‹ Œuvres compl`etes de BossuetChapitre 260 sur 325 · PORTÉ LES ARMES POUR MAINTENIR L'ÉVANGILE · texte numérisé non relu

PORTÉ LES ARMES POUR MAINTENIR L'ÉVANGILE

(2773). » Ce n'est pas ici un prétexte : ce sont les armes portées ouvertement pour l'Evangile réformé, et cette action honorée dans le parti jusqu'à y être récompensée et ratifiée par la réception de la Cène.

Oser vous dire après cela que ce n'est pas

(276I>) Var., liv. x, col. 6t8.

(2770) Jur., Apol.y Delà Réf.. iàid., eh. 10. (.'771) Var., liv. x, col. 6(ii et suiv. (9773) lu»., leit. 9.

ici une guerre de religion, c'est vous déclarer, mes frères, qu'on n'a besoin ni de raison ni de bonne foi, ni même de vraisemblance , pour vous persuader tout ce que l'on veut. Mais voici un cas bien plus étrange, et un décret bien plus surprenant du même synode national. Un ministre qui autrement s était bien comporté, c'est-à-dire, qui avait bien fait son devoir à inspirer la révolte, pour réparer cette faute, « avait écrit à la reine mère, qu'il n'avait jamais consenti au port des armes, laçait qu'il y eût consenti et contribué ; fut obligé à un jour de Cène de faire confession publique de sa faute devant tout le peuple; » et, pour pousser l'audace jusqu'au bout , à faire entendre à la reine sa pénitence; de peur que cette princesse, qui était alors régente, ne s'imaginât qu'on fût capable de garder aucune mesure avec elle et avec le roi. N'est-ce pas là déclarer la guerre, et la déclarer à la propre personne de la régente, et de la part de tout un synode national, afin qu'on ne doute pas que ce ne soit une guerre de religion, et encore de tout le parti ? .Mais on n'en demeure pas là. Pour éviter le scandale que le ministre avait donné à son Eglise en se repentant de son crime, et marquant ses soumissions à la reine, on permet au synode de sa province de le changer de lieu; en sorte qu'on ne le voie plus dans celui qu'il avait scandalisé en se montrant bon sujet. Loin de se repentir d'avoir pris les armes, la Réforme ne se repent que de s'être repentie de les avoir prises ; et au lieu de rougir de ces excès, M. Jurieu répond hardiment: & M. de Meaux doit savoir que nous ne nous faisons pas une honle de ces décisions de nos synodes. »

XI. — Contradictions de la Réforme: M. Jurieu contraint de soutenir les guerres civiles qu'il avait condamnées.

Mais si la Réforme n'avait point de houle des guerres qu'elle avait faites pour la religion, pourquoi donc M. Jurieu ne les osaitil avouer il y a quelques années? Et pourquoi écrivait-il que la religion s'y était troulée par accident ? C'était une espèce de réparation de ces attentats, que de tâcher de les pallier comme il faisait: mais maintenant il lève le masque. En parlant de ses réformés en l'état où ils sont en France, il déclare « qu'il faut être aveugle pour ne pas voir que des gens à qui on renfonce la vérité dans le cœur à coup de barre, ne se relèveront pas le plustôt qu'ils pourront et par toutes sortes de voies (2774). » D'où il conclut que « dans peu d'années on verr..' un grand éclat de ce feu que l'on renferme sans l'étouffer. >- Ce n'est pas seulement prédite, c'est souffler la rébellion , que de parler de cette sorte. Il ne dissimule point que les prétendus réformés n'aient ta fureur

(2772') Var., liv. x, coi. (506.

(2775) Var., ibid.

(2774) Accomp. de» proph,, Avis Chrit., loin. V.

loin /«»

IÏQS PART. X. THEOL. POLEMIQUE- - IV. AVERTISSEMENTS AI X PROTESTANTS. IÎ'>H

tt la rage dans It cœur : et c'est, dit-il (277b ■ ce qui fortifie la haine qu'ils avaient pour l idolâtrie; dont il rond cette raison, que Us ateiont humaines, ii-l les que sont la rage et a fureur, sont de grands secours aux vertu» chrétiennes. Voici un nouveau moyen de fortifier les vertus et des vertus chrétiennes, que les apôtres ne connaissaient pas. Saint Paul a fondu sur la charité toutes les vertus chrétiennes : mais qu'a-t-il dit de la charité, sinon, « qu'elle est douce, qu'elle est patiente, qu'elle n'est ni envieuse ni ambitieuse, qu'elle ne s'enorgueillit point, ni ne s'aigrit point? » (/ Cor. xm, h.) Et notre docteur nous dit qu'elle est furieuse. Quelle vertu, quelle vérité, quelle religion est celle-là qui emploie jusqu'à la rage pour se maintenir dans un cœur? C'est ainsi que sont disposés les réformés selon M. Jurieu, et c'est ainsi qu'il les veut. Car il n'oublie rien pour nourrir en eux ces sentiments qui les portent à la révolte : et pour les y exciter il fait une lettre entière (2776), où, sans pallier comme auparavant le crime des guerres civiles, il entreprend ouvertement de les justifier. Lui qui hésitait auparavant , ou plutôt qui sans hésiter décidait, comme on vient de voir, que ces guerres contre son pars et son prince légitime étaient contraires à l'esprit du christianisme et aux rèyles de F Evangile, trop heureux de pouvoir les excuser par les règles de la morale corrompue du monde, dit maintenant à la face de l'univers et au nom de toute la Réforme: Xous ne nous faisons pas une honte des décisions de nos synodes, qui ont soutenu qu'on est en droit, pour défendre la religion, de faire la guerre à son roi et à sa patrie. C'est la femme prostituée qui ne rougit plus, qui, après avoir longtemps déguisé son crime et cherché de vaines excuses à ses infidélités , à la fin étant convaincue, se fait un front d impudique, comme parle l'Ecriture sainte, et dit hardiment : Oui, j'ai aimé des étrangers, et je marcherai après eux. (Jer. », 25.)

Il ne faudrait rien davantage que sa honte d'un côté, et sa hardiesse de l'autre pour la confondre. Que nous dira donc M. Jurieu, qui, après avoir condamné ces guerres, aujourd'hui en entreprend la défense ? Et n'estil pas confondu par ses propres variations? Mais ne laissons pas d'écouter ses faibles raisonnements.

RÉPONSES DE M. JURIEU A L'EXEMPLE DE L-AN- CIENNE ÉGLISE. QUESTION : SI LA SOUMISSION DKS PREMIERS CHRÉTIENS N'ÉTAIT QUE DK CONSEIL, OU EN TOUT CAS UN PRÉCEPTE AC- COMMODE A UN CERTAIN TEMPS.

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