‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 207 sur 325 · XI. Suite de la doctrine de saint Augustin, et · texte numérisé non relu

XI. Suite de la doctrine de saint Augustin, et

qu'elle n'est nuire chose qu'une fidèle interprétation de saint Paul.

Mais parce qu'on pourrait imaginer d'autres règles a suivre lorsqu'on est injustement opprimé par son prime légitime, saint Augustin t'ait voir dans la suite, par l'exemple de Jésus-Christ (22-20), qu'encore qu'il fût l'innocence même, et tout ensemble le pins parfait et le plus indignement opprimé de tous les justes, « il ne permet pas à saint Pierre do tirer l'épée pour le détendre, et répare par un miracle la blessure qu'il avait faite à un des exécuteurs des ordres injustes qu'on avait donnés contre lui : » montrant en toutes manières à ses disciples, et par ses exemples aussi bien qu'il avait fait par ses paroles, qu'il ne leur laissait aucun pouvoir ni aucune force contre la puissance publique, quand ils en seraient opprimés avec autant d'injustice et de violence qu'il l'avait été lui-même.

Ainsi loin de conclure, comme a fait M. Jurieu, que Jésus Christ en commandant à ses disciples d'avoir des épées, avait intention de leur commander en môme temps de s'en servir pour le défendre contre ses injustes persécuteurs (2221), saint Augustin remarque au contraire (2222), « qu'il avait bien ordonné d'acheter une éjiée, mais qu'il n'avait pas ordonné qu'on en frappât, et môme qu'il reprit saint Pierre d'avoir frappé de luimême » et sans ordre, afin de lui taire entendre qu'il n'est permis aux particuliers d'employer l'épée qu'avec l'ordre ou la permission de la puissance publique, et qu'il est encore bien moins permis de l'employer contre elle-même dans quelque abus qu'elle tombe. C'est aussi manifestement ce que Jésus Christ nous fait voir, lorsqu'à l'occasion lie ces épées et des coups que ses disciples en donnèrent : Il faut, dit-il [Luc. xxii, 37), que cette prophétie soit encore accomplie de moi : Il a été mis au nombre des scélérats : mettant manifestement au rang des crimes la résistance que voulurent faire ses disciples à la puissance publique, encore que ce lui dans une occasion où l'injustice et la violence furent poussées au dernier excès, ainsi que nous l'avons plus amplement ex- I liqué ailleurs (2223).

Selon ces paroles de Jésus Christ, il ne reste plus aux fidèles, opprimés parla puissance publique, que de souffrir à l'exemple du Fils de Dieu, sans résistance et sans murmure, et de répondre comme lui à ceux qui voudraient combattre pour les en empêcher : Ne voulez-vous pas que je boive le calice que mon Père m'a préparé'.'' (Joan. xvin, 11.) (.'est ce qu'a fait Jésus-Christ, et c'est ce qu'il prescrit aux siens : Il leur présente, dit saint Augustin (2224), le calice qu'il a pris; et sans leur permettre autre chose, il les oblige à la patience par ses préceptes et

(2230) Cou. Faust., lib. il, e. 76, 77. (-2221) V- Aserl , n. 25.

(2222) Ibul.. cap. 7/.

Page 1