‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 184 sur 325 · BIS · texte numérisé non relu

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les auti o> prophéties oui toujours été la sujei sur lequel los beaux Miette de ta réforme ont ère qu'il leur était kbre «le se jouer. Chacun « trouvé ses convenances; et les crédules protestants y ont toujours été pris. M. Jurieu reprend souvent, comme on a vu, Joseph Mode qu'il avait choisi pour son guide (1718). Il a fait voir jusqu'aux erreurs de Dumoulin son aïeul, dont toute la réforme avait admiré les interprétations sur les prophéties ; et il a montré que le fondement sur lequel il a bâti est tout à fait destitué de solidité. Il y avait pourtant beaucoup d'esprit, cl une érudition très-recherchée dans ces visions de Dumoulin : mais c'est qu'en ces occasions plus on a d'esprit, plus on se trompe ; parce que plus on a d'esprit plus on invente, et plus on hasarde. Le liel esprit de Dumoulin, qui a voulu s'exercer sur l'avenir, l'a engagé dans un travail dont on se moque jusque dans sa famille ; cl M. Jurieu, son petit-fils, qui montre peut-être dans cette matière plus d'esprit que les autres, n'en sera que plus certainement la risée du monde. J'ai honto de discourir si longtemps sur des visions plus creuses que celles îles malades. Mais je ne dois pas oublier ce qu'il y a de plus important dans ce vain mystère des protestants. Selon l'idée qu'ils nous donnent de l'Apocalypse , rien ne devrait y cire marqué plus clairement que la réforme elle-même avec, ses auteurs, qui étaient venus pour détruire l'empire de la hôte ; et surtout elle devrait être marquée dans l'épanchement des sept fioles, où sont prédites, à ce qu'ils prétendent, les sept ploies de leur empire antii hrétien. Mais ce que voient ici nos interprètes est si mal conçu, que l'un détruit ce que l'autre avance. Joseph Mède croit avoir trouvé Luther et Calvin, lorsque la fiole est répandue sur la mer, c'est-à-dire, sur le monde antiehrétien, et qu'aussitôt cette mer est changée en un sang semblable à celui d'un corps mort (1719). Voilà, dit-il, la réforme : c'est un poison qui tue tout : car alors tous les animaux qui étaient dans la mer moururent (1720). Mède prend soin de nous expliquer ce sang semblable à celui d'un cadavre, et il dit que c'est comme le sang d'un membre coupé, à cause des provinces et des royaumes qui furent alors arraches du corps de la papauté (1721). Voilà une triste image pour les réformés, de ne voir les provinces de la réforme que comme des membres coupes, qui ont perdu, selon Mède,

(1718) Jeu., Ace. des prop., part, l, p, 71 ; part, n, p. 18".

(171!») ,los. Mr.n., :id ph. 2; A/pXK. ««, 3. (-IT20) Avoc. tbid.

toute liaison avec lu source de la vie, (nul esprit vital et toute chaleur, sans qu'on nous en dise davantage.

Telle est l'idée de la réforme, seton Mède. Mais s'il la voit dans l'elfusion de la seconde fiole, l'autre interprète la voit seulement à l'elfusion de la septième; lorsqu'il sortit, dit saint Jean {Apoc. xvi, 17), une grande voix du temple ce'lrste venant du trône, qui dit : C'est fait. Et il se fit de grands bruits , des toniierris et des éclairs, et un si grand tremblement tle terre, r/u'il n'y en eut jamais tin tel depuis gue les hommes sont sur la terre : c'est, dît-il, la Réforme (1722).

A la vérité ce grand mouvement convient assez au trouble dont elle remplit tout l'univers : car on n'en avait jamais vu de semblables pour la religion. Mais voici le bel endroit : La grande ville fut divisée en trois parties. C'est , dit notre auteur, l'Eglise romaine, la luthérienne et la calvin-ienne : voilà les trois parties qui divisent la grande cité, c'est-à-dire l'Eglise d'Occident. J'accepte l'augure : la Réforme divise l'unité; en la divisant elle se rompt elle-même en deux, et laisse l'unité à l'Eglise romaine dans la chaire de saint Pierre qui en est le centre. Mais saint Jean ne devait pas avoir oublié qu'une des parties divisées, c*est-àdire la calvinienne, se rompait encore eu deux morceaux ; puisque l'Angleterre, qu'on veut ranger avec elle, fait néanmoins dans le fond une secte à part : et notre ministre ne doit pas dire que cette division soit légère , puisque de son propre aveu on se traite de part et d'autre comme des excommunies (1723\ En effet , l'Eglise anglicane met les calvinistes puritains au nombre des non conformistes , c'est-à-dire, au nombre de ceux dont elle ne permet pas le service, et n'en reçoit les ministres qu'en les ordonnant de nouveau , comme des pasteurs sans aveu et sans caractère. Je pourrais aussi parler des autres sectes qui ont partagé le monde en même lemps que Lulher et Calvin , et qui, prises ensemble ou séparément, font un assez grand morceau pour n'être pas omises dans ce passage de saint Jean. Et après tout, il fallait donner à la Réforme un caractère plus noble que celui de tout renverser.ctune plus belle marque que ceJ le d'avoir mis en pièces l'Eglise d'Occident, la plus florissante de tout l'univers; qui a été le plus grand de tous les malheurs.

(17-21) MED., ibid.

(17*2-2) .tic. part, n, ch. 8, p. 122.

(\1%~> Ci-dessus, liv. mi.

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