‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 137 sur 325 · XVII. Nous avons rapporte ces passages, afin que · texte numérisé non relu

XVII. Nous avons rapporte ces passages, afin que

Votre Altesse considère mieux que Dieu ne traite point en riant le vice de l'impureté, comme le supposent ceux qui, par une extrême audace, onl des sentiments paiens sur ces matières. C'est arec plaisir que nous avons appris le trouble el les remords de conscience où Votre Allessc est maintenant pour cette sorte de défauts, et que nous avons entendu le repentir qu'elle en témoigne. Votre Altesse a présentement à négocier des affaires de la plus "une coinplexion fort délicate et fort vive; elle dort

à ménager leur corps, sont plus

XVIII. On lit de l'incomparable Scanderbcrg, qui défit en tant de rencontres les deux plus puissants empereurs des Turcs , Amiirat II el Mahomet II , ci qui, tant qu'il vécut, préserva la Grèce de leur lvrannie , qu'il exhortait souvent ses soldais à la chasteté, et leur disait qu'il n'y avait rien de si nuisible à lcurprofession que le plaisir de l'amour. Que si Votre Altesse , après avoir épousé une seconde femme, ne voulait pas quitter sa Vie licencieuse, le remède dont elle propose dé se servir lui serait inutile. Il faut que chacun soit maître de son corps dans les actions exléiicures, et qu'il fasse, suivant l'expression de saint Paul (Rom. vi, 13), que ses membres soient des armes de justice. Qu'il plaise donc à Votre Altesse d'examiner sérieusement les considérations du scandale, des travaux, du soin, du chagrin et des maladies qui lui ont été représentées. Qu'elle se souvienne (pie Dieu lui a donné de la princesse sa femme un grand nombre d'enfants des deux sexes, si beaux et si bien nés , qu'elle a tout sujet d'en être satisfaite. Combien yen a l-il d'autres qui doivent exercer la patience dans le mariage , par le seul motif d'éviter le scandale ? Nous n'avons garde d'exciter Voire Altesse à introduire dans sa maison une nouveauté si difficile. Nous attirerions sur nous, en le faisant, les reproches cl la persécu.ion, non-seulement des peuples de la Hesse, mais encore de tous les autres ; ce qui nous serait d'autant moins supportable, que Dieu nous commande, dans le ministère que nous exerçons , do

régler, autant qu'il nous sera possible, le mariage et les attires étals de la vie humaine, selon l'institution divine, el de les conserver en cet état lorsque nous les y trouvons, et d'éviter toute sorte de scandale.

XIX. Is jam est inos sœculi , ut culpa omnis in prsedicatores conleralur, si quid difficullalis incidat, et hiimanuin cor in somma; et inferioris condition'^ boulin Unis instabilc; unde diversa perlimescenda.

XX. Si aulem Vestra Celsitudo ab impudica vita non abslineat, quod dicit sibi impossibile, nplaremtis Celsitudinem Vestrain in meliori statu esse coram Deo, et seeura eoiiscienlia vivere ad proprise anima; saliitem, et ditionum ne subdiiorum emolumentum.

XXI. Quod si denique Vestra Celsitudo omnino concluserii adhuc unani conjugem dticere, judicamus id secrelo faciendum, ut superius de dispensationedictum; nempe, ut la ut nui Veslrae Celsitudini, illi personne ac paucis personis fidelibits constet Celsiludinis Veslrje animus et conscientia sub sigillo confessionis. Unie non sequiinlur alicujus moment! contradicliones aul scandala. Nihil enim est inusitali principes concubinas alere ; et quamvis non omnibus e plèbe constaret rei ratio, lamcn prudenliores intelligerent, et magis placeret haec mnderata vivendi ratio, quant adulterium et alii belluini et inipudici actus ; née ciirandi aliorum sermones, si recle cum conscientia agatur. Sic et in lantiim hoc approbamus ; nam quod circa inatrimonium in lege Mosisfuit permissum, Evangelium

OEUVRES COMPI-. riE Bossuet. VIII.

XIX. C'est maintenant la coutume du siècle de rejeter sur les prédicateurs de l'Evangile toute la faute des aciiens où ils ont eu tant soil peu de pari, lorsque l'on y trouve à redire l.e coeur de l'homme est également inconstant dans les conditions les plus élevées et dans les plus basses, et on a tout à craindre de ce côté-là.

