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Dans le style ordinaire i\o l'E-
-, [< s ennemis Je ' Elal sont appels
lu roi. Nous avons déjà
i ir ■ ppelle ses « nnernis, les
- ns, « •: du peuple de Dieu.
.' R ;. \: . David ajanl défait les Pni-
dit-il (IJ Iteg. v,20J, « a défait
inemis. » Et il n'esl pas besoin do
iporter plusieurs exemples u'une chose
aire po r Ê i e prouvée.
Il nefaut donc point penser ni qu'on puisse attaquer le peuple sans attaquer le roi, ni qu'on puisse attaquer le roi sans attaquer le I euple.
C était une illusion trop grossière que ce discours que taisait Rabsace, général de Parméede Sennachérib roi d'Assyrie. Son maître Pavait envoyé pour examiner Jéruenu, el lrans| orter les Juifs hors de leur pajs. Il fait semblant d'avoir pitié du peuple réduit à l'eilrémilé par la guerre, et lâde le soulever contre son roi Ezéohias. Voici comme il parle devant tout le aux envoyés de ce prince (IV Reg. xvïh,"27 q.J : * Ce n'esl pas à I as, votre maî-
e, que le roi mon maître m'a envoyé; il 'a envoyé à ce pauvre peuple, réduit à se nourrir de ses excréments. Puis il cria atout le peuple : Ecoulez les paroles du grand roi, le roi d'Assyrie ; voici ce que dil le roi : Qu'Ezéchias ne vous trompe pas ; car il ne pourra vous délivrer de ma main. Ne l'écoutez pas : mais écoutez ce que dit le roi des syriens: faites ce qui vous est utile, et nez à moi. Chacun de vous mangera Je sa vigne et de son figuier, et boira de l'eau de sa citerne, jusqu'à ce que je vous transporte i* une terre aussi bonne et aussi fertile que la vôtre, abondante en vin, en blé, en miel, en olives, et en fouies sortes de fruits : n'écoutez donc plus Ezéchias qui vous trompe. » Flatter le peuple pour le séparer des intérêts de son roi, c'est lui faire la plus cruelle de toiles les guerres, et ajouter la sédition à ses autres maux.
Que lus peuples délestent donc les Rabsaces, et tous ceux qui font semblant de les uer, lorsqu'ils attaquent leur roi. On n'attaque jamais tant le corps, que quand on ' «llaque dans la lè.'e, quoiqu'on paraisse pour un temps flatter les autres parties.
IV' Paop. Le prince doit être aime comme
un bien public, et sa rie est l'objet des vœux
de tout le peuple. — De là ce cri Tie Vive le
quia passé du peuple de Dieu à tous
uples du monde. A l'élection de Saiil,
e.iii ; ar ces vœux '■ « (> roi ! vivez à jainaf- Esdr. u, 3), Dieu conserva votre vie, 6 roi mon sei; neurl »
Le pro| Itè'tc Baruch aude, pendant
la captivité, à tout le peuple, de « prier poi ; ia vie du roi Naibuchûdouosor, et pouc la vi i de son fils iïalthazar. >< (Baruck i, 11.)
Tout le peuple « offrait îles sa s au
Dieu du ciel, el priait pour la vie du roi, et celle de aes enfants. » [lEsdr. vi, 10.)
Saint Paul nous a counuaodéde prier pour les puissances (/ Tint, n, 2), et a mis dans leur conservation celle de la tranquillité publique.
vi:
uu roi,
comme par
On jurait par la uns chose sacrée ; et les Chrétiens, si religieux à ne point jurer par les créatures, ont révéré ce serment» adorant les ordtesde Dieu clans le salut et la vie des princes. Nous en avons vu les passages.
Le prince» est un bien publie que chacun doit être jaloux de se conserver. « Pourquoi nos frères de Juda nous onl-il dérobé le roi, comme si c'était à eux seuls de le garder? » (II Megt six, 44 seq.) et le reste que nous avons vu.
De là ces paroles déjà remarqué s : « Le
peuple dit à David (Il Reg. xvm, 3) : Vous
ne combattrez pas avec nous; il vaut mieux
le peuple que vous demeuriez dans la ville pour nous
sauver tons. »
La vie du prince est regardée co:::mo le salut de tout le peuple: c'est pourquoi chacun es' soigneux de la vie duprince, comme de la sienne.
« L'oint du Seigneur, que nous (lions comme
(Thren. iv. 20)
regar-
le souille de noire bouche
«c'est-à-dire, qui nouséîait
cùer comme l'air que nous respirons. C'est
ainsi que Jérémie parle du roi.
« Les gens de David lui dirent : Vous ne viendrez plus avec nous a ia guerre, pour ne point éteindre la lumière d'Israël. »(IUleg. xvi, 17.)
