LXVI. — La doctrine dû mariage chrétien
est exposée.
Pour purger les chastes oreilles des idées d'un mariage scandaleux, et lotit ensemble effarer les soupçons qu'on a voulu donner de l'ancienne Eglise, connue si elle était capable d'en approuver de semblables ou d'aussi mauvais, disons avec, saint Augustin et les autres Pères, a la gloire de la sagesse divine, que les lois éternelles qu'elle a établies pour la multiplication de la race humaine, ont été dispensées dans l'exécution avec divers changements ; que pour réparer les ruines de notre nature presque tout ensevelie dans les eaux du déluge, il a été convenable au commencement de permettre d'avoir plusieurs femmes, et que cette coutume venue de cette origine s'est conservée et se conserve encore en plusieurs contrées et dans plusieurs nations; qu'elle s'est conservée en particulier dans le peuple saint, à cause qu'il devait se multiplier par les mômes voies que le genre humain, c'est-à-dire par le sang; que toutes les raisons qu'on vient de dire sont la cause des mariages de nos pères les patriarches, à commencer depuis Abraham, qui devait être le père de tant de nations; que Jacob en qui devait commencer la multiplication du peuple saint par la naissance des douze patriarches, pères des douze tribus, usa de cette loi et fut suivi par tous ses descendants et de tout le peuple de Dieu'; que le désir de revivre dans une longue et nombreuse postérité fut fortifié par celui de voir entin sortir de sa race ce Christ tant promis ; qu'après môme qu'il fut déclaré qu'il sortirait de Juda et de David, chacun pouvait espérer d'avoir part à sa naissance par les filles de sa race qu'on pourrait marier dans ces familles bénites, et qu'ainsi le môme désir de multiplier sa race subsistait toujours dans l'ancien peuple, non-seulement par l'espérance de revivre dans ses enfants, mais encore par celle d'avoir en leur nombre le Désiré des nations. Les saintes femmes étaient touchées du même désir, tant de celui de revivre dans leur postérité, que de celui d'être comptées parmi les aïeules du Christ, ce qui, comme en sait, a illustré Tbamar, Uulh et Bethsabée. Par ces raisons et par la constitution de l'ancien peuple, la stérilité était un opprobre, et la virginité était sans gloire : c'était la cause du désir qu'on voit dans les saintes femmes qui avaient ensemble un seul époux, de devenir mères; et comme ce désir des femmes pieuses était chaste et nécessaire eu ce temps, les saints patriarches,
(2101) Chrïs., liom. 58, 52, in Genesim , etc. , loin IV ; S. Alt.., Covl. Faust., lib. \\li , cap. i(i et sc«j., loin. Mil.