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Je crois l'Eglise catholique, on enseigne que
ce niim lui es! donné « pour signifiée que, comme il n'j a qu'un chef des fidèles, ainsi tous doivent être unis eu un corps ; tellement qu'il n'y a pas plusieurs Eglises, mais une seule , laquelle est épanduc par tout le monde. » Comment l'Eglise luthérienne ou calvinienne était épandue partout te monde, lorsqu'à peine on la connaissait en quelque coin ; et comment on peut trouver en tout temps et dans tout le monde des Eglises de cette croyance : c'est où était la difficulté. On l'a vue, et on la prévient dans le dimanche suivant, où, après avoir demandé si cette Eglise se peut connaître autrement qu'en la croyant, on répond ainsi : « Il y a bien l'Eglise de Dieu visible, selon qu'il nous a donné des enseignes pour la connaître ; mais ici (c'est dans le Symbole) il est parlé proprement de la compagnie de ceux que Dieu a élus pour les sauver, laquelle ne se peut pas pleinement voir à l'œil. »
On semble dire deux choses : h première, qu'il n'est point parlé d'Eglise visible dans le Symbole des apôtres ; la seconde, qu'au défaut d'une telle Eglise qu'on puisse montrer visiblement dans sa croyance, il suffira d'avoir son reluge à cette Eglise invisible qu'on ne peut pas pleinement voir à l'œil. Âlais la suite met un obstacle aux deux points de celte doctrine, puisqu'on y enseigne « que nul n'obtient pardon de ses péchés, que premièrement il ne soit incorporé au temple de Dieu, et persévère en unité et communion avec le corps du Christ, et ainsi qu'il soit membre de l'Eglise; » d'où l'on conclut que « hors de l'Eglise il n'y a que damnation et mort ; et que tous ceux qui se séparent de la communion des Gdèles, pour faire secte à part, ne doivent espérer saint, cependant qu'ils sont en division. » Assurément faire secte à part, c'est rompre les liens extérieurs de l'unité de l'Eglise; on suppose donc que l'Eglise, avec laquelle il faut être en communion pour avoir la rémist-ion de ses péchés, a une double liaison, l'interne et l'externe, et toutes les deux sont nécessaires premièrement au salut, et ensuite à l'intelligence de l'article du Symbol^ touchant l'Eglise catholique; de sorte que cette Eglise, confessée dans le Symbole, est visU ble et reconnaissante dans son extérieur : c'est pourquoi aussi on a osé dire qu'on ne pouvait pas la voir; mais qu'on ne pouvait pas la voir pleinement, c'est-à-dire dans, ce qu'elle a d'intérieur : chose dont personne ne dispute.
- Toutes ces idées du Catéchisme étaient prises de Calvin, qui l'a composé ; car en expliquant l'article: Je crois V Eglise catholique, il distingue l'Eglise visible d'avec l'invisible connue de Dieu seul, qui est la société de tous les élus (1950); et il semble vouloir dire que c'est de celle-là qu'il est parlé dans le Symbole : Encore, dit-il (lGolj, que cetarticle regarde en quelque façon l'Eglise externe,
(I9."iû) Jnstit., lih. iv, c. 1, n. %. (1951) Ibid., ii. 3.
comme si c'étaient deux Eglises, et qu'au contraire ce ne fût pas un fait constant que la même Eglise qui est invisible dans ses lions inférieurs, sedéclare par lessacremcnls et par la profession de sa foi. Mais c'est qu'on tremble toujours dans la réforme, lorsqu'il s'agit de reconnaître la visibilité de l'Eglise.
O i agit plus naturellement dans la Confession de foi ; et il a été démontré ailleurs (1952) qu'on n'\ connaît d'autre Eglise que celle qui est visible. Le fait estdemeurépour constant, comme on verra dans la suite. Aussi n'y avait-il rien qui pût être moins disputé ; car depuis l'article 25, où cette matière commence, jusqu'à l'article 32 où elle finit, on suppose toujours constamment l'Eglise visible ; et dès l'article 33, on pose pour fondement que V Eglise ne peut consister, sinon qu'il y ait des pasteurs qui aient la charge d'enseigner. C'est donc une ebose absolument nécessaire ; et ceux qui s'opposent à sa doctrine sont détestes comme fantastiques. D'où on conclut, dans l'article 26, que nul ne se doit retirer à part, et se contenter de sa personne; de sorte qu'il est nécessaire d'être J:é extérieurement avec quelque Eglise; vérité inculquée partout sans qu'il y paraisse un seul mot de l'Eglise invisible.
