‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 121 sur 325 · II. HISTOIRE OF.s VARIATIONS. 4U · texte numérisé non relu

II. HISTOIRE OF.s VARIATIONS. 4U

surabondamment pour les hommes, et que

le Père éternel, content de cette satisfaction de son Fils, nous traitait aussi favorablement que si nous eussions Bous-mimes satisfail a sa justice? Si on ne veut dire que cela, quand on dit que la justice de Jésus- Chrisl nous est imputée, c'est une chose hors de doute; et il ne fallait pas troubler tout l'univers, ni prendre le titre de réformateurs, pour une doctrine si connue et si avouée. Kl h: concile de Trente reconnaissait bien que les méritée (le Jésus-Christ et de se passion étaient rendes nôtres par la justification ; puisqu'il répèle tant de fois qu'Us nous g sont communiqués (k'ôo), et que personne ne peut être justifié sans cela.

Ce que veulent dire les Catholiques avec ce concile, lorsqu'ils ne permettent pas de s'en tenir à une simple imputation des mérites de Jésus-Christ, c'e.st que Dieu luimême ne s'en tient pas là ; mais que pour nous appliquer ces mérites, en même temps il nous renouvelle, il nous régénère, il nous vivifie, il répand en nous son Saint-Esprit qui est l'esprit de sainteté, et parla il nous sanctifie, et tout cela ensemble, selon nous, fait la justification du pécheur. C'était aussi la doctrine de Luther et de Mélanchthon. Ces subtiles distinctions entre lajustilication, la régénération ou la sanctification, où l'on met maintenant toute la finesse de la doctrine protestante, sont nés après eux, et depuis la Confession d'Augsbourg. Les luthéliens d'à présent conviennent eux-mêmes que ces choses sont confondues par Luther et par Mélanchthon (456); et cela dans IM/)o/orjie, un ouvrage si authentique de tout le parti. lin effet, Luther définit ainsi !a foi justifiante : « La vraie foi est l'œuvre de Dieu en nous par laquelle nous sommes renouvelés, et nous renaissons-de Dieu et du Saint-Esprit. Et cette foi est la véritable justice que saint Paul appelle la justice de Dieu et que Dieu approuve (i57). » C'est donc par elle que nous sommes justifiés et régénérés tout ensemble; et puisque le Saint-Esprit, c'est-à-dire Dieu même agissant en nous, intervient dans cet ouvrage, ce n'est pas une imputation hors de nous, comme le veulent à présent les protestants, mais un ouvrage en nous.

Et pour ee qui est de Y Apologie, Mélanchthon y répète à toutes les pages (4-58), que la foi nous justifie et nous régénère, et nous apporte le Saint-Esprit. Et un peu après : Qu'elle régénère les cœurs, et qu'elle enfante la vie nouvelle. Et encore plus clairement : Etre justifié, c'est d'injuste être fait juste; et être régénéré, c'est aussi être déclaré et réputé juste : ce qui montre que ces deux choses concourent ensemble. Un ne voit aucun vestige du contraire dans la Confession d'Augsbourg ; et il n'y a i>ersonne qui ne

(453) Cône. Tn'rf. , sess. 6, cap. 16.

(i.Yil Apol. /{(■»/). adanj., p. 1:27, etc. (455) Si-ss. 6, cap. 5, 7.

(436) Solui., Repel. Cvnc, p. tiSii : Epit. ortie, ibid., 185.

(457) Prœf. in Epist. ad Rom., tom. V, fol. 97,

|38j Cap. De justif. Cvnc, p. GS, N-J cap. De dilect., 85, etc.

Il, 7-2, 7,ï, 7i,

OKITVIIKS COMPLETES DE BOSSl'ET.

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