II. HISTOIKE DES YAU.VTIONS
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Icsniiiiiu m ri l'énergie, sans | erdre la i ilu ils répondaient qu'il ue fa II. ni pas Atei au ii . i ('■ ! t.» l.i consolation cl» ne pouvoir jamais perdre « la loi ni le Saint- Es pril en quelque crime qu'il tombal contre sa consciern e. Car erail, 'ii .h m ils (1793), une froide consolation île lui diw : * ous av< i imit ,> (,i i perdu la foi el le Saint-Esprit ; mais peutêtre que Dieu vous ado| tera el «ous régénérera da nouveau , afin que vous lui soyez réconcilié. • Ainsi à quelque péché nue le fidèle s'abandonne coq ire sa propre conscience, on lui est .si favorable, qu'on no se contente pasi pour le consoler, de lui laisser l'espérance du retour futur à l'état de gfâoe; mais il faut qu'il ait encore la consolation d'y être actuellement (1794) parmi seseeitnas.
Il restait encore la question, savoir ce que faisaient dans les fidèles ainsi livrés au péché la loi et le Saint-Esprit, et s'ils y étaient tout à l'ait sans action. On répondail qu'ils n'étaient pas sans action ; ci l'effet qu'ils produisaient, par exemple dans David, était qu'il ne péchait pas tout entier : Peecanit David, ut non lotus (1195), et qu'il y avait un certain péché qu'il ne commettait pas, Oue si enfin l'on poussait la chose jusqu'à demander quel était donc ce péché où l'homme pèche tout entier, et dans lequel le fidèle ne tombe jamais, on répondait que << ce n'était pas une chute particulière du Chrétien eu tel et tel crime contre la première ou la seconde table; niais une totale et universelle défection et apostasie de la vérité de l'Évangile, par laquelle l'homme n'offense pas Dieu en partie et a demi, mais par un mépris obstiné il en méprise la majesté tout entière, et s'exclut absolument de la grâce (1796k). » Ainsi jusqu'à ce qu'on soit venu a ce mé, ris obstiné de Dieu et à cette apostasie universelle, on a toujours la consolation (/ être suint, d être justifie et régénéré, et d'avoir {e Saint-Esprit habitant en soi.
Ceux de Brème ne s'expliquent pas moins durement, lorsqu'ils disent que ceux « qui sont une fois vraiment régénérés ne s'égarent jamais assez pour s'écarter tout à l'ait de Dieu par une apostasie universelle, en sorte qu'ils le baissent comme un ennemi, qu'ils pèchent comme le diable par une malice affectée, et se privent des biens célestes; c'est pourquoi iis ne perdent jamais absolument la grâce et la faveur de Dieu (1797) ; » de sorte qu 'on demeure dans cette grâce bien régénéré, bien justilié, pourvu seulement qu'on ne soit pas un ennemi déclaré de Dieu, et aussi méchant qu'un démon.
Ces excès sont si grands que les protestants en ont boute, et qu'il y a eu même quelques Catholiques qui n'ont pu se persuader que le synode de Dordrccht y lût
tombé. Mais enfin voilà historiquement, avec les décrets du synode, le> avis des
princi| aux opinant--. El afin qu'on ne doutât point de t"iis les autres, outre ce qui es;. inséré dans les actes du -,\ node, que tout \ fut décidé avec un consentement unanime de tous les opinants sans en excepter un seul (1798); j'ai expressément rapporté les opinions où ceux qui veulent excuser le synode de Dordreebl trouvent le plus d'adoucissement.
Outre ces points importants, nous en voyons un quatrième expressément décidé dans ce synode, et c'est celui de la sainteté de tous les enfants des fidèles. On s'était expliqué différemment sur cet article dans les actes de la nouvelle réforme (1799). Non-, avons vu cette sainteté des enfants formellement établie dans le Catéchisme des calvinistes de France, et il y est dit expressément que tous les enfants ilus fidèles sont sanctifiés et naissent dans l'alliance: mais nous avons vu le contraire dans l'accord de ceux de Genève avec les Suisses (1800); et la sanctification des petits enfants même haplisés y est restreinte aux seuls prédestiné'. Bèze semble avoir suivi cette restriction dan > l'Exposition déjà citée (1801); mais le synode de Dordrccht prononce en faveur de la sainteté de tous les enfants des fidèles, et ne permet pas aux parents de douter de leur salut (1801*); aiticledont nous avons vu qu'il suit plus clair que lejour, selon les principes du synode, que tous les entants des fidèles, et tous les descendants de ces enfants jusqu'à la consommation des siècles, si leur race dure autant, sont du nombre des prédestinés.
Si toutes ces décisions, qui paraissent si authentiques, tout un fondement si certain dans la nouvelle réforme, qu'on soit privé du salut et retranché de l'Eglise en les rejetant, c'est ce que nous avons à examiner en expliquant la procédure du concile.