Il faut pourtant remarquer que'dans l'article 26, où i! est dit qu'i/ n'est pas permis de. se retirera part, ni de se contenter de sa personne, mais qu'<7 faut se ranger à quelque Eglise; on aj;>ule, et ce en quelque lieu où Dieu a ra établi un vrai ordre d'Eglise : par où on laisse indécis, si l'on entend qu'un tel ordre subsiste toujours.
Dans l'article 27. on avertit qu'il faut discerner avec soin quelle est la vraie Eglise; paroles qui font bien voir qu'on la suppose visible; et après avoir décidé que c'est la compagnie des vrais fidèles, on ajoute que parmi les fidèles il y a des hypocrites et des réprouvés, dont la ?nalice ne peut effacer le titre d'Eglise : où la visibilité de l'Eglise est de nouveau clairement supposée.
Par les principes qu'on établit en l'article 28, l'Eglise romaine est excluse du titre de vraie Eglise; puisqu'après avoir posé ce fondement, « que là où la parole de Dieu n'est | as et qu'on ne fait nulle profession de s'assujettir à elle, où il n'y a nul usage des sacrements, à parler proprement, on ne peut juger qu'il y'ait aucune Eglise : » on déclare que l'on « condamne les assemblées de la papauté, vu que la pure vérité de Dieu en est bannie, esquelles les sacrements sont corrompus, abâtardis, falsifiés ou anéantis du tout, et esquelles toutes superstitions et idolâtries' ont vogue : » d'où l'on tire celle conséquence: « Nous tenons donc que tous ceux qui se mêlent en de tels actes, et y communiquent, se séparent et. se retranchent du corps de Jésus-Christ. »
On ne peut pas décider plus clairement qu'il n'y a point de salut dans la communion
romaine. Et ce qu'on ajoute, qu'il y a encore parmi nous quelque trace d'Eglise, loin d'adoucir les expressions précédentes, les fortifie; puisque ce terme emporte plutôt un reste et un vestige d'une Eglise qui a-it autrefois passé par là, qu'une marque qu'elle y soit. Calvin l'entendait ainsi, puisqu'il assurait que la doctrine essentielle au christianisme y était entièrement oubliée (l'J.'i.l). Mais l'embarras de trouver la société où Ion pouvait servir Dieu avant la Réforme, a fait annuler cet article, de la manière que la suite nous fera paraître.
La même raison a obligé d'éluder encore le 31' qui regarde la vocation des ministres. Quelque rebattu qu'il ait été, il en faut encore parler nécessairement ; et d'autant plus qu'il adonné lieu à d'insignes variations, même de nos jours. 11 commence par ces paroles : Nous croyons (c'est un article de loi, par conséquent révélé de Dieu ; et révélé clairement dans son Ecriture, selon les principes de la Réforme), nous croyons donc que nul ne se doit ingérer de son autorité propre à gouverner l'Eglise : il est vrai, la chose est constante; mais que cela se doit faire par élection: cette partie de l'article n'est pas moins assuréeque l'autre. Il faut être choisi, député, autorisé par quelqu'un; autrement, on s'ingère de soi-même et de son autorité propre : ce qu'on venait de défendre. Mais c'est ici l'embarras de la Réforme; on ne savait qui avait choisi, député, autorisé les réformateurs; et il fallait bien trouver ici quelque couverture à un défaut si visible. L'est pourquoi, après avoir dit qu'il fap' être élu et député en quelque forme que ce soit , ei , sans rien spécifier, on ajoute, en Itmt qu'il est possible, et que Dieu le permet: où visiblement on prépare une exception en faveur des réformateurs. En effet , on dit aussitôt après : « laquelle exception nous y ajoutons, notamment, pour ce qu'il a fallu quelquefois, même de noire temps auquel l'étal de l'Eglise était interrompu, que Dieu ait suscité des gens d'une façon extraordinaire pour dresser l'Eglise de nouveau, qui était en ruine et désolation. » Un ne pouvait pas marquer en ternies plus clairs ni plus généraux l'interruption du ministère ordinaire établi de Dieu, ni la pousser plus loin que. d'être obligé d'avoir recours à la mission extraordinaire, où Dieuenvoiepar lui-même, et donne aussi des preuves particulières^ sa volonté. Car on avoue franchement qu'on n'a ici à produire ni pasteurs qui aient consacré, ni peuple qui ait pu élire; ce qui emportait nécessairement l'entière extinction de l'Eglise dans sa visibilité : et il était remarquable que, par l'interruption de la visibilité et du ministère, on avouait simplement que l'Eglise était en ruine, sans distinguer la visible d'avec l'invisible; parce qu'on était rentré dans les idées simples où nous mène naturellement l'Ecriture, de ne reconnaître d'Eglise qui ne soit visible.
