‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 187 sur 325 · HISTOIRE DES VARIATIONS · texte numérisé non relu

HISTOIRE DES VARIATIONS

tout ti ci synode de la province de Hollande au déclinatoire des remontrants. C'est le synode tenu à Delpbt, un peu avant celui de l)onlreiht(1818). Lesrenioîitrantsobjectaient quele synode qu'on voulait assembler contre eux ne serait pas infaillible comme l'étaient les apôtres, et ainsi ni' les lierait pas dans leur conscience. H fallait bien avouer ce. a, ou nier tous les principes de la réforme; mais après l'avoir avoue ceux de Delpht ajoutent ces mots (1819) :« Jésus-Christ, qui a promis aux apôtres l'esprit de vérité dont les lumières les conduiraient en toute vérité, a aussi promis h son Eglise d'être avec elle jusqu'à la fin des siècles (Màtth. xxvm, 20), et de se trouver au milieu de deux ou trois qui s'assembleraient en son nom (Maiih. xvin,20); «d'où ils concluaient un peu après « que lorsqu'il s'assemblerait de plusieurs pays des pasteurs pour décider selon la | aroie de Dieu ce qu'il faudrait enseigner dans les Eglises, il fallait avec une ferme cou fiance se persuader que Jésus-Christ serait avec eux selon sa promesse. »

Les voilà donc enfin obligés à reconnaître deux promesses de Jésus Christ pour assister aux jugements de son Eglise. Or, les Catholiques n'ont jamais eu d'autre fondement pour croire l'Eglise infaillible. Ils se servent du premier passage pour montrer qu'il est toujours avec elle considérée dans son tout. Ils se servent du second pour faire voir qu'on devrait tenir pour certain qu'il serait au milieu de deux ou de trois, si on était assuré qu'ils fussent vraiment assemblés au nom de Jésus-Christ. Or, ce qui est douteux de deux ou trois qui se seraient assemblés en particulier, est certain à l'égard de toute l'Eglise, lorsqu'elle est assemblée en corps : ou doit donc alors tenir pour certain que Jésus-Christ y est par son esprit, et ainsi que ses jugements sont infaillibles; ou qu'on nous dise que! autre usaje on peut faire de ces promesses, dans le cas où les applique le synode de Delphi.

H est vrai que c'est dans le corps de l'Eglise universelle et de son concile œcuménique qu'on trouve l'accomplissement assuré de ces promesses. C'était aussi à un tel concile que les remontrants avaient appelé. On leur avait répondu « qu'il était douteux si et quand on pourrait convoquer ce concile œcuménique; qu'en attendant le national convoqué parles états serait comme œcuménique et général, puisqu'il serait composé des députés de toutes les Eglises réformées; que s'ils se trouvaient grevés par ce synode national, il leur serait libre d'eu appeler au concile œcuménique, pourvu qu'en attendant ils obéissent au concile national (1820). »

La réflexion qu'il faut faire ici, est nue parier de concile œcuménique, c'était parmi

(1811) Sess. 25, p. 80; sess. 2G, |>. 81 , 8-2, 83,

etc.

(1815) Ibid., 103.

(I8l(i) Ci-dessus, liv. ur.

(1817) Conf. Argen , l'ervr.

Sijii, Gai., part.

(1818) -2ioel. Itil8 (1819) Syn. Delph.,

(18-20) Prief. ad Ecc. ante

/'or./r., sess. 20, Sijn Durdr.

les nouveaux réformés un reste du langage ue l'Eglise. Car que voulait dire ce mot dans ces nouvelles Eglises? Elles n'osaient pas dire que les députés de toutes les Eglises réformées fussent un concile œcuménique représentant l'Eglise universelle. C'était, dil-on, non pas unconeileœcuniénique, mais comme un concilie œcuménique. De quoi devait donc être composé un vrai concile œcuménique? Y fallait-il avec eux les luthériens qui les avaient excommuniés? on les Catholiques ?ow enfin quellesautres Eglises? C'est ce que les calvinistes ne savaient pas; et en l'état où ils s'étaient mis en rompant avec tout le reste des Chrétiens, ce grand nom de concile œcuménique, si vénérable parmi les Chrétiens, n'était plus pour eux qu'un nom en l'air, auquel il ne répondait aucune idée dans leur esprit.

La dernière observation que j'ai à faire pour la procédure regarde les confessions de foi et les catéchismes reçus dans les Proyinces-Unies. Les synodes provinciaux obligèrent les remontrants à y souscrire : ceuxci le refusèrent absolument, parce qu'ils crurent qu'il y avait des principes d'où suivait assez clairement la condamnation de leur doctrine. On les avait traités d'hérétiques et de schismatiques sur ce refus; et néanmoins on était d'accord dans les synodes provinciaux (1821), et il fut expressément déclaré dans le synode de Dordrecbt, que ces confessions de foi, loin de passer pour une règle certaine, pouvaient être examinées de nouveau, de sorte qu'on obligeait les remontrants à souscrire à une doctrine de foi, même sans y croire.

