‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 214 sur 325 · lit', xxix · texte numérisé non relu

lit', xxix

OEuVHES C.OMPL. DE BOSSUET. VIII.

tous

faisait par les ordres du roi de Navarre, selon l'acte de tutelle autorisé par les Etats; et qu'à la réserve du prince de Comlé et de l'amiral, ce roi avait avec lui les autres princes du sang, les grands du royaume, le connétable et Tes principaux officiers de la couronne, la ville et le parlement de Paris, les parlements, les provinces, et en un mot toutes les forces de l'Etat, M. Basnage oublie tout cela, et il appelle oppression les ordres publics : tout cela était les rebelles et les ennemis de l'Etat : et le prince de Condé fut le seul fidèle, à cause qu'il avait pour lui les huguenots seuls, et qu'il était à leur tête, l'eut- on s'aveugier soi-même jusqu'à cet excès, sans être frappé de l'esprit d'étourdisse nient ?

XXVII. — Suite des attentats de la Reforme, où M. Basnage se tait.

Si l'on se souvient maintenant de ce qu'entreprit peu de temps après, et dans les secondes guerres, ce parti Mêle et si obéissant à la reine, on sera bien plus étonné. Il appela l'étranger au sein du royaume, il livra le Hâvre-de-Grâee, c'est-à-dire, la clef du royaume aux Anglais, anciens ennemis de l'État, et les consola de la perte de Calais et de Boulogne. Il n'y avait point là de lettres de la régente, elle fut contrainte de prendre la fuite avec le roi devant ce parti fidèle : on les attaqua dans le chemin au milieu de ce redoutable bataillon de Suisses; il fallut fuir rendant la nuit , et achever le voyage avec es terreurs qu'on sait ; cependant ceux qui poursuivaient le roi et la reine, sans garder aucune mesure, étaient les fidèles sujets; et ceux qui les gardaient étaient les rebelles.

M. Basnage, qui se tait à tous ces excès, croit excuser la Réforme en nous alléguant en tous cas d'autres rébellions; il n'a que de tels exemples pour se soutenir. M lis toutes les rébellions sont faibles à comparaison de celles de la Réforme ; les rois , pour ne pas ici répéter le reste, s'y sont vu assiégés dans leurs palais, comme François II à Amboise, et au milieu de leurs gardes, comme Charles IX dans la fuite de Meau\ à Paris. Quelle rébellion poussa jamais plus loin son audace ? Oubliera t-on cette réponse de Montbrun à une lettre où Henri III lui parlait naturellement avec l'autorité convenable à un roi envers son sujet ? Que lui répondit ce fier réformé: «.Quoi 1 » dit-il (2283), «le roi m'écrit comme roi, et comme si je devais le reconnaître? Je veux bien qu'il sache que cela serait bon en temps de paix, et que lors je le reconnaîtrais pour tel; mais en temps de guerre, qu'on a le bras armé et le cul sur la selle, tout le monde est compagnon. » C'est l'esprit qui régnait dans le parti ; et je ne finirais jamais, si je commençais à raconter les paroles, et, ce qui est pis, les actions insolentes des héros de la Réforme.

Si ce ne sont là des rébellions et des félonies manifestes, je n'en connais plus dans

(2283) Bbant., Le Lmicolu., Addit. aux Mém. de Cusiein., t. H, p. 643.

les histoires. Encore pour .es autres révoltes on en rougit; mais pour celles-ci, on les soutient, on les loue, on les imite: il le faut bien, puisqu'elles ont été faites par religion, et autorisées par les synodes.

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