‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 210 sur 325 · PII · texte numérisé non relu

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;. n légitime conseil. Etrange hardiesse pour i des sujets, de vouloir qu'on gouvernât le royaume au gré des étrangers ! Mais ce n'étais là qu'un commencement, et ce qui parut dan- la suite, où les armes des étrangers furent ouvertement appelées, fit bien voir ce que la Réforme méditait dès lors. Voilà donc, selon Castelnau, quel fut le dessein des protestants lorsqu'ils ourdirent ce noir attentat de la conspiration d'Amboise. Ils voulaient se rendre les maîtres, et pratiquaient déjà secrètement pour cela le secours des étrangers. Par quelle autorité, et de quel droit? Mais continuons la lecture de Castelnau : « Les chefs du parti du roi, » poursuit cet auteur, « n'étaient pas ignorants des g ierres avenues pour le fait de la religion es lieux susdits ; mais les peuples ignorants pour la plupart n'en savaient rien, et beaucoup ne pouvaient croire qu'il y en eût une telle multitude en France, comme depuis elle se découvrit, ni que les protestants osassent ou pussent faire tète au roi. et mettre sus une armée, et avoir secours d'Allemagne comme ils eurent. » Remarquez tous ces desseins, M. Rasnage, et osez dire qu'il n'y a pas là de rébellion. Vous voyez en termes précis le contraire dans votre auteur : il ^rend soin de vous expliquer la dispositi du peuple ignorant qui ne connaissait n ey>-juvoir ni lesdesseinsdes protestants; cequi leur donnait espérance de pouvoir engager le peuple dans leurs attentats sous d'autres prétextes; mais au fond le dessein était île rendre leur religion maîtresse en France, en opprimant, comme vous voyez, le parti du roi, car c'est ainsi que le nomme cet historien. Il poursuit : « Aussi ne s'assemblaient ils pas seulement (les protestants) pour l'exercice de leur religion, ains aussi peur les affaires d'Etat, et pour essayer tous les moyens de se défendre et assaillir, de fournir argent à leurs gens de gu; rre, et faire des entreprises sur les villes et forteresses pouravoir quelques retraites. » Après cela vous ne voulez pas qu'on ait tenu, ni qu'on tien ne encore leurs assemblées pour suspectes, pendant que sous prétexte de religion ilsfontdesmcnéessecrètes contrel'Elat. Osez dire que tout cela n'est pas véritable, et qu'il ne fut pas résolu dans l'assemblée de Nantes de lever de l'argent et des troupes, et d'allumer la guerre civile par tout le royaume : diles que tout cela ne se fit pas à l'instigation de la Renaudie ensuite des résolutions de cette assemblée : Uites encore que la Renaudie, huguenot lui-même, ne fut pas établi par les huguenots et par leur chef pour être le conducteur de la conjuration d'Aiiihoise qui éclata quelques mois après. Par quelle autorité et par quel droit faisait-on toutes ces menées? La loi éternelle et l'ordre public les souffrent-ils dans les Etats? Mais écoutez comme conclut Castelnau :

Après donc avoir levé nombre de leurs adhérents pur toute la France (c'est toujours les

r-iil;

Ibid.,

v-ii.i v, ibid., eh. 7, y ',0.

protestants dont il parle) et connu leurs forces et leurs enrôlements : voilà, ce me semble, assez clairement prendre l'épée, contre le précepte de saint Paul, qui la met uniquement en la main du prince, ou qui assure plutôt que c'est Dieu qui l'y a mise ; mais continuons : ils conclurent qu'il fallait se défaire du cardinal de Lorraine et du duc de Guise, et par forme de justice, s'il était possible, pour n'être pas estimés meurtriers.. Voilà la belle justice des protestants, selon cet auteur tant cité par M. Basnage : mais voilà, ce qui est pis, le fond du dessein ; et sous le prétexte de punir les princes de Guise, c'était au parti du roi et à sa souveraineté qu'on en voulait , puisqu'on levait malgré lui des troupes et de l'argent dans tout le royaume, pour occuper ses places et ses provinces.