Vovez comme on aime le prince; il est la lumière de tout le royaume. Qu'est-ce qu'on aime davantage, que la lumière?
Elle fait la joie cl le plus grand bien de l'univers.
Ainsi un bon sujet aime son prince comme le bien public, comme le salut de tout l'Etat, comme l'air qu'il respire, comme la lumière de ses yeux, comme sa vie, el plus que sa vie.
Ve Prop. La mort du prince est une calamite' publique, et les gens de bien la regardent comme un châtiment de Dieu sur tout le peuple. — Quand la lumière est éteinte, tout est en ténèbres, tout est en deuil.
C'est toujours un malheur public, lors-
ive le qu'un Etat change de main ; à cause de la
fermeté d'une autorité établie, et delà fai-
au couronnement de Salomon, ioas, on entend ce cri de toui
au e
sacre de peuple
le roi 1 vive le roi 1 vive le roi David ! • '-•■-'(' roi Salomon I (I Reg. x, Ihjll Req.
g. xi,i-2)
fois, on coinmen-
blesse d'un règne naissant.
C'est une puiriiion de Dieu pour un Etat, lorsqu'il change souvenl de maître. « Les péchés de la terre.» dit le Sage (Prov. xxvm, 2), « sont cause que les princes sont multipliés : la vie du conducteur est prolongée, afin que la sagesse et ia science abonde. »
80* PART. SHI. TllECL. SOCIALE. — POLmUUE ....... L'EClUTi HE, L .. VI.
(Test on malheur à un Etat d'être privé des méchant, quoique réprouvé, fait lajoi ■ des
conseils et de la sagesse d'un prince expéri- ennemis de l'Étal, et la douleur d su-
menlé , et d'êlre soumis àde nouveaux mai- jets. Tout le pleure, tout esl en deuil pour
très, qui souvent n'apprennent à être sages sa mort : et il faut que les i ■'. us
qu'aux dépens du peuple. insensibles, i les montagnes» et ei
Ainsi quand Josias eut été tué dans la ha- que toute la nature s'en ressente,
taille de Mageddo, « toute la Judée et tout. VI" Prop. Uni n préfère la vie
Jérusalem le pleurèrent ; et principalement du prince à la vienne, et s'exposepour le sau-
Jérémie, dont tous les musiciens et les mu- ver. — Nous l'avons vu : le peupli . n-
siciennes chantent encore à présent les la- battre, il ne se soucie pas de son péril,
mentations sur la mort de Josias. » (// Par. pourvu que le prince soit eu sûreté. [Il Ueg.
xxxv, 24, 25) xvni, xxl)
Et ce ne sont pas seulement les bons prin- La manière dont on fait la garde autour «jes, comme Josias, dont la mort est réputée <l^) prince, à la ville et à la campagne, le fait un malheur public ; Je môme Jérémie dé- voir. Quand David entra de nuit dans la plore encore la mort de Sédécias, de ce Se* lente de Saûl, il fallut passer an travers décias dont il est écrit, « qu'il avait mal l'ait d'Abner, et de tout le peuple, qui reposait aux yeux du Seigneur, et qu'il n'avait fias autour de lui. (J Reg. xxvi, */• j Et David respecté la lace de Jérémie, qui lui parlait avant pris la coupe du roi et sa pique (Ibid., de la part de Dieu. » {II Par. xxxvr, 12.) 12), pour montrer ;u'ii avait été maître de Loin de respecter ce saint prophète, il l'a- sa vie, «crie de loin à Abner et à tout levait persécuté. (Jer-em xxxvu.' xxxvui.) Et peuple (Ibid., 14-16) : Abner, èies-\ous toutefois après la ruine de Jérusalem, où un homme? Pourquoi gardez-vous si mal Sédécias fait prisonnier, eut les yeux crevés, h- roi votre maître, l'oint du Seigneur? Jérémie, qui déplore les maux de son peu- ile„r,-.rdez où. est sa pique et sa coupe. « pie, déplore, comme un des plus grands mal* Le peuple doit garder le prince, le peuheurs, le malheur de Sédécias. « L'oint du pie campe autour de lui; il Vaut avoir en- Seigneur, qui était comme le souille de no- foncé tout le camp, avant qu'on puisse vt>t'e bouche, a été pris pour nos péchés: lui nir au prince : ou doit veiller atîn que le à qui nous disions : Nous vivons sous votre prince repose en sûreté; qui néglige de le ombre parmi les gentils! » (Thren. îv, 20.) garder esl, digne de mort. Un roi captif, un roi dépouillé -de ses Etats, Quand le roi était à la ville, le peuple et et même privé de la vue, est regardé comme les grands mêmes couchaient à sa porte, le soutien et la consolation de son peuple « Crie (quoiqu'il fût homme de commandecaptif avec lui. Ce reste de majesté semblait nient) couchait à la porte du palais royal, encore répandre un certain éclat sur la na- avec les autres serviteurs du roi son maître. » lion désolée; et le peuple, touché des mal- (// lleg. xi, 9.)
