‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 230 sur 325 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

[*472J Leil. 7, p. 51

XYN. — Réflexions sur i s erreurs attribuées aux premiers siècles du christianisme.

Il faut ici se souvenir que lorsque l'on accuse la théologie des anciens d'être imparfaite et sans forme, il ne s'agit pas seulement de certaines expressions précises qu'on a opposées depuis aux subtilités et aux fauxfuyants des hérétiques ; il s'agit du fond de la doctrine, puisque le ministre soutient, comme on a vu, qu'on allait jusqu'à détruire l'éternité et la Trinité des personnes divines, l'immutabilité, la spiritualité, l'immensité, l'unité et la perfection de l'Etre divin, l'Incarnation de Jésus- Christ, la corruption aussi bien que la réparation de notre nature, la Providence, la grâce, jusqu'à être stoïcien et manichéen, ou pélagien et demi-pélagien, je dis même les plus orthodoxes : en sorte qu'il n'y avait aucune partie du mystère et de la doctrine de Jésus-Christ, je ne dis pas qui fût demeurée en son entier, mais qui ne fût pas altérée dans son fond. C'est ainsi que la Réforme se défend. Attaquée dans ses variations, elle ne peut se défendre qu'en accusant l'antiquité, et surtout les trois premiers siècles, non-seulement de la plus grossière ignorance, mais encore des erreurs les plus capitales. M. Jurieu est l'auteur d'une si belle défense : au moins, dit-il, nous ne périrons pas tout seuls; nous nous sauverons par le nom et la dignité de nos complices; et s'il faut que la Réforme soit convaincue d'instabilité, et par là de fausseté manifeste, elle entraînera tous les siècles précédents, et même les plus purs, dans sa ruine. N'importe que les sotiniens gagnent leur cause : ils nous sont moins odieux que les papistes ; et puisqu'il nous faut périr, périssent avec nous les plus saints de tous les Pères, et périsse, s'il le faut ainsi, tome la gloire du christianisme.

XY1II. — Que l'Eglise chrétienne, selon le ministre, a été la plus malheureuse et la plus mal instruite de toutes les sociétés. Nous avons observé ailleurs (21-73), ce que ce ministre téméraire dit des Pères de ces trois siècles : que c'étaient de pauvres théologiens qui ne marchaient que rez-pied rezterre (2V7S-) ; il n'excepte que le seul Origène, c'est-à-dire de tous ces docteurs celui dont les égarements sont les [dus fréquents; et il laisse dans l'ordure et dans le mépris saint Justin, saint Irénée, saint Clément d'Alexandrie, un si sublime théologien; saint Cyprien, un si grand évêque et un martyr si illustre ; Tertullien, un prêtre si docte et si vénérable, tant qu'il demeura dans le sein de l'Eglise; saint Ignace même et saint Polycarpe, disciples de saint Pierre et de saint Jean, et tontes les autres lumières de ces temps-là. Encore si ces faurres théologiens n'étaient qu'ignorants, quoique ce soit un grand crime à des docteurs n'avoir si profondément ignoré les principes tle la piété ; mais pour comble d'ignominie,

(-2473) Apec. Avci t., n. 53, 35.

(2474) Jcit , Ace. des proph., [>:ut. n, p. 353.

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