‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 209 sur 325 · III. DEFENSE HL L'UIST. I>KS VAR · texte numérisé non relu

III. DEFENSE HL L'UIST. I>KS VAR

voile était impossible, s'est tournée à faire voir, si elle pouvait, que i es guerres qu'on lui reprochait étaient guerres de politique, où la religion n'avait aucune part; et c'est à quoi les meilleures plumes du parti , les Bayle, les Burnet, les luriea même ont consumé leur esprit; mais on ne veut plus maintenant s'en tenir là : on veut que la Réforme arme île inuiveaii, si elle peut; et le

même Jurieu, qui a condamné les guerres «iules comme contraires à l'esprit du christianisme, sonne maintenant le tocsin, et

n'oublie rien pour montrer que ces guerres sont légitimes :ii méprise l'ancienne Eglise; il profane l'Ecriture ement endroits, il dogmatise, il prophétise : tout lui est bon, pourvu qu'il vienne à son but dé porter le flambeau de la rébellion dans sa patrie qu'il a renoncée.

XV. — M. Basnage entraîne par le même esprit; on le prouve par les deux moyens de sa Réponse qui se contredisent l'un l'autre.

Qu'on ne s'imagine pas que le ministre Basnage soit moins agité de cet esprit de la secte, sous prétexte qu'il paraît plus modéré. 11 a fait plus que le ministre Jurieu, puisqu'il n'a pas craint d'attribuer non-seulement des révoltes, mais encore des parricides à l'ancienne Eglise, ce que 1 autre n'avait osé. Il ne faut pas s'étonner, après cela, s'il excuse toutes les guerres civiles et jusqu'à la conjuration d'Amboise [2234); mais il ne peut pas demeurer ferme clans un sentiment si insoutenable : en même temps qu'il trouve justes tous ces attentats, il fait les derniers etforts pour en défendre la liéforme et ses synodes, c'est-à-dire que toutes ces bonnes actions au fond lui paraissent dignes d'être désavouées ; et pendant que sa plume les justifie, sa conscience lui dicte <>u dedans que ce sont des crimes. C'est ce <jui jette l'esprit de vertige et de contradiction dans sa défense, puisque les deux moyens qu'il y emploie se combattent l'un l'autre ; il soutient que toutes les guerres des prétendus réformés sont justes; et en même temps il fait violence à toutes les histoires, pour nous faire accroire que la religion n'y a point de part. Mais quelle difficulté de lui donner parla ce qui est juste? C'est ce qu'on ne comprend pas ; et cependant, sans nous contenter de cet avantage, nous montrerons dans le reste de ce discours non-seulement que ces deux moyens sont incompatibles, mais encore que chacun des deux est mauvais en soi.

XVI. — laines défenses de ce ministre sur In conjuration d'Amboise; Castelnau qu'il cite le condamne.

« Il est aisé,» dit M. Basnage (2235), «de justifier notre premier attentat, malgré les démonstrations tiueM.de Meaux a produites;

car un prince du sang était l'auteur de l'entreprise d'Amboise, qui fut formée par tons les ennemis de la maison de Guise sans aucune distinction de religion. Je ne sais, » i on-

clut-11 ensuite, « s.icelase doit appeler rébellion. » Mais d'abord, et sans encore entrer plus avant dans le fond, où trouve-t-il qu'un prince du sang, qui après tout est un sujet, puisse autoriser les ennemis du duc de Guise Cl du cardinal son frère, à attenter sur leurs personnes, et à les enlever dans le palais du roi et entre ses bras? « Le roi faible et jeune,» dit-il, « he gouvernait pas lui-même. » S'il est permis, sous ce prétexte, de faire des coups de main, quels Etats sont en sûreté dans la jeunesse des rois? Le ministre, qui est né Fiançais, et qui doit savoir les Uns du royaume, n'ose nier que François 11 n'y lût reconnu majeur selon ces lois. Etait-il donc permis d'usurrer sur lui l'autorité souveraine, et de lui arracher l'épée que Dieu lui avait mise en main, pour la mettre entre les mains d'un prince du sang, qui n'était que plus obligé par sa naissance à respecter l'autorité royale? M. Rasnage cite par deux fois Castelnau, qui fut employé, dit-il (2236), pour savoir le secret de la conjuration, et qui assure qu'on avait dessein de procéder contre ceux de Guise par toutes les formes de la justice. Mais il supprime ce que dit le même auteur, « que les protestants conclurent qu'il fallait se défaire du cardinal de Lorraine et du duc de Guise par forme de justice, s'il était possible, pour n'être estimés meurtriers (2237). » C'est dire assez clairement que le nom de la justice était le prétexte, ei qu'à quelque prix que ce fût, on les voulait faire périr; mais puisqu'on allègue cet auteur, digne en effet de toute croyance par sondésintéressementet songrandsens, écoutez, mes frères, comme il parle de vos ancêtres : écoutez vous-même, M. Rasnage, qui en faites un de vos témoins, comme il explique les causes de la conjuration d'Amboise (2238) : « Les protestants de France se mettant devant les yeux l'exemple de leurs voisins, c'est à savoir des royaumes d'Angleterre, de Danemarck, d'Ecosse, de Suède, de Bohême, etc., où les protestants tiennent la souveraineté, et ont ôlé la Messe, à l'imitation des protestants de l'Empire, se voulaient rendre les plus forts, pour avoir pleine liberté de leur religion ; comme aussi espéraient-ils et pratiquaient leur secours et appui de ce côté-là, disant que la cause était commune et inséparable. » Ainsi les protestants de France pratiquaient dès lois le secours de ceux d'Allemagne (2239), sous prétexte que la cause était commune. C'est ce qui avait déjà éclaté en divirs-s occasions, et depuis peu très-clairement, lorsque les princes de la Confession d'Augsbourg, sollicités par les huguenots à se mêler du gouvernement de ce royaume, les obligèrent à demander qu'on donnât au roi François 11

(3254) T. I, liv. h. cli. 6, p. 512, 513. (2335) P 112.

(-2237) Cast

(2238) Ibict.

(2239) Tau., xxm

i, c. 7, êJil. de L;ib., p, 15.

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