heurs de son prince, les déplore plus que Durant la rébellion d'Àbsalon, Elhaï Gèles siens propres. «. Le Seigneur, >» dit-il théen marchait devant lui à la tête de six (Thren. n, 6, 9), «a renversé sa maison ; il a cents hommes de Gelh, tous braves soldats. oublié les fé.ies et les sabbats de Sion ; le roi C'était des troupes étrangères do;il David et le pontife ont été l'objet de sa fureur. Les voulait éprouver la fidélité, et il dit a Élhai portes de Jérusalem sont abattues: Dieu a {M Reg. xv, 19-22) : « Pourquoi venir avec livré son roi et ses princes aux gentils. » nous? retournez et attachez-vous au nou-
Le prophète regarde le malheur du prince veau roi. Vous êtes étranger, et vous êtes
comme un malheur public, et un châtiment sorti de votre pays : vous arrivâtes hier,
de Dieu sur tout le peuple : môme le mal- et dès aujourd'hui vous marcherez ave;
heur d'un prince méchant, car il ne perd pas nous? Pour moi, j'irai où je dois aller; mais
par ses crimes la qualité d'oint du Seigneur, vous, allez, remenez vos frères, et le. Sei-
t-t la sainte onction qui l'a consacré le rend gneur récompensera la fidélité et la rei-on-
loujours vénérable. naissance que vous m'avez témoignée. Elhai
C'est pourquoi David pleure avec tout le répondit au roi : Vive le Seigneur I et vivo
peuple la mort do Saùl, quoique méchant, le roi mon maître l en quelque lieu que
« Tes princes sont morts sur tes montagnes, vous sojez, ô roi mon seigneur* j'y serai
ô Israël! Comment les forts ont-ils été tués? avec vous; et je ne vous quitterai ni à la vie
Ne portez point cette nouvelle dans Geth : ni à la mort. David lui dit : A euez. » A la
ne l'annoncez point dans les rues d'Ascalon, réponse qu'il lui lit, il le connut pour un
de peur que les femmes des Philistins ne homme qui savait ce que c'était de servir les
s'en réjouissent, de peur que ce ne soit un rois,
sujet de joie aux filles des incirconcis. Mon- ARTICLE II.
lagnes de Gelboé, que la rosée ni la pluie ne Ds robéissanee due au priutc. distillent plus sur vous, que vos champs
stériles ne portent plus de quoi offrir des Première Proposition. Les sujets doit en:
prémices, puisque sur vous sont tombés les au prince une entière obéissance. — Si le
boucliers des forts, le bouclier de Saùl, prince n'est ponctuel lement obéi, l'ordre pu-
comme s'il n'avait pas été oint de l'huile sa- blic est renversé, et il n'y a plus d'unité,
crée. » (Il Reg, i, 19-21.) Et le reste que par conséquent plus de concours ni de pais
nous avons déjà rapporté. dans un Etat.
C'est ainsi que îa.mort du prince, quoique C'est pourquoi nous avons vu 'rue qui-
IH ! VRES COMPLE
c tique désobéi! à la puissance publique est jugé digne de mort. « Qui sera orgueilleux, et refusera d'obéir au commandement du pontife, el à l'ordonnance du juge, il mourra, el roua oterei le mal du milieu d'Israël. »
{Dent, w ii. I-'.
^i pour empêcher ce désordre que Dieu a ordonné les puissances ; el nousavonsouï mini Paul «lire en son nom ( Rom. xm, 1, •j i Que toute flmesoil soumise aux puissances supérieures, car toute puissance est Dieu : il n'y en a point que Dieu n'ait ordonnée. Ainsi, qui résiste à la puissance i ésiste à l'ordre Je Dieu. »
« Avertissez-] es d'être soumis aux princes et aux p lissances, de leur obéir ponctuellement, d'être [ rets à toute bonne œuvre. » {TU m, l.J
Dieu a t'ait les rois et les princes ses lieutenants sur la terre, afin de rendre leur autorité sacrée et inviolable. C'est ce qui lait dire au même saint Paul, qu'ils sont « ministres de Dieu (Rom. xm, k) : » conformément à ce qui est dit dans le livre de la Satjesse ( vi, G), (pie « les princes sont ministres de son royaume. »
De là saint Paul conclut (Rom. xm, §J « qu'on leur doit obéir par nécessité, nonseulement par la crainte de la colère, mais encore par l'obligation de la conscience. »
Saint Pierre a dit aussi (/ Petr. n, 13- 15 J .- « Soyez suumis pour l'amour de Dieu à l'ordre qui est établi parmi les hommes. Soyez soumis au roi comme à celui qui a la puisance suprAme, et aux gouverneurs comme étant envoyés de lui, parce que c'est la volonté de Dieu. »
A cela se rapporte, comme nous l'avons déjà vu, ce que disent ces deux apôtres, « que les serviteurs doivent obéir à leurs maîtres, quand même ils seraient durs et fâcheux, (lbid., 18). Non à l'œil et pour plaire aux hommes, mais comme si c'était Dieu. » [Ephts. vi, 5; Col. m, 22, 23.)
