II. HISTOIRE BES VARIATIONS. (TO
lai-sons donc M. Burnet, un étranger qui déi ide de noire droit sans en avoir seulement la première connaissance. Les Fiançais le prennent autrement, et se fondent sur quelques lettres de la reine, « qui priait le i rince de vouloir bien conserver la mère i t le s ci, l'a lits cl tout le royaume contre ceux qui voulaient tout perdre (1199). » Mais deux raisons convaincantes ne laissent aucune ressource à ce vain prétexte. La première. c'est que la reine, qui faisait en secret au prince cette exhortation, n'eu avait pas le pouvoir; puisqu'on est d'accord que la régence lui avait été déférée à condition de ne rien faire de conséquence que dans le conseil, avec la participation et de l'avis du roi de Navarre, comme premier prince du sang et lieutenant général établi du consentement ties l'iats dans toutes les provinces et dans toutes les armées durant la minoiité (1200). Comme donc le roi de Navarre reconnut qu'elle perdait tout par le désir inquiet qui la tourmentait de conserver son autorité, et qu'elle se tournait entièrement vers le prince et les huguenots, la juste crainte qu'il eut qu'ils ne devinssent les maîtres, et quà la fin la reine même, par un coup de désespoir, ne se mît entre leurs mains avec le roi, lui lit rompre toutes les mesures de cette princesse. Les autres primes du sang lui i taient unis, aussi bien que les principaux du royaume et le parlement. Le duc de Guise ne lit rien que par les ordres de ce roi ; et la reine connut si bien qu'elle passait son pouvoir dans ce qu'elle demandait au prince, qu'elle n'osa jamais user envers lui d'autres paroles que de cell s d'invitation : de sorte que ces lettres tant vantées ne sont à vrai dire que des inquiétudes de Catherine et non pas des ordres légitimes de la régente: d'autant plus , et c'est la seconde démonstration, que la reine n'écoutait le prince que pour un moment (1201), et par la vaine terreur qu'elle avait conçue d'être dépnuil ée de son autorité :.en sorte qu'on croyait bien, dit .M. de Thou, qu'elle reviendrait de ce dessein aussitôt qu'elle se serait rassuré .
En effet, la suite fait voir qu'elle rentra de bonne foi dans les desseins du roi de Navarre; et depuis elle ne cessa de négocier avec le prince pour le rappeler è son devoir. Ainsi ces lettres de la reine, et tout ce qui s'en ensuivit, n'est réputé par les historiens qu'un vain prêt xte. Bèze même lait assez voir que tout roulait sur la leligion, sur les édits violés, et sur le prétendu meurtre de Vassy (1202). Le prince ne se remua, ni ne manda l'amiral pour prendre les armes, que « requis et plus que supplie par ceux delà. beligion, de les prendre en sa protection sur le nom et autorité du roi et de ses édits (1203;.»
(1195) Thuan., lib. xxix, p. 77 et seq. ; la Poplin, liv. vi, p. 285, 264.
(111)6) Yoy. la Poplin., liv. vi, p. 155, 156.
(1197) Ibid., p. 616.
(1198) Thcan., lib. xxix, an. 1562; la PorLis. liv. vin.
(1199) Critiq. du P.Maimb., lettre 7, n. 5, paye 305; TnuAN., lib. xxix, an. 1562, p. 79, 81.
(1200) Ibid., lib. xxvi. p. 78", etc.
(1201) TnciN.. lib. xxvn, p. 79.
(l'202) Liv. vi.
1,1205) Ibid., p. i.