(1620.) Nousavons déjà observé ce qui est marqué dans les actes, que les canons du synode contre les remontrants furent établis avec un consentement unanime de tous les opinants, sans en excepter un seul (1822). Les prétendus réformés de France n'avaient pas en penniss on de se trouver à Dordrecht, quoiqu'ils y fussent invités : mais ils en reçurent les décisions dans leurs synodes nationaux, et entre autres dans celui de Charenton en 1020, où l'on en traduisit en français tous les canons ; et la souscription en fut ordonnée avec serment dans cette forme : « Je reçois , approuve et embrasse toute la doctrine enseignée au synode de Dordrecht, comme entièrement conforme à la parole de Dieu et confession de foi de nos Eglises : la doctrine des arminiens fait dépendre l'élection de Dieu de la volonté des hommes, ramène le paganisme, déguise le papisme, et renverse toute la certitude du salut (1823). » Ces derniers mots font connaître ce qu'on jugeait de plus important dans les décisions de Dordrecht; et la certitude du salut y parait comme un des caractères des plus essentiels du calvinisme.

Encore tout nouvellement la première chose qu'on a exigée des ministres de ce royaume réfugiés eu Hollande dans ces dernières affaires de la religion, a été de souscrire aux actes du synode de Dordrecht; et tant de concours, tant de serments, tant d'actes réitérés semblent faire voir qu'il n'y a rien de plus authentique dans tout ce parti.

Le décret même du synode montre l'importance de cette décision, puisque les remontrants y sont « privés du ministère, de leurs chaires de professeurs en théologie, et de toutes autres fonctions tant ecclésiastiques qu'académiques, jusqu'à ce qu'ayant satisfait à l'Eglise, ils lui soient pleinement réconciliés et reçus à sa communion (1824):» ce qui montre qu'ils étaient traités d'excommuniés, et que la sentence d'excommunication portée contre eux dans les Eglises et synodes particuliers était confirmée ; après quoi le synode supplie les états de ne souffrir pas qu'on enseigne une autre doctrine que celle qui venait d'être définie, et d'empêcher les hérésies et les erreurs qui s'élevaient : » ce qui regarde manifestement les articles des arminiens, qu'on avait qualifiés d'erronés et de sources d'erreurs cachées.

Toutes ces choses pourraient faire voir qu'on a regardé ces articles comme fort essentiels à la religion. Cependant, M.Jurieu nous apprend bien le contraire : car, après avoir supposé </ue l'Ei/lise romaine du temps du concile de Trente était du moins duns les sentiments des arminiens, il poursuit ainsi (1825) : « Si elle n'eût point eu d'autres erreurs, nous eussions très-mal fait de nous en sépaier : il eût fallu tolérer cela pour le bien de la paix ; parce que c'est une Jîglise dont nous faisons partie, et qui ne s'était pas confédérée pour soutenir la grâce selon la théologie de saint Augustin, » etc. Et c'est aussi ce qui lui fait conclure (1826), que ce qui fait « qu'on a retranché les remontrants de la communion, c'est parce qu'ils n'ont pas voulu se soumettre à une doctrine, premièrement, que nous croyons conforme à la parole de Dieu ; secondement, que nous nous étions obligés par une confession confédérée de soutenir et de défendre contre le pélagianisme de l'Eglise romaine. »

Sans lui avouer ses principes, ni ce qu'il dit de l'Eglise romaine, il me sudit d'exposer ses sentiments, qui lui font dire dansun autre endroit, que « les Eglises de la Confession îles Suisses et de Genève retrait chaient de leur communion unseini-pélagieu et un homme qui soutiendrait les erreurs des remontrants : mais que ce ne serait pourtant pas leur deseein de déclarer cet homme damné, comme si le semi-pélagia,nisrne damnait (1827) a II demeure donc

;182I) Syn. Detpli., int. Ad. Dordr., sess. 25, p. 91; sess. 52, p. 1-23.

(1822) Sess. tir,, 150; Prœf. ad Ecct.

(1825) Sijn.de Char., e. 25.

(1824) Sent. njit. de lUmoun., sts£. 15&, p;ig.

(1825) Suit, de l'Eut., liv. n, c. 5, p, (1820) Jbid., c. 10. p. 505.

(1827) Hnd., c. 5, p. 24.9.