Tout ce que nous avons vu pour montrer que la puissance des rois est sacrée confirme la vérité de ce que nous disons ici ; et il n'y a rien de mieux fondé sur la parole de Dieu que l'obéissance qui est due, par principe de religion et de constance, aux puissances légitimes.
Au reste, quand Jésus-Christ dit aux Juifs: ■ Rendez à César ce qui est dû à César (Matth. xxu, 21), » il n'examina' pas comment était établie la puissance des Césars; cest assez qu'il les trouvât établis et régnants : il voulait qu'on respectât dans leur autorité l'ordre de Dieu el le fondement du repos public.
II' Pbop. // n'y a qu'une exception à l'obéissanve qu'on doit au prince, cest quand il commande contre Dieu. — La subordination le demande ainsi : « Obéissez au roi comme a celui à qui appartient l'autorité suprême, et au gouverneur comrue à celui qu'il vous envoie » (/ Petr. n, 13,14.) Et encore : « Il ) a divers degrés, l'un au-dessus de l'autre ; le puisant a un plus puissant qui !e coin-
;tes de uossikt. cos
mande, et le roi commande à tous les sujets. » (Eccle. \, 7, S.)
L'obéissance est due à chacun seloil son degré; et il ne faul point obéir au gouverneurau préjudice des ordres du prince.
Au-dessus de tous les empires est l'empire de Dieu. C'c-l à vrai dire le seul empire absolument souverain, dont les autres relèvent; et c'est de lui que viennent toute* les puissances.
Comme donc on doit obéir au gouverneur, si, dans les ordres qu'il donne, il ne parait rien de contraire aux ordres du roi ; aussi doit-on obéir aux ordres du roi, s'il n'y parait rien de contraire aux ordres de Dieu.
C'est alors qu'a lieu seulement celte réponse tpie les apôlres l'ont aux magistrats (Act. v. 29) : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. »
111° Pkop. On doit le tribut au prince. — Si, comme nous avons vu, on doit exposer sa vie pour sa pairie et pour son prince, à plus forle raison doit-on donner une partie de son bien pour soutenir les charges publiques. Et c'est ce qu'on appelle ici le tribut.
Saint Jean-Baptiste l'enseigne (Luc. m, 12) : « Les publicains (c'étaient eux qui recevaient les impôts et les revenus publics) vinrent à lui pour être baptisés, et lui demandaient : Maître, que ferons-nous pour être sauvés? » Il ne leur dit pas : Quittez * vos emplois, car ils sont mauvais et contre laxonscience ; « mais il leur dit : N'exigez pas plus qu'il ne vous est ordonné. » (lbid., 13.)
Notre-Seigneur le décide. Les pharisiens croyaient que le tribut qu'on payait par tête à César dans la Judée ue lui était pas dû. Us se fondaient sur un prétexte de religion, disant que le peuple de Dieu ne devait point payer de tribut à un prince infidèle. Us voulurent voir ce que dirait Notre-Seigneur sur ce sujet : parce que, s'il parlait pour César, ce leur était un moyen de le décrier parmi le peuple; et s'il parlait contre César, ils le déféreraient aux Romains. Ainsi ils lui envoyèrent leurs disciples qui lui demandèrent (Matth. xxn, 17-21): «Est-il permis de payer le tribut qu'on exige par tête pour César? Jésus connaissait leur malice et leur dit : Hypocrites, pourquoi tâchez-vous do me surprendre? Montrez-moi une pièce de monnaie. Us lui donnèrent un denier. Et Jésus leur dit : De qui est cette image et celte inscription? De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »
Comme s'il eût dit : Ne vous servez plus du prétexte de la religion pour ne point payer le tribut : Dieu a ses droits séparés de ceux du prince. Vous obéissez à César; la monnaie dont vous vous servez dans votre commerce, c'est César qui la fait battre : s'il est votre souverain, reconnaissez sa souveraineté en lui payant le tribut qu'il impose. Ainsi les tributs qu'on paye au prince sont mm reconnaissance de l'autorité suprême;