XVII. — Suite de la même matière :' vaines défaites de M. Basnage et de la Réforme.

M. Basnage croit tout sauver en dissimulant le fond du dessein et en disant « qu'il s'y agissait seulement de savoir si les lois divines et humaines permettaient d'arrêter un ministre d'Etat , avant que (l'avoir fait son procès : défaut de formalité, » continuet-il (22i0), « qui se trouvait dans l'entreprise d'Amboise, auquel on lâcha de suppléer par informations secrètes. » Mais s'il np veut l'as écouter la loi éternelle, qui lui dira dans le fond du cœur , que ces informations secrètes faites sans autoiité, par les ennemis de ces princes, étaient de manifestes attentats; qu'il écoute du moins son auteur, qui lui déclare que telles informations et procédures, si aucunes y en avaient, étaient folies de gens passionnés contre tout droit et raison (22il).

Telles sont les défenses de M. Basnage, et celles de tout le parti, car il n'y en a point d'autres; et ce ministre en explique le mieux qu'il peut les raisons. Mais si ces raisons sont bonnes, il ne faut point parler de gouvernement, ni de puissance publique ; et il n'y aura, pour tout oser , qu'à donner un prétexte au crime.

Mais en tout cas, nous dit-il (22i2) , ce n'est pas un crime de la Réforme, puisque « l'entreprise fut formée par tous les ennemis de la maison de Guise, sans aucune distinction de religion. » Son auteur le dément encore; et si ce n'est pas assez de ce qu'on en a rapporté, pour montrer que les protestants étaient les auteurs de [entreprise , le même historien raconte encore (22i3j, « qu'il fut envoyé par Sa Majesté, pour apprendre quelle était la délibération des conjurés, et qu'il fut vérifié qu'une assemblée de plusieurs ministres , surveillants, gentilshommes et autres protestants de toute qualité, s'était faite en la ville do Nantes. » On voit donc plus clair que le jour, que c'est l'entreprise et l'assemblé» des protestants. Il continue: La Renaudie,

2243) Ibid., p. 512.

r22J5) Ibid., p, 8.

l'Ali T. \ TIIEOL. l'dl. i:\liijl l . - III. DEFENSE DE L'UIST. D] S \ \Ii. offl

protestant lui-même, par dépit et par ven- Mais l'affaire fut découverte pardeus pro-

geance, comme on a vu (22*4), « communi- testants nui se repentirent d y être entrés

qua le secret à des Avenelles, quj trouva (2249*). Il y eut deux hommes fidèles dans

col expédient fort bon ;auSsi élait-il proies- tout un parti. Donc il est absous. Qui lit ja-

tant. » C'est d -, encore une fois, l'affaire mais un raisonnement si pitoyable?

do la secte. Dans la suite île l'entreprise. n . i ■ ■ >•

Castelnau parle touj > du rendez-vous des , ' ,H' ffj ,l,; no" ' ° n,,,,ls im) f0™™ 'l"(:

protestants, et de la requête que les conju- '" -n.pnx.sava.ent protesté de no point

Fés devaient présenter au roi, « pour être "^"/SSÏn'f r° dU r°'' '" "'s >,ersonnes

assurés par le moyen de cette requête, oui ™?af ' "'",' T" •ï"r"! ""," PU eSf-'é"

se .levait présenter pour la liberté de eurs [."' ' u l?°u™Â ?utan' ,|U ' 1;|II;"1 uu c°njQ-

consciences, de quelque soulagement au ÏV 1 f™ ' ucia,;mt "," desse,n Sl . exéci'«-

reste de la France (9&5). » C'était donc, v" V- , ' "S al"nler S'"' la V'e du

pour la dernière fois, une requête ,1e, pro- 'ri'n L "i ' ^ "", ?T6 E?" T"" q'K'

testants; mais il ne faut pas oublier que ^" T' ' an* so" |,al;us * T" ar,mée' S?"~

cette requête se devait présenter à main a,- T/ ^ e* , * '"'"Vf' ! !" '" °n '" '

mée, el ar des gens soutenus d'un-secours '1'°',, iP,l m , i^ roi ï ?,Ta Sa7

de eavalene, dispersée aux environs (22*61 : c °1? ' e €tlk d,|S Jf™ >™nîSf' ^/f1'? et

ce que le même Castelnau trouve avec, ra - ;,',> n""''l Ml\£ qU °",eÛt ?\ 'P"1,00

son'., fort étrange, et du tout contre le ,1e- '> ' °' ™UJaii J *f™f dissimule toutes

voir d'un bon sujet, principalement d'un u\^??f' l V1, tJ i?m * ° P°'nt

Français obéissant et fidèle à son prince, de '?„ f|,ai tle' et ,:"'1 ,la lie or,ne as,sez Jnn<?'

