‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 103 sur 325 · CHAPITRE IV. accordera bientôt dans la suite ce qu'il se i · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. accordera bientôt dans la suite ce qu'il se i

,. , ., ,. , . ,, , lilc dénier dans les premiers mots. « I.or.«-

Que la reformater, prétendue est merfbel. $ ,.,„. , ,,,',. ;, „ ,,, décision j,

hon contre I Eglise. De I infaillibilité de ^ncife, je désire premièrement que l'on

:/ considère en quel temps, et sur quel sujet,

Si la néformation prétendue confesse elle- ('t pour quel dessein il a été assemblé, et

même ^a nouveauté, s'il ne lui est pas pos- miellés personnes y ont assisté : après, que

sible d'excuser son schisme, elle ne peut l'on examine le point, principal selon.Ia règle

aussi nier sa rébellion, en ce qu'elle are- de l'Ecriture, de sorte que la définition du

rusé d'écouter l'Eglise. Faisons donc cou- concile ail son poids, et qu'elle soit comme

nailie à DOS ad versaii es que jamais ils ne »n préjugé, toutefois qu'elle n'eni, èi lie pas

se sont soumis à son jugement, et que ce l'examen. » Peut-on se révolter -plus visiblecrime e>t inexcusable. ment (•outre la majesté des conciles? Car

Je sais bien qu'ils ont témoigné dans les puisqu'il veut que Ton examine, il veut par

commencements de leur schisme* qu'ils con- conséquent que l'on juge. l't à qui à'ppà'r-

sen tiraient volontiers qu'un concile tcrini- tiendra ce pouvoir? Sera-ce à un autre ron-

nàt les difficultés. Mais encore qu'en éppa- cile? Mais ; il sera sujet au mémo examen.

reoce ils reconnussent l'autorité du concile, Si les particuliers l'entreprennent, don , un

il n'y avait rien de plu^ opposé ni à leur particulier jugera des assemblées de toute

Intention ni à leur doctrine. Et Lutherie l'Eglise; après qu'elle aura prononcé-, il

témoigne assez dans le livre qu'il écrit croira que c'est à lui de résoudre si elle a

contre les évoques. Car comme en l'assemblée bien décidé les difficultés, et il osera pré-

dc l'empire, a Vormes, il avait parlé aux sume.r que peut-être il entend mieux l'E-

évêques avec quelque sorte 3e déférence, il criture qu'elle? Est-il rien déplus témié-

-e repent de sa modestie, il déclare « qu'il raire, et combien étrange e.->t cette doctrine

i j t ■ soumettra plis .ses écrits à leur juge- qui nourrit et qui entretient les esprits dans

nient, qu'il s'est trop rabaissé à Vormes ; une arrogance si démesurée? Si nos àdver-

qu'il est tellement assuré de sa doctrine, saires répondent que c'est le Saint-Esprit

qu'il ne veut pas même la soumettre au ju- qui les guide, c'eM en cela même que l'or-

gement d'aucun ange; mais que, par le té- gueil est insupportable, que des particuliers

moignage de cette doctrine, il les jugera osent croire que le Saint-E-pril les instruise

eux tous, et les anges mémo (159). » Uii de la vérité, et qu'il abandonne A l'erreur le

homme qui écrit ainsi aux évoques, en vé- corps de l'Eglise : n'est-ce passe préféier à

rite, veut-il reconnaître, la sainte autorité des L'Eglise .même? Que si ce sentiment leur

conciles? Et qui ne voit, par son procédé, parait horrible, il faut nécessairement qu'ils

que si ceux qui ont suivi son parti on t. tant confessent que le Saint- Esprit gouverne

sollicité l'empereur de faire convoquer un l'Eglise dans toutes les déterminations de

concile, ce n'est pas qu'ils eussent dessein la foi ; et que ceux qui nient celte vérité,

de se rapporter à son jugement; mais c'est se soulèvent ouvertement contre l'autorité

qu'ils voulaient abuser le peuple par une légitime,

soumission apparente? Si les calvinistes nous disent que ce pri-

Et certes, sans rechercher dans l'histoire vilége d'infaillibilité ne peut appartenir qu'à

les manilles de la rébellion de nos adve.c- la vraie Fglise, et qu'il leur faut prouver

saires, il suffit que nous leur montrions que la nôtre mérite ce titre, avant que de.

