‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 136 sur 325 · X. Cum igitur aîiud sit inducerelegem, aliud uli · texte numérisé non relu

X. Cum igitur aîiud sit inducerelegem, aliud uli

dispcnsatioiie, obserraraus Yeslram Celsiludinem sequentia velit ennsiderare.

Primo, aule onuiia cavendum, ne bœc res îndicalur iu oibem ad niodum legis, quam sequciuli libéra omnium s'il poiesias. Deinde considerare uignelur Vestra Celsiludo scandalum nimium . quod Evangelii bosles exclamaturi sint, nos similes esse anabaplislis, qui siinul pluies duxerunl uxores. hein evangelicos eam sectari liberialem plures simul dueendi, qiur- in Turcia in usu est. crier que nous ressemblons aux anabaptistes, qui autant de femmes qu'ils en peuvent nourrir.

XI. Item, prineipum facla lalius spargi quam privatorum considère!.

Xli. Item consideret privatas personas, hujusmodi prineipum l'acta audientes, facile eadem sibi perniissa persuadere, prout apparel lalia facile irrepere.

XIII. Item considerandum Celsiludinem Yestrain abundare nobililate efferi spiritus, in qua niulli, uli in aliis quoque lerris, sint qui propler ainplos provenais , quibus ratione caibedralium beneficioruin perfruiintur ; v;dde Evangclio adversanlur. Non ignoramiis ipsi magnorum nobilium valde insulsa dicia : et qualem se nobililas et subdita dilio erga Celsiludinem Yeslram sit pramilura, si publica inlroductlo liât, haud difficile est arbitrât!.

X1Y. Item Celsiludo Vestra, qme Dei singularis est gralia, apud reges et potcntes etiam exteros Hiagno est in honore et respeclu : apud quod merilo est, quod limeat ne haec res pariât nominisdiininutioneni. Cum igitur hic mulia scandala conllii.cil, rogannis Celsiludinem Yestrain, ul banc rem maluro judicio expendere velit.

oblige à conjurer Votre Allesse d'examiner la chose donnée.

XV. Illud quoque est verum, quod Celsiludinem Yeslram onini modo rogannis et horlamttr. ut fornicalionem et adulleiiuin fugiat. Habiiiinus quoque, ut quod res est loquamur, longo tempore non parvuin moerorem, quod inlellexeriinus Yestram Celsiludinem ejusmodi impurilate oneratam , quam divina ullio, inorbi, aliaque perieula sequi pussent.

XVI. Etiam rogamus Celsiludinem Yeslram neta- Ka exlra niatiinioniuin, levia peccala velit xslimare, sicut niundus nie ventis iradere et parvipendere solet. Verum Deus impudicitiani saepe severissiine punivil : nain pœna diluvii Irihuilur regenlum adulleiiis. Item adulterium Davidis esl severum vindicte diviiue exeinplum : eiPaulus sapins ail.: Deus non irridelur. Adulleri non iutioibunt in regnuin Dei ; nam lidei obedienlia cornes esse débet, ut non contra eonscieuliam aganius. (/ Tint. m.) Si cor noslrum non reprehenderit nos, possumus Ijeti Deiiin invocare. (1 Junn. m; Rom. vin.) Si carnalia desideria spiritu morlificaverimus , vivemus ; si aulem seeundum earnem ambulemus , hoc est , si contra conscienliaiu agamus , morieinur.

IX. Ce qui n'empêche pourtant pas qu'il n'y ait Peu de dispense en de cerlaines occasions. Par exemple, si un homme marié, détenu captif en pays éloigné, y prenait une seconde femme pour recouvrer sa santé , ou que la sienne devînt lépreuse, nous ne voyons pas qu'en ce cas on pût condamner le (idéle qui épouserait une autre femme par le conseil de son pasteur, pourvu que ce ne fût pas à dessein d'introduire une loi nouvelle , mais seulement pour satisfaire à son besoin.

X. Puisque ce sont deux choses toutes différentes d'introduire une loi nouvelle et d'user de dispense à l'égard de la même loi , nous supplions Votre Altesse de faire réflexion sur ce qui suit.

Premièrement, il faut prendre garde avant toutes choses que la pluralité des femmes ne s'introduise point dans le monde en forme de loi que lout le monde puisse suivre quand il voudra. Il faut, en second lieu, que Votre Allesse ail égard à l'effroyable scandale qui ne manquera pas d'arriver, si elle donne occasion aux ennemis de l'Evangile de s'éfonl un jeu du mariage, el aux Turcs, qui prennent

XI. En troisième lieu, que les aciions des princes sont plus en vue que celles des particuliers.

XII. En quatrième lieu, que les inférieurs ne sont pas plutôt informés que les supérieurs fonl quelque chose, qu'ils s'imaginent avoir la libellé d'en faire autant, el que c'est par là que la licence devient générale.