(1952) Conf. atec M. Claude,
nui., 1. 1\.
(1955) Imi., Iiv. iv, c.
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PART. \. THEOL. POLEMIQUE. — II. HISTOIRE DES VARIA TIONS
On aperçut à la On col inconvénient dans la Réforme; cl en 1603, quarante- cinq ans après la Çonfossion de foi, la difficulté fui proposée en ces termes au synode national de Cap : « Les provinces sont exhortées il peser a in synodes provinciaux en quels termes l'article :>.■> do la Confession de foi doit être touché ; d'autant qu'ayant à exprimer ce que nous croyons touchant l'Eglise catholique dont il est f;iit mention au symbole, il n'y a rien en ladite Confession qui se puisse prendre que pour l'Eglise militante et visible. » On ajoute un ordre général : « Que tous viennent préparés sur les matières de l'Eglise (1954). »
C'est donc un fait bien avoué, que , lorsqu'il s'agit d/expliquer la doctrine de l'Eglise, article si essentiel au christianisme , qu'il a même été énoncé dans lo Symbole, l'idée d'Eglise invisible ne vint pas seulement dans l'esprit aux réformateurs, tant elle était éloignée du bon sens et peu naturelle. On s'avise pourtant dans la suite qu'on en a besoin, parce qu'on ne peut trouver d'Eglise qui ait toujours visiblement persisté dans la croyance qu'on professe; et on cherche le remède à cette omission. Mais que dire? que l'Eglise pouvait être entièrement invisible? C'était introduire dans la Confession de foi un songe si éloigné du bon sens, qu'il n'était pas seulement venu dans la pensée de ceux qui la dressèrent. On résolut donc à la fin de la laisser en son entier; et quatre ans après, en 1607, dans le synode national de la Rochelle, après que toutes les provinces eurent bien examiné ce qui manquait à la Confession de foi, on conclut de ne rien ajouter ou diminuer auxarliclcs2o et 29(1955),qui étaient ceux où la visibilité de l'Eglise était la mieux exprimée, et de ne loucher de nouveau à la matière de l'Eglise.
M. Claude était lo plus subtil de tous les hommes à éluder les décisions de son Eglise lorsqu'elles l'incommodaient : mais à cette fois il se moque trop visiblement; car il voudrait nous faire accroire que toute la difficulté que le synode de Gap trouvait dans la Confession de foi, c'est qu'il eût souhaité qu'au lieu de marquer seulement la partie militante et visible de l'Eglise universelle, on eût aussi marqué ses parties invisibles qui sont l'Eglise triomphante, et celle qui est encore à venir (193G). N'était-ce pas là en effet une question bien importante et bien difficile pour la faire agiter dans tous les synodes et dans toutes les provinces, afin de la décider au prochain synode national? S'était-on seulement jamais avisé d'émouvoir une question si frivole? Et pour croire qu'on s'en miten peine, ne faudrait-il pas avoir oublié tout l'état des controverses depuis le commencement de la réforme prétendue? Mais M. Claude ne voulait pas
avouer que l'embarras au synode était de ne trouver pas dans la Confession de foi l'Eglise invisible, pendant (pie son confrère .M. Julien, en cela de meilleure foi, demeure d'accord qu'on croyait en avoir besoin dan-, le parti (1957), pour répondre à la demande où était l'Eglise.