que leur doi Irine est si peu modeste, qu'elle les obliger à lui obéir ; qu'ils se remettent)

ne souffre pas que l'on se soumette h l'an- en la mémoire que l'Eglise en laquelle nous

torité de l'Église. Car d'où vient qu'ils ont sommes était encore la vraie Eglise, quand

enseigné, d'où vient que le catéchiste le leurs pères s'en sont séparés, puisqu'elle

prêche, que ("Eglise non-seulement peut engendrait les enfants de Dieu, ainsi que

errer, mais encore quelle a erré souvent (160) ? leur ministre confesse. Que si elle engen-

N'est - ce pas atin d'avoir un prétexte drait des enfants, qui doute qu'elle ne pût

pour mépriser ses décisions? En effet, les nourrir? Certes, la teire qui produit le-,

leur maître Calvin, bien loin de sou- plantes leur donne leur nourriture et leur

mettre les particuliers aux déterminations aliment % et la nature ne lait jamais une

des conciles , soumet les détermina- mère qu'elle ne lasse en même temps uno

lions des conciles à l'examen des particu- nourrice. Que si la Providence divine a

liers. Car parlant de l'autorité de ces assem- établi ce bel ordre dans tout l'univers, aura-

blées vériérabfes, « Je ne prétends pas en ce l-elle oublié l'Eglise qu'elle a choisie dès

lieu, » dit-il (161), « que l'on casse tous les l'éternité pour y faire éclater sa sagesse?

décrets des conciles : toutefois, » poursuit-il, Par conséquent, si l'Eglise romaine éta.t

« vous m'objecterez- que je les range telle- encore la vraie Eglise lorsque nos adver-

ment dans l'ordre, que je permets à tout le saires s'en sont retirés, il est clair qu'elle

monde indifféremment de recevoir ou de nourrissait les fidèles de JêVus-Chrisl. ES

rejeter ce que les conciles auront établi, qui ne sait que la nourriture des enfants do

Nullement, ce n'est pas là ma pensée. » Vous Dieu, c'est sa parole et sa vérité? De là v>ent

diriez qu'il s'en éloigne beaucoup; mais il que le Saint-Esprit, qui opère coritinucll::-

(t.'.O) Sleidam., lil'. m. (161) Lil>. iv, Inst., eh. 0. [IWSl Pag. 4!). ... ' '\

ror.

tEl'VRES COMPLETES. DK lïO^Sl KT.

ment dans la vraie Eglise, pour la rendre toujours féconde, lui est aussi donné comme maître qui lui enseigne la saine doctrine, afin qu'elle allaite comme nourrice ceux qu'elle aura conçus comme mère : ce rpji montre bien que la vérité est inséparable de la sainte Eglise. Si donc les principes de nos adversaires prouvent que l'Eglise qu'ils ont quittée était encore l'Eglise de Dieu dans le temps qu'ils en sont sortis, n'est-ce pas une rébellion manifeste de ne s'être, pas soumis à son jugement?

Los calvinistes se persuadent que cette doctrine que nous enseignons, de I infaillibilité de l'Eglise, tend à la faire juge souveraine même de l'Ecriture divine; mais ils sont bien éloignés de notre pensée. Je ne dispute point en ce lieu si l'Ecriture sainte est claire ou obscure; il me suffit que nous confessions tous d'un commun accoFd, que c'est sur le sens de cette Ecriture que toutes les questions ont élé émues. Nous ne disons donc pas que l'Eglise soit juge de la parole de Dieu, mais nous assurons qu'elle est juge des diverses interprétations que les bonsaï es donnent à la sainte parole de Dieu; et que c'est à elle qu'il appartient, à cause de son autorité magistrale, défaire le discernement infaillible entre la fausse explication et la véritable.

Nos adversaires nous repartiront qu'il faut que chaque fidèle en particulier discerne la bonne doctrine d'avec l'a mauvaise par l'assistance du Saint-Esprit; ce que nous accordons volontiers , el jamais nous ne l'avons dénié : aussi n'est-ce pas en ce point que consiste la difficulté. Il est question de savoir de quelle sorte se fait ce discernement. Nous croyons que chaque particulier de l'Eglise le doit faire avec tout le corps et par l'autorité de toute la communion catholique, à laquelle son jugement doit être soumis; et cette excellente police vient de l'ordre de la charité, qui est la vraie loi i!e l'Eglise : car lorsque Jésus-Christ t'a fondée, le dessein qu'il se proposait, c'est que ses fidèles fussent unis par le lien d'une charité indissoluble. C'estpourquoi il n'a pas permis que chacun jugeât en particulier des articles de la foi catholique, ni du sens des Ecritures divines ; mais, afin de nous faire chérir davantage la communion et la paix, il lui a plu que l'unité catholique fût la mamelle qui donnât le lait à tous les particuliers de l'Eglise, et que les fidèles ne pussent venir à la doctrine de vérité que par le moyen de la charité et de la société fraternelle.

