‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 110 sur 325 · IIISTOIKF, DES Y.VM.VTKVVS · texte numérisé non relu

IIISTOIKF, DES Y.VM.VTKVVS

quoi ils ont mis de part ou d'autre l'essentiel de la religion, et le nu'ud de la dispute; ce qu'il y faut avouer, ce qu'il y faut du moins supporter selon leurs principes. La seule Coure ssion de foi d'Augsbourg avec son apologie décidera en notre laveur beaucoup plus de points qu'on ne pense, et, sans hésiter, ce qu'il va plus essentiel. Nous ferons aussi reconnaître au calviniste, complaisant envers les uns et inexorableenvers lesautres, que ce qui lui parait odieux dans le Catholique, sans le paraître de la même sorte dans le luthérien, ne l'est pas au fond. Quand on verra qu'on exagère contre l'un ce qu'on favorise ou qu'on tolère dans l'autre, c'en sera assez pour montrer qu'on n'agit point par principes, mais par aversion, ce qui est le véritable esprit du schisme. Cette épreuve, que le calviniste pourra faire ici de lui-même, s'étendra plus loin qu'il ne croit. Le luthérien trouvera aussi les disputes fort abrégées par les vérités qu'il reconnaît ; et cet ouvrage, qui d'abord pourrait paraître contentieux, se trouvera dans Je fond beaucoup plus tourné à la paix qu'à la dispute.

Pour ce qui regarde le Catholique, il ne cessera partout de louer Dieu de la continuelle protection qu'il donne à son Eglise, pour eu maintenir la simplicité et la droiture inflexible, au milieu des subtilités dont on embrouille les vérités de l'Evangile. La perversité des hérétiques sera un grand spectacle aux humilies de cœur. Ils apprendront à mépriser, avec la science qui enfle, l'éloquence qui éblouit; et les talents que le monde ad m ire leur paraîtront peu de chose, lorsqu'ils verront tant de vaines curiosités et tant de travers dans les savants; tant de déguisements et tant d'artifices dans la politesse du sty le ; tant de nantie, tant d'ostentation, et des illusions si dangereuses parmi ceux qu'on appelle beaux esprits; et enfin tant d'arrogance, tant d'emportements, et ensuite des égarements si fréquents et si manifestes dans les hommes qui paraissent grands, parce qu'ils entraînent les autres. On déplorera les misères de l'esprit humain, et on connaîtra que le seul remède à de si grands maux est de savoir se détacher de son propre sens ; car c'est ce qui fait la différence du Catholique et de Hiérétiquc. Le propre de l'hérétique, c'est-à-dire de celui qui a une opinion particulière, est de s'attacher à ses propres pensées ; et le propre du Catholique, c'est-à-dire de l'universel, est de préférer à ses sentiments le sentiment commun de toute l'Eglise; c'est la grâce qu'on demandera pour les errants. Cependant ou sera saisi d'une sainte et humble frayeur, en considérant les tentations si dangereuses et si délicates que Dieu envoie quelquefois à son Eglise, et les jugements qu'il exerce sur elle; et on ne cessera de faire des vœux pour lui obtenir des pasteurs également éclairés et exemplaires, puisque c'est faute d'en avoir eu beaucoup de semblables, que le troupeau racheté d'un si grand prix a été si indignement ravagé.

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ŒUVRES COMPLETES DE ROSSl'ET.

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