Èa première chose que j'y remarque, c'est une requête des remontrants, où ils exposent au synode qu'ils ont été condamnés, traités d'hérétiques et excommuniés [iar lescontre-renjonlrants, leurs collègueset leurs parties; qu'ils sont pasteurs comme les autres, et qu'ainsi naturellement ils devraient avoir séance dans le synode avec eux ; que si ou les exclut comme parties dans le procès, leurs parties doivent être exclues aussi bien qu'eux ; autrement qu'ils seraient ensemble juges et parties, qui est lu chose du monde la plus inique (1802).
C'était visiblement les mêmes raisons pour lesquelles tous les protestants avaient récusé le concile des Catholiques, pour lesquelles les zuingliensen particulier s'étaient
(1793) Jud. llieol. Embd. de otirt., ch. I, il. S0,
(17!Ui lbid., n. 50, p. -26.'..
(179a) lbid., n. Si, p. 207.
(1796) lbid., n. 00. p. 208.
(1797) Jud Urem. délier!., n. 12, 15, p. 254,
(1798) Sess. 125, 150, et l'ial. ad lue. (17;)!)/ Ci-dessus, liv. ix.
(1800) lbid.
(1801") Expos, de la fui, ch. i; conc. 15, p. 80.
(1801) Sess. 36, cap. De nrwdesl., art. Î7\ itS02j sjtjs. 25, p. 05 et se.|.
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élevés contre le synode des ubiquilaires, qui les avaient condamnés à lène, comme on a vu (1803). Les remontrants ne manquaient pas de se servir de ces exemples. Ils produisaient principalement les griefs contre le concile de Trente, où les protestants avaient dit : « Nous voulons un concile libre; un concile où nous soyons avec les autres; un concile qui n'ait pas pris parti ; un concile qui ne nous tienne pas pour hérétiques : autrement nous serions jugés par nos parties (1801). » Nous avons vu que Calvin et les calvinistes avaient allégué les mêmes raisons contre le synode de lène. Les remontrants se trouvaient dans le même é at, quand ils voyaient François Gomar et ses adhérents assis dans le synode au rang de leurs juges, et se voyaient cependant exclus, et traités comme coupables; c'était préjuger contre eux avant l'examen de la cause; et ces raisons leur paraissaient d'autant plus convaincantes, que c'était visiblement celle de leurs pères contre le concile de Trente, comme ils le faisaient voir par leur requête (1805).
Après qu'on eut lu cette requête (1806), on leur déclara « que le synode trouvait fort étrange que les accuses voulussent faire la loi à leurs juges, et leur prescrire des règles; et que c'était faire injure non-seulement au synode, mais encore aux états généraux qui ks avaient convoqués, et qui leur avaient commis le jugement; qu'ainsi ils n'avaient qu'à obéir (1807). »
C était leur fermer la bouche par l'autorité du souverain ; mais ce n'était pas satisfaire à leurs raisons, ni aux exemples de leurs pères, lorsqu'ils avaient décliné le jugement du concile de Trente. Aussi n'entrat-on guère dans cet examen. Les délégués des éiats, qui assistaient au synode avec toute l'autorité de leurs supérieurs, jugèrent que les remontrants n'étaient pas recevaliles dans leurs demandes (1808), et leur ordonnèrent d'obéir à ce qui se; ait réglé patio synode, qui de son côté déclara leurs propositions insolentes, et la récusation qu'ils faisaient de tout le synode comme étant partie dans le procès, injurieuse nonseulement au synode même, mais encore à la suprême autorité des états généraux.
Les remontrants condamnés changèrent leurs requêtes en protestat;ons contre le synode. On délibéra dessus (1809); et comme les raisons qu'ils alléguaient étaient les mêmes dont les protestants s'étaient servis pour éluder l'autorité des évoques catholiques, les réponses qu'on leur lit étaient les mêmes que les Catholiques avaient employées contre les protestants. On leur disait que ce
contre les erreurs pour s'y être opposés ; que ce serait leur ôler le droit de leur charge pour s'en être fidèlement acquittés, et renverser tout l'ordre des jugements ecclésiastiques ; que par les mêmes raisons les ariens, les nestoriens et les eutychiens auraient pu récuser toute l'Eglise, et ne se laisser aucun juge parmi les Chrétiens; que ce serait le moyen de fermer la bouche aux pasteurs, et de donner aux hérésies un cours entièrement libre. Après tout, quels juges voulaientils avoir? Où trouverait-on dans le corps des pasteurs ces gens neutres et indifférents qui n'auraient pris aucune part aux questions de foi et aux affaires de l'Eglise (1810). Ces raisons ne souffraient point de réplique; ruais par malheur pour nos réformés, c'étaient celles qu'on leur avait opposées lorsqu'ils déclinèrent le jugement des évoques qu'ils trouvaient en place au temps de leur séparation.