Do là vient que nous voyons dans les Actes qu'une grande question s'étant élevée touchant les cérémonies de la loi, l'Eglise s'assembla pour la décider; et après l'avoir bien examinée, elle donna son jugement en ces mots : // a plu au Saint -Esprit et à nous. [Act. xv, 28.) Cette façon de parler si peu

(182) Plactiit Spirilui sanclo, ut in honoiom lanli sacramcnli in osCbrisliani piius corpus Dominicum iiiiraret, qtiam cœleri cibi. (Ëpist. 118, nuuc. 54, n. 8, loin. II.;

[\'67)j Fi'i'cndits est dispulator erransin ijliisqMœ-

usitée dans les saintes lettres et qui semble mettre dans un même rang le Saint-Esprit el ses serviteurs, en cela même qu'elle est extraordinaire, avertit le lecteur attentif que Dieu veut faire enlendre à l'Eglise quelque véiité importante; car il semble que les apôtres se devaient contenter dédire que le Saint- Esprit s'expliquait par leur ministère ; mais Dieu qui les gouvernait intérieurement par une sagesse profonde, considérant pa<- sa providence combien il était important n'établir en termes très-forts l'inviolable autorité de l'Eglise dans la première de ses assemblées, leur inspira cette expression magnifique : Il a plu au Saint-Esprit et à nous ; afin que tous les siècles apprissent, par un commencement si remarquablo, que les fidèles doivent écouter l'Eglise, comme si le Saint-Esprit leur parlait lui-même.

Et il serait ridicule de nous objecter que ('eite autorité magistrale, qui décide les questions avec une certitude infaillible, n'a élé dans l'Eglise qu'au temps des apôtres; car celle pensée serait raisonnable, si toutes les questions sur les saintes lettres eussent dû aussi finir avec eux. Mais, au contraire, le Saint-Esprit, prévoyant que chaque siècle aurait ses disputes, 'dès la première qui s'est élevée, nous donne le modèle assuré selon lequel il faut terminer les autres, quand il est ainsi nécessaire pour le bien et pour le repos de l'Egiise. Tellement qu'il appartiendra à l'Eglise, tant qu'elle demeurera sur la terre, de dire, à l'imitation des apôtres : // a plu au Saint-Esprit -.t à nous. En effet, les anciens docteurs ont attribué constamment à l'esprit de Dieu ce qu'ils voyaient reçu par toute l'Eglise : et c'est pour cette raison que saint Augustin, parlant de la coutume de communier avant que d'avoir pris aucun aliment : « Il a plu, » dit-il (162), « au Saint-Esprit que le corps de Notre-Seigneur fût la première nourriture qui entrât en la bouche du Chrétien. <> Il est digne d'observation qu'encore que celte coutume ne soit appuyée sur aucun témoignage de l'Ecriture, toutefois il ne craint pas d'assurer que le Saint-Esprit le veut de la sorte, parce qu'il voit le consentement de l'Eglise universelle. C'est pourquoi le même saint Augustin disputant du baptême des petits enfants :«ll faut, » dit-il (163), « souffrir ceux qui errent dans les questions qui ne sont pas encore bien examinées, qui ne sont pas pleinement décidées par l'autorité de l'Eglise; c'est là que l'erreur se doit tolérer • mais il ne doit pas entreprendre d'ébranler le fondement de l'Eglise. » Aiiisi cet incomparable docteur, non-seulement ne permet pas qu'on dispute après que l'Eglise a déterminé; mais il estime qu'on sape le fondement quand on révoque en doute ce qu'elle décide. C'est à cause que par un tel doute son infaillibilité est détruite; eteetta

slionibus non diligeuter iligeslis, nondum plena Ecrlesix» aucloritate linnaiis; femidus esterror : non usqueadeo piogredi débet, ul fundainenluin ipsiim Enclesix qualere iiioliauir. (Sevm. 14. De vert. ajiost., uunc-291, De bayt. pan., n.w, loin. V.)

PART. X. THEOL. POLEMIQ i: • I. riFFlTAtlON DE PAUL HUIU

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infaillibilité est le fondement, parce qu'elle

n été donnée à l'Eglise |>our airenuir les es* |iriis flottants, aussi bien que pour réprimer les présomptueux.