XX. Quant à ce que Votre Altesse dit , qu'il ne lui est pas possible de s'abstenir de la vie impudique, qu'elle mène , tant qu'elle n'aura qu'une femme , nous souhaiterions qu'elle fût en meilleur état devant Dieu, qu'elle vécût en sûreié de conscience, qu'elle travaillât pour le salulde son àme, et qu'elle donnât à ses sujets un meilleur exemple.

XXI. Mais enfin si Votre Altesse est entièrement résolue d'épouser une seconde femme, nous jugeons qu'elle doit le faire secrètement, comme nous avons dit à l'occasion de la dispense qu'elle demandait pour le même sujet, c'est-à-dire qu'il n'y aura que la personne qu'elle épousera et peu d'antres personnes fidèles qui le sachent, en les obligeant au secret sons le sceau de la confession. Il n'y a point ici à craindre de contradiction ni de scandais considérable, car il n'est point extraordinaire aux princes de nourrir des concubines; et quand le menu peuple s'en scandalisera , les plus éclairés se douteront de la vérité, et les personnes prudentes aimeront toujours mieux celle vie modérée que l'adultère et les autres actions brutales. L'on ne doit pas se soucier beaucoup de ce qui

(JEU VUES COMPLETES DE BOSSl'ET.

non rcvocal, :uii veiai quod extermina regimen non immuiat ; sed al'.ert aHernam vilain, et ordilur veram ol 'l'ilit'iiliam orga Dctim, et conalur corriiplaui iiaturnm reparaiv.

s'en dira, pourvu que la conscience aille bien. C'est ainsi (|ue nous l'approuvons , et dans les seules circonstances que nous venons de marquer , car l'Evangile n'a ni révoqué ni défendu ce qui avait

é é permis dans la loi de Moïse à l'égard du mariage. Jésus-Christ n'en a point changé la police extérieure; mais il a ajouté seulement la justice et la vie éternelle pour récompense. Il enseigne la vraie manière d'obéir à Dieu, et il tâche de réparer la corruption de la nature.

X\ll. Ilabet itaque Celsitudo Vestra non tantniii omnium noslrum tcslimouium in casu nécessitais, sed eiiaui antécédentes MQStras considéra» tiones, quas rogamus, ut Vestra Celsiludo, lanquain laudatus, sapiens et Christianus princeps velit ponderare. Oranius quoque Deuiii, ut vclilCelsimdinem Vestram diieere ae regere ad suant tandem, et Yeslrae Celsiludinis anima; salulem.

XX 111. Quod altincl ad consilium liane rem apud Ciesarem iraclandi; exisliinamus illum adulterium iuler minora peccata mimerare; nam magnopere verendum, illum Papistica, cardinalilica , Italica, Hispaniea, Sarracenica inibutum iide, non curaluruni Vestra; Celsiludinis postulatum, et in proprium emoluuientum vanis verbis suslenlaturum , sicut inlelligimus perlidum ac fallaeem viruni esse, morisque Germanici oblituni.

XXIV. Videt Celsitudo Vestra ipsa quod nullis neeessilatibus Chrislianis sincère cnnsulit. Turcam sint imperlurbatuui , excitât tanluni rebelliones in Germania, ut Burgundieani potenliam ellerat. Quare oplaiidum ut nulli Chrisliani principes illius Infidis machinationihus se misee.inl. Deus conservet Vestram Celsiludinein ! Nos ad sei viendum Vestra? i'elsiludini sumuspromptissimi. Datuni Vitlembergae, die Mercurii post fèsluiu sancUNicolai 153S).

Vestra; Celsiludinis parali ac subjecli servi,

MaRTINUS LuT.iER. PlIlLIPPUS Melanchtiion. Mar-

tinus Bicf.rus. Antonius Corvinus. Adam. Joannes Lexingus. Jijstus Wintferte. Dionysius Melan-

TUEll.

XXII. Voire Allesse a donc, dans cet écrit, nonseulement l'approbation de nous tous, en cas de nécessité, sur ce qu'elle désire, mais encore les ré* flexions que nous y avons faites : nous la prions de les peser en prince vertueux , sage et chrétien ; et nous plions l>ieu qu'il conduise tout pour sa gloire et pour le. salut de Votre Altesse.