Ce qu'on d;sait de plus fort contre les remontrants, c'est qviils étaient des novateurs, et qu'ils étaient la partie la plus petite aussi bien que la plus nouvelle, qui devait par conséquent être jugéepnr la plus grande, par la plus ancienne, par celle qui est en possession, et qui soutenait la doctrine reçue jusqu'alors (1811). Mais c'est par laque les Catholiques devaient le plus l'emporter; car enfin quelle antiquité l'Eglise beigique réformée alléguait-elle aux remontrants? Nous ne voulons pas, disait-elle, laisser affaiblir la doctrine que nous avons toujours soutenue depuis cinquante ans (1812): car ils ne remontaient pas plus haut. Si cinquante ans donnaient à l'Eglise qui se disait réformée tant de droit contre les arminiens nouvellement sortis de son sein, quelle devait être l'autorité de toute l'Eglise catholique fondée depuis tant de siècles !
Parmi toutes ces réponses qu'on faisait aux remontrants sur leurs protestations, ce qu'on passait le plus légèrement c'était la comparaison qu'ils faisaient de leurs exceptions contre le synode de Dordrecht avec celles des réformés contre les conciles des Catholiques et ceux des luthériens. Les uns disaient qu'il y avait « grande différence entre les conciles des papistes et des luthériens, et celui-ci. Là on écoule des hommes, le Pape et Luther ; ici on écoute Dieu. Là on apporte des préjugés; et ici il n'y a personne qui ne soit prêt à céder à là parole de Dieu. Là on a des ennemis en tête ; et ici on n'a d'affaire qu'avec ses frères. Là tout est contraint; ici tout est libre (1813).» C'était résoudre la question par ce qui en faisait la difficulté. 11 s'agissait de savoir si les gomaristes ne venaient pas avec leurs préjugés
n'avait jamais été la coutume de l'Eglise dans le synode ; il s'agissait de savoir si de priver les pasteurs du droit de suffrage c'était des ennemis ou des frères; il s agis-
(1805) Ci-dessus, liv. vin.
I ii i Ibid.
(1805) Syn. Dordr., ibid., SI , elc.
1806) Ibid., p. 80.
^807; Sess. 26, p. 82, 83.
p. 70, 7!, 72, etc. ;
(1808) Sess. 26, p. SI.
(180)- Sess. 27, p. 95.
(1810) Ibid., p. 85,87, 07, 98, 100, 10», 106.
1811) Pag. 97, 105, elc.
1812) Pratf. n<1 Ece. anteSij». Dordr.
,l 813J ess 27, p. W».
sait ilf savoir qui avait le cœur plus docile pour la vérité el la parole de Dieu ; si c'était [es protestants en général plutôt que les Catholiques, Ivs disciples de Zwingle plutôt • I ie ceux de Luther, et les gomaristes plutôt mie les arminiens. Et pour ce qui est de la liberté, l'autorité des états, qui intervenait partout, et qu'aussi on avait toujours à la bouche dans le synode (181V); celle du prince d'Orange, ennemi declaredes arminiens; l'emprisonnement de Grotius et des autres chefs du parti, et enfin le supplice de Barne- M'iil, font assez voir comment on était libre eu Hollande sur cette matière.
Les députés île Genève tranchent plus court; ei sans s'arrêter aux luthériens àqui aussi quatre ans qu'ils avaient au-dessus des zuingliens ne pouvaient pas attribuer l'autorité de les juger, ils répondaient à l'égard des Catholiques (1815) : « 11 a été libre à nos pères de protester contre les conciles de Constance et de Trente, parce que nous ne voirions avoir aucune sorte d'union avec eux; au contraire, nous les méprisons et les haïssons : de tout temps, ceux qui déclinaient l'autorité des conciles se séparaient de leur communion. » Voilà toute leur réponse ; et ces bons théologiens n'auraient rien eu à opposer au déclinatoire des arminiens, s'ils avaient rompu avec les Eglises de Hollande, et qu'ils les eussent haïes et méprisées ouvertement.
Selon cette réponse, les luthériens n'avaient que l'aire de se mettre tant en peine de ramasser des griefs contre le concile de Trente, ni de discuter qui était partie ou qui ne l'était pas dans cette cause. Pour décliner l'autorité du concile où les Catholiques les appelaient, ils n'avaient qu'à dii:e sans tant de façons : Nous voulons rompre avec vous, nous vous méprisons, nous vous haïsssons et nous n'avons que faire de votre concile. -Mais l'édification publique et le nom même de Chrétien ne souffrait pas une telle réponse. Aussi n'est-ce pas ainsi que répondirent les luthériens : au contraire ils déclarèrent, et même à Augsbourg dans leur propre confession, qu'ils en appelaient au concile, et môme au concile que le Pape assemblerait (1816). 11 y a une semblable déclaration dans la Confession de Strasbourg (1817) : ainsi les deux partis protestants étaient d'accord en ce point. Ils ne voulaient donc fias rompre avec nous; ils ne nous haïssaient pas; ils ne nous méprisaient pas tant que le disent ceux de Genève. S'il est donc vrai, selon eux, que les remontrants devaient se soumettre au concile de la réforme, parce qu'ils ne voulaient pas rompre; les protestants, qui témoignaient ne vouloir non plus se séparer de l'Eglise catholique, devaient se soumettre à son concile.
Il ne faut pas oublier une réponse que Ql