lui présenter une requête à main armée S^"7.u ' Ji %Sî vïffffi l?0""

/o-n-, \î..;- ,.i; , i„ V,;. „,., ™ i„.. „ attente sur la vie du roi. Mais qui repon-

(22*7) ..Ma s enfin e fait est constant, non- (jait aux complices de ce qui 0Huvait im

seulement par Castelnau, mais e eore una- „„„ ,,„ . '■ „ . , ' , ' , , ,

n.mement 'parmi les auteurs , sans en ex- e5 ' ; b ?n" fam} .tUmu'te' ?' "e °'ltes

cepter les protestant,; et cependant ce n'est IZIT KT f„ i " '"' ^""7

,,.,' u ,. i nv • , -, dans 1 esprit d un prime devenu maître do

pas là une rébellion, m une entreprise de son roj de t t ,^lat? Comment t.01|

j* Réforme, s. nous en croyons M. Bas- justmer de tels attentats ? et n'est-ce pas se

' ?, ' ,. . i , .. », i rendre sourd à la vérité éternelle , qui éta-

Mais d.ra-t- il, dans cette requête, on de- )j|lt ,. , d jres £ ,

mandait aussi le soulagement du peuple. Il ■ 6 des souvenuns ?

n y a donc qu a le demander a main armée , J

pourêtro innocent, et la Iléiorrue sera lavée C'est se moquer ouvertement après cela, d'une rébellion si ouverte , à cause qu'à la que de dire qu'on voulait tout faire contre manière des autres rebelles, ceux-ci l'au- les princes de Guise, et dans tout le reste roui revêtue d'un prétexte du bien public? par l'ordre de la justice et par les Etats gé- Mais qui ne voit au contraire que les plus ne'raux (2251). Mais si le roi ne voulait pas noirs attentats deviendraient légitimes par les convoquer? si les étals, plus religieux ce moyen, et que le comble de l'iniquité que les protestants, refusaient de s'assemc'est de donner un beau nom au crime? bler au nom du prince de Condé, qui ne .Mais, dit-on, il y entra quelques Catlio- pouvait les convoquer qu'en se faisant roi, liques. Quoi donc 1 quelques mauvais Ca- qu'aurait-on fait? les conjurés auraient-iis tlioliquos entraînés dans un parti de pro- posé les armes et remis non-seulement le lestants le feront changer d'esprit, de des- roi et les reines, mais encore les princes de sein et de nom même? On oubliera que le Guise en liberté? On insulte à la foi publichef du parti était un prince huguenot;que que, lorsqu'on s'imagine pouvoir persuader la Henaudie, huguenot, en était l'âme; que au monde de tels contes. Aussi l'histoire le ministre Chandieu était son associé; que dit-elle nettement que, sans hésiter, on auceux à qui on se fiait étaient de même secte; rait massacré le duc de Guise et son frère que les huguenots composaient le gros du le cardinal, s'ils ne promettaient de se retiparti ; que l'action devait commencer par rer de la cour et des atfaires (2252). Ou sait une requête pour la liberté de conscience le nom de celui qui s'était chargé de tuerie (2248) ; qu'après la conjuration découvert", due (2253), et après un si beau commencel'amiral, interrogé par la reine sur ce qu'il ment, qui peut répondre de tous les excès y avait à l'aire pour en prévenir les suites, où se serait emporté un peuple appâté de ne lui proposa que la liberté de conscience sang? Telle fut la résolution que litpiendre (2249)? On oubliera tout cela, et on aura la Henaudie dans l'assemblée de Nantes, tant de complaisance pour les protestants, après avoir invoqué le nom deDieu. Car qu'on croira la conjuration entreprise pour lièze sait bien remarquer que c'est p?r là toute autre tin. qu'il commença (2254). Après cela tout est

CHUl) Var., liv. x, n. 50. (2249*1 Basn., ibid.

