PART, V T1IE0L. POLEMIQUE. -I. REFUTATION DÉ PAUL I IHI'.Y. 51Ï
aumône , pourceuxqui sont très-bons , ce des députés pour la conférence, déclara aux
sont de» actions de grâces; pour ceux qui états qu'il n'approuvait point ce qui avait
ne sont pns extrêmement mauvais , ce sont été arrêté; le légal du Pape écrivit qu'il n'y
des propitiations; et a l'égard de ceux qui pouvait pas consentir; l'empereur- lui-même
sont très-mauvais, quoiqu'ils no servent de ne résolut rien, ei remil le toul au concile :
rien aux morts, ce sont dos consolations des quelle luire peul avoir cette conférence?
vivants. » Il est a noter que saint Augustin Cependant le ministre s'y appuie beaucoup ;
nomme les aumônes des sacrifices ; mais afin el quoiqu'il soit très-indubitable qu'Ec-
que nous onieudions qu'il y a un sacrifice kius ne donna pas son consentement, il dit
spécial en l'Eglise , à qui ce nom convient que l'article de la justification passa sans
proprement, il l'appelle singulièrement sa- débat entre les députés de l'une et de l'autre
crifice de l'autel, et il rcionnaît qu'il est religion (202). C'est ainsi qu'il lit lesauteursi
propitiatoire. Oui' répondra ici le ministre, c'est ainsi qu'il catéchise son peuple ; voilà
puisqu'il dit que la religion de saint Angiis- les merveilleux témoignages par lesquels il
tin u est pas opposée à la sienne? Mois ce prouve la nécessité de la réformation pré-
n'est pas mon intention d'entrer maintenant tendue. El comme si cette cause se devait
en cette matière, qui mériterait un discours juger par l'autorité des puissances, il joint
plus umple, et qui ne conviendrait pas a ce a l'empereur Charles Y la reine Catherine
lieu. de Médicis, et quelques articles de réfor-
Si,je me suis arrêté si longtemps sur Vin- mation proposés au Pape de la part de quol-
térim de ''empereur Charles V, ce n'est pas ipies-uns de nos rois (203). Mais ne sait-on
que l'autorité de ce livre me paraisse fort pas que tous ces conseils venaient de l'es-
considérable, ni que j'approuve ses façons prit d'une reine qui, selon sa politique or-
de parler obscures, qui enseignent tellement dinaire, tâchait de contenter tous les deux
la bonne doctrine qu'elles ne laissent pas de partis pour maintenir son autorité? Et, cer-
iiatter l'erreur. Mais je m'étonne que le mi- tes, ceux qui l'avaient instruite lui avaient
uistre ail pris tant do soin de tirer ce livre donné d'excellents Mémoires, el bien con-
à son avantage; et il faut bien croire que form«s h l'esprit de l'Eglise, puisque le se-
l'hérésie se plaît fort aux déguisements, cond point de réformation était d'abolir et
puisqu'elle se donne la peine do les em- les exorcismes et toutes les cérémonies du
ployer dans des choses qui lui seraient inu- baptême, dont la plupart sont si anciennes,
liles, quand on lui aurait accordé qu'elles que Calvin même confesse qu'elles avaient
se sont passées comme elle récite. été reçues presque dans les commencements
Je puis dire encore le même des articles de l'Evangile (20i) :« Je n'ignore pas, » ditqui avaient été accordés aux colloques de il (-203), « combien ces choses sont ancien- IJatisbonne en l'an 1S41. Car, outre qu'il nés; » et un peu après :«■ Ces impostures u'' st | as juste que trois députés nommés de Satan fur nt reçues sans peine presque par l'empereur règlent des difficultés de dès les commencements de l'Evangile par la cette importance, Sléidan, que le catéchiste sotte crédulité du monde. » Je n'ai point de rapporte en la marge, nous assure que l'or- paroles assez énergiques pour exprimer dre des primes et particulièrement les évê- l'impudence de cet hérésiarque; et néanques empêchaient qu'on ne les reçût, disant moins la reine surprise voulait que l'on suiqu'on y avait mis plusieurs choses qui de- \it ses maximes plutôt que celles de l'antivaient'ètrc adoucies el corrigées, et que les quité ; quel étrange moyen de réformasentiments des députés catholiques méri- lion ! laient quelque censure (201). Eckius, l'un