857 PART. X. ÏIM.OI,. I'iii.i.mioir

bien établi, | ar li! sentiment decc minisire,

qui' la doi II llir des |Tiiiu|il|-;iilU petit hlcll

i \i [uFfl quelqu'un Je la confédération particulière ii».'^ Églises prétendues réformées, mais non pas eu général de la. société des eufants de Dieu : ce qui montre que ces articles ne sont pas Je ceux qu'on appelle fondamentaux.

i :iiiii, le même docteur, dans te JuQWitHt

sur h s i.rilitnlrs, où il travaille ;i l.i rùu unit)

des luthériens avec ceux de sa communion,

reconnaît, que « pour arrêter wp torrent do pélagianisme qui allait inonder les l'a \ s lias, le synode de Dordreeht a dû opposer la méthode la plus rigide et la plus exacte <!i ce iclài lienieni péTagten (1828). » Il ajoute que dans cette vue « il a pu imposer à son parti la nécessité de soutenir la méthode de ggint Augustin, et obliger non tous les membres de sa société, mais au moins tousses docteurs, prédicateurs, et autres gensqi.i se niùlent u'ense'igner, sans pourtant obligera la même chose les autres Eglises et les autres communions. » D'où il résulte que le synode, loi* d'obliger tous les Chrétiens à ses dogmes, ne prétend | as même y obliger tous ses membres, mais seulement ses prédicateurs et ses docteurs : ce qui njontre ce que c'e-t au fond que ces graves décisions de la nouvelle réforme, où, après avoir tant vanté l'expresse paiole de Dieu, tout aboutit enfin à obliger les docteurs a enseigner d'un commun accord uae doctrine que les particuliers ne sont obligés ni de croire ni de professer.

Et il ne faut pas répondre que c'est ici de ces dogmes qui ne doivent pas venir à la connaissance du peuple : car, outre que tous les dogmes révélés de Dieu sont faits pour le peuple comme pour les autres, et qu'il y a certains cas où il n'est pas permis de les ignorer, celui qui fut détiui à Dordreeht devait être plus que tous les autres un dogme très-populaire ? puisqu'il s'agissait principalement de la certitude que chacun devait avoir de son salut ; dogme où l'on mettait dans le calvinisme le principal fondement de la religion chrétienne (1829).

Tout le reste des décisions de Dordreeht aboutissant, comme on a vu, à ce dogme de la certitude, il n'était pas question de spéculations oiseuses, mais de la pratique qu'on jugeait la plus nécessaire et la plus intime de la religion ; et néanmoins M. Jurieu nous a parlé de celte doctrine, non tant comme d'un dogme principal, que comme d'une méthode qu'on a été obligé de suivre ; et non pas comme étant la plus certaine , mais comme étant la plus ri'jide : Pour arrêter, disait-il, ce torrent de peïagianisme, il a fallu luiopposer laméthode ta plus riyideet la plus exacte, et décider, ajoute-t-il (1830), beau-

— II. IIISTOIUK t)KS VAKI.VTIO.NS.

coup de choses <m préjudice de la liberté, qui a toujours été de disputer pour et contre entre les réformés : comme si c'était une affaire de politique, OU qu'il y cûtautre chose h considérer dans les. décisions de l'Eglise que la pure vérité révélée de Dieu clairement et expressément par sa i arole, sur laquelle aussi, après qu'elle a été bien reconnue, il n'est plus permis de biaiser.

.Mais ce qu'enseigne le môme ministre en un autre endroit est encore bien plus surprenant, puisqu'il déclare aux arminiens : que ce n'est point pro| renent l'arminiaîii.sme, mais le socinianisme qu'on rejette en eux. « Ces messieurs les remontrants, dit-il (1831), ne se doivent pas étonner que nous offrions la paix aux sectes qui paraissent èlre dans les mêmes sentiments qu'eux à l'égard du swn>dc de Dordreeht, et que nous ne la leur présentions pas. Leur seuiisocinianisme sera toujours une muraille de séparation entre eux et nous. » Voilà' rfoi c ce qui fait la séparation. C'est qu'aujouril'luii, poursuit-il, le socinianism-c est entre eux dans les lieux les plus élevés. On voit bien que sans cet obstacle on pourrait s'unir avec les arminiens, sans s'embarrasser de ce torrent de pélaijionisme dont ils inondaient les Pays-Bas, ni des décisions de Dordreclh, ni même de la confédération de tout le ca vinisme par les prétendus sentiments de saint Augustin.

M. Jurieu n'est pas le seul qui nous a révélé ce secret du parti. Le ministre Matthieu Bochart nous avait appris avant lui que « si les remontrants n'eussent différé du reste des calvinistes que, dans les cinq points décidés dans le synode de Dordreeht, l'affaire eût pu s'accommoder (1832) : » ce qu'il confirme par les sentiments des autres docteurs de la secte (1833, et. par celui du synode même (183i).

Il est vrai qu'il dit en même temps, qu'encore qu'on fût disposé à tolérer dans les particuliers paisibles et modestes les sentiments opposés à ceux du synode, on n'eût pas, pu les soulfrir dans les ministres, qui doivent être mieux instruits que les autres: mais c'en est toujours assez | our faire voir que ces décisions qu'on opposait au pélagianisme (1835), quoique faites parlesynode avec un si grand appareil et avec tant de fréquentes déclarations qu'on n'y suivait autre chose que la pure et expresse parole de Dieu, ne sont pas fort essentielles au christianisme ; et ce qui est le plus étonnant qu'on répute pour gens modestes des particuliers qui, après avoir connu la décision de tous les docteurs, et comme parle M. Bochart, de toutes les églises du parti autant qu'il yen a dans l'Europe (1830), croient encore pouvoir mieux, entendre la saine

(1828) Jugement sur les méthodes, sect. 18, pag. 159, 160.

