienne. Comme en Dieu esl réunie toute perfection et toute vertu, ainsi toute la puissance des particuliers est réunie en la personne du prince. Quelle grandeur, qu'un seul homme en contienne tant !

La puissance de Lieu se fait sentir en un instant de l'extrémité du monde à l'autre : la puissance royale agjt en môme temps dans tout le royaume'. Elle tient tout le royaume en .état, comme Dieu y lient tout le monde.

Que Dieu relire sa main, le monde retombera dans le né-iiit : nue l'autorité cesse dans le royaume, lout setâ confusion.

Considérez le prince dams son cabinet. De là partent les ordres qui font aller de concert les magistrats et les capiiaincs, les citoyens et les soldats, les provinces et. les armées par mer et par terre. C'est l'image de Dieu qui, assis dans son trône au plus haut des cieux, fait aller toute la nature.

« Quel mouvement se fait, » dit saint Augustin (2t*), « au seul commandement de l'empereur! il ne fait que remuer les lèvres, il n'y a point de plus Léger mouvement, et (ont l'empire se remue. C'est, » dit-il, « l'image de Die», qui fait lout p;r sa parole. Il a dit, et les eboses ont été faites; il a commandé, et elles ont été créées. »

On admire ses œuvres; la nature est une matière de discourir aux curieux. « Dieu leur donne le monde a méditer; mais ils ne découvriront jamais le secret de son ouvrage depuis le commencement jusqu'à la un. » (Eccle. m, 11.) On en voit quelque parcelle; mais le fond est impénétrable. Ainsi est le secret du prince.

Les desseins du prince ne sont bien connus que par l'exécution. Ainsi se manifestent les conseils de Dieu : jusque-là, personne n'y entre que ceux que Dieu y admet.

Si la puissance de Dieu s'étend partout, la magnificence l'accompagne. 11 n'y a endroit de l'univers où il ne paraisse des marques éclatantes de sa bonté. Voyez l'ordre, voyez la justice, voyez la tranquillité dans tout le royaume : c'est l'effet naturel do l'autorité du prince.

il n'y a rien de plus majestueux que la bonté répandue; et il n'y a point de plus grand avilissement de la majesté, que la misère du peuple causée par le prince.

Les méchants ont beau se cacher, la lumière de Dieu les suit partout; son bras va les atteindre jusqu'au haut des cieux et jusqu'au fond des abîmes. « Où irai-je devant votre esprit, et où fuirai-je devant votre face? Si je monte au ciel, vous y êtes; si je me jette au fond des enfers, je vous y trouve; si je me lève le matin, et que j'aille me retirer sur les mers les plus éloignées, c'est votre main qui me mène ià, et votre main

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