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(009) Ibid.,
, pag.
SOl.
(9M) Ibid.,
pag.
(912) Ibid.,
i pag>
lii, 291.
(913) Ibid.,
i pag-
(91 il Ibid.,
PART. \. THEOL. POLEMIQUE.— H. HISTOIRE Diï.S VARIATIONS.
portions do pain :(.ll!>). » Cependant on avait rléji établi fa nécessité de la communion bous les deux espèces; c'est-à-dire! qu'on avait tiré la conséquence avant que de s'être
bien assuré dn principe.
L'année d'après, on voulut douter de ta présence réelle, rt la question n'était pas encore décidée (9101, quand on supprima par pr<>\ ision l'adoration de Jésus-Christ dans le sacrement: de môme que si on disait en voyant le peuple dans un grand respect, comme en présence du roi : commençons par empèi lier tous ces honneurs, nous verrons après si le roi est In, et si ces respects lui sont agréables. On 6ta de môme l'oblation du corps et du sang , encore que cette oblation dans le fond ne soit autre chose que la consécration faite devant Dieu de ce corps et do ce sang comme réellement présents avant la mandueation : et sans avoir examiné le principe, on en avait déjà renversé la suite infaillible.
La cause d'une conduite si irrégulière, c'est qu'on menait le peuple parle motif de la haine, et non par celui de la raison. Il était aisé d'exciter la haine contre certaines pratiques dont on ne montrait ni la source ni le droit usage, surtout lorsqu'il s'y était mêlé quelques abus : ainsi il était aisé de rendre odieux les prêtres qui abusaient de la Messe pour un gain sordide; et la haine, une fois échauffée contre eux, était tournée insensiblement par mille artifices contre le mystère qu'ils célébraient, et môme, comme on a vu (917) , contre la présence réelle qui en était le soutien.
On en usait de même sur les images; et une lettre française que M. Burnet nous a rapportée d'Edouard VI à son oncle le protecteur, nous le fait voir. Pour exercer le style de ce jeune prince, ses maîtres lui faisaient recueillir tous les passages où Dieu parle contre les idoles. « J'ai voulu, » disaitil, « en lisant la sainte Ecriture noter plusieurs lieux qui défendent de n'adorer ni te faire aucunes images, non-seulement de dieux étrangers, mais aussi de ne former chose, pensant la faire semblable a la majesté de dieu le Créateur (918). » Dans cet âge crédule, il avait cru simplement ce qu'on lui disait, que les catholiques faisaient des images, pensant les faire semblables à la majesté de Dieu: et ces grossières idées lui causaient de l'étonnemenl et de l'horreur. « Si m'esbahis, » poursuit-il « dans le langage du temps, vu que lui-mesme et son Saint- Esprit l'a si souvent défendu, que tant de gens ont osé commettre idolastne, en faisant et adorant les images. » Il attache toujours, comme ou voit, la même haine à les faire qu'à les adorer ; et il a raison, selon les idées qu'on lui donnait ; puisque constamment il n'est pas permis de l'aire des images, dans la pensée de faire quelque
(915) Burn., part, il, liv. i, pag. 9".
(916) Ibid., pag. 121.
(017) Ci-dessus, liv. vi.
(918) Rec, part, n, liv. n, pag. 08.
chose de semblable tï In majesté du Créateur. « Car, eomme ajoute ce prince, Dieu ne peut être vu en choses qui soient matérielles, mais veut être vu dans ses œuvres. » Voilà comme on abusait un jeune enfant : on excitait sa haine contre les images païennes, où on prétend représenter la Divinité : on lui montrait que Dieu défend de faire de telles images; mais on n'avait garde de lui enseigner que celles des catholiques ne sont pas de ce genre; puisqu'on ne s'est pas encore avisé de dire qu'il soit défendu d'en faire de telles, ni de peindre Jésus-Christ et ses saints. Un enfant de dix à douze ans n'y prenait pas garde de si près : c'était assez qu'en général et confusément on lui décriât les images. Celles de l'Eglise, quoique d'un autre ordre et d'un autre dessein, passaient avec les autres : ébloui d'un autre raisonnement spécieux et de l'autorité de ses maîtres, tout était idole pour lui, et la haine qu'il avait contre l'idolâtrie se tournait aisément contre l'Eglise.