XXIII. Pour ce qui est de la vue qu'a Voire Altesse de communiquer à l'empereur l'affaire dont il s'agit, avant que de la conclure, il nous semble que ce prince met l'adultère au nombre des moindres péchés; et il y a beaucoup à craindre que sa foi élanl à la mode de celle du Pape, des cardinaux, des Italiens, des Espagnols et des Sarrasins, il ne traite de ridicule la proposition de Votre Altesse, ou qu'il n'en prétende tirer avantage, en amusant Votre Allesse par de vaines paroles. Nous savons qu'il est trompeur et perfide, et qu'il ne lient rien des mœurs allemandes.

XXIV. Voire Altesse voit qu'il n'apporte aucun soulagement sincère aux maux extrêmes de la chrétienté, qu'il laisse le Turc en repos, et qu'il ne travaille qu'à diviser l'empire, alin d'agrandir sur ses ruines la maison d'Autriche. Il est donc à souhaiter qu'aucun prince chrétien ne se joigne à ses pernicieux desseins. Dieu conserve Votre Allesse! Nous sommes très-prompts à lui rendre service. Fait à Wirlemberg le mercredi après la fêle de saint Nicolas, l'an IS39.

Les très-humbles et très -obéissants serviteurs de Votre Altesse, Martin Luther. Philippe Mélancuton. Martin Bucer. Antoine Corvin. Adam. Jean Leningue. Juste Wintferte. Denis Méi.antiif.r.

Ego, Georgius Nuspicher, acccpla a Cœsare polestate, nolarius publiais et scriba, lestor, hoc meo cbirographo publiée, quod banc copiani ex vero et inviolato originali propria manu a Philippo Melanchlone exaralo, ad inslanliam et petilionein mei » leinenlissmii domini et principis Ilassiiu, ipse scripserim, et quinque foliis numéro, excepta in— scriplione, couiplexus sim; eiiam omnia proprie et ililigenter auscullarim et contulerim, et in omnibus euin originali el subscripUone nominum concor- Jet. De qua re ilerum lestor propria manu.

Georgius Nuspicher, nolarius.

Je, George Nuspicher, notaire impérial, rends témoignage par l'acte présent, éeiit et signé de ma propre main, que j'ai transcrit la présente copie sur l'original véritable cl fidèlement conservé jusqu'à présent de la propre main de Philippe Mé- I incliton, à la requête du sérénissime prince de liesse ; que j'en ai examiné avec une extrême exactitude chaque lig'ie et chaque mot; que je les ai confrontés avec le même original : que je les ai trouvés conformes, non-seulement pour les choses, mais encore pour les signatures; et j'en ai délivré la présente copie en cinq feuilles de bon papier. l>e quoi je rends encore témoignage.

George NusnciiER, notaire.

INSTRUMENTUM COPULATIONIS PHIL1PP1, LANDGRAV1I ET MAnGARET^E DE SAAI..

In nomine Domini. Amen.

Nolum sit omnibus et siugulis, qui hoc piibiicuin inslrumrnlum vident, aiidiunt , legunt, quod anno post Christum naluni 1540, die Mercurii mensis Mariai, post meridiem, circa secundain circiter, injietionis anno 15, poteulissimi et inviclissimi Bomanoruin imperaloris Caroli Quinli, cleinenlissimi liottri domini, anno regimims 21, coram nie in-

CONTKAT DE MARIAGE DE PHILIPPE, LAN.Dfin.a- VE DE MESSE, AVE1; MARGUERITE DE SAAL.

Au nom de Dieu. Ainsi soil-il.

Que tous ceux, tant en général qu'en particulier, qui verront, entendront ou liront celte convention publique, sachent qu'en l'année 1540, le mercredi, quatrième jour du mois de mars, à deux heures ou environ après midi, la treizième année de l'indicliou, el la vingt-unième du règne du trespuissanl et très-victorieux empereur Cliailcs-(Juin!,