2245) Cli. 8, 9. (2250) Ibid.

(-2-2W) Th., xxin, t. I, C75. (225!) Basn., 514, 515.

(-2247) Liv. n, c. I, p. 25. (2252.) Thuan., C.75. ■

(2218) 7(.?(/.,Tn., xxv, 055. (2255) Brant., Vie de Guise; le Labour., Addit.

(2249) Thuan., ibid., (170. Cast., I. n, p. 24; « Caslelu., t. 1, 1. i, p 598.

Bm., m, 204. (2254) Liv. m, a<

|ieimis,et pourvu qu'on donne à l'assemblée un air de Réforme, on peut destiner des assassins à qui l'on veut , fouler aux pieds toutes les lois, forcer le roi dans son palais, et mettre en feu tout le royaume.

XVIII. — La conjuration expressément approuvée par la Reforme. Témoignage de Bèze, dissimulé par M. Basnage , comme toutes les autres choses où il n'a rien à répondre.

Que si a la fin on est forcé d'avouer que cette conjuration est un crime abominable, il faut avouer encore avec la même sincérité que c'est un crime de la Réforme, un crime entrepris par dogme , par expresse délibération de jurisconsultes et de théologiens protestants, comme l'assure M. de Tbou en termes formels (2255) ; un crime approuvé des ministres et en particulier de Bèze, qui en fait l'éloge dans son Histoire ecclésiastique (2256). Les passages en sont rapportés dans le livre des Variations (2257) : le prince de Coudé, selon Bèze (2257*), est un héros chrétien pour avoir en cette occasion postposé toutes choses au DETOin qu'il avait à sa patrie, à sa majesté et à so7i sang; la province de Saintonge est louée d'avoir fait son devoir comme les autres : combien qu'une si juste entreprise, par la déloyauté de quelques hommes ne succédât comme on le désirait. Ainsi ees réformateurs renversent tout ; ils appellent justice une affreuse conspiration, et déloyauté le remords de ceux qui se repentent d'un crime; ils sanctifient les attentats les plus noirs, et ils en font un devoir, tarit pour les princes du sang que pour les autres sujets.

M. Basnage a vu cet endroit de Bèze aans l' Histoire des variations, et il fait semblant de ne le pas voir. C'est sa perpétuelle coutume : ce ministre croit tout sauver en dissimulant ce qui ne souffre point de répartie; en récompense, il soutient que, parmi les consultants qui autorisèrent la conjuration, il y avait des jurisconsultes papistes; du moins il n'ose avancer qu'il y eût des théologiens de notre religion, ni démentir M. de Thou qui n'y admet que des protestants. Mais si le ministre veut mettre des nôtres parmi les jurisconsultes, qu'il les nomme; qu'il nomme un seul auteur catholique qui ait approuvé cette entreprise , comme nous lui nommons Bèze qui en fait l'éloge. Mais pourquoi lui nommer ce réformateur et les autres de même temps? Je nomme à M. Basnage M. Basnage lui-même, et je lui demande devant Dieu quel intérêt il peut prendre à excuser, comme il fait, une si noire entreprise, si la Réforme, tomme il le prétend, n'y a point de part?

(2253) Thcaj»., 670.

(2256) Hist. eccles.. m, p. 25t.

(2257) Liv. x, n. 26.

(2257) Liv. m, 515.

2ï58) Var. liv. n, n. 53.