Le peuple n'était pas plus fin, et il n'était que trop aisé de l'animer par un semblable artifice. Après cela on ose prendre les progrès soudains de la réforme pour un miracle visible et un témoignage de la main de Dieu (919). Comment M. Burnet l'a-t-il osé dire, lui qui nous découvre si bien les causes profondes de ce malheureux succès? Un prince prévenu d'un amour aveugle, et condamné par le Pape, fait exagérer des faits particuliers, des exactions odieuses, des abus réprouvés par l'Eglise même. Toutes les chaires résonnent de satires contre les prêtres ignorants et scandaleux : on en fait des comédies et des farces publiques, et M. Burnet lui-même en est indigné. Sous l'autorité d'un enfant et d'un protecteur entêté de la nouvelle hérésie, on pousse encore plus loin la satire et l'invective : les peuples, déjà prévenus d'une secrète aversion pour leurs conducteurs spirituels (920), écoutent avidement la nouvelle doctrine. On ôte les difficultés du mystère de l'Eucharistie , et, au lieu de retenir les sens asservis, on les flatte. Les prêtres sont déchargés de la continence, les moines de tous leurs vœux, tout le monde du joug de la confession , salutaire à la vérité pour la correction des vices, mais pesant à la nature. On prêchait une doctrine plus libre, elqui, comme dit M. Burnet, traçait un chemin simple et aisé pour aller au ciel (921). Des lois si commodes trouvaient une facile exécution. De seize mille ecclésiastiques dont le clergé d'Angleterre était composé, M. Burnet nous raconte que les trois quarts renoncèrent à leur célibat du temps d'Edouard (922), c'est-à-dire en cinq ou six ans ; et on faisait de bons réformés de ces mauvais ecclésiastiques qui renonçaient à leurs vœux. Voilà comme on gagnai't le clergé. Pour les laïques, tes biens
(019) Ibid., part, i, liv. i, pag. 49, clc.
(<WI) fbid.
(922) Ibid , liv. n, pag. 415.
de l'Eglise étaient en proie des sacrifies enrichissait le fisc du"prince : ia seule chAsse de saint Thomas de Cantorbéry, avec les inestimables présents qu'on y avait envoyés de tous côtés, produisit au trésor royal des sommes immenses (923).
C'en fut assez pour l'aire dégrader le saint martyr. On le condamna pour le piller, et les richesses de son tombeau tirent une partie de son crime. Enfin on aimait mieux piller les églises que de faire un bon usage de leurs revenus, selon l'intention des fondateurs. Quelle merveille qu'on ait gagné si prompiement et les grands, et le clergé, et les peuples! N'est-ce pas au contraire un miracle visible qu'il soit resté une étincelle en Israël, et que les autres royaumes n'aient pas suivi l'exemple de l'Angleterre , du Danemark, de la Suède et de l'Allemagne, réformés par ces moyens?
Parmi toutes ces reformations, la seule qui n'avançait pas était visiblement celle des mœurs. Nous avons vu sur ce point comme l'Allemagne avait profité île la réforme de Luther; et il n'y a qu'à lire l'histoire de V. Buruet pour voir qu'il n'en allait fias autrement en Angleterre. On a vu Henri VIII son premier réformateur : l'ambitieux tluc de Sommerset fut le second. Il s'égalait aux souverains, lui qui n'était qu'un sujet, et prenait le titre de duc de Sommerset par la grâce de Dieu (92\<. Au milieu des désordres de l'Angleterre, cl des ratages que la peste faisait à Londres, il ne songeait qu'à bâtir le plus magnifique palais qu'on eût jamais vu; cl, pour comble d'iniquité, il le bâtissait des ruines d'églises et d'hôtels d'éiéi/ucs, et des revenus que lui cédaient les éveques et les chapitres (925) ; car il fallait bien lui céder tout ce qu'il voulait. Il est vrai qu'il en prenait un don du roi; mais c'était le crime d'abuser ainsi de l'autorité d'un roi enfant, et d'accoutumer son pupille à ces donations sacrilèges. Je passe le reste des attentais qui le firent condamner par arrêt du parlement, premièrement à perdre l'autorité qu'il avait usurpée sur le conseil, et ensuite à perdre la vie. Mais, sans examiner les raisons qu'il eut de faire couper la tête à son frère l'amiral, quelle honte d'avoir fait subir à un homme de cette dignité et à son propre frère la loi inique d'être condamné sur de simples dépositions et sans écouter ses défenses (926). En venu de cette coutume l'amiral fut jugé, comme tant d'autres, sans être ouï. Le protecteur obligea le roi à ordonner aux communes de passer outre au procès, sans entendre l'accusé; et c'est ainsi qu'il instruisait son pupille h, faire justice.
M. Burnetsemet fort en peine pour justifier son Cranmcr de ce qu'il signa, étant évèque, l'arrêt de mort .de ce malheu-
reux, et se mêla, contre les canons, dans une cause de sang (927). Sur cela, il fait à son ordinaire un de ces plans spécieux, où il tâche, toujours indirectement, de rendre odieuse la foi de l'Eglise, et d'en éluder les canons ; mais il ne prend pas garde au principal. S'il fallait chercher des excuses à Cranmer, ce n'était pas seulement pour avoir violé les canons, qu'il devait respecter plus que tous les autres, étant archevêque; mais pour avoir violé la loi naturelle observée par les païens eux-mêmes, de ne condamner aucunaccusé sans l'entendre dans ses défenses. (Acl. xxv, 16.) Cranmer, malgré cette loi, condamna l'amiral, Pt signa l'ordre de l'exécuter. Un si grand réformateur ne devait-il pas s'élever contre une coutume si barbare? Mais non, il valait bien mieux démolir les autels, abattre les images, sans épargner celle de Jésus-Christ ; et abolir la Messe, que tant de saints avaient dite et entendue depuis l'établissement du christianisme parmi les Anglais.
