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quoique commandée par Jésus-Christ, n'appartenait pas à l'essence, mais à ia seule intégrité du sacrement. Voilà donc l'essence
ŒUVRES COMPLETES OE BOSSl'ET.
du sacrement
manifestement
sénaree
flu commandement divin, et on a trouvé des raisons pour dispenser de ce qu'on dit que Jésus-Christ a < ommamié : après quoi je ne vois plus comment on peut presser le commandement de prendre les deux espèces; puisque, quand nous serions convenus que Jésus-Christ les a commandées, nous serions toujours reçus à examiner si ce précepte divin regarde l'essence , ou seulement l'intégrité.
On peut voir dans te mô:ne colloque l'état présent des controverses en Allemagne entre les luthériens et les calvinistes, et on voit que la doctrine constante des théologiens de la Confession d'Augsbourg est que la grâce est universelle; qu'elle est résistibie, qu'elle est amissible; que Ja prédestination est conditionnelle, et présuppose la prescience de la foi ; enfin, que la grâce de la conversion est attachée à une action purement naturelle, el qui dépend de nos propres forces, c'est-à-dire, du soin d'entendre la prédication (1836) : ce que le docte Beaulieu confirme par plusieurs témoignages, auxquels nous pourrions en ajouter beaucoup d'autres, si la chose n'était constante, ainsi qu'on l'aura pu voir par le témoignage de M. Jurieu (1857), et si nous n'avions déjà parlé de cette matière (1858).
En effet, on a pu voir, dans cette histoire (1839), combien Mélanchton avait adouci parmi les luthériens l'extrême rigueur avec laquelle Luther soutenait les décrets absolus el particuliers (1860):et on y enseignait unanimement que Dieu voulait sérieusement et sincèrement sauver tous les hommes; qu'il leur offrait Jésus-Christ comme rédempteur; qu'il les appelait à lui par la prédication et par les promesses de son Evangile ; et que son esprit était toujours prêt à être efficace en eux, s'ils écoutaient sa parole: que c'est enfin attribuer à Dieu deux volontés contraires, de dire que d'un côté il propose son Evangile à tous les hommes, et de l'autre qu'il n'en veuille sauver qu'un très-petit nombre. Par une suite de la complaisance qu'on avait pour les luthériens, Jean Cameron, Ecossais, célèbre ministre et professeur en théologie dans l'académie de Saumur, y enseigna une vocation et une grâce universelle, qui se déclarait envers tous les hommes par tes merveilles des œuvres de Dieu, par sa paroi e et les sacrements. Cette doctrine de Cameron fut fortement et ingénieusement défendue par Amirauld et Testard ses disciples, professeurs en théologie dans la même ville. Toute cette académie l'embrassa : Dumoulin se