XIX. — Dernière défaite de la Réforme; Cal vin mal justifié par M. Basnage.

Enfin, pour dernière excuse, on nous dil que plusieurs des chefs du parti improuvèrent ce dessein. M. Bayle nomme l'amiral, à qui on n'osa jamais le confier, et s'il l'eût su, dit Brantôme, il aurait bien rabravé les conjurateurs et révélé te tout (2258). Calvin même, qui sut l'entreprise , dit M. Basnage (2259), déclara une et deux fois qu'il en avait de l'horreur, et il le prouve par ses lettres que j'ai aussi alléguées dans Y Histoire des variations (2260); mais si Calvin et l'asairal ont en effet et de bonne foi détesté un crime si noir, comment ose-t-on aujourd'hui le justifier? Qui ne voit ici qu'on se moque, et qu'il n'y a dans les réponses des ministres ni sincérité ni bonne foi? Calvin, je l'avoue, improuva beaucoup l'entreprise, après qu'elle eut manqué , et s'en disculpa autant qu'il put ; mais si Bèze avait remarqué dans le fond et dès l'origine qu'elle lui eût paru criminelle plutôt que mal concertée, en aurait-il entrepris si hautement la défense ? Y avait-il si peu de concert entre ces deux chefs de la Réforme sur la règle des mœurs et sur le devoir des sujets? Bèze aurait-il proposé comme une chose approuvée par les plus doctes théologiens ce que Calvin aurait détesté jusqu'à en avoir de l'horreur? Calvin tenait-il un si petit rang parmi les théologiens de la Réforme? M. Basnage, selon sa coutume, dissimule tout cela, et se contente de dire que M. de Meuux fait éclater son injustice contre Calvin d'une manière trop sensible (2261). Pourquoi? Parce que je dis que ce prétendu réformateur, à prendre droit par lui-même, agit trop mollement en cette occasion, et qu'il devait dénoncer le crime (2262). Mais l'amiral lui en donnait l'exemple, puisqu'on vient de voir qu'il était en disposition de tout révéler s'il l'eût su, il ne fallait pas qu'un réformateur sût moins son devoir qu'un courtisan. M. Basnage devait répondre à cette raison, avant que de m'accuser d'une injustice si sensible envers Calvin. Mais il ne pénètre rien, et ne fait que supprimer les difficultés. Cependant , comme s'il avait satisfait à celle-ci, qui est si pressante et si clairement exposée dans Y Histoire des variations, il demande avec un ton de confiance : Que pouvait faire Calvin qu'il nail fait ? Ce qu'il pouvait ! Rompre absolument l'entreprise, en la faisant déclarer au roi ou à la justice. L'ordre des empires le veut, la loi éternelle l'ordonne ; si Calvin en ignorait les règles sévères, pourquoi prenait il le titre de Réformateur? Il était Français, et faisait semblant de conserver dans Genève les sentiments d'un bon citoyen et d'un bon sujet (2263). Quand don.il l'en faudrait croire, et se persuader sur sa parole qu'il a fait véritablement tout ce qu'il

(22GU) Liv. x, n. 55 (•2201; IUSN., p. 5t0.

(2202) V«i\, ihid.

(2-203) V' Aven., n. Oi.

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PART. X. TIIEOL. POLEMIOUE. - III. DEFENSE DE L'IIIST. DES VAR

raconte après que le coup a failli , toujours Je son aveu propre il demeurera impliqué dans le crime, puisqu'il l'a su sans le révéler. Lorsqu'on sail un complot d'assassinat) on n'en est | lis quitte puni l'improuver : il faut avertir celui qui est en péril ; ei en matière d'Etat, il but < lu moins faire entendre au coupable que, s'il ne se désiste d'un si noir dessein contre son roi et sa patrie , on en avertira le magistrat; autrement on \ participe. El voilà le chef de la Réforme, quoi qu'en dise M. Basnage, complice manifestement, selon la loi éternelle, du crime des conjurés.

\X. — Que Calvin a autorise les guerres civiles 1 1 la rébellion, et que AÏ. Basnage l'en défend mal.

Il l'a été beaucoup davantage des guerres civiles. Que diriez-vous d'un docteur, si, écrivant à un chef de rebelles ou de voleurs, qui se glorifierait d'être sou disciple, au lieu de lui faire sentir l'horreur de son crime, il lui prescrivait seulement comme à un humine autorisé par le public, les lois d'une milice légitime? C'est précisément ce qu'a fait Calvin. J'ai rapporté une lettre qu'il écrit au baron des Adrets (2264), le plus ardent et le plus cruel de tous les chefs de la Réforme. Dans cette lettre, il ne blâme que les violences, la déprédation des reliquaires, et les autres choses de cette nature faites sans l'autorité publique. Mais il se garde bien de lui dire que le titre môme du commandement qu'il usurpait était destitué de cette autorité : par conséquent, que la guprre entreprise de cette sorte, était, nonseulement dans ses excès, mais encore dans son fond, une révolte, un attentat, et, en un mot, un brigandage plutôt qu'une guerre légitime, Au lieu de lui reprocher son impiété à tourner ses armes infidèles contre sa patrie et contre son prince, il se contente de lui dire, comme saint Jean faisait aux soldats légitimement enrôlés sous les étendards publics : Ne faites point de violence, et contentez-vous de votre paye. (Luc. ni, li.) Les Catholiques et les protestants concluent d'un commun accord de cette décision de saint Jean, avec saint Augustin et les autres Pères, que la guerre sous un légitime souverain est permise; puisque saint Jean n'en reprenant que les excès, il s'ensuit qu'il eu approuve le fond. Mais, par la môme raison, on démontre manifestement à Calvin qu'il autorisait la guerre civile. M. Basnage répond premièrement, qu'on ne dit pas toujours tout dam une lettre (226o), et que Calvin avait assez expliqué ailleurs (2266), qu'il fallait obéir aux rois lors même qu'ils étaient méchants et indignes de porter le sceptre. Le ministre voudrait nous donner le change. La question n'était pas s'il fallait obéir aux mauvais rois. La Réforme ne prenait pas pour prétexte de sa révolte leur injustice

