PREMIERE PARTIE
QUE LE MINISTRE RENVERSE SES rROPHES PRINCIPES, ET LE FONDEMENT DE LA FOI, LES VARIATIONS QCIL INTRODUIT DANS L- ANCIENNE ÉGLISE.
ARTICLE PREMIER. — Dénombrement <!e ses erreurs. — ■ La Trinité directement attaquée avec l'immutabilité, tt la spiritualité ou simplicité de l'Etre divin.
111. — Que le ministre renonce à la solution de quinze ou vingt difficultés essentielles, et ne s'attache qu à la dispute de la Trinité, où il tombe dans de nouvelles erreurs.
Sur la première question le ministre nous promet d'abord « d'expliquer et de justifier contre l'évêque de Meaux la théologie des anciens sur le mystère de la Trinité et celui de la génératioifdn Fils de Dieu (2915). » 11 n'en promet pas davantage dans cette sixième lettre de son Tableau. Mais d'abord ce n'est pas là satisfaire à l'évêque de Meaux. Il est vrai que je l'accuse d'avoir reconnu et toléré dans les anciens une doctrine contraire à l'égalité, à la distinction et à la coéternité des trois personnes divines; mais ce n'est pas là tout son crime. Selon lui, /e* Pères
(29 11) Rép. de M. de la Conseill., p. 6; Facl. de M. de la Conseill., p. 57.
(20(21 Tab., lelt. 0, art. 5, p. 208, 271, 273. (2915) Jur., telt. sur M. Papin, p. 16. 12914) Page t.
du ni' siècle , et même ceux du iv" n'ont pas mieux entendu l'Incarnation que la Trinité , puisqu'ils nous ont fait un Dieu converti en chair, selon l'hérésie qu'on a attribuée à Eutychès. Leur erreur n'est pas moins extrême sur les autres points; puisque dans leurs sentiments « la bonté de Dieu n'est qu'un accident comme la couleur; la sagesse de Dieu n'est pas sa substance : c'était la théologie du siècle. On ne croyait pas que Dieu fût partout , ni qu'il put être en même temps dans le ciel et dans la terre (2916). » Faut - il s'étonner après cela que la foi de la Providence vacillât? Un Dieu qui n'était qu'au ciel ne pouvait pas également prendre garde à tout . aussi était-ce « l'opinion constante et régnante que Dieu avait abandonné le soin de toutes les choses qui sont au-dessous du
Ciel, SANS EN EXCEPTER MÊME LES HOMMES, et 116
s'était réservé la providence immédiate que des choses qui sont dans les cieux (2917). »
(2915) Tab., letl. ti, p. 220, art. i, 2, 3, 4, pag. 227, 237, 252, 270.
(2910) Ibid.,eic.
(2917) Letl. 5, p. 49
i:r)Ji PART. X TIIEOL. POLEMIQUE. — IV. AVERTISSEMENTS AUX PROTESTANTS. 1294
La graue n'élail pas mieux traitée. .. On la regarde aujourd'hui » [remarquez que c'est toujours la foi d'aujourd'hui que le ministre reçoit, et vous en verrez d'autres
exemples) « la grâce donc, qu'on regarde aujourd'hui avec raison comme un des plus importants articles de la religion, jusqu'au temps de saint Augustin était entièrement informe. » ('e mot d'informe lui plaît, puisque môme il l'attribue à la Trinité : et l'on verra comme il s'embarrasse en tâchant do se démêler de celte expression insensée. Mais peut-être que les erreurs qu'on avait sur la matière de la grâce, avant le temps de saint Augustin, étaient médiocres? Point du tout : « Les uns étaient stoïciens et manichéens; d'autres étaient purs pélagiens; les plus orthodoxes ont été semi-pélagiens : » ils sont tous par conséquent convaincus d'erreurs sur des matières si essentielles. Il en dit autant du péché originel. Quoi plus? « La satisfaction de Jésus-Christ, ce dogme si important, si fondamental et si clairement révélé par l'Ecriture, est demeuré si informe jusqu'au iv* siècle, qu'à peine peut-on rencontrer un ou deux passages qui l'expliquent bien (2918). >• On trouve même dans saint Cyprien « des choses très-injurieuses à celte doctrine : et pour la justification, les Pères n'en disent hien, ou ce qu'ils disent isstfaox, mal digéré et imparfait (2919). » Prenez garde : ce ne sont fias ici des sentiments particuliers, mais partout les