‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 105 sur 325 · PART, V T1IE0L. POLEMIQUE. -I. REFUTATION DÉ PAUL I IHI'.Y. 51Ï · texte numérisé non relu

PART, V T1IE0L. POLEMIQUE. -I. REFUTATION DÉ PAUL I IHI'.Y. 51Ï

aumône , pourceuxqui sont très-bons , ce des députés pour la conférence, déclara aux

sont de» actions de grâces; pour ceux qui états qu'il n'approuvait point ce qui avait

ne sont pns extrêmement mauvais , ce sont été arrêté; le légal du Pape écrivit qu'il n'y

des propitiations; et a l'égard de ceux qui pouvait pas consentir; l'empereur- lui-même

sont très-mauvais, quoiqu'ils no servent de ne résolut rien, ei remil le toul au concile :

rien aux morts, ce sont dos consolations des quelle luire peul avoir cette conférence?

vivants. » Il est a noter que saint Augustin Cependant le ministre s'y appuie beaucoup ;

nomme les aumônes des sacrifices ; mais afin el quoiqu'il soit très-indubitable qu'Ec-

que nous onieudions qu'il y a un sacrifice kius ne donna pas son consentement, il dit

spécial en l'Eglise , à qui ce nom convient que l'article de la justification passa sans

proprement, il l'appelle singulièrement sa- débat entre les députés de l'une et de l'autre

crifice de l'autel, et il rcionnaît qu'il est religion (202). C'est ainsi qu'il lit lesauteursi

propitiatoire. Oui' répondra ici le ministre, c'est ainsi qu'il catéchise son peuple ; voilà

puisqu'il dit que la religion de saint Angiis- les merveilleux témoignages par lesquels il

tin u est pas opposée à la sienne? Mois ce prouve la nécessité de la réformation pré-

n'est pas mon intention d'entrer maintenant tendue. El comme si cette cause se devait

en cette matière, qui mériterait un discours juger par l'autorité des puissances, il joint

plus umple, et qui ne conviendrait pas a ce a l'empereur Charles Y la reine Catherine

lieu. de Médicis, et quelques articles de réfor-

Si,je me suis arrêté si longtemps sur Vin- mation proposés au Pape de la part de quol-

térim de ''empereur Charles V, ce n'est pas ipies-uns de nos rois (203). Mais ne sait-on

que l'autorité de ce livre me paraisse fort pas que tous ces conseils venaient de l'es-

considérable, ni que j'approuve ses façons prit d'une reine qui, selon sa politique or-

de parler obscures, qui enseignent tellement dinaire, tâchait de contenter tous les deux

la bonne doctrine qu'elles ne laissent pas de partis pour maintenir son autorité? Et, cer-

iiatter l'erreur. Mais je m'étonne que le mi- tes, ceux qui l'avaient instruite lui avaient

uistre ail pris tant do soin de tirer ce livre donné d'excellents Mémoires, el bien con-

à son avantage; et il faut bien croire que form«s h l'esprit de l'Eglise, puisque le se-

l'hérésie se plaît fort aux déguisements, cond point de réformation était d'abolir et

puisqu'elle se donne la peine do les em- les exorcismes et toutes les cérémonies du

ployer dans des choses qui lui seraient inu- baptême, dont la plupart sont si anciennes,

liles, quand on lui aurait accordé qu'elles que Calvin même confesse qu'elles avaient

se sont passées comme elle récite. été reçues presque dans les commencements

Je puis dire encore le même des articles de l'Evangile (20i) :« Je n'ignore pas, » ditqui avaient été accordés aux colloques de il (-203), « combien ces choses sont ancien- IJatisbonne en l'an 1S41. Car, outre qu'il nés; » et un peu après :«■ Ces impostures u'' st | as juste que trois députés nommés de Satan fur nt reçues sans peine presque par l'empereur règlent des difficultés de dès les commencements de l'Evangile par la cette importance, Sléidan, que le catéchiste sotte crédulité du monde. » Je n'ai point de rapporte en la marge, nous assure que l'or- paroles assez énergiques pour exprimer dre des primes et particulièrement les évê- l'impudence de cet hérésiarque; et néanques empêchaient qu'on ne les reçût, disant moins la reine surprise voulait que l'on suiqu'on y avait mis plusieurs choses qui de- \it ses maximes plutôt que celles de l'antivaient'ètrc adoucies el corrigées, et que les quité ; quel étrange moyen de réformasentiments des députés catholiques méri- lion ! laient quelque censure (201). Eckius, l'un

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