PART.'X. T1IK01-. POLEMIQUE. - II. HISTOIRE DES VARIATIONS

5ïC

Ira scriplo notai io cl leste, Koteinbutgi in arce conio.uucrinl seicnisssiuius princens et Joiiiiiius l'Iiiii|i|ius, kudgravlus ■ contes iu Calznclenbogen, Dieu, Ziengenhaiu ri Nidda, <<uu aliquibus Suai CSetsitudiiHB*coBBilianis ex iina parle : et honesla ic virluosa virgo, Margarela de Saal, cura aliquibus et sua consanguimtalc, es altéra parle; illa mtentfone cl votontate, coram me publicu nolario ac teste, publiée confessi sunl ut malrimonio copulenlur : et postea anlememoratin meus cièmëhligsimua dominqs et jn imeps landgravius Plulippus per référendum donimum I >ion ys: uni Melandruin Suas Celsitudinis concionatorem, curàvil propnni forme hune seiisum. Cum oinnia aperla sint ornlis Dei, el hommes pauca laleanl, el Sua Celsituilci veiit cum nominala virgine Hargarela malrimonio copulari, etsi prior Sua: Celsiiudin'rs con- |ii\ adhilC sit iu vivis: ut hoc non Iriliualur levitali el curiositali, ut eviielur scandalum, et nnminatx Virginia ol iUius konesux eousanguiniiaiis honor et lama non palialur; * il i< il Sua Cclsiludo hic eoram Deo, ci in suani conscienliam cl auiinam, hoc non lieri ex levilate OUI curiositate, née ex aliqua vilipensione jnris et siiperiorum ; sed urgeri aliquihus gravitas neeessilatibus Gonscienlix et corporis ; adeo ut impossibile sit sine alia siipcrinducla légitima conjure corpus siiuin cl auimain salvaro. Ou. un multiplieein causam eliatn Sua Cclsiludo inultis pia'dm lis ; piis, pi udenlibus el Chrisliani» (irailic atiii ibus aulebae indicavit; qui eliain, COBsideralis iuevitabihbus caiisis, id ipsum suaseruul ad Sua: Celsitudinis animai et conscientia: consuleildum. Qme causa cl nécessitas etiaiu serenissiiiiaiu principera Chrisliauam, ducissam Saxonise, Su.i' Celsitudinis primam légitimant conjugem, uipole alla principaii prudentia et pia mente pra:dilam, movit, ni Sine Celsitudinis, tanquam ddeciissimi marili anima; et corpori servirel , et iioniw Dsirr<Hnovdreiur, adgraiioseeonseniieaduoi, Queni- Etdmoaum Sine Celsitudinis lia?c super relata syngrapha leslatur : el ne cui scandalum deluv co quod ùuas con juges babere moderno lempore sil insolitum ; etsi in hoc casu Cbrislianam ci licitum sit, non vult Sua Cclsiludo publiée coram pluribirs consuetas cxremonias usurpare, el palam iwptias eclebrare cum memorata virgine Hargarela de Saal; sed hic in privato cl silentio, in prxsenlia subscriptoruni testium, volunl invicem jungi malrimonio. rinilo hoc serinone, noiniiiaii Philippusel Hargarela sunl malrimonio juneti, et tinaqmcque persona altérant sibi desponsam agnovil et acceptant, adjuncta muluae fidelilatis promissione in nomine Domini. El aiilcmcmoralus princeps ac domirius, aille hune actuii), me infra scriplinu nolarium requisivil, ul desoper unum aut plura instrumenta conlicerem, et mihi eliam tanquam persona: publica: verbo ac fi. le principis addixil el promisit se ouinia ha-c inviolabililer semper ac lîrniiler servalurum. i|t praesenlia reverendoruni pi;edoclorum doniinoiuiu M. Philippi Melanchtonis, M. Martini Buceri, Dionysii Mclandri; eliam inpraisentia streiiuoruiu ac pr.estautium Eberbardi de Than, elecloralis consiliarii, Hcrmannide Malsberg, Hermanni de Huddelshausem, domini loannis Eegg, Cancelbriœ, Rodolphi Schenk. ac honesuc ac virluosa: dominée Anna: nalse de Miltilz, vidme dcfuncli Joaunis de Saal, meinorala: spons.e mairis , lanquaui ad hune actuin requisilorum leslimn.