Le mémo synode de Gap fit une importante décision sur l'article 31 de la Confession de foi, qui parlait di! la vocation extraordinaire des pasteurs; car la question étant proposée, « S'il était expédient, lorsqu'on traiterait de la vocation des pasteurs qui ont réformé l'Eglise de fonder l'autorité qu'ils ont eue de la réformer et d'enseigner, sur la vocation qu'ils avaient tirée de l'Eglise romaine; » la compagnie jugea « qu'il la faut simplement rapporter, selon l'article, h la vocation extraordinaire par laquelle Dieu les a poussés intérieurement à ce ministère, et non pas a ce peu qu'il leur restait de cette vocation ordinaire corrompue. » Telio fut ladécisiondu synode de Gap; mais, comme nous l'avons déjà remarqué souvent, on ne dit jamais bien la première fois dans la réforme. Au lieu qu'elle ordonne ici qu'on aura recours simplement à la vocation extraordinaire, le synode de la Rochelle dit qu'on y aura recours principalement. Mais on ne tiendra non plus à l'explication du synode de La Rochelle qu'à la détermination du synode de Gap; et tout le sens de l'article, si soigneusement expliqué par deux synodes , sera changé par deux ministres.
Les ministres Claude et Julien n'ont plus voulu de la vocation extraordinaire, où Dieu envoie par lui-même : ni la Confession de foi, ni les synodes ne les étonnent ; car comme au fond on ne se soucie dans la réforme ni de Confession de foi ni de synode, et qu'on n'y répond que pour la forme, on se contente aussi des moindres évasions. M. Claude n'en manqua jamais. « Autre chose, » dit-il (19SS), « est le droit d'enseigner et de l'aire les fonctions de pasteur, autre est le droit de travailler à la réformation. » Quant au dernier la vocation était extraordinaire, à cause des dons extraordinaires dont furent ornés les réformateurs 11939) : mais il n'y eut rien d'extraordinaire quant à la vocation au ministère de pasteur, puisque ces premiers pasteurs étaient établis par le peuple, dans lequel ré-ide naturellement la source do l'autorité et delà vocation (1900)
On ne pouvait plus grossièrement éluder l'article 31 ; car il est clair qu'il ne s'y agit en aucune sorte ni du travail extraordinaire de la réforme, ni des rares qualités des réformateurs, mais simplement de la vocation pour gouverner l'Eglise, à laquelle il n'était pas permis de s'ingérer de soi-même. Or c'était à cet égard qu'on avait recours à la vocation extraordinaire :par conséquent c'était à légard des fonctions pastorales.
(1951) Sijn. de Gap., cliap. De lu confess. de foi. (1955) Syn. de la Ruch., 1007.
(195(ij Rép. uu dise, de M. de Cond., p. 220. (1957) Ci-dessus, col. 832.
(1958) Déf. de la Réf., pari, chap. i.
(1959) Rép. à M. de Cond., p (i960) Jfcid., p. 307, 515.
I, cli. -4 et part, iv, . 315, 553.
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oeuvres co.Mri.Krhs m -bossu et.
Le synode ne sVxjftiqtie pas moins claireinent"; car sans songer seulement à distinguer le pouvoir de reformer et celui d'enseigner, qui en effet étaient si unis, puisque le même pouvoir qui autorise à enseigner, autorise aussi à réformer les abus : la question fut si le pouvoir, tant de réformer que celui d'enseigner, doit être fondé ou sur la vocation tirée de l'Eglise romaine, ou sur une commission extraordinaire immédiatement émanée de Dieu, et on conclut pour la dernière.
Mais il n'y avait plus moyen de la soutenir, puisqu'on n'en avait aucune marque, et que deux synodes n'avaient pu trouver autre chose, pourautoriser ses pasteurs extraordinairement envoyés, sinon qu'ils se disaient poussés intérieurement à leur ministère. Les chefs des anabaptistes et des unitaires en disaient autant, et il n'y a point de plus sûr moyen pour introduire tous les fanatiques dans la charge de pasteur.
Voilà un beau champ ouvert aux catholiques : aussi ont-ils tellement pressé les arguments de l'Eglise et du ministère, que le désordre s'est mis dans le camp ennemi, et que le ministre Claude, après avoir poussé la subtilité plus loin qu'on n'avait jamais fait, n'a pu contenter le ministre Jurieu. Co qu'ils ont dit l'un et l'autre sur cette matière les pas qu'ils ont faits vers la vérité, les absurdités où ils sont tombés pour n'avoir pas assez suivi leur principe, ont mis la question de l'Eglise dans un état que je ne puis dissimuler sans omettre un des endroits des plus essentiels de cette histoire.