Ce qui doit encore nous faire Connaître quelle était la déférence île saint Augustin pour les déterminations de l'Eglise, cest ce (iii'il écrit de saint Cvprien, et du baptême ilonné par les hérétiques. Saint Cyprieil avait enseigné qu'il ne méritait pas le nom de baptême. Saint Augustin soutenait avec l'Eglise, qu'un hérétique peut baptiser:

« Mais, » dit-il (ICI), ■( nous n'oserions pas l'assurer nous-mêmes, si nous n'étions fondés sur l'aulorilé de l'Eglise universelle, a laquelle saint Cvprien aurait cédé tiès-certninement, Si la vérité éclaircie eût été dès lors confirmée par un concile universel. » Où je trouve très-remarquable que ce qu'il enseigne si constamment comme une vérité catholique, il avoue qu'il n'oserait pas l'assurer sans l'autorité de l'Eglise ; il faut donc qu'il estime l'Eglise infaillible, puisqu'elle .seule le fait parler hardiment et sans aucun doute. Et ce qui le montre sans difficulté, c'est qu'encore que saint Cvprien eût été ouvertement d'un avis contraire a celui qui était reçu dans l'Eglise, il ne doute pas que ce saint martyr n'eût cédé, si elle avait jugé de son temps. C'est qu'il croit si absolument nécessaire de se soumettre à son jugement, qu'il ne lui entre pas dans l'esprit que jamais un homme de bien puisse avoir une autre pensée. Et certes, le grand Cvprien a bien témoigné quelle était sa vénération pour l'Eglise, lorsque interrogé par un de ses collègues sur les erreurs de Novatien, il lui fait celte belle réponse : « Pour ce qui regarde Novatien, duquel vous désirez que je vous écrive quelle hérésie il a introduite, sachez premièrement, mon cher frère, que nous ne devons pas même être curieux de ce qu'il enseigne, puisqu'il n'enseigne pas dans l'Eglise. Quel qu'il soit, il n'est pas Chrétien, n'étant pas en l'Eglise de Jésus- Christ (ltio). » Il tient la doctrine de l'Eglise si constante et si assurée, qu'il ne veut pas même que l'on s'informe de ce que disent ceux qui s'en séparent; bien loin de permettre qu'on les reçoive à justifier ce qu'ils enseignent, il croit infailliblement qu'ils enseignent mal, dès qu'ils n'enseignent (es dans l'Eglise. Ne fallait-il pas que te saint martyr fût persuadé, aussi bien que saint Augustin, que « celui qui est hors de l'Eglise ne voit ni n'entend; » que « celui qui est dans l'Eglise n'est ni sourd ni aveugle (166) ;»c'esl-à-dire qu'on est assuré de n'être jamais aveuglé d'erreur, ni jamais sourd à. la véri'.é, tant qu'on suit les senti -

(ICi) Etre nos !p*i taie atiquid auderrimis assércre, nisi iiniver-a.' Eccfcsi» cnnconlc-sima aticlolïlale liniiali : cui et ipso sine dubio cederel, si ja.iu illo lenipore qiisestionis hiijiis veritàs eliquata et de* clarala per pleiiariuin conciliuip solidarelur. (Lib. n De bjp>., cap. i, n. 5, loiû. IX.)

(165) Scias nos primo in loco ntc curiosos ess-r debeie quid ille doceat, cum foiis dbtféat. Q lisquis ill>: est, et qualiscumque est, Chrtslïaiius il n est,

ments de l'Eglise, et comment cHn e-t-il véritable, si l'Eglise même a erré souvent, ainsi que le ministre l'enseigne?