El ego, Ballbasar llandde Fulda, pulestale Caesaris notaiius publicus, qui buic sermoni, instruction'!, et mali iinoniali sponsioni et copulationi cum supra inemoratis lesiibus interfui, et haec omnia etsingula audivi et vidi, et lanquam nolarius publicus requisilus lui, hoc instrumentai!] publient» mea manu scripsi et subseripsi, cl consueio sigillo munivi in fiilcin cl teslimonium. Baltuasar Rand.

noire très-cliiinenl seigneur, sont comparus devant

moi notaire et témoin soussigné, dans la ville deR»lembourg, au château de la même ville, le séréuissime

prince el seigneur Philippe, landgrave de liesse, comte de CaUuclenhngen, de Dielz, de Ziengenhaiu ci de Nidda, assisté de quelques conseillers de Son /Vitesse, d'une pari : et honnête et vertueuse fille, Marguerite de Saal, assistée de quelques-uns de ses parents, de l'antre part ; dans l'intention et la volonté déclarée publiquement de vanl moi notaire ci léiuoin public, de s'unir par mariage; cl ensuite mon Irés-clémcnt seigneur il prince landgrave a fail proposer ceci par le révérend Denis Mélander, prédicateur de Son Allesse. Comme l'oeil de Dieu pénètre toutes choses, cl qu'il en éi -happe peu à la connaissance des hommes, Sou Allesse déclare qu'elle veut épouser la même fille Mai guérite de Saal, quoique la princesse sa femme soil encore vivante ; et, pour empêcher que l'on n'impute celle action à inconstance ou à curiosité, pour éviter le scandale, el conserver l'honneur à la même fille, et à la répuialion de sa parente. Son Allesse jure ici devant Dieu, el sur son àme et sa conscience, qu'elle ne la prend à fciunni ni par légèreté, ni par curiosité, ni par aucun mépris du droit ou des supérieurs; mais qu'elle v e&l obligée par de certaines nécessités importa nies et inévitables de corps d de conscience; en sorte qu'il lui est impossible de sauver sa vie el de vivre selon Dieu, à moins que d'ajouter une seconde femme à la première. Que Sou Altesse s'en est expliquée à beaucoup de prédicateurs doctes, dévols, prudents el chrétiens, cl qu'elle les a là-dessus consultés. Que ces grands personnages, apresavoirexaiiuné les motils qui leur avaient été représentés, ont conseillé à Son Allesse de mettre son àme et sa conscience en repos par un double mariage. Que la même cause et la même nécessité ont obligé la sérénissiine princesse Christine, duchesse de Saxe, première femme légitime de Son Altesse. par la haule prudence et par la dévotion sincère qui la rendent si recommandante, à consentir de bonne grâce qu'on lui dorme une compagne, afin que l'àine et le corps de son très-cher époux ne. courent plus de risque, et -que la gloire de Dieu en soit augmentée, comme le billet écrit de la propre main de celte princesse le témoigne suffisamment. Kl de peur que l'on n'en prenne occasion de scandale, sur ce que ce n'esl pas la coutume d'avoir deux femmes, quoique cela soit chrétien et permis dans le cas dont il s'agit, Son Allesse ne vent pas célébrer les présentes noces à la moile ordinaire, c'est-à-dire publiquement , devant plusieurs personnes el avec les cérémonies accoutumées, avec la même Marguerite de Saal : mais l'un et l'aulne veulent ici se joindre par mariage en secret et en silence, sans qu'aucun autre en ail connaissance que les témoins ci-dessous signés. Après que Mélander a eu achevé de parler, le même Philippe el la même Marguerite se sont acceptés pour époux el pour épouse, el se sont promis une fidélité réciproque au nom de Dieu. Le même prince a demandé à moi notaire soussigné, que je lui lisse une ou plusieurs copies collatiounées du présent contrat, el a aussi promis, en parole et loi de prince, à moi personne publique, de l'observer inviolableme.nl, toujours et sans altération, en présence des révérends etlrésdocles mailles Philippe Mélauclilon, Martin Bncer, Denis Mélander; el aussi en présence des illustres et vaillants Eberhard de Than, conseiller de Son Allesse électorale de Saxe, llerman de Malsberg, Herman de Hundelshausen , le seigneur Jean Fegg de la chancellerie, Rodolphe Sebeiici, et aussi en présence de ires-honnèle el Ires-verlueuse dame Anne, de la maison de Miltilz, veuve de feu Jean de Saal, et mère de l'épouse; tous en qualité de témoins recherchés pour la validité du présent acic.

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