Ces deux ministres supposent que l'Eglise est visible et toujours visible; et ce n'est pas en cet endroit qu'ils se partagent. Afin qu'on ne doute pas que M. Claude n'ait persisté dans ce sentiment jusqu'à la fin, je produirai le dernier écrit qu'il a fait sur mte matière (19151). 11 y enseigne que la question entre les Catholiques et les protestants n'est pa> si l'Eglise est visible ; qu'on i>e nie pas dans sa religion que la vraie Eglise de Jésus-Christ, celle que ses promes:es regardent, ne le soit (1962) : il décide très-clairement que le passage de saint J^aul, où l'Eglise est représentée comme étant sans tache et sans ride, ne regarde pas seulement l'Eglise qui est dans le ciel, mais ■encore l'Eglise visible qui est sur la terre; ainsi que l'Eglise visible est le corps de Jésus- Christ, o\i, ce qui revient à la même chose, « que le corps de Jésus-Christ, qui est lu vraie Eglise, est visible; que c'est là le sentiment de Calvin et de Mestresat, et qu'il ne faut jias chercher l'Eglise de Dieu hors de l'état visible du ministère de la parole. »
C'est confesser très-clairement qu'elle ne peut être sans sa visibilité et sans la perpétuité de son ministère ; aussi l'auteur l'at-il reconnu en plusieurs endroits, et en
(1961) ïtëj». uu dise, de M. de Cond.
(1902) Ibul., p. 82, 83 et suiv (1963< Ibïd., p. 165.
il9o4) Coiif. avec M. Ctuuie,n. i.
particulier en expliquant ces paroles (1963): Les portes d'enfer ne prévaudront point contre elle (Matth. xvi, 18), où il parle ainsi : « Si l'en entend dans ces paroles une subsistance perpétuelle du ministère dans un état suffisant pour le salut des élus de Dieu» malgré tous les effortS'de l'enfer, et malgré les désordres et les confusions des ministres mêmes, c'est ce que je reconnais aussi quo Jésus-Christ a promis, et c'est en cela que nous avons une marque sensible et palpable de sa promesse. »
Ainsi ia perpétuité du ministère n'est pas une chose qui arrive par hasard à l'Eglise, ou qui lui convienne pour un temps : c'est une chose qui lui est promise par Jésus- Christ même , et il est aussi assuré que l'Eglise ne sera point sans un ministère visible, qu'il est assuré que Jésus-Christ est la vérité éternelle.
Ce ministre passe encore plus avant, et en expliquant la promesse de Jésus-Christ:
Allez , baptisez , enseignez , et je suis avec tous jusqu'à la fin des siècles (Matth. xxvhi, 18 seq.), il approuve ce commentaire qu'on en avait fait : avec vous enseignant, avec vous baptisant (196i) ; ce qu'il finit en disant : « Je reconnais que Jésus-Christ promet à l'Eglise d'être avec elle, et d'enseigner avec elle sans isTERRirPTiON jusqu'à la fin du monde (1965). » Aveu d'où je conclurai en son temps l'infaillibilité de la doctrine de l'Eglise avec laquelle Jésus-Christ enseigne toujours ; mais je m'en sers seulement ici pour établir, par ses Ecritures et par ses promesses, du consentement du ministre, la visible perpétuité du ministère ecclésiastique.
De là vient aussi qu'il définit ainsi l'Eglise:«L'Eglise, » dit-il (l%6), « est les vrais fidèles qui font profession de la vérité , de la piélé chrétienne et d'une véritable sainteté, sous un ministère qui lui fournit les aliments nécessaires pour la vie spirituelle sans lui en soustraire aucun. » Où l'on voit la profession de la vérité el la perpétuité du ministère visible entrer manifestement dans la définition de l'Eglise; d'où il s'ensuit clairement qu'autant qu'il est assuré que l'Eglise sera toujours, autant est-il assuré quelle sera toujours visible, puisque la visibilité est de son essence, et qu'elle entre dans sa définition.
Si on demande au ministre comment il entend que l'Eglise soit toujours visiMe , puisqu'il veut que ce soit l'assemblée des vrais fidèles qui ne sont connus que de : Dieu, et que la profession de la vérité, qui pourrait la faire connaître, lui est commune avec les méchants et les hypocrites aussi bien que le ministère extérieur et visible: il répond que c'est assez pour rendre visible l'assemblée des fidèles, qu'on puisse montrer au doigt le lieu où elle est, c'est-
(1963) Rèp. au dhc. de M. de Cond., pag. 106, (i960) Rép. au dite, de .'/. de Coud., p. 119