Mais avant que de sortir dé cette matière, écoutons un reproche qu'il fait a l'Eglise sur le sujet de cette autorité souveraine que nous donnons à ses jugements. Il nous objecte que nous croyons qu'elle peut angtnttitet le Symbole et établir de nouveaux articles île foi (107) ; d'où il lire cette conséquence, que notre relirjion est un accroissement de nouveautés, et qu'elle n'est pas encore achevée. Celte calomnie 'est Insupportable, et la simple proposition de notre doctrine confondra la mauvaise foi du ministre; car il nous impose trop visiblement, s'il ose dire que nous estimions que là foi de l'Eglise puisse être nouvelle; une des choses que nous tenons plus certaine, c'est que sa créance est invariable. Quand donc elle publie un nouveau symbole, on quand ' elle le propose plus ample, il est ridicule de lui n! jecter qu'elle veut établir une foi nouvelle, puisqu'elle ne prétend autre chose que d'expliquer plus distinctement la foi ancienne. Nous ne sommes pas si perdus de sens que de nous imaginer que l'Eglise fasse les vérités catholiques, nous disons seulement qu'elle les déclare. Car encore qu'elles soient toujours en l'Eglise, elles n'y sont pas toujours en même évidence. C'est pourquoi il arrive souvent qu'on erro innocemment en un temps, et qu'après la même erreur est très-criminelle; ce qui ne choquera pas ceux qui comprendront que, comme c'est une infirmité excusable de faillir avant que les choses soient bien éclaircîes, c'est une pernicieuse opiniâtreté de résister à la vérité reconnue. On peut dire en ce sens que l'Eglise établit en quelque sorte des dogmes de foi, parce que les ayant bien pesés, et après les proposant aux fidèles par l'autorité qui lui est donnée, il n'y a plus qu'une extrême présomption qui ose préférer son sentiment propre à une déclaration authentique de toute l'Eglise; et de là vient que l'erreur est inexcusable. Ost pour cela que celle de saint Cvprien, touchant le baptême des hérétiques, est trèsjustement excusée; et celle des donalistes, sur le même point, très-légitimement condamnée. Car, comme remarque saint Augustin (168). ce bienheureux martyr a erré avant que te consentement de l'Eglise eût confirmé ce qu'il fallait faire; et u'ailleurs il nous a appris que nous devons supporter l'erreur dans les choses qui n'ont pas été décidées par l'autorité de l'Eglise (109). Ainsi, avant le ioncile de Jérusalem, (lusieurs filèles avaient estimé que l'observa-

qni in Chrisli Eccleva non est. (fipist. ci. Ait ,ln ion., p. "5.

(!66l Extra illam qui es!, nec au lit net videt ; intra eam qui est, lice surjus iiec ca;cus est. {Ink>sal. lvii, n. 7.

(S67)Pag. iO.

(IGSj Lib. i De 28, loin. IX.

(160) Ci -dessus, col. 30i

baffi. conf. do:;ai., caj> 1S-, n.

ton de la loi était nécessaire : leur erreur le jour que tous ies ailleurs qu'ils rappqf»

était tolérable alors; mais leur témérité lent ne parlent que delà corruption île la

n'eût pas eu d'excuse, s'ils avaient persisté discipline, il ^e'ra contraint d'avouer qu'il

dans leurs sentiments après la décision des s'écarte bien loin de lu question, et qu'il a

iipôtres. Nous enseignons en ce même sens tari de remplir son livra de tant d'alléga-

qu'il appartient à la sainte Eglise de décla- tions inutiles.

fer nettement aux peuples quelles sont les Ecoutons premièrement saint Bernard , vérités catholiques, et qu'après sa déclara- qui est ie plus ancien des auteurs qu'il cite, lion, tous les doutes sont criminels. Est-ce « Il a, » dit-il, « prêché hautement, qu'une une médiocre infidélité d'inférer de cette maladie lente et puante s'était répandue par ilpciiine, que notre religion n'est pas ache- tout le corps de l'Eglise (171). » Considérée? ou pourquoi le ministre ne dit-ii pas ions quelle est cette maladie. Ce saint homqu'clle ne -l'était non plus du temps des me distingue en ce l;cu quatre tentations de apôtres, ni du temps de saint Cyprien? Mais l'Eglise : la première comprend les persécutes! à lui que nous reprochons justement tions; la seconde les hérésies. « Les temps qu'il nous a représenté une Eglise dont la où nous sommes, » dit-il, « sont libres de ces religion n'est pas achevée. L'Eglise, à son maux; mais ils sont entièrement corrompus avis, n'est pas infaillible; elle a même erré par l'affaire qui marche en ténèbres. » Ces souvent (170), si nous le croyons. Si elle paroles font bien connaître que par cette afpeut errer en sa foi, elle se peut aussi cor- faire qui marche en ténèbres il n'entend ni : i«;er; donc son Eglise peut changer sa foi ; les persécutions ni les hérésies, puisqu'il et si celui qui augmente sa religion confesse les exclut en termes exprès. Il pari g de la qu'elle n'est pas achevée, à plus forte raison troisième tentation que l'Eglise souffre, non celui qui la change. Ainsi, l'hérésie incon- | ar la fureur des païens, ni par la malice des Mdérée se trouve effectivement convaincue hérétiques, mais par le désordre de ses eiir du crime dont elle nous charge avec in- fants(172). Telle est cette maladie générale, justice. par laquelle ce saint docteur nous exprime

une horrible dépravation dans les mœurs ,

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