Pour achever ici la vie de Cranmer, à la mort d'Edouard VI il signa la disposition où ce jeune prince, en haine de la princesse sa sœur, qui était catholique, changeait l'ordre de la succession. M.Burnel veut qu'on croie que l'archevêque souscrivit avec peine (928). Ce lui est assez que ce grand réformateur fasse les crimes avec quelque répugnance ; mais cependant le conseil, dont Cranmer était le chef, donna tous les ordres pour armer le peuple contre la reine Marie, et pour soutenir l'usurpatrice Jeanne de SuHblk: la prédication y fut employée, et Itidlcy, évèque de Londres, eut charge de parler pour elle dans la chaire (929). Quand elle fut sans espérance, Cranmer, avec tous les autres, avoua son crime, et eut recours à la clémence de la reine. Cette princesse rétablissait la religion catholique, et l'Angleterre se réunissait au Saint-Siège. Comme on avait toujours vu Cranmer accommoder sa religion à celle du roi, on crut aisément qu'il suivrait celle de la reine, et qu'il ne ferait non plus de dilficulté de dire la Messe, qu'il en avait fait sous Henri, treize ans durant, sans y croire. Mais l'engagement était trop fort, et il se serait déclaré trop évidemment un homme sans religion, en changeant ainsi à tout vent. On le mit dans la tour de Londres, et pour le crime d'Etat et pour le crime d'hérésie (930) : il fut déposé par l'autorité de la reine (931). Cette autorité était légitime à son égard, puisqu'il l'avait reconnue et même établie. Celait par cette autorité qu'il avait lui-même déposé Bonner, évêque de Londres, et il fut puni par les lois qu'il avait faites. Par une rahon semblable, les évoques qui avaient reçu leurs évêchés pour un certain temps furent révoqués (932) ; et jusqu'à ce que l'ordre ecclésiastique lût en-
(92 ) liée, (924) foc, 19251 Ibid.
(926) lbul.
(927) Ibid.,
part. i.
liv. n, pag. 205,
pag. 151.
pas. 151.
(928) Part, n, pag. 511.
(929) Liv. n. pag. 556 et seq.
(930) Ibid., pag. 374.
(95! l Ibid., pag. i\ '.
(952) Rec, pari, il, liv. u, pag. -112.
tièrcmonl rétabli, on agit contre les protestants selon leurs maximes.
Après la déposition de Cranmer, on le laissa quelque temps en prison. Ensuite il fut déclaré hérétique, et il reconnut luimême que c'était pouravoirniéIaprésencecor~ porellt de Jésus-Christ dons l'Eucharistie (933). On voit par la en quoi on faisait consister alors la principale partie de la réformation d'Edouard VI ; et je suis bien aise de le faire remarquer ici, parce que tout cola sera changé sous Elisabeth.
Lorsqu'il s'agit île décerner dans les formes du supplice de Cranmer, ses juges furent composés de commissaires du Pape et de commissaires de Philippe et de Marie; car la reine avait alors épousé Philippe II, roi d'Espagne. L'accusation roula surles mariages et les hérésies de Cranmer. M. Burnet nous apprend que la reine lui pardonna le crime d'état pour lequel il avait déjà été condamné dans le parlement. Il avoua les faits qu'on lui imputait sur sa doctrine et ses mariages, « et remontra seulement qu'il n'avait jamais forcé personne de signer ses sentiments (93i). »
A entendre un discours si plein de douceur, on pourrait croire que Cranmer n'avait jamais condamné personne pour la doctrine. Mais, pour ne point ici parler de l'emprisonnement de Gardiner, évêque de Winchester, de celui de Bonner, évoque de Londres (035), ni d'autres choses semblables, l'archevêque avait souscrit, sous Henri, au jugement où Lambert, et ensuite Anne Askew furent condamnés à mort pour avoir nié la présence réelle (936) ; et sous Edouard, à celui de Jeanne de Kent, et à celui de George de Pare, brûlés pour leurs hérésies (937). Bien plus, Edouard, porté à la clémence, refusait de signer l'arrêt de mort de Jeanne de Kent, et il n'y l'ut déterminé que par l'autorité de Cranmer (938). Si donc on le condamna pour cause d'hérésie, il en avait luimême très-souvent donné l'exemple.
Dans le dessein de prolonger l'exécution de son jugement, il déclara qu'fï était prêt d'aller soutenir sa doctrine devant le Pape (939), sans néanmoins le reconnaître : du Pape, au nom duquel on le condamnait, il appela au concile général. Comme il vit qu'il ne gagnait rien, il abjura les erreursde Luther et de Zwinrjle (9i0j, et reconnut distinctement avec la présence réelle tous les autres points de la foi catholique. L'abjuration qu'il signa était conçue dans les termes qui marquaient le plus une véritable douleur de s'être laissé séduire. Les réformés furent consternés. Cependant leur réformateur lit une seconde abjuration (94-1);