XIII. En cinquième lieu, que les Etals de Votre Allesse sont remplis d'une noblesse farouche, fort opposée, pour la plus grande partie à 1 Evangile, à cause de l'espérance qu'on y a, comme dans les autres pays, de pai venir aux bénéfices des Eglises cathédrales, dont le revenu est très-grand. Nous savons les impertinents discours que les plus illustres de votre noblesse ont tenus , et il esl aisé de juger quelle serait la disposition de votre noblesse el de vos auires sujets, si Votre Allesse inlro.duis.dt une semlilable nouveauté.

XIV. En sixième lieu, que Votre Allesse , par une grâce particulière de Dieu, est en grande réputation dans l'empire et dans les pays étrangers, et qu'il esl à craindre que l'on ne diminue beaucoup de l'estime et du respect que l'un a pour elle , si elle exécuie le projet d'un double mariage. La multitude des scandales qui sont ici à craindre nous

avec louie la maturité de jugement que Dieu lui a

XV. Ce n'est pas aussi avec moins d'ardeur qr.e nous conjurons Votre Altesse d'éviter en toule manière la fornication et l'adultère; et, pour avouer sincèrement la vérité, nous avons eu longtemps un regret sensible devoir Voire Allesse abandonnée à de telles impuretés, qui pouvaient être suivies des effets de la vengeance divine, de maladies , et de beaucoup d'autres inconvénients.

XVI. Nous prions encore Votre Allesse de ne pas croire que l'usage des femmes hors le mariage suit un péché léger et méprisable, comme le monde se le figure, puisque Dieu a souvent châtié l'inipudicilé par les peines les plus sévères ; que celle du déluge est attribuée aux adultères des grands ; que l'adultère de David a donné lieu à un exemple terrible de la vengeance divine; que saint Paul répèle souvent que l'on ne se moque point impunément de Dieu, el qu'il n'y aura point d'entrée pour les adultères au royaume de Dieu. Car il est dii au second chapitre de VEpîlre première à Timoihée, que l'obéissance doit être compagne de la foi, si l'on veut éviter d'agir contre la conscience; au troisième chapitre de la première de saint Jean, que si notre cœur ne nous reproche rien , nous pouvons avec

jo.e invoquer le nom de Dieu ; et au chapitre vin de VEpitre aux Romains, que nous vivrons, si nous mortifions par l'esprit les désirs de la chair; mais que nous mourions au contraire en marchant selon la chair, c'est-à-dire en agissant contre noire propre conscience.

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PART. X. THhOI. POLE.UIQl É. - II. HISTOIRE DES VARIATIONS.

XVII. use referimus, ut considère! Deum oh lalia vilia non Fidere, proul aliqui audaces faciunl, et Klhnicai cogitationes animo lovent. Libenier quonue intellexunùs Vestrain Celsitudinem oh ejusmoili vilia angi et t:oni|iiri'i. Incninhunl Olsiliidini Ve-

Btra negotia totum mumlmn concernentia, Aceedii

Celsiludinis Vestra complexio subiilis.ct minime

' robusla, ac panci sonmi ; unde merito corpori par-

cendum cssci, quemadmodum multi alii facefe co-

gnilltlV.

grande importance qui scient dans le monde; elle est

peu, et ees raisons qui onl obligé tant d'autres personnes prudentes que suffisantes pour disposer Votre Altesse à les imiter.

XVIII. Legitur de laudaiissimo principe Scanderbergo, qui multa praclara facinora palravit contra duos ïurcarum imperalores , Amuralhem, et

Maliumelem , et Gneeiain, duin viveret , féliciter tuiiiis est ac conservavit. Hic suos milites saepius ad caslimoniam hortari amlilus est, et dicerc, nutlani rem forlibiis viris a;que animns demere ac veuerein. Item quod si Vestra Celsitudo insuper altérant usorem hahcrel , et nollet pravis affèctibus ci consuetudinihns ropugnare, admit non esset Vestra; Celsitudini consulte, n ae prospeetiim. Oporlet unuuiquemque in externis istis suoruni merabrortini esse dominum , ttii Pau lus serihit (f(om. vi , 13): Citrate ul membra vesini shtt arma justilim. Quare Vestra Celsitudo in consideratione aliaruin causarum, nempe scandait, curarum, laborum, ae sollicitudinum , et uorporis infirmitalis , velit banc rem SEqua lance perpendere, et simili in inemoriam reVocare, quod Deus ei ex moderna conjuge puleliram sobotera utriusqne sexus dederit, ita ut contenlus bac esse possil. Quoi alii in suo malriiuonio debetil patientiam exercere ad vitandum scandalum? Nobis non sedet animo Celsitudinem Vestrain ad lain dillieilem novitatem impellerc, aul imlucere; nain ditio Vestra; Celsiludinis, aliiqtre nos impeterent, quod nobis eo minus ferendum esset, quod ex prseeeplo divino nobis ineumbat malrimonuiiii, omniaque liuniana ad divinam institulioncin dirigerc, alque in ea, quoad possibile, conservarc , omneque scandahrm removere.

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