‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 232 sur 325 · XXIV. — Etrange état où ce ministre met les · texte numérisé non relu

XXIV. — Etrange état où ce ministre met les

protestants.

Mais enfin, direz-vous , venons au fond. Esl-il vrai, ou ne l'est-il pas , que les saints docteurs aient varié sur tous ces dogmes? Hélas ! où en êtes- vous, si vous avez besoin qu'un vous prouve que les articles les plus essentiels, et même la Trinité et l'Incarnation, ont toujours été reconnus par l'Eglise chrétienne ? il n'y a que les sociniens qui aient besoin d'être instruits sur ce sujet-là. Que si vous êtes ébranlés par l'autorité de M. Jurieu, qui vous dit si hardiment que ces importantes vérités n'étaient pas connues des anciens, vous devez eir même temps vous souvenir que sa doctrine ne se soutient pas, et que ce qu'il assure si clairement dans un endroit, il ne le désavoue pas moins clairement en l'autre. Ce ministre n'est dune plus bon qu'à vous faire voir la confusion qui règne dans vos Eglises, où ce qu'il a de plus important et de plus certain devient douteux.

(-2486) Loti. \mi) U'id.

■ p 10 et suiv.

L i G, :> 15: 7, p. PJ

1081 PART. V TIJEOL. POLEMJQI E. - IV.

\W, - /.'.> Pires calomniés par M. Jurieu, justifies non-seuïemenl partes Catholiques, mais encore par les prolestants : In calomnie du ministre contre Alhénagora».

Mais api es toul , que vous dit-on pour vous prouver les variations qu'on attribue aux anciens? Pour vous faire croire, par exemple, que les anciens admettaient eu Dieu du changement, on vous produit Alhénagoras; mais cet auteur dans le propre endroit qu'on vous allègue (2489), répète trois el quatre lois que Dieu est non-seulement un être immense, éternel, incorporel, qui ne peut être entendu que pur l'esprit et pur la pensée; mais encore ce qui esi précisément ce qu'on nous conteste, indivisible, immuable; ou qu'on me montre ce que veut dire ce mot a-ao..;, m ce n'est i nalléi able . immuable, imperturbable, incapale de rien recevoir de nouveau en lui-même, ni d'être jamais autre chose que ce qu'il a été une fois. Voilà, ce iue semble, assez clairement l'immutabilité de l'Etre divin, et en passant son immense perfection, que votre ministre ne veut pas qu'on ait connue distinctement en ces tempsla. 11 ne me serait pas plus difficile de défendre les autres Pères d'une si grossière erreur; et si je parle d'Albénagoras à votre ministre, c'est à cause que c'est le premier qu'il a cité, el le premier de ces saints auteurs qui m'est tombé sous la main : mais à Dieu ne plaise , mes frères, que j'aie à défendre la doctrine des premiers siècles contre vous, sur l'éternelle génération du Fils de Dieu!

Si votre minislreen doute,etqu'il ne veuille pas lire les doctes traités d'un P. Thomassin (2490), qui explique si profondément les anciennes traditions, ou la savante Préface d'un P. Pétau (2491), qui estledénoûment de toute sa doctrine sur cette matière; je le renvoie à Bullus (24-92'», ce savant protestant anglais, dans le traité où il a si bien défendu les Pères qui ont précédé le concile de Nicée. Vous devez, ou renoncer , ce qu'à Dieu ne plaise, à la foi de la sainte Trinité, ou présupposer avec moi que cet auteur a raison. L'antiquité n'a pas moins connu les autres points, et sans m 'arrêter ici à vous nommer tous les Pères, le seul saint Cyprien suffirait pour confondre M. Jurieu. Je le déOe de me faire voir dans ce grave auteur la moindre teinture des erreurs dont il accuse les trois premiers siècles : au contraire, il serait aisé de lui faire voir toutes ces erreurs condamnées dans ses écrits, si c'en était ici le lieu; et vous pouvez en faire l'essai dan» un des passages que votre ministre produit.

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