en général, mais en particulier la seule persécution : c'était donc contre celte , rreur que Calvin lu devait munir | our lui ûler les

armes des mains, et il fallait lui montrer qu'à l'exemple de l'ancienne Lglise, on doit obéir môme aux princes persécuteurs. C'est ce que devait faire un réformateur : mais c'est de quoi Calvin ne dit pas un mot dan-, le passage allégué par notre ministre ; et s'il eut eu ce sentiment dans le coeur, il le lailait expliquer en écrivant à un chef de la révolte; car c'est le cas d'appliquer les grandes maximes au lait particulier, et d'instruire à fond de ses devoirs celui qu'on entreprend d'enseigner.

Mais M. Basnage répond en second lieu (2267), « que c'était assez entreprendre contre le baron des Adrets, que de vouloir d'abord réprimer sa fureur; on n'obtient rien, » poursuit-il, « quand on demande beaucoup. ,, Je vous entends, M. Basnage; en effet, c'est trop demander à la Réforme que de lui prescrire de poser les armes qu'elle a prises contre sa patrie. Mais si Calvin n'eût rien obtenu, si ses disciples avaient persisté, contre son avis, dans une guerre criminelle, la protestation qu'il eût faite contre leur infidélité eût servi de témoignage a son innocence. Je crois ici que M. Rasnage se moque en son cœur de notre simplicité de demander à Calvin de semblables déclarations. Ce n'est pas le style des ministres; nous trouvons bien dansBôze les protestations qu'ils firent contre la paix d'Orléans : Afin que la postérité fût avertie comment ils s'étaient portés dans cette affaire (2208,'. Mais des protestations contre la guerre civile, on n'en trouve point clans leur histoire : ce n'était point là leur esprit ni celui de la Réforme.

XXI. — Protestation des ministres contre la paix d'Orléans; raisonde M. Basnaqe pour la soutenir.

M. Basnage ose soutenir celte protestation des ministres ; mais la raison qu'il en rend est admirable. « Les ministres, » dit-il (2269], « avaient raison de s'opposer à ce traité, puisque le prince voulait les sacrifier à sa grandeur. » Sans doute il valait bien mieux que les ministres le sacrifiassent à leurs intérêts, avec toute la noblesse et le peuple qui le suivait, et que toute la France fût en sang, plutôt que de blesser la délicatesse de ces docteurs qui voulaient être les maîtres de tout. L'aveu au moi;:-, est sincère; « mais, « poursuit M. Basnage, «leurs demandes étaient justes dans le fond, puisqu'ils souhaitaient seulement qu'on observât un édit qu'on leur avait donné; il ne s'agissait pas de décider si la guerre éta i juste ou non. » Quelle erreur de prêcher a guerre sans avoir auparavant décidé qu'elle était juste 1 M. Basnage se iuoque-t-il, d alléguer de telles raisons? Mais les ministres

(2264) Var., liv. x, n, 55.

(s2(i5l Liv. m, p. 516.

fus*., iv, c 20, an. 2È

(22tt7) Liv. m, p. 51l>.

{->-.6H) Hist., I. 11. liv. vi, 28-2; Vr«r.,liv. s. n iZ 19) Lib. ni, p 520.

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