(1829) Ci-ilessus, col. 820.

(1830) Jtig. sur les métli., sect. 18, p. 53. 11851) Jugement sur les méthodes, secl. 16, pag.

(1852) Diall.c 8, p. 126, etc.

(1855) Ibid., 150.

(185*) Ib ■(/., 12".

1 1855) Ibid., 126 et sniv.

(1836) Ibid., p. 127.

sr.o

doctrine, non-seulement que chacune d'elles en particulier, mais encore qu'elles toutes ensemble.

Il est môme très-assuré que les docteurs dans lesquels on ne voulait point tolérer les sentiments opposés a ceux du synode, se sont ouvertement relâchés sur ce sujet. Les ministres qui ont écrit dans les derniers temps, et entre autres M. de Beaulieu, que nous avons vu à Sedan un des plus savants et des plus pacifiques de tous les ministres, adoucissent le plus qu'ils peuvent le dogme de l'inamissibjlité de la justice, et même celui de la certitude du silut (1837) ; et deux raisons les v' portent : la première est l'éloignement qu'en ont eu les luthériens, h rpii ils veulent s'unir à quelque prix que ce soit; la seconde est l'absurdité et l'impiété que l'on découvre dans ces dogmes, pour peu qu'iN soient pénétrés. Les docteurs peuvent bien s'y accoutumer en conséquence des faux principes dont ils sont imbus : mais les gens simples et de bonne foi ne croiront pas aisément que chacun pour être fidèle doive s'assurer qu'il n'a point à craindre la damnation, dans quelque erme qu'il se plonge ; encore moins, qu'il soit assuré d'y conserver la sainteté et la grâce.

Toutes les fois que nos réformés désavouent ces dogmes impies, louons-en Dieu; et sans disputer davantage, prions-les seulement de considérer que le Saint-Esprit ne pouvait pas être en ceux qui les ont enseignés, et qui ont fait consister une grande partie de la réforme dans de si indignes idées de justice chrétienne.

Il résulte néanmoins de là qu'après tout, ce grand synode a été inutile, et qu'il ne guérit ni Tes peuples, ni les pasteurs mémos pour qui principalement il a été fait; puisque ce qu'on appelle pélagianisme dans la réforme, qui est ceque le synode a voulu détruire, demeure en son entier : car, je le demande, qui est guéri de ce mal? Ce n'est pas déjà ceux qui n'en croient pas le synode et ce n'est non plus ceux qui le croient : car, par exemple, M. Jurieu, qui est de ce dernier nombre, et qui paraît demeurer si ferme dans la confédération, comme il l'appelle, des Eglises calviniennes contre le pélagianisme, au fond ne l'improuve pas, puisqu'il soutient, comme on a vu (1838), qu'il n'est pas contraire à la piété. Il ressemble à ces sociniens qui, interrogés s'ils croient la divinité éternelle du Fils de Dieu, répondent bien qu'ils la croient : mais si on les pousse plus loin, ils disent que la croyance contraire, au fond n'est pas opposée à la piété et à la vraie foi. Ceux-là sont vrais ennemis de la divinité du Fils de Dieu , puisqu'ils en tiennent le dogme pour indifférent : M. Jurieu est pélagien,

' (I857i Thés, de art. just., part, n , tli. 'iv2, 45; lient, th. An honio solis nul. virib., etc.; coroll. "2, Z, 4, 5, 6, elc.

(1838) Ci-dessus, cul. 856. 858.

(1839; ilell»., sot!, 15, p. 131.

et ennemi de la grâce dans le même sens.

En effet, quel est le but de cette parole : Dans les exhortation.* il faut nécessairement parlera la pélagienne ? Ce n'est pas là le discours d'un théologien ; puisque si le pélagianisme est une hérésie qui rende inutile la croi x de Jésus-Christ, comme on l'a tan t prêché même dans la réforme (1839), il en faut être éloigné jusqu'à l'infini dans l'exhortation, loin d'y en conserver la moindre teinture.

Ce ministre ne s'entend pas mieux lorsqu'il excuse les pélagiens ou les semi-pélagiens de la Confession d'Augsbourg avec les arminiens qui en suivent les sentiments; sous prétexte que « pendant qu'ils sont semi-pélagiens de parole et pour l'esprit, ils sont disciples de saint Augustin pour le cœur (1840) : » car ne sait-il pas que l'esprit gâté a bientôt corrompu le cœur? On est trop attaché à l'erreur quand on ne se réveille pas lors même que la vérité nous est présentée, principalement par un synode de toute la communion dont on est.

Quand donc M. Jurieu dit d'un côté que le pélagianisme ne damne pas (1841), et que de l'autre on ne rendra jamais de vrais Chrétiens et de vrais dévols, pélarjiens et semi-pélagiens (18i2) ; tout subtil théolog;en qu'il est, il ne pouvait pas montrer plus clairement qu'il ne songe pas à ce qu'il dit, et qu'en voulant tout sauver on perd tout.

Il croit aussi avoir évité ces excès de faire Dieu auteur du péché, où i! prétend qu'on ne tombe plus dans son parti depuis cent ans (1843), et il y retombe lui-même dans le même livre où il prétend montrer qu'on les évite. Car enfin tant qu'on ôteraau genre humain la liberté de son choix, et qu'on croira que le libre arbitre subsiste avec une entière et inévitable nécessité, il sera toujours véritable que ni les hommes ni les anges prévaricateurs n'ont pas pu ne pas pécher; et qu'ainsi les péchés où ils sont tombés sont une suite nécessaire des dispositions où leur créateur les a mis. Or M. Jurieu est de ceux qui laissent en leur entier cotte inévitable nécessité, lorsqu'il dit que nous ne savons de notre âme sinon qu'elle pense, et qu'on ne peut pas définir ce qu'il faut pour être libre (184-4). Il avoue donc qu'il ignore si ce n'est point cette inévitable et fatale nécessité qui nous entraîne au mal comme au bien; et il se replonge dans tous les excès des premiers réformateurs dont il se vante qu'on est sorti depuis un siècle.

Pour éviter ces terribles inconvénients, il faut du moins savoir croire, si on n'est pas parvenu jusqu'à l'entendre, qu'on ne peut admettre sans blasphème, et sans faire Dieu auteur du péché, cette invincible nécessité que les remontrants ont reprochée aux prétendus réformateurs , et don le

(I8i0) Ibid., secl. 14, p. 113, 1 1 i. (1841) Ci-dessus, col. 850, 858.

(181-2) Meth., secl. 15, p. 115, 121.

(1813) Ci-dessus, col. 8"28.

(181 i) Mali., secl. 15, p. 1-29, '""

l'ART X. Tlll.OL. POLEMIQUE. — II. 111ST01R.K DES VARIATIONS.

sr.i

synode do Dordrècht ne les a pas jus- Uflés.

Et, on eff< ;, je remarque qu'on ne dit rien dans tout le synode contre ces daramables excès. Ou a voulu épargner les réformateurs, et sauver d'un blâme éternel les commencements de la réforme.

Mais ilu moins il ne fallait pas ménager les remontrants, qui opposaient aux excès des réformateurs des excès c|ui n'étaient pas moins criminels.

Ou imprima en Hollande en 1<>I8, un pou devant le synode, un livre avec ce titre : Etat des controverses des Pays-Bas ; où l'on l'ait voir que c'était la doctrine des remontrants, qu'il pouvait survenir è Dieu quelques accidents; qu'il était capable de changement; que sa prescience sur les événements particuliers n'était pas certaine; qu'il agissait par discours et par conjecture en tirant comme nous une chose de l'autre (184-d) : et d'autres erreurs infinies de cette nature, où l'on prenait le parti de ces philosophes qui, de peur de blesser noire liberté, ôiaient à Dieu sa prescience. On faisait voir qu'ils s'égaraient jusqu'à faire Dieu corporel, jusqu'à lui donner trois essences; et le reste, qu'on peut apprendre de ce livre qui est très-net et très-court. Ce livre fut composé pour préparer au synode qu'on allait tenir la matière de ses délibérations : mais on n'y parla | oint de toutes eho>es, ni de beaucoup d'autres aussi essentielles que les remontrants remuaient. On fut seulement soigneux de conserver les articles qui étaient particuliers au calvinisme, et on eut plus de zèle pour ces opinions que pour les principes essentiels du christianisme.

(1631.) Le-, comptai ances que nous avons vu qu'on avait pour les luthériens n'en obtenaient rien pour l'union, et ils persistaient à tenir tout le parti des sacramemaires pour excommunié. Enlin les prétendus réformés de France, dans leur synode national de Charenton, firent ce décret mémorable où ils déclarent que « les Allemands et autres suivant la Confession d'Augsbourg, attendu que les Eglises de la Confession d'Augsbourg conviennent avec les autres réformés aux principes et points fondamentaux de la vraie religion, et qu'il n'y a en leur culte ni idolâtrie, ni superstition, pourront, sans faire abjuration, être reçus à la sainte table, à contracter mariage avec les lidèles de notre confession, et à présenter comme parrains des enfants au baptême, en promettant au consistoire qu'ils ne les solliciteront jamais à contrevenir directement ou indirectement à la doctrine reçue et professée en nos Eglises, mais se contenteront de les instruire dans les principes desquels nous convenons tous. »

En conséquence de ce décret, il a fallu dire que la doctrine de la présence réelle prise en elle-même, n'a aucun venin;* qu'elle

n'est pas contraire h la j ié:é ni à l'honneur de Dieu, ni au bien des hommes : qu'encore que l'opinion des luthériens sur l'Eucharistie induise aussi bien que celle de Home la destruction de l'humanité de Jésns- Christ, culte suite néanmoins ne leur peut être mise sus sans calomnie, vu qu'ils la rejettent formellement (I8V0 : » de sorte qu'il demeure pour constant qu'en matière de religion il ne faut plus faire le procès à personne --ur ce qu'on lire de sa doctrine, quelque claire que paraisse la conséquence; mais sur ce qu'il avoue en termes formels.

Jamais les sacramentaires n'avaient fait de si grande avameenvers les luthériens. La nouvelle de ce décret ne consiste pas à dire que la présenee réelle, et les autres dont on dispute en're les deux partis, ne regardent pas les fondements du salut : car il faut demeurer d'accord de bonne foi que dès le temps de la conférence de Marpourg (184-7), c'est-à-dire, dès l'an 15-29, les zuingliens offrirent aux luthériens (Je les tenir pour frères malgré leur doctrine de la présence réelle; et dès lors ils ne croyaient pas qu'elle fût fondamentale: mais ils voulaient que la fraternité fût mutuelle et également reconnue de part et d'autre; ce qui leur étant refusé par Luther, ils demeurèrent de leur côté sans tenir pour frères ceux qui ne voulaient pas prononcer le même jugement en leur faveur : au lieu que dans le synode de Charenton ce sont les sacramentaires seuls qui reconnaissent pour frères les luthériens, encore qu'ils en soient tenus [iour excommuniés.

La date de ce décret de Charenton est mémorable : il fut fait en 1631. Le grand Gustave foudroyait en Allemagne, et à ce coup on crut dans toute la réforme que Rome même al lait devenir sujette au luthéranisme. Dieu en avait décidé autrement : l'année d'après, ce roi victorieux fut tué dans la bataille de Lutzen; et il fallut rétracter tout ce qu'on en avait vu dans les prophéties.

Cependant le décret était fait, et les Catholiques remarquaient le plus grand changement qu'on pût jamais voir dans la doctrine des prétendu-, reformés.

Premièrement, toute l'horreur qu'on avait inspirée au peuple contre la doctrine de la présence réelle a paru manifestement injuste et calomnieuse. Les docteurs en diront ce qui leur plaira : c'était principalement à la présence réelle que l'aversion des peuples était attachée. On leur avait présenté cette doctrine, non-seulement comme charnelle et grossière, mais encore comme brutale et pleine de barbarie, par laquelle on devenait des cyclopes, des mangeurs de chair humaine et de sang humain, des parricides <iui mangeaient leur père et leur Dieu. Mais maintenant, depuis le décret de ce synode, il demeure pour constant que toutes ces exagérations, dont on avait long-

M845) Spécial. Controv, Belg., ex effic Elzev.,p. Uongl. 2, 4, 7, etc. (Î847i Ci -dessus, liv. u.

(1846) Oaills, Apol., c. 7,43,; Ib'ui. Lettre à

temps fasciné les simples, sont calomnieuses; et la doctrine qu'on faisait passer pour si impie et si inhumaine, n'a plus rien de contraire à la piété.

Dès là même elle devient ti>è,s-croyabIe, et même très-nécessaire; car ee qui obligeait le plus a détourner le sens de ces paroles i-Si vous ne mangez ma chair et si vous ne buvez mon sang (Joan. vi, 5i) ; et encore de celles-ci : Mangez, ceci est mon corps ; buvez, ceci est mon sang (Matlh. xxvi, 26, 27, .28), à des sens spirituels et métaphoriques, c'est qu'elles semblaient induire au crime, en obligeant de manger la chair humaine et de boire du sang humain ; de sorte que c'était le cas d'interpréter spirituellement, selon la règle de saint Augustin, ce qui paraissait porter au mal. Mais maintenant cette raison n'a plus la moindre apparence : tout ce crime imaginaire s'est évanoui, et rien n'empêche qu'on ne prenne au pied de la lettre ia parole de notre Sauveur.

On avait 'ai t horreur au peuple de la doctrine catholique, comme d'une doctrine qui détruisait 13 nature humaine en Jésus-Christ, et ruinait le mystère de son ascension. Mais maintenant on ne doit point être effrayé de ces conséquences, et on en est quitte' pour les nier sans qu'on puisse les imputer à qui les nie.

Ces horreurs; qu'on avait mises dans l'esprit des peuples, étaient, à vrai dire, dans leur esprit le véritable sujet de leur rupture avec l'Eglise. Qu'on lise dans tous les actes des prétendus martyrs lacause pour laquelle ils ont souffert, on verra partout que c'est la doctrine contraire à la présence réelle. Que l'on consulte un Mélanchton, un Sturnius, un Peucer, tous les autres qui ne voulaient pas que l'on condamnât cette doctrine des zuingliens; leur principale raison fut, que c'était pour cette doctrine que mouraient tant de fidèles en France et en Angleterre. En mourant pour cette doctrine, ces malheureux martyrs croyaient mourir pour un fondement de'la foi et de la piété: maintenant cette doctrine est innocente, et n'exclut ni de la table sacrée, ni du royaume des cieux.

Pour conserver dans le cœur des peuples la haine du dogme catholique, il a fallu la tourner contre un autre objet que la présence réelle. La transsubstantiation est maintenant le grand crime; ce n'est plus rien de mettre Jésus-Christ présent, de mettre un même corps en divers lieux, de mettre tout un corps dans chaque parcelle : la grande erreur est d'avoir ôté le pain : ce qui regarde Jésus-Christ est peu de chose : ce qui regarde le pain est l'essentiel.

On a changé toutes les maximes qui avaient jusqu'alors passé pour constantes touchant l'adoration de Jésus-Christ. Calvin et^ les autres avaient démontré que partout où Jésus-Christ, un objet si adorable, était

tenu pour présent, d'une présence aussi spéciale que celle qu'on reconnaissait dans l'Eucharistie, il n'était pas permis de le frustrer de l'adoration qui lui est due (1848). Mais maintenant, ce n'est pas assez que Jésus-Cbrist soit quelque part pour y être adoré, il faut qu'il commande qu'on l'adore; qu'il déclare sa volonté pour être adoré en tel lieu ou en tel état (18i9) : autrement, tout Dieu qu'il est, il n'aura de nous aucun culte. Bien plus, il faut qu'il se montre : « Si le corps de Christ est en un lieu invisiblement et d'une manière imperceptible à tous les sens, il ne nous oblige pas à l'adorer en ce lieu-là. » Sa parole ne suffit pas, il faut le voir : on a beau entendre la voix du roi , si on ne le voit de ses yeux, on ne lui doit rien, ou du moins il faut qu'il dise expressément que son intention estd'êtie honoré: autrement on agirait comme s'il n'y était pas Si c'était le roi de la terre, on n'hésiterait pas à lui rendre ce qui lui est dû dès qu'on sait qu'il est quelque part; mais honorer ainsi !e ttoi du ciel, ce serait une idolâtrie; et on aurait peur qu'il ne crût qu'on adore un autre que lui.

Mais voici une nouvelle finesse. Le lutherie u , qui croit Jésus-Christ présent, le reçoit comme son Dieu; il y met sa confiance, il l'invoque ; et le synode de Charenton décide , qu'il n'y a ni idolâtrie ni superstition dans son culte ; mais s'il fait un acte sensible d'adoration, il idolâtre : c'est-à-dire qu'il est peimis d'avoir le fond de l'adoration, qui est le sentiment intérieur; mais il n'est pas permis de le témoigner, et on devient idolâtre en faisant paraître, par quelques postures de respect, le sentiment de vénération vraiment sainte qu'on a dans le cœur.

Mais, dit-on, c'est que si le luthérien adorait Jésus-cliristdans l'Eucharistie, où il est avec le pain, il serait à craindre que l'adoration ne se rapportât au pain comme à Jésus-Christ (18.'i0) ; et en tout cas, qu'on ne crût que ce fût l'intention de l'y rapporter : sans doute, lorsque les Mages ont adoré Jésus-Christ, ou dans sa crèche, ou dans un berceau, il fallait craindre qu'ils n'adorassent, avec Jésus Christ , ou le berceau ou la crèche; ou enfin, que la sainte Vierge et saint Joseph ne les prissent pour des adorateurs du berceau où reposait le Fils de Dieu. Voilà les subtilités que le décret de Charenton avait amenées.

D'ailleurs, la doctrine de l'ubiquité, qu'on avait traitée avec raison, autant parmi les sacramentaires que parmi les Catholiques, comme une doctrine monstrueuse, où l'on confond les deux natures de Jésus-Christ, devient la doctrine des saints.

Car il ne faut pas s'imaginer (pie les défenseurs de cette doctrine soient exceptés de l'union : le synode parle en général des Eglises de la Coufession d'Augsbourg, dont ou sait que la plus grande partie est ubiqui-

(I848| dont. Vestph. cont. Heslius. ,, <H,

(1849) Dial. du minime Boch. sur le Sun. de (185

Llinr., i,24; Ejusd. Dial., part. 11, cap. 7; SoJuni,

0) Dial., etc., p. 24.

SOS

PART. X. TI1EOL. POLEMIQUE. - II. HISTOIHE DES VARI \TIONS

Mire; oi les ministres nous apprennent que

l'ubiquité lia lien de moi tel I JS.'i 1 , ijimi-

ipiVile renverse, plus expressément que

n*<>ni jamais t'ail les eutychiens, la nature

bumaine de Notre-Seigneur.

Km un mol mi compte pour peu tout co oui ne change rien dans le culte, et encore dans le tulle extérieur; car la croyance qu'on a au dedans n'esl pas un obstacle à la communion : il n'y a que le respect qu'en rend au dehors qui fait le péché ;el voilà ou nous réduisent ceux qui ne nous prêchent que l'adoration en esprit et en vérité. On voit bien, sans qu'il soit besoin que j'en avertisse, qu'après le synode de Cnarenton, ni l'inamissibililè de la justice, ni la certitude du salut ne sont plus un fondement nécessaire de la piété, puisque les luthériens sont admis à la communion avec la doctrine contraire.

Il ne faut non plus nous parler de la prédestination absolue et des décrets absolus comme d'un article principal, puisqu'on ne doit pas nier, selon M. Jurieu (1852) « qu'il n'j ait de la piété dans ces grandes communions de protestants, dans lesquelles on traite si mal et les décrets absolus, et la grâce efficace par elle-même, » Le même ministre demeure d'accord que les protestants d'Allemagne font entrer « la prévision de la foi dans cet amour gratuit , par lequel Dieu nous a aimés en Jésus-Christ (1853). » Ainsi le décret de la prédestination ne sera pas un décret absolu et indépendant de toute prévision; mais un décret conditionnel, qui renferme la condition de la loi future : et c'est ce que M. Jurieu ne condamne pas.

Mais voici les deux plus remarquables nouveautés qu'ait introduites le décret de Charenton dans la réforme prétendue : c'est premièrement la dispute sur les points fondamentaux : et secondement, la dispute sur la nature de l'Eglise.

Sur les points fondamentaux les Catholiques leur ont dit : Si la présence réelle, si l'ubiquité, si tant d'autres points impor- • tants, dont on dispute depuis plus d'un siècle entre les luthériens et les calvinistes, ne sont point fondamentaux, pourquoi ceux dont vous disputez avec l'Eglise romaine le seront-ils davantage? >ie croit-elle pas la Trinité, l'Incarnation, tout le Symbole?

A-t-elle mis un autre fondement que Jésus- Christ?, Tout ce que vous lui objectez sur ce sujet, pour lui montrer qu'elle en a un autre, sont autant de conséquences qu'elle nie, et qui, selon vos principes, ne doivent pas lui être imputées. Où doue mettez-vous précisément ce qui est fondamental dans la religion? De rapporter maintenant ici tout ce qu'ils ont dit sur les points fondamentaux, les uns d'une façon, les autres de l'autre, et la plupart confessant qu'ils n'y voient

(1851) Boni., ihid , I"; Diat., pari, n, c. 7

(1852) Jugement sur les mélli., sect. 14, p.

(1853) Jug., sect. 18, p. 158.

11834) Coll. Cuss., queest. de (racl. pan.

goutte, et que c'est chose qui se sent plutôt qu'elle ne s'explique; ce serait s'enga dans l'infini , et se jeter .■un- eux dans ie labyrinthe où ils ne trouveront jamais d'issue.

L'autre dispute n'a pas été moins importante : <ar dès qu'une fois on a eu pose pour principe, que ceux qui retiennent les principaux fondements de la foi, quelque së| ai es qu'ils soient de communion, sont au fond la même Eglise ei la même société des enfants de Dieu, dignes de sa sainte table et de son royaume; les Catholiques demandent comment on les peut exclure de celle Eglise et du salut éternel. 11 n'est plus ici question de regarder l'Eglise romaine comme une Eglise qui exclut tout le monde, et que tout le monde doit exclure; car en voit que les luthériens, qui excluent les calvinistes , ne sont pas exclus. Voilà ce qui a produit ce nouveau système d'Eglise qui fait tant de bruit, et où enfin il a fallu comprendre l'Eglise romaine.

(1661.) Les protestants d'Allemagne n'ont pas été partout également durs envers 1rs calvinistes. En 1661, il se tint une conférence à Cassel entre les calvinistes de Marpourget les luthériens de Kintel, où l'accord fut réciproque, et où les deux partis se tinrent pour frères. J'avoue que cette union fut sans conséquence dans le reste de l'Allemagne, et ja n'ai pu même savoir quelle en a été la suite entre ceux qui la contractèrent : mais il y eut dans l'accord un point important que je ne dois pas oublier.

Les calvinistes reprochaient aux luthériens, que dans la célébration de l'Eucharistie ils omettaient la fraction, dont l'institution était divine (1854). C'est la doctrine commune du calvinisme, que la fraction fait partie du sacrement, comme i tant un symbole du corps rompu que Jésus-Christ voulait donner à ses disciples; que c'est pour celte raison que Jésus-Christ l'a pratiquée; qu'elle est le commandement, et qu'elle se trouve enfermée par Noire-Seigneur dans cet!e ordonnance : Faites ceci. C'est ce que soutenaient les calvinistes de Mar| ourg ; c'est ce que niaient les luthériens de Hintel. On ne laissa pas de s'unir, quoique chacun persistât dans son avis ; et il fut dit par ceux de Marpourg, « que la fraction appartenait non lias à l'essence, mais seulement à l'intégrité du sacrement, comme y étant nécessaire par l'exemple et le commandement de Jésus- Christ : qu'ainsi les luthériens ne laissaient pas sans la fraction du pain d'avoir la substance de la Cène, et qu'on pouvait se tolérer mutuellement. »

Da ministre, qui a répondu a un traité de la communion sous les deux espèces, a examiné cette conférence que l'on avait objectée (1855) : le fait a passé pour constant, et le ministre est convenu que la traction,

(I855Ï Traité de la comm. sous les deux espèces, pari, u; La Roq. Rép.. pu. t. il